Bréviaire Conspirationniste : Entrevue avec R.A. Wilson

Une entrevue avec R.A. Wilson de 1976 que j’ai trouvé particulièrement stimulante, que j’ai donc traduite et que je soumets à votre attention ici-même. En espérant que les lecteurs y trouveront matière à réflexion… ;)

R.A.W.

Conspiracy Digest

Interview 1

CD: Dans quelle mesure devons-nous prendre au sérieux votre passionnante et divertissante trilogie, « Illuminatus », que vous avez écrit en collaboration avec Robert J. Shea ?

Wilson: Je n’aimerais pas être pris au sérieux. Les gens sérieux sont toujours tellement sombres et tendus qu’ils me donnent envie de danser nu sur la pelouse en jouant de la flûte. Bien sûr, comme Mavis dit dans le premier volume de la trilogie, « rien n’est vrai jusqu’à ce que ça vous fasse rire, mais vous ne le comprendrez vraiment que lorsque ça vous fera pleurer ». La situation fondamentale de l’humanité est à la fois tragique et comique, puisque nous sommes tous des singes domestiqués avec de merveilleux cerveaux dotés de 30 milliards de cellules, et que nous arrivons rarement à l’utiliser efficacement en raison de la domination exercée par les parties les plus anciennes du cerveau des mammifères. Je veux dire, nous vivons sur la planète des singes, mec. Est-ce drôle ou sérieux? Cela dépend de l’amplitude de votre sens de l’humour, je suppose.

CD: Plus précisément, devons-nous vraiment croire à la compétition à laquelle se livrent des organisations et sociétés secrètes afin d’initier et de guider les différentes tendances intellectuelles, religieuses, artistiques ainsi que des distortions de réalité ? Ou bien est-ce que le scénario des sociétés secrètes était juste une parodie des théories de la droite américaine, une manière de dramatiser les tendances autoritaires vs libertaires, ou tout simplement votre technique de lavage de cerveau personnelle ?

Wilson: Pour citer Lichtenberg: «Ce livre est un miroir: quand un singe regarde dedans, nul philosophe ne lui retourne son regard. ». « Illuminatus! », à l’instar de Linda Lovelace, devrait tout représenter aux yeux des hommes. C’est le premier roman délibérément écrit du point de vue de l’agnosticisme multi-modèle de la physique quantique moderne. La figure du romancier trônant sur un piédestal et contemplant le monde avec le regard prétendument objectif de Dieu est aussi désuète que le prédicateur Tinhorn lorsqu’il se met à brailler: «Venez à mon église, j’ai la véritable vraie religion. » La philosophie ne peut honnêtement embrasser que l’agnosticisme à ce stade de l’évolution, ou bien le pluralisme ontologique. La mosaïque de conspirations concurrentes dans « Illuminatus! » est une parodie de la démonologie populaire de la Droite comme de la Gauche américaine. C’est aussi une proposition sérieuse pour un modèle relativiste plus Einstein-ien en lieu et place de la théorie moniste newtonienne qui est en vogue chez les félés de la conspiration. Un des lecteurs qui semble vraiment avoir compris « Illuminatus! » est le Dr Timothy Leary, qui m’a dit l’année dernière que ses expériences avec la DEA, le FBI, la CIA, l’OLP, Weather Underground, les Mansonoïdes, la Confrérie Aryenne, Al Fattah, etc, étaient exactement aussi absurdes que les parties les plus absurdes de « Illuminatus! ». Tim dit que vous rencontrez les mêmes 24 complots partout où vous allez. Plus précisément, il a mentionné qu’il a identifié les 24 mêmes gangs paléolithiques qui combattent sur le gazon à la prison de Folsom et qu’il avait déjà reconnu à l’Université de Harvard. Ceux qui évoluent à Harvard parlent mieux l’anglais, bien sûr.

CD: Comment réagissez-vous à ma théorie que les cultes religieux et les sociétés secrètes ne sont pas des éléments moteurs, mais simplement des pions dans les mains amorales de banquiers internationaux Stirnerites? Si je me souviens, vous faites allusion dans « Illumi-natus! » au fait que les banquiers internationaux sont contrôlés par les Illuminati.

Wilson: En premier lieu, je suis ravi que vous appeliez votre scénario « une théorie » et de ne pas prétendre que c’est un fait avéré. Cela vous élève de plusieurs degrés sur l’échelle de l’intelligence au-dessus de la plupart des mordus de la conspiration, qui semblent ne jamais avoir étudié la logique, la sémantique, l’épistémologie, ou la méthode scientifique. Ils pensent que toute idée folle qui pénètre dans leur tête doit être vraie, car cela les fait se sentir encore plus terrifiés qu’ils ne l’étaient hier. Vous voyez, la plupart des mordus de la conspiration sont des félés de l’adrénaline et aiment jouer à se faire peur (ainsi qu’aux autres). C’est la même impulsion bizarre qui conduit les gens au cinéma pour voir un film d’horreur sadique.

Deuxièmement, je pense que votre théorie est aussi plausible que ma théorie, ainsi que six ou sept autres théories. En général, cependant, je doute fort que les banquiers internationaux, ou tout autre gang de pirates, sache foutrement ce qui peut bien vraiment se passer. Comme tous les autres complots, ils aiment à imaginer qu’ils sont vraiment au-dessus de tout, mais c’est juste du narcissisme. Comme je le souligne dans le Principe Snafu* au volume deux de « Illuminatus! », La communication n’est possible qu’entre égaux. Chaque hiérarchie provoque des situations dans lesquelles la communication devient trop compliquée. Chaque élite dirigeante souffre de désorientation progressive: plus ils restent au pouvoir, plus ils deviennent fous. C’est parce que tout le monde ment aux hommes au pouvoir, certains pour échapper au châtiment, certains afin de flatter et de s’attirer des faveurs. En conséquence de quoi, l’élite se fait une idée très déformée du monde. Cela s’applique à toutes les organisations pyramidales – forces armées, corporations ou gouvernements. Cela s’applique même aux familles patriarcales un peu « vieux-jeu ». L’individu ou le groupe au pouvoir s’alimente entièrement sur les ordures de la flatterie et de la tromperie (le syndrome de Howard Hughes). Je pourrais vous raconter des tas d’histoires au sujet des sociétés où j’ai travaillé … de telles choses ne sont possibles que sur la planète des singes. Quoi qu’il en soit, les banquiers ne sont qu’une partie d’un jeu beaucoup plus vaste et stupide, dans lequel des dizaines de coalitions complotent et manœuvrent afin de tromper et d’arnaquer les autres.

Le meilleur modèle pour la compréhension des coalitions capitalistes est celui de Von Neumann et Morgenstern dans leur « Théorie des Jeux et du comportement économique », qui souligne que toute coalition tente de cacher ou de thésauriser des signaux importants. (l’information, comme tout le reste, devient une marchandise dans le capitalisme, et bientôt le comportement de horde typique des mammifères entre en jeu. Plus une coalition a de secrets, plus ses membres pensent qu’ils sont importants). Malheureusement pour les conspirateurs l‘intelligence repose sur l’échange rapide des signaux, et par conséquent l’accaparement de signaux (“Top Secret”, “Your Eyes Only», etc) et la diffusion de faux signaux (la politique du mensonge) réduit le QI de ceux qui le pratiquent de manière encore plus catastrophique que l’intelligence générale dans la société toute entière. La désorientation progressive, comme je l’ai dit avant, est le sort ultime de tous les systèmes de conspiration. C’est pourquoi le Dr Leary a pour slogan “No More Secrets” pour le groupe Starseed qui tente une mutation triple dans cette génération, à savoir la migration dans l’espace, l’accroîssement de l’intelligence ainsi que le prolongement concret de la vie. (SMI 2 LE, en abréviation pratique Leary.) Les secrets sont plus dangereux pour ceux qui les thésaurisent plutôt que pour ceux qui sont exclus. Bien sûr, Gandhi et Martin Luther King, Jr., l’avaient compris avant Leary et ont toujours déclarés par avance à l’opposition exactement ce qu’ils allaient faire et où et quand et pourquoi. C’est la seule façon de mettre fin à la paranoïa qui infeste cette planète et de sortir du jeu territorial des mammifères vers un jeu plus humain et plus rationnel.

  • Les taxes sont du vol, fondé sur le monopole des armes.
  • Le loyer est le fils de la taxe, l’imposition des terres par des groupes privés, basé sur le monopole de la terre.
  • L’intérêt est le fils du loyer, le loyer de l’argent, basé sur le monopole de la monnaie.
  • Dans le « libre marché », la concurrence finirait par entraîner les prix vers le bas au niveau du coût (environ).
  • Dans le capitalisme monopolistique, le prix est toujours égal (au moins) au prix coûtant majoré de la taxe plus le loyer, plus les intérêts.
  • Le capitalisme de monopole n’est pas un marché libre.



Je pense aussi qu’on ne doit pas mettre l’accent sur l’élément de conspiration dans le secteur bancaire, pour deux raisons. D’abord, bien sûr, il a été impossible de parler de conspirations des banquiers depuis les années 1930 sans que la plupart de votre auditoire pense que vous êtes un nazi, ou du moins, un anti-sémite. C’est ce qu’on appelle une association conditionnée, ou inférence critique, et, cependant, bien qu’ illogique, elle est très répandue. J’ai attaqué les banquiers depuis environ 1962, et je ne cesse de recevoir du courrier provenant de deux groupes d’idiots: les idiots juifs qui pensent que je suis secrètement un anti-sémite, et sont en colère contre moi pour ça; et les antisémites idiots qui pensent que je suis aussi en secret un anti-sémite, et qui sont heureux de m’accueillir dans leur club répugnant.

(Bien sûr, ce qui rend cette équation «anti-banquier» = «anti-Juif » totalement absurde, c’est qu’aujourd’hui les plus grandes banques en Amérique sont contrôlés par des familles de protestants en Nouvelle-Angleterre – les “Yankees” de Carl Oglesby, ce qui rend son scénario “Cowboys vs . Yankees” tout à fait plausible, scénario qui soutient que ces Yankees sont dans une lutte à mort avec les exploitants pétroliers Texans et d’autres coalitions occidentales.)

Deuxièmement, et plus important, je suis convaincu que le problème dans notre système bancaire est structurel, et non pas un problème de personnel. Autrement dit, si Jésus et ses 12 apôtres étaient mis à la tête de la Réserve fédérale demain, mais sans être autorisés à changer les règles, la Fed serait encore une monstruosité. En d’autres termes, ce ne sont pas les acteurs qui importent. C’est le jeu lui-même, la question du monopole de la monnaie, qui est le problème. Bien sûr, rien de tout cela n’est destiné à nier que les banquiers conspirent – tout comme les exploitants du pétrole conspirent, ou encore les contrebandiers de marijuana, ou bien les cliques qui dirigent le monde de l’art, etc … Comme Adam Smith l’a déclaré il y a 200 ans,

“Les hommes d’une même profession ne se rassemblent jamais tous ensembles, sauf pour conspirer contre le public en général”.

Je vois le jeu du pouvoir comme reposant sur trois niveaux de force et de fraude. D’abord, le premier et le plus puissant, c’est le racket exercé par le gouvernement lui-même, par le monopole de la force (puissance militaire, puissance de la police, etc) qui permet au groupe d’administration de prendre tribut (impôt) des masses asservies ou abusées.

Deuxièmement, un dérivé de cette conquête primordiale, c’est le racket propriétaire, le monopole de mammifères sur un territoire, qui permet aux proches du roi (seigneurs-du-fief) ou leurs successeurs, de prendre un hommage (loyer) à ceux qui vivent sur le territoire. Le loyer est fils de la fiscalité, le second degré du même racket.

Troisièmement, le dernier par ordre d’apparition historique, c’est le racket de l’usure, le monopole de l’émission de monnaie qui permet aux seigneurs de l’argent de prendre un hommage (intérêts) sur la création de monnaie ou de crédit, et sur la circulation continue de l’argent ou d’un crédit à chaque étape du chemin. L’intérêt est le fils du loyer, le loyer de l’argent.

Comme la plupart des personnes qui sont engagées dans des pratiques néfastes ont, à mon avis et contrairement à votre modèle, beaucoup de réticence à reconnaître ce qu’elles font, et sont dépendantes de l’hypocrisie au même titre que le reste de l’humanité, je pense que tous les groupes de pouvoir, doivent très sincèrement croire que ce qu’ils font est bon, et que quiconque les attaque est un dingue révolutionnaire. En dehors des Klingons de Star Trek, je n’ai jamais rencontré un prédateur réel qui se justifie pour des raisons Stirnerites ou machiavéliques. Je pense vraiment que Saroyan était à droite, aussi naïf que cela puisse paraître, en disant que «tout homme est un homme bon à ses propres yeux. » Plus précisément, je ne pense pas que Rockefeller et ses amis parlent entre eux comme des crapules théâtrales, se réjouissant de la façon dont ils «dupent» et «exploitent» le reste d’entre nous (comme vous les présentez dans votre « Technologie occulte du pouvoir »,, un excellent ouvrage soit dit en passant). Ils parlent de « maintien de l’ordre civilisé», comme le professeur qui travaille pour eux au sein du Conseil sur la scène des relations étrangères dans « Illuminatus! ». C’est le genre de jargon utilisé par Carroll Quigley, un professeur et historien établi qui a vraiment levé le rideau sur ce spectacle, et dans le rapport de la Commission Trilatérale, « Les crises de la démocratie », vous trouverez la même image auto-satisfaite. Cela n’est guère surprenant. Toutes les autres coalitions et les complots s’imaginent eux aussi être les bons. Tout le monde pense que la concurrence ou les forces insurrectionnelles sont les méchants.

CD: Bien qu’il soit vrai que les mordus de conspiration sont « accros d’adrénaline», n’est-il pas également vrai que les plus communes et respectables des « âmes confiantes » sont des gens qui se rassurent et qui ont peur de considérer les théories effrayantes sur la réalité, en dépit des preuves qu’on peut leur apporter ?

Wilson: Certainement ! Le premier circuit du système nerveux, l’impression de biosurvie infantile, tend à produire un être pré-disposé envers un programme confiance/dépendance/optimisme ou son contraire: suspicion/peur/fuite, et cela demeure habituellement constant pour le restant de votre vie. Les deux extrêmes de cette impression sont assez mécaniques. « Illuminatus! » est un pied-de-nez ontologique, destiné à provoquer une certaine activité corticale réelle en lieu et place de ces impressions quasi-robotiques.
Le cerveau est le plus grand organe sexuel !

CD: Il semble évident que la plupart des gens sont biaisées dans le sens de l’auto-apaisement, et que cette attitude complaisante joue pleinement son rôle entre les mains des conspirateurs dans les affaires et au gouvernement. Commentaire?

Wilson: Peut-être que nous parlons de planètes différentes. De mon point de vue, presque tout le monde pense que quelqu’un d’autre est à blâmer pour ses problèmes personnels. Si ce n’est pas les juifs ou les catholiques ou les banquiers internationaux, c’est la franc-maçonnerie ou les écologistes ou les services publics locaux. Les enfants blâment leurs parents. Les parents blâment leurs enfants. Dans un sens, toutes ces théories de la «conspiration» sont de l’auto-apaisement, en ce qu’elles désignent un problème qui provient de l’extérieur, clairement identifié par un «ennemi» qui peut être haï et blâmé, mais c’est le seul sens dans lequel les primates domestiqués s’autorisent un répit. Pour organiser un lynchage ou une émeute il suffit de crier, “l’Ennemi est là-bas, camarades!” et d’obtenir une foule suffisamment dense derrière vous; c’est depuis toujours le jeu le plus facile à organiser sur la planète des singes. Le passage le plus important dans « Illuminatus! », pour moi, c’est la fable «maintenant regarde ce que tu m’as fait faire » par le Dalaï Dealy (qui est maintenant une chanson rock dans la version théâtrale anglaise de « Illuminatus! ») et c’est la morale réelle de la trilogie. Nous ne pouvons être sain d’esprit et responsable que si nous cessons de regarder en dehors de nous pour strengdi (Big Daddy ou Dieu), ou pour quelqu’un d’autre à blâmer (le diable). Dieu et le Diable sont réels, mais à l’intérieur de nous. Bien sûr, j’ai eu l’idée de cette fable en regardant « Laurel et Hardy ». J’ai oublié duquel de leurs films il s’agit, mais je me souviens de Hardy qui, après une catastrophe, se tourne vers Laurel en disant: «Maintenant, regarde ce que tu m’as fait faire ! ». Cela m’a frappé en un éclair: comme tous les grands moments de comédie, ce fut une épiphanie profonde dans le sens joycien, une synecdoque de la façon dont les gens essaient toujours de blâmer quelqu’un d’autre pour leur propre comportement.

[ NdT: Ce qui précéde a été écrit en 1976; ce qui va suivre a été écrit en 1979].

La différence entre moi et « Conspiracy Digest », c’est que CD définit l’élite du pouvoir comme « quelqu’un d’autre ». J’ai toujours défini l’élite du pouvoir comme «mes amis et moi».
CD et moi sommes d’accord sur le fait que certains types de puissances sont nichées chez: (a) ceux qui monopolisent l’armement, c’est à dire les gouvernements, (b) ceux qui monopolisent la terre, c’est à dire, les propriétaires, et (c) ceux qui monopolisent la monnaie, c’est à dire , les banques d’émission. Nous sommes en désaccord en ce que CD considère ces monopoles traditionnels comme le seul type de pouvoir qui compte réellement sur cette planète, alors que je reconnaîs un autre type de pouvoir: le pouvoir du Cerveau. La puissance du cerveau (qui forme le travail de tous les artistes, les scientifiques et de tous ceux qui manient les symboles depuis l’aube de l’humanité, mais en particulier ceux du XIXe siècle) a créé le «monde réel» sur lequel les « monopolistes » se battent entre eux au XXe siècle.

De même, la puissance du cerveau aujourd’hui et maintenant, c’est la création du «monde réel» du vingt et unième siècle, sur lequel les monopoles seront alors en difficulté. Les gens « cérébraux » créent des grilles de réalités sur lesquelles les gens « de pouvoir » s’affrontent, et les gens « cérébraux » créent même les techniques de la lutte. Plus précisément, la Troisième Guerre mondiale a été empêché par un Illuminatus Primus nommé John Von Neumann, déjà mentionné en relation avec son œuvre sur la mécanique quantique et sa théorie des jeux. Von Neumann a également conçu le premier ordinateur programmable, qu’il nomma malicieusement « Maniac » (« Multiple Analyzer Numerical Integrator And Computer » ou « Intégrateur Analyseur numérique multiple et ordinateur »). Lorsque partout les militaristes ont commencé à utiliser des ordinateurs programmable (post-Von Neumann) et la théorie des jeux de Von Neumann pour analyser des “Wargames”, ils ont rapidement appris que la guerre nucléaire est une situation sans issue. Ainsi les stratèges eux-mêmes, en examinant des scénarios de guerres possibles avec les mathématiques de Von Neumann dans les ordinateurs de Von Neumann, ont été forcés de réaliser qu’un affrontement thermonucléaire était une situation de laquelle n’émerge nul vainqueur, de fait, la politique de puissance traditionnelle fonctionne maintenant avec les guerres froides, des guerres comme celle de Bush au Vietnam, les guerres des agences de renseignement contre les agences de renseignement, etc, mais pas avec des guerres mondiales.
La puissance même du cerveau peut créer un vingt et unième siècle dans lequel les luttes de pouvoir seront, forcément, des luttes d’intelligences, et plus aucune violence ne sera possible.

* “Snafu” = acronyme pour “Situation Normal: All Fucked Up !” (“Situation Normale: c’est le foutoir !”), utilisée par les troupes américaines au Vietnam pour rendre compte de leur situation par transmission radio.

Robert Anton Wilson est un être imaginaire créé par Dieu. Comme il est assez brillant, Wilson a compris cela et sait qu’il n’a pas d’existence réelle en dehors de l’esprit de Dieu. Néanmoins, il lui arrive de se prendre au sérieux à l’occasion.




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