Acide : une histoire secrète du LSD

Critique du livre de David Black
Publié le 17 déc. 2005 sur le blog Cult of the Dead Cow


La bizarrerie atteint des proportions généralement attribuées à la vie bactérienne : au moment même où l’on croit avoir découvert les extrêmes dans lesquels elle réside, les biologistes marins parviennent à en trouver une qui vit à 5 km sous la mer ou dans un volcan actif.

Il en va de même de la portée et de la signification de l’histoire. Peut-être que quelqu’un parmi vous s’en souvient encore, de cette première fois où il a eu le “déclic”, à-propos du fait que l’histoire était bien plus que la simple énumération des faits et des noms. La plupart des gens passent leur vie à penser que les guerres ne sont que le résultat inévitable de “la haine mutuelle”, et que les événements se produisent plus ou moins par hasard. S’ils creusent un peu plus, ils pourraient se retrouver en train de lire Marx ou Chomsky et résonner avec l’idée que l’histoire s’explique par la dynamique du capitalisme ainsi qu’une cabale d’obscures figures du pouvoir occulte.

C’est un pas dans la bonne direction, mais la vérité est qu’il existe une dimension “souterraine” de l’histoire qui échappe même à l’analyse critique la plus assidue. L’activité “souterraine” n’est pas la manipulation des affaires du monde par des sociétés secrètes et autres, bien que de tels groupes existent : l’activité “souterraine” est plutôt considérée comme une activité qui se produit sur un plan occulte hors des limites de la réalité tridimensionnelle normale. Vu sous cet angle, les événements ne s’expliquent pas seulement par de simples causes et événements “externes”, mais sont aussi les pièces d’un puzzle plus vaste.

Robert Anton Wilson a dénommé ce schéma global d’événements “Synchronet”. Pour reprendre les mots d’un auteur :

Nous voyons ici les racines de l’association psychique, le sens et la synchronicité, ainsi que la schizophrénie, la paranoïa et la théorie du complot. Wilson a inventé le terme SynchroNet pour décrire le réseau d’interconnexions que le mystique et nous-mêmes entrevoyons lorsque nous faisons l’expérience de l’unité et/ou de la synchronicité. Pendant un bref instant, nous sommes reconnectés à l’OverMind, à l’ordre implicite, à l’organisme cosmique holographique, à la noosphère, à la réalité totale. Mais seulement un instant. Ceux qui y séjournent, que ce soit par choix ou non, sont décrits comme chamans ou schizophrènes, selon la société dans laquelle ils vivent.

Et voici “Acide : L’histoire secrète du LSD” de David Black. Ceux qui ont encore l’impression que l’histoire n’est guère plus que la somme des événements visibles accueilleront cet ouvrage avec incrédulité; la somme de connexions synchrones décrites dans un seul paragraphe a de quoi surprendre :

“Pour le blanchiment, [Bill] Hitchcock a utilisé les facilités offertes par le paradis fiscal des Bahamas, où il avait déjà un compte privé à la Castle Bank and Trust. Cette blanchisserie [Castle Bank and Trust] pour le trafic de stupéfiants de la mafia avait été co-fondée par Edward Halliwell, un actif de la CIA impliqué dans Air America et Civil Air Transport. Ces “compagnies aériennes” étaient des sociétés écrans de l’agence qui faisaient transporter de l’héroïne dans tout le Triangle de Birmanie pour financer des opérations clandestines en Indochine. Il a pris des dispositions pour la Fraternité [de l’amour éternel, l’organisation californienne de fabrication/trafic de LSD décrite dans le livre du même nom de Tendler et May] à Resorts International, un canal pour des sommes énormes de la Mafia et à la Société fiduciaire, une filiale de Investors Overseas Services, sous la conduite du célèbre et tortueux financier Bernie Cornfeld.” (p. 18)

Couverture du livre

Et que dire de Bernie Cornfeld ? Pour Heidi Fleiss, ce n’est rien de moins qu’un papa gâteau : vous pouvez rapidement voir comment ce réseau nébuleux de synchronicités commence à s’aggrandir.

Les implications présentes dans le livre de Black atteignent les plus hauts niveaux du pouvoir politique : non seulement Black détaille l’histoire complète de l’expérimentation de la CIA avec le LSD dans son projet secret MK-ULTRA, mais nous apprenons que Mary Pinchot, la maîtresse implicite de John F. Kennedy, “allumait” un grand nombre de hauts fonctionnaires à Washington, D.C., avec le LSD fourni par Timothy Leary. Lorsque Kennedy a été assassiné, Pinchot aurait téléphoné à Leary dans un état de panique totale et lui aurait dit : “Ils ne pouvaient plus le contrôler ! Il changeait trop vite… Ils ont tout dissimulé.” (p. 61). En octobre 1964, Pinchot est tué par balle dans un appartement de Georgetown dans ce qui semble être un “assassinat professionnel”.

Le pivot du livre de Black est cependant “l’homme de mystère international” Ronald Stark. L’implication de Stark dans le trafic de LSD a commencé à l’été 1969, lorsqu’il a approché la “mafia hippie” de la Fraternité de l’amour éternel en lui proposant de financer leurs activités :

“Dans ses entretiens avec les Frères, Stark les a impressionnés par sa connaissance des escroqueries : contrebande de drogue dans des envois d’équipement électrique japonais, utilisation de façades commerciales en Afrique de l’Ouest, et transfert d’argent à travers un labyrinthe de sociétés écrans créées par ses avocats sur divers continents.

Cependant, [Stark] s’est présenté comme étant intéressé par beaucoup plus que l’aspect strictement pécunier. Il avait pour mission, a-t-il expliqué, d’utiliser le LSD afin de faciliter le renversement des systèmes politiques de l’Occident capitaliste et de l’Orient communiste en induisant des états de conscience modifiés chez des millions de personnes. Stark n’a pas caché le fait qu’il avait de bonnes relations dans le monde de la politique secrète. Il a laissé entendre, par exemple, qu’il avait des contacts avec les combattants tibétains de la liberté loyaux au Dalaï Lama et avec la mafia japonaise qui pouvaient aider à faire entrer clandestinement du LSD au Tibet et à doper les occupants chinois… Cependant, les hippies d’Idylwild n’auraient pas pu deviner que Ron Stark opérait sur quatre continents et cloisonnait ses activités internationales de sorte que ceux avec lesquels il faisait affaire - qu’il s’agisse de hippies américains, de seigneurs de la guerre libanais, de juristes d’entreprise, de scientifiques britanniques, de mafiosi japonais ou de terroristes italiens - n’auraient qu’une connaissance très limitée de ses “autres” activités. Il parlait couramment dix langues et avait la “fiole “[de LSD], la ruse, le charme et les connaissances requises pour se faire passer indifférement pour un homme d’affaires, un chimiste, un médecin, un collectionneur d’art, un dealer de drogue, un activiste politique ou même un guérillero palestinien lorsque la situation l’exigeait.” (p. 20-21)

Ronald Hadley Stark

L’une des sections les plus intéressantes du livre détaille l’implication de Stark dans le “gang de l’acide” responsable de la production de presque tout le LSD au Royaume-Uni dans les années 1970. “L’opération Julie a fini par faire tomber le gang, mais l’histoire derrière cette opération est intéressante en soi. De tous les personnages du livre de Black, seuls les chimistes “Julie” Richard Kemp et Christine Bott sont aussi intrigants que Stark : Kemp, autrefois décrit comme “un casse-tête insondable” par un codétenu, était un chimiste formé à Cambridge et un radical de gauche qui espérait que le LSD allait inspirer une révolution sociale. Kemp et Bott croyaient que “… La société industrielle s’effondrerait lorsque le pétrole sera épuisé et que la seule réponse est de changer les mentalités des gens en utilisant l’acide. Ils croyaient que le LSD peut aider les gens à voir qu’un retour à une société naturelle basée sur l’autonomie est le seul moyen de sauver sa peau”. Kemp a également été responsable d’une percée spectaculaire dans la fabrication du LSD, qui a permis à l’acide “Julie” d’être l’acide le plus pur et le plus fort jamais produit sur une grande échelle au Royaume-Uni.

Kemp & Bott

Le réseau de synchronicités s’approfondit encore une fois lorsque l’association de Kemp avec le célèbre co-découvreur de l’ADN Francis Crick est révélée :

“Dick Kemp m’a dit qu’il avait rencontré Francis Crick à Cambridge. Crick lui avait dit que certains universitaires de Cambridge utilisaient le LSD en petites quantités comme outil de réflexion, pour les libérer des idées préconçues et laisser leur génie errer librement vers de nouvelles idées. Crick lui a dit qu’il avait perçu la forme à double hélice pendant qu’il était sous LSD.”

Il était clair que Dick Kemp était très impressionné et probablement bouleversé par ce que Crick lui avait dit. Il m’a dit que si un homme comme Crick, qui est allé au cœur de l’existence humaine, avait utilisé du LSD, cela valait la peine de l’utiliser. Crick était certainement l’inspiration de Dick Kemp.”

Comme Kemp, Stark reste un personnage énigmatique tout au long du livre, et nous n’obtenons jamais beaucoup plus que des spéculations sur qui il est réellement. Était-il un agent de la CIA ? Scion d’une famille ultra-riche ? Les liens de Stark avec des groupes radicaux sur quatre continents (une liste ahurissante qui comprend le Weather Underground et l’IRA) font qu’il est difficile d’imaginer que Stark n’était pas un agent du renseignement : il semblait opérer au-dessus des lois. En même temps, il manifestait ostensiblement des sympathies politiques floues qui penchaient définitivement dans le sens d’un “Universalisme pour un Monde Uni”. La tendance apparente de Stark à s’accrocher à des causes “commodes” n’est que trop révélatrice de quelqu’un qui opère comme un agent d’une organisation de type Illuminati : s’il avait un agenda politique, il était certainement un peu plus obtus et sophistiqué que tout ce qui tourne autour de la simple “libération nationale”. Black en déduit également que Stark a maintenu des liens avec la Loge maçonnique P-2 en Italie, mais l’étendue de son implication n’est pas claire.

L’orientation politique de Stark peut certainement être tirée de l’une de ses rares influences connues : “La Lune est une maîtresse sévère” de Robert Heinlein :

Il le considérait comme un “manuel” révolutionnaire, tout aussi inspirant que les écrits de Che Guevara. Le roman de Heinlein, un conte politique se déroulant en 2075, raconte l’histoire d’une colonie pénitentiaire sur la Lune. Le million d’habitants - qui sont logés dans d’immenses coupoles aux atmosphères artificielles - sont soit des déportés terrestres, soit leurs descendants. Ils ne peuvent pas revenir parce qu’une fois que leur corps s’est adapté à la gravité de la Lune, ils ne peuvent jamais se réadapter à la gravité de la Terre. Cette prison lunaire est brutalement administrée par un gouverneur nommé par les Nations Unies, que les révolutionnaires tentent de renverser. L’un d’entre eux, un personnage appelé ” le Prof “, explique :

“Les révolutions ne se gagnent pas en enrôlant les masses. La révolution est une science pour ceux qui sont suffisamment compétents pour la pratiquer. Tout dépend d’une bonne organisation et surtout des communications”.

La conspiration commence avec trois personnes… Ces trois personnes recrutent à leur tour deux autres personnes pour former trois nouvelles cellules. Ce processus de recrutement se poursuit jusqu’à ce qu’un vaste réseau de cellules soit constitué. L’avantage de la structure est que si les membres des cellules ne connaissent pas leurs sous-cellules respectives, ils ne peuvent pas les donner s’ils sont capturés. L’inconvénient est que si un seul cadre est arrêté et ne peut résister à l’interrogatoire, l’ennemi peut arrêter la demi-douzaine de camarades qu’il ou elle connaît et atteindre ainsi les sous-cellules. Cela permet aux autorités de briser la chaîne de commandement et de communication des révolutionnaires.

Un système plus sophistiqué discuté dans le livre de Heinlein est une pyramide de pyramides - une sorte d‘“Internet” sans les ordinateurs :

Là où les sommets sont communs, chaque gars en connaît un dans une cellule voisine…. Les communications ne tombent jamais en panne parce qu’elles tournent de haut en bas, mais aussi de côté. Quelque chose comme un réseau neuronal.

Les dommages peuvent être endigués et réparés parce que le membre de la cellule qui découvre une brèche dans le réseau peut transmettre des avertissements sans avoir à savoir qui reçoit les messages.

La notion d’organisation révolutionnaire comme imitation d’une hiérarchie ” naturelle ” et ” organique ” n’est pas nouvelle. Historiquement, Auguste Blanqui, le conspirateur révolutionnaire le plus accompli de la France du XIXe siècle, avait des idées très similaires sur l’organisation révolutionnaire. Dans la vision futuriste de Heinlein, cependant, la notion prend une tournure particulière : la conspiration est aidée par un superordinateur miraculeux, si puissant et si complexe qu’il ” se réveille ” et devient ” conscient de soi “. L’ordinateur développe un sens de l’humour sur la ” stupidité ” de l’administration coloniale et une ” volonté rationnelle ” de les renverser.

Les conspirateurs utilisent l’ordinateur pour créer des sociétés écrans et s’approprier frauduleusement des fonds sur les marchés boursiers terrestres. Ils utilisent ensuite l’argent pour mettre en place des installations secrètes pour le développement d’une technologie de guerre révolutionnaire. Dans ce scénario, alors le cerveau de Big Brother, une rationalité scientifique, peut être détaché du contrôle de la classe dirigeante et exploité pour la révolution.

En tant qu‘“anarchiste rationnel”, le professeur estime que le concept d’État n’a d’existence qu’en tant qu‘“exemple physique dans les actes d’individus responsables d’eux-mêmes”. Cela implique que la collaboration avec l’État se justifie comme un déguisement dans le cadre de la stratégie de tromperie systématique de tous, à l’exception de ceux qui sont tenus d’être ” au courant ” pour des fonctions particulières.

Le vif intérêt de Stark pour ces idées est peut-être un indice de son modus operandi. Et s’il se considérait vraiment comme un révolutionnaire capable d’utiliser les agences d’État et la technologie capitaliste à sa guise, il n’était pas unique dans l’histoire de la politique. Dans les années 1840, Pierre Proudhon, père fondateur du socialisme français (et opposant de Blanqui), rejeta le problème des espions et provocateurs de la police secrète dans son mouvement. De tels actes, prétendait-il, n’étaient ” pas pertinents ” pour quelqu’un comme lui : un ” homme nouveau… dont le style n’est pas les barricades mais la discussion, un homme qui pourrait s’asseoir à une table avec le chef de la police chaque soir et gagner la confiance de tous les espions du monde”.

Dans le cas de Ron Stark, qui a beaucoup travaillé au XXe siècle, l’activisme politique allait bien au-delà de la discussion. Alors qu’il pouvait s’asseoir à toutes sortes de tables, il aimait aussi les barricades”. (p. 149-151)

Dans un sens plus basique, le très intelligent Stark devait probablement juste beaucoup s’amuser : entre mener son style de vie très “jet-set” (comprenant un appartement à Manhattan rempli de peintures originales de Picasso), monter des sociétés-écrans pour faciliter la fabrication du LSD, et évoluer dans un milieu social rempli de “personnages” plus bigarrés les uns que les autres, sa vie était certainement digne d’une fiction romanesque. Stark était clairement motivé par le profit, mais s’il pouvait justifier ses actions avec idéalisme, tant mieux. L’idéalisme mêlé au lucre trouve son expression la plus puissante dans l’idéologie de la drogue : oui, il aide les gens à trouver Dieu, mais il est aussi un capitaliste.

En conclusion, le livre de Black s’accompagne de ma plus haute recommandation : non seulement le sujet est fascinant, mais c’est un journaliste de premier ordre. Ce qui suit est le synopsis du livre de Black dans Lobster Magazine :

-~-~-~-~-~-~-

L’Opération Julie revisitée : l’étrange carrière de Ron Stark, alchimiste parapolitique.

David Black

L’opération Julie, une enquête policière nationale sur la production de LSD, a été lancée en 1976. Deux ans plus tard, bien qu’une soixantaine de membres de la “conspiration des micropointes” britannique aient été condamnés, l’inspecteur détective Dick “Leapy” Lee était insatisfait. En tant que commandant opérationnel de ‘Julie’, Lee s’intéressait aux connexions internationales du réseau, mais il a été empêché de les sonder par les puissances en place. Un joueur important qui l’intéressait particulièrement, le New-Yorkais Ronald Stark, était soupçonné d’avoir des liens avec la CIA.

Ron Stark (1938-1984) a été condamné pour la première fois en 1962 pour avoir fait une fausse demande d’emploi au service du gouvernement et emprisonné pour violation des conditions de sa libération conditionnelle. Entre 1967, lorsque sa fortune nette a été enregistrée à hauteur de 3000 $, et 1968, Stark est devenu millionnaire et a déménagé dans une éblouissante résidence à Greenwich Village. Pour certains, il a prétendu qu’il était le rejeton de la richissime famille Whitney ; pour d’autres, il était le fils d’un bio-chimiste qui avait fait fortune. Stark a évoqué le fait d’avoir étudié la biochimie dans diverses universités de l’Ivy League et d’avoir quitté un poste top secret au ministère de la Défense sous l’administration Kennedy parce que le travail l’avait “dégoûté”. Un scientifique qui connaissait Stark a dit qu’il prétendait avoir été rattaché au projet “mind control” de la CIA - révélé plus tard sous le nom de MKULTRA (1).

La Fraternité de l’Amour Éternel

Stark avait des intérêts commerciaux mondiaux dans le secteur pharmaceutique. Derrière ses divers fronts ” légitimes “, il était devenu en 1969 l’un des principaux fournisseurs mondiaux de LSD, produit dans ses laboratoires illicites en Europe. Stark s’est aussi branché sur la contre-culture. En Amérique, il est entré en contact avec la Brotherhood of Eternal Love (BEL), un gang de motards californiens qui s’était transformé, sous l’influence du LSD et l’inspiration de Timothy Leary, en “église” enregistrée. En 1969, le BEL détenait une part importante du marché pour un commerce moins pieux, mais extrêmement lucratif, le LSD et la marijuana (2). En août 1969, Ron Stark s’est rendu dans leur commune avec une grande bouteille de LSD liquide pur, suffisante pour dix millions de doses, et a expliqué qu’il avait besoin d’un débouché sûr aux États-Unis pour le LSD qu’il produisait en Europe. Il a également déclaré son intention de faciliter le renversement du capitalisme occidental et du communisme oriental en modifiant l’état de conscience de millions de personnes et a affirmé qu’il avait eu un contact avec les combattants tibétains du Dalaï Lama pour la liberté et pouvait amener la mafia japonaise à passer du LSD en contrebande pour droguer les occupants chinois (3).

Les auteurs d’Acid Dreams, Martin et Lee et Bruce Shlain, notent que l’apparition fatidique de Ron Stark au ranch d’Idylwild a coïncidé avec certains “changements déplaisants”. Certains membres de la vieille garde ont dû “prendre leur retraite” après des escarmouches avec la justice, notamment Stanley Owsley, le créateur d‘“Orange Sunshine “, son protégé, Tim Skully (qui voulait à l’origine distribuer de l’acide gratuitement), ainsi que Bill Mellon-Hitchcock,qui blanchissait l’argent du BEL. Peu de temps après l’arrivée de Stark, le fondateur du BEL, ‘Farmer John’ Griggs, est mort empoisonné dans des circonstances considérées comme suspectes par ses amis (4).

Stark en Grande-Bretagne

Avant de conclure l’accord avec le BEL, Stark avait établi des contacts en Angleterre avec le mouvement psychiatrique radical de R.D. Laing et le Tavistock Institute. L’un d’eux était David Solomon, un chercheur et écrivain américain sur le LSD et le cannabis. Solomon avait travaillé avec Richard Kemp, un étudiant en sciences qui avait abandonné ses études, et sa partenaire, le Dr Christine Bott, pour synthétiser du cannabis liquide puissant. Solomon s’était également procuré de la base de LSD, du tartrate d’ergotamine, et Kemp a réussi à en fabriquer dans un laboratoire de fortune à Liverpool.

Peu de temps après avoir rencontré Stark à Cambridge en été 1969, Solomon invita Kemp à venir rencontrer ‘un homme avec un héritage d’un million de dollars’. Stark a organisé une réunion à l’Oxford and Cambridge Club sur le Pall Mall de Londres avec Kemp, Simon Walton, l’assistant écossais de Stark, ainsi que Solomon et son ami Paul Arnaboldi (alors célèbre sous le nom de “Captain Bounty” dans la publicité télévisée pour les barres chocolatées). Le grand complot britannique du LSD a donc été créé quelques semaines après la première rencontre de Stark avec la Fraternité de l’Amour Éternel (BEL) en Californie. Stark a également présenté Kemp aux chimistes de la confrérie, Nick Sand et Lester Freidman. Kemp a rapidement fait des merveilles au laboratoire de Stark à Paris et a produit un kilo de LSD dans la première série (5).

En mai 1970, Kemp et Stark, avec les chimistes du BEL, ont eu des entretiens de quatre jours sur l’avenir de la “Fraternité Atlantique”. Kemp était malheureux. Il avait été chargé de travailler sur un nouveau projet visant à synthétiser du THC afin de rendre une nouvelle marque de cannabis liquide aussi forte que le LSD et aussi bon marché à produire. Mais l’argent promis n’a pas été versé, Stark a découragé les visites de la partenaire de Kemp, Christine Bott, et Kemp s’est senti “harcelé sexuellement” par Stark, qui était bisexuel. Pire encore, Kemp avait été arrêté dans la Ferrari de Stark, de retour vers la France, par la douane britannique lors d’un voyage avec Walton pour acheter du matériel. Au cours d’une fouille de la voiture, la douane avait trouvé des documents attestant l’achat massif de la base du LSD, le tartrate d’ergotamine, mais elle n’avait pas bien compris sa signification (6).

Lorsque Stark a déménagé son laboratoire de Paris à Orléans, il a affirmé avoir été averti d’un raid imminent sur le laboratoire lorsque, “par hasard”, il a rencontré un vieil ami qui travaillait à la station de la CIA à Londres. À ce moment-là, Kemp en avait assez et a décidé d’arrêter de travailler avec Stark. Il est retourné en Angleterre à la fin de 1970 et a fait équipe avec Henry Todd, un comptable recruté par David Solomon. Au milieu de 1971, alors que la production commence en Grande-Bretagne et que le réseau de distribution se met en place, Stark traverse la Manche pour tenter une dernière fois de dissuader Kemp de se diversifier en indépendant (7).

Lorsque les divergences entre Kemp “l’idéaliste” et Todd “la tête de mule” sont devenues irréconciliables - Todd voulait diluer l’élixir pour augmenter les profits - il a été décidé de se séparer en deux réseaux indépendants. Todd a centré ses activités sur la vallée de la Tamise, tandis que Kemp et Christine Bott ont quitté Londres pour le nord du Pays de Galles et ont installé un laboratoire avec Paul Arnaboldi à Plas Llysin près de Carno (8). Étonnament, dans la première moitié des années 1970, le British acid underground - grâce au rôle catalyseur de Stark - a sans coup férir produit des centaines de millions de comprimés pour satisfaire la clientèle, sans même que les responsables réalisent combien cette affaire était devenue conséquente.

Le BEL se disperse

Après une série de raids sur le BEL en Amérique, les autorités ont estimé au début de 1973 qu’une vingtaine de membres se cachaient ou étaient en exil, dont Stark. Timothy Leary s’est retrouvé en Afghanistan, après avoir fui les États-Unis, mais l’ambassade américaine savait manifestement qu’il venait et a obtenu des autorités afghanes qu’elles le reconduisent aux États-Unis. Ron Stark s’est rendu en Afghanistan au moins une fois avec un plan visant à mettre en place des installations BEL pour fabriquer des dérivés hallucinogènes du THC à partir de haschisch afghan. Grâce aux efforts de Kemp, Stark avait mis au point les huit premières des quatorze étapes de la synthèse du THC. Stark avait un ministre du régime afghan dans sa poche pour installer une usine de pénicilline comme façade, et un “contact” avec l’ambassade américaine : le principal fournisseur de haschisch du BEL à Kaboul, Aman Tokhi, y travaillait comme “superviseur de maintenance” (9).

Stark avait repris le rôle de Bill Mellon-Hitchock pour le blanchiment d’argent et l’achat de matériel de production de LSD au sein du BEL. En 1972, l’avocat de Stark à Paris, Sam Goekjian, qui avait rédigé les chartes des sociétés écrans de Stark, a fait l’objet d’une enquête par des agents de l’IRS et fut interrogé au sujet des liens de Stark avec le BEL. La DEA, qui venait de dévoiler une grande partie du réseau BEL aux Etats-Unis, a organisé un raid de suivi sur le laboratoire belge de Stark sur le campus de Louvain-le-Neuve, près de Bruxelles, mais Stark s’est échappé, emportant les investissements du BEL pour ses propres besoins (10).

Un appel de l’inspecteur Lee

En novembre 1974, l’inspecteur Leapy Lee (11), qui dirigeait l’opération “STUFF” (Stop Unlawful Free Festivals) dans la vallée de la Tamise, commença à douter de l’opinion officielle sur l’utilisation du LSD. Selon le ministère de l’Intérieur, les saisies annuelles de 20 000 comprimés signifient que “l’utilisation du LSD en Grande-Bretagne était limitée à un petit nombre de personnes”. Lee s’est adressé à la Central Drugs Intelligence Unit (CDIU), qui a nié disposer d’informations montrant que le LSD constituait un problème. Il faudra encore trois ans à Lee pour découvrir que “depuis 1970, une organisation illicite fabriquait environ 20 millions de minuscules comprimés de LSD [par an] et les vendait aux deux tiers du monde” (12).

Après son arrestation en 1977, Richard Kemp a insisté sur le fait que tous les liens entre les réseaux britanniques et le BEL avaient été rompus en 1970. Leapy’ Lee, cependant, savait que Ron Stark était passé par Londres au printemps 1973 alors qu’il était en fuite auprès des autorités américaines et qu’il avait obtenu un faux passeport ici (13). Lee voulait en savoir plus mais fut bloqué par sa hiérarchie ; peut-être, il le soupçonnait, pour éviter que des questions ne se posent quant à savoir pourquoi aucune mesure n’avait été prise des années auparavant. Il avait appris que l’inspection des stupéfiants du ministère de l’Intérieur avait soumis dès 1971 un rapport dans lequel était noté les exportations de tartrate de Grande-Bretagne vers l’Amérique et suggérait en outre que les micropointes de LSD saisis dans le monde ” provenaient d’une source commune qui, selon toute probabilité, se trouvait quelque part en Grande-Bretagne “.

Premiers indices de la connexion galloise

Au printemps 1975, lorsque les preuves ont commencé à indiquer une source d’approvisionnement en LSD au Pays de Galles, Lee a appris que la Central Drugs Intelligence Unit lui avait caché des informations sur “un certain nombre de pistes indiquant une conspiration du LSD au Royaume-Uni… Les informations avaient été cachées à toutes les escouades de la Brigade des stupéfiants sauf au Metropolitan”. Lee a appris qu’un an auparavant, les inspecteurs détectives Godfrey et O’Hanlon du CDIU s’étaient rendus au Canada pour entendre Gerry Thomas, l’ancien conditionneur de Kemp, nommer Kemp, Bott et Solomon comme complices dans la fabrication du LSD. À son retour, M. O’Hanlon a été suspendu et condamné par la suite à huit ans d’emprisonnement pour corruption. D.I. Godfrey a lancé une enquête sur un voyage de Solomon en Suisse pour rencontrer Leary ; mais, selon les mots de Lee, le Met a alors ” bâclé ” un raid sur la maison de Solomon à Londres et a manqué quelques documents concernant les négociations secrètes de Leary sur un contrat pour son livre On the Run. Godfrey et la CDIU ont perdu la trace de Richard Kemp et Christine Bott (14).

Lee a découvert qu’une enquête remontant à 1971 s’était déjà rapprochée de la vérité, mais qu’elle s’était effondrée lorsque le gang sous la surveillance de la Thames Valley Squad et des douanes s’était fait voler de l’argent et de la drogue par des officiers du Met… ! Selon le gendarme-détective Martyn Pritchard, de l’escouade Julie, l’enquête de 1971 en a révélé suffisamment pour que l’on soupçonne “qu’un grand labo de LSD était en activité” (15).

Envoyez les espions !

Le fait que les services de sécurité considéraient le LSD comme une question de “sécurité nationale” a été confirmé lorsque Lee a commencé à suivre les traces de Ron Stark et a découvert que les services de sécurité avaient été sur la piste avant lui. Lorsque Lee est allé voir les services de sécurité au sujet du prêt de matériel de surveillance de haute technologie, il les a informés du ” niveau présumé de trafic international de LSD et, plus particulièrement, de l’implication probable de groupes terroristes comme Baader-Meinhof et l’Angry Brigade. Lee avait remarqué que le réseau sur lequel il enquêtait avait “une structure semblable à celle d’une cellule, semblable à celle utilisée par les groupes terroristes”. Lee faisait référence au système de lieux de rencontre préétablis et de boîtes aux lettres mortes dans des boîtes de conserve enfouies sous les arbres pour livrer le LSD aux distributeurs et percevoir le paiement (16).

Lee avait commencé à soupçonner des liens terroristes lorsque, pendant la surveillance de la commune de Let-It-Be dans le Wiltshire, une voiture utilisée par un concessionnaire soupçonné de travailler pour le réseau LSD s’est avérée avoir été “liée” d’une manière ou d’une autre (non spécifiée) à la Fraction Armée rouge ouest-allemande. Une vérification sur un associé du réseau de distribution au Pays de Galles a montré qu’il était “un associé de la Brigade de la colère”. Bien qu’aucune des personnes arrêtées dans le cadre de l’opération Julie n’ait été accusée d’infractions politiques, le prétendu “lien terroriste” est apparu dans la couverture médiatique précédant le procès. Le Daily Mirror a publié un article sur la façon dont Kemp et ses collègues se préparaient “prétendument” à mettre du LSD dans l’approvisionnement en eau (17), et des documents provenant des dossiers de la police sur les opinions politiques présumées des accusés ont également été distribués aux médias. Richard Kemp, par exemple, a été décrit comme un “révolutionnaire de gauche… Le motif de la présomption d’activité subversive le présentait comme un catalyseur de la révolution par la jeunesse britannique à cause de l’utilisation massive du LSD”. Kemp a dit à la police qu’il avait soutenu des festivals comme ceux de Windsor et de Glastonbury et qu’il avait donné de l’argent à Release, à la ligne d’aide juridique sur les drogues et à Head politics (mais avait refusé de désigner quels groupes précisément) (18).

En fait, les seuls trafiquants de drogue d’une quelconque importance au cours de cette période ayant des “liens” terroristes que nous connaissions étaient Howard Marks - par l’intermédiaire du “républicain” irlandais rebelle Jim McCann - et Ron Stark. Selon le livre de Tendler et May sur le BEL, les rapports du FBI transmis à la DEA en Californie et à la police britannique “ne montraient que ce que Stark n’était pas, pas ce qu’il était réellement”. L’informateur de l’inspecteur Lee, ‘Nancy’, “soupçonnait fortement que Stark était impliqué avec la CIA et avait des amis à l’ambassade américaine” (19).

En 1972, Hamilton Macmillan, un officier du MI6 et neveu de l’ancien premier ministre conservateur, a recruté Howard Marks, son ancien ami du Balliol College d’Oxford, pour espionner Jim McCann, un trafiquant de haschich que le MI6 croyait être un contact provisoire de l’IRA à Amsterdam. Macmillan n’a donné aucune indication qu’il savait que Marks faisait déjà affaire avec McCann, ou qu’il savait que le nom et l’adresse de Marks figuraient dans le carnet d’adresses du volontaire arrêté de l’IRA, Dutch Doherty. (L’adresse avait été transmise à Doherty par McCann). Le MI6 ne semblait pas se rendre compte que l’IRA avait rejeté les efforts de McCann pour les impliquer dans la drogue et qu’il utilisait ses contacts avec des militants républicains pour renforcer sa crédibilité en tant que contrebandier (20). Le plan de Macmillan a mal tourné lorsque Marks a décidé de révéler à McCann le secret du ” deal ” qu’il avait passé avec le MI6. Lorsque la police a appris l’opération de Marks après sa disparition en 1974, elle a soupçonné que, jusqu’en 1973, il avait eu affaire au BEL et, depuis lors, à ce qui en subsistait.

Ron Stark n’était pas loin de la scène de Marks et McCann. En 1971, McCann avait emmené à Belfast deux journalistes américains du magazine londonien Frendz, et, tout en les faisant visiter, avait tenté de faire sauter l’université Queens et de les faire tous arrêter et inculper. C’est l’un des Américains, Alan Marcuson, qui a ensuite mis McCann en contact avec Marks par l’intermédiaire d’un autre vieil ami d’Oxford, Graham Plinston (21). À Londres, Stark, qui fouinait dans les milieux radicaux, a contacté l’avocat représentant le couple américain. Il a manifesté un certain intérêt pour McCann et a promis un soutien financier, qui n’a jamais abouti à quoi que ce soit (22). Stark mettait donc le nez dans l’opération Marks-McCann près de deux ans avant que le Macmillan du MI6 ne recrute Howard Marks.

Les questions posées mais restées sans réponse

Stark était en prison en Italie en 1977 lorsque Macmillan a été affecté à l’ambassade britannique à Rome. Macmillan aurait été dans une position idéale à la station du MI6 pour aider Lee à obtenir les documents saisis par la police italienne lors de l’arrestation de Stark en 1975 (23), mais les documents ne sont arrivés qu’un an après la demande de Lee, au moment où l’enquête était bouclée. Les documents de Stark comprenaient des formules pour la synthèse du LSD et du THC, dont certaines étaient identiques à celles de Kemp, des documents sur les transactions de tartrate du BEL en Angleterre, des lettres de Charles Adams, conseiller économique à l’ambassade américaine à Londres, adressées à Stark dans son laboratoire en Belgique, et des brouillons de lettre à Wendy Hansen, Vice-Conseiller américain à Florence qui parlait d’un coup possible en Italie (pour lesquelles, a-t-il déclaré, les conditions nécéssaires étaient encore à venir) (24).

Cela soulève la question suivante : si Stark, le catalyseur de l’explosion du LSD britannique, était un agent américain, son agence lui aurait-elle permis d’enfreindre la loi et de mettre en danger la sécurité nationale du principal partenaire américain de l’OTAN ? La réponse pourrait être “oui” si l’agence menait une opération secrète conjointe avec ses homologues britanniques - par exemple dans le domaine de la “lutte contre le terrorisme” - qui était suffisamment importante pour justifier les risques. Stark a été emprisonné en Italie de 1975 à 1979 à la suite de son implication dans une bande de terroristes fascistes trafiquants de drogue. Mais il a côtoyé en prison des membres influents des Brigades rouges, tout en restant en contact avec les services secrets à l’extérieur. Il est soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement de Moro.

En 1979, Stark a interjeté appel de sa sentence de 14 ans de prison ferme. Selon le juge qui l’a libéré sous caution et lui a ainsi permis de fuir l’Italie, “une série impressionnante de preuves scrupuleusement énumérées” suggérait “qu’à partir de 1960 Stark appartenait aux services secrets américains” et avait “infiltré le monde des trafiquants de drogue au Moyen-Orient pour dévoiler les organisations armées opérant dans cette région et obtenir des contacts et des informations sur les groupes terroristes européens” - une déclaration qui soulève autant de questions que de réponses (25).

Références

1. Stewart Tendler et David May, Brotherhood of Eternal Love- From Flower Power to Hippie Mafia ; the Story of the LSD Counterculture, Panther, Londres 1984 pp. 174-5 ; Martin A. Lee et Bruce Shlain, Acid Dreams : The CIA, LSD and the Sixties Rebellion, Groven Weidenfeld, New York, 1985 p. 249 ; Martin A. Lee,’Rasputin of LSD’ in National Reporter, Fall 1988;Dick Lee and Colin Pratt, Operation Julie, W.H. Allen, London 1978 p. 71

2. Tendler et May, op. cit. pp. 174-5

3. Lee et Shlain op. cit. p. 248

4. Lee et Shlain, op. cit. p. 245 à 245-6 ; Tendler et May, op. cit. p. 160. Voir aussi Flashbacks - an Autobiography de Timothy Leary, 1983.

5. Lee et Pratt, op. cit. p. 350 ; Tendler et May, op. cit. p. 177 à 182. Lee et Shlain (p. 288) attribuent à tort à Kemp plutôt qu’à Stark le mérite d’avoir produit le kilo que Stark a emmené à Idlywild. En fait, Stark et Kemp se sont à peine rencontrés et n’ont commencé à travailler ensemble sur le LSD que fin 1969.

6. Lee et Pratt op. cit. p. 377

7. Tendler et May, op. cit. p. 186 ; Lee et Pratt, op. cit. p. 337.

8. Ibid. p. 50

9. Tendler et May op. cit. p. 230

10. Ibid. p. 171.

11. Pour ceux qui n’ont pas un souvenir détaillé de la culture pop, un tube intitulé ‘Leapy Lee’ a caracolé dans le top en Grande-Bretagne à cette époque. D’où le surnom de Lee.

12. Lee et Pratt op. cit. pp. 12-18

13. Ibid. p. 290.

14. Ibid. p. 47. Voir aussi Cox, Shirley et Short, The Fall of Scotland Yard, Penguin, 1977.

15. Martyn Pritchard et Ed Laxton, Busted !, Mirror Books, Londres, 1978

16. Lee et Pratt op. cit. p. 100

17. The Leveller Avril 1978

18. Lee et Pratt, op. cit. p. 290.

19. Ibid. p. 337.

20. David Leigh, High Times, Heinemann, Londres 1984, p. 68

21. Ibid. pp. 40-50

22. Tendler et May, op. cit. p. 274

23. Jonathan Bloch et Patrick Fitzgerald, British Intelligence and Covert Action, Brandon, Kerry, Irlande, 1983, pp. 223-5 et 258.

24. Lee et Pratt, op. cit. p. 334 ; Philip Willan, The Puppet-Masters : the Political Use of Terrorism in Italy, Constable, Londres, 199, p. 312.

25. Willan, op. cit.p. 309 ; Lee et Shlain op. cit. p. 281 ; Martin A. Lee dans National Reporter, Fall 1988




Accueil » Articles » Acide : une histoire secrète du LSD