Le langage du pouvoir II

Publié le 28 Avr. 2008 sur le blog Skilluminati


Obama joue au cow-boy au Texas

Quand j’ai écrit « Purement et Simplement: J’emmerde le 11 Septembre 2001 », le titre n’était pas une réflexion après coup ou même une blague. Les mots ont été choisis avec soin pour un effet maximum et bien sûr, je reçois toujours un e-mail par semaine sur un article que j’ai écrit il y a un an. C’est dans le contexte du mouvement des militants pour la vérité sur le 9 / 11 et ce qu’ils attendent que je pose une question, que je me surprend à remâcher depuis lors:

Soyez honnête avec vous-mêmes : A qui êtes-vous en train de demander justice ? Vous attendez-vous à voir la structure du pouvoir même qui gère et contrôle les États-Unis d’Amérique depuis ces 50 dernières années à vous rendre justice parce que vous avez raison ? Parce que vous pouvez prouver mathématiquement que deux bâtiments se sont effondrés plus rapidement qu’ils n’auraient dû ? Parce que vous avez des milliers de pages de preuves pour valider chaque argument que vous avancez ? Est-ce que la vérité importe vraiment ? Sérieusement. Est-ce que la vérité compte encore ? Ou bien est-ce le pouvoir qui compte vraiment ?

C’est réellement la question centrale, et je ne suis pas dans une proposition de type « tout ou rien ». Les deux seraient bien, mais je peux aussi faire la proposition qu’il pourrait être trop tard pour ce genre d’espoir. J’ai eu un certain nombre de lecteurs de Skilluminati qui m’ont instantanément expédiés par mail la citation classique d’une source anonyme, bien sûr, de l’administration Bush - désignée comme “un conseiller principal de Bush” :

« Il me répondit que les gars comme moi faisaient parti de ”ce que nous appelons la communauté fondée sur la réalité”, qu’il a défini comme les individus qui estiment que ”les solutions émergent d’une étude judicieuse de la réalité perceptible”. J’ai hoché la tête et murmuré quelque chose à propos des principes des Lumières et de l’empirisme. Il me coupa. ”Ce n’est plus la façon dont le monde fonctionne désormais,” a t-il poursuivi. ”Nous sommes aujourd’hui un empire, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité - judicieusement, comme il vous sied - nous allons agir de nouveau, continuant de créer d’autres réalités, que vous étudierez également, et c’est comme ça que les choses se feront. Nous sommes les acteurs de l’histoire … et vous, vous tous, vous devrez vous contenter d’étudier ce que nous faisons. »

Cet article a émergé à partir des conversations que j’ai eu après le premier article sur « le langage du pouvoir ». Je n’avais alors fait qu’esquisser quelques points que je voudrais développer ici beaucoup plus clairement.

William S. Burroughs & la Guerre de Cinquième Génération

Le bonheur, c’est l’esclavage

Jusqu’à il y a six mois, je n’ai pas pu mettre le doigt sur les raisons pour lesquelles Barack Obama me rendait mal à l’aise.

J’ai eu une conversation (très drôle) avec une bénévole de sa campagne électorale qui a parfaitement défini Obama pour moi. Elle m’a dit que Obama incarnait la façon dont l’Amérique des années 2000 se transforme - de la génération du « Moi » à la génération du « Nous ».

« Skilluminati research » n’a rien à voir avec les États-Unis ou l’armée américaine et je vois personnellement l’ensemble des 195 États-nations « légitimes » de la planète comme tous également préjudiciables au progrès humain. Comme l’a dit Doug Stanhope, « le nationialisme est un poids mort ». Tous les gouvernements sont fondés sur la violence et maintenus par l’exploitation.

Je suis très redevable au travail de Curtis Gale Weeks, John Robb, Mark Safranski, et tout le monde à « Dreaming 5GW » et « Small Wars Journal », mais notre propos est quelque peu différent. Je ne suis, à l’inverse de la plupart des blogueurs 5GW, pas inquiet sur l’avenir des États-Unis comme superpuissance mondiale. J’écris pour un public qui me ressemble beaucoup : des individus qui ont dépassé le nationalisme, le racisme, ainsi que la religion et qui n’éprouve aucun respect pour l’autorité, les frontières nationales ou même les lois de la physique.

Le bonheur, c’est un flingue chaud

William S. Burroughs

Peter J. Carroll, qui est lui-même un vétéran 5GW, ayant opéré sous un pseudonyme et ayant procédé au recâblage de dizaines de milliers de cerveaux dans le monde entier, a posé cette question en termes de religion. Sur une planète avec plus de 10.000 Dieux activement adorés - aucun d’entre eux n’étant apparamment visible, dont l’existence d’aucun ne peut être prouvée – comment pouvez-vous être sûr de la divinité sur laquelle il vous faudrait parier ? N’est-il pas plus judicieux d’investir toute cette foi en vous-même ?

Avec « Skilluminati research », j’avance le même argument sur le plan politique. Pourquoi faire appel au pouvoir alors que vous pourriez être l’artisan du vôtre ? Vous pourriez faire l’apprentissage de la soudure, vous entraîner au Tæ kwon do ou faire la lecture d’un livre au lieu de militer pour un parti, de participer aux réunions du parti, de penser, de respirer, de vivre pour le parti. Pourquoi se préoccuper de vos dirigeants quand ils ne peuvent réellement vous contrôler, et n’aiment pas ce que vous pensez, voulez ou ressentez personnellement ?

5GW, c’est le pouvoir.

Plus précisément, 5GW est dédié aux gens exerçant leur pouvoir pour atteindre leurs propres objectifs au détriment de tous ceux qui s’opposent frontalement à eux sur le chemin. Je pense que ce genre de clarté est absente de la discussion, car la dimension occulte du pouvoir n’a pas sa place dans un débat honnête, de la théorie militaire à la politique en passant par l’histoire. Pendant des milliers d’années, de petits groupes d’humains, usant de magie rituelle, de religion, de théocratie ont contrôlé les nations, mené des guerres et se sont engagés dans la guerre économique et psychologique envers leurs populations. Un maître de guerre occulte dont on parle encore aujourd’hui dans les milieux militaires est Hassan i Sabbah, inspirateur de longue date de William S. Burroughs et de Robert Anton Wilson.

Je suis sensible à l’argument selon lequel j’encouragerais un fléau de psychopathes isolés à déclarer la guerre au monde entier, mais ma propre pratique 5GW est consciente et doit beaucoup à DJ Kilcullen, auteur des 28 articles, que vous devriez lire maintenant si vous ne l’avez pas déjà fait. L’article 26 stipule: “Construisez votre propre solution - n’attaquez l’ennemi que s’il vous confronte directement”.

Comme je l’ai dit au début de ce projet, mon intérêt pour 5GW (Guerres de 5e génération) est enraciné dans son potentiel de changement social et culturel positif. J’étudie la guerre pour les mêmes raisons que j’ai étudié la psychologie et le commerce - parce que les outils de contrôle social seront moins nuisibles quand ils seront largement distribués. Les cadres qui ont du pouvoir sur des millions d’autres êtres humains sont fondamentalement dangereux - des millions d’êtres humains avec un contrôle de l’exécutif sur eux-mêmes est la tendance vers laquelle nous nous dirigeons en ce début de siècle.

Les dinosaures des gouvernements et des sociétés et des conglomérats de médias et les think tanks et les universités - l’ancien et légitime (?) “White Control System” - ne vous laisseront pas tranquillement et poliment vous en aller comme ça. Je pense donc que tous les futurs mutants ont une obligation de bon sens pour savoir comment faire pour désactiver et désarmer aussi efficacement que possible ces systèmes de contrôle social. Cela va être une promenade très cahoteuse et nous pouvons tous contribuer à réduire la probable effusion de sang.

Pour terminer, je me rends compte que j’ai utilisé le mot “je” beaucoup, beaucoup trop souvent dans ce post. Cette tendance ne doit pas continuer - c’est le but du jeu à partir de maintenant.

Merci de m’avoir lu.




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