Institut Tavistock

l’ingéniérie sociale de masse



Extraits de l’Introduction et du premier chapitre de l’ouvrage “Tavistock Institute : social-engineering the massespar Daniel Estulin.

Tavistock Institute : socal-engineering the masses book cover

Introduction

Tavistock, dans le Sussex, en Angleterre, “est le centre mondial des activités de conditionnement (lavage de cerveau) et d’ingénierie sociale”. Partant de ses débuts un peu grossiers à Wellington House, s’est développée une organisation sophistiquée qui devait façonner le destin de la planète entière et, ce faisant, changer le paradigme de la société moderne.

Il s’agit de la “conspiration du Verseau”, comme s’y réfèrent les spécialistes du conditionnement (lavage de cerveau), en référence à une étude super secrète de 1974 du Stanford Research Institute intitulée “Changing Images of Man”.

Le conditionnement (lavage de cerveau) repose sur l’ignorance des victimes. Il est omniprésent. Nous pouvons tous percevoir la désintégration de nos nations en termes d’expériences personnelles quotidiennes. Cependant, ce n’est pas une coïncidence. Ce n’est pas un accident. Ce que nous voyons autour de nous, c’est une désintégration planifiée de l’économie mondiale par les personnes les plus puissantes du monde.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, “Tavistock était le quartier général du Psychological Warfare Bureau de l’armée britannique qui, grâce aux dispositions du Special Operations Executive, a également dicté la politique des forces armées américaines en matière de guerre psychologique”.

Ce qui est attaqué, ce ne sont pas seulement nos droits humains individuels, mais plutôt l’institution même de l’État-nation, à partir du “programme massif d’ingénierie sociale de l’oligarchie mené par l’Institut Tavistock pour les relations humaines et d’autres centres de psychologie sociale appliquée et d’ingénierie sociale beaucoup plus vastes et intégrés qui ont émergé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale”. Ces groupes nous considèrent, ainsi que les principes des États nations, comme leur ennemi philosophique axiomatique.

Cet ensemble indissociable se compose de certains des centres de connaissance et de recherche les plus prestigieux du monde, tels que le Stanford Research Center de l’Université de Stanford, Rand Corporation, MIT/Sloane, le Advanced Center of Behavioural Sciences à Palo Alto, l’Institute of Social Research de l’Université du Michigan, la Wharton School of Business de l’Université de Pennsylvanie, la Harvard Business School, la London School of Economics, les National Training Laboratories, le Hudson Institute, l’Esalen Institute, le National Institute of Mental Health, le National Institute of Drug Abuse, l’Office of Naval Research. Il y en a d’autres, comme l’International Foundation for Development Alternatives basée à Genève et l’Executive Conference Center, la première école supérieure à plein temps de l’Age du Verseau, chargée de modifier le comportement pédagogique des cadres supérieurs des 500 plus grandes entreprises du classement Fortune. Des zombies humains placés à des postes de direction de haut niveau pour nous conduire dans le Nouvel Âge Noir de la conscience transcendantale. Deux axes, premièrement, les changements nécessaires aux États-Unis et, deuxièmement, l’ordre mondial.

Au cours d’un demi-siècle, des dizaines de milliards de dollars ont été alloués par le gouvernement des États-Unis avec l’aide subreptice de groupes de réflexion et de fondations alignées avec Tavistock pour financer le travail de ces groupes.

Tous les aspects de la vie mentale et psychologique des gens sur la planète ont été profilés, enregistrés et stockés dans des systèmes informatiques. Au-dessus des groupes de sociologues, psychologues, psychiatres, anthropologues, think-tanks et fondations qui coopèrent étroitement, préside l’élite des membres puissants de l’oligarchie.

Quel est le but de ces modifications de comportement ? C’est d’apporter des changements forcés à notre mode de vie, sans notre accord et sans jamais réaliser ce qui nous arrive. Le but ultime étant “l’extirpation complète du sens profond de l’identité humaine, le déracinement de l’âme humaine et son remplacement par une pseudo-âme artificielle et synthétique”.

Comme l’a écrit le professeur John McMurtry dans son discours d’ouverture du Forum sur la science au service de la paix qui s’est tenu à l’Université de Toronto en 2001, ” la totalité de la règle n’est pas le seul paramètre du totalitarisme. L’absence de limites du pouvoir procède aussi d’un Centre omniprésent.” Dans le nouveau mouvement totalitaire, “cette force directive omniprésente” communique par la modification des comportements et le changement d’identité - les nœuds dominants du système imbriqué.

La terreur psychologique n’est pas l’essence, “mais la marque de ponctuation du sens du nouveau totalitarisme. Le canal de commandement de l’argent et de la consommation est le secret du succès du mouvement parce qu’il lui permet d’éviter la responsabilité de ses échecs. Les défaillances du marché à pourvoir aux besoins des sociétés sont prescrites par Wall Street afin de, “a contrario”, toujours attribuer aux forces transcendantes de “la main invisible” les sanctions inflgées à ces sociétés pour des péchés présumés contre les “lois du marché”. Ainsi, alors que les catastrophes frappent de plus en plus la majorité du monde, les victimes sont blâmées pour les privations, la misère et l’oppression qu’elles subissent.

C’est un genre de domination beaucoup plus efficace que la répression par la terreur, qui est plus évidente, mais qui expose le système à une autre forme de résistance. Maintenir la majorité dans un état continu d’anxiété intérieure fonctionne parce que les gens sont trop occupés à assurer leur survie ou à rivaliser pour leur propre survie pour coopérer à l’élaboration d’une réponse efficace. Il y a, là dessus encore, la signature de Tavistock.

“Au cours de la dernière décennie, l’ensemble de la population de la planète a été maintenu dans le désarroi en permanence grâce à une succession d’effondrements financiers et de fiascos commerciaux transnationaux, asséchant les finances publiques et outrepassant les droits supérieurs à l’autodétermination nationale. Les populations ont été tellement submergées par le poids mouvant des crises économiques et environnementales qu’une règle d’insécurité universelle a rendu les majorités sociales paralysées par une terreur de basse intensité - condition nécessaire à tout mouvement totalitaire pour poursuivre son avancée, car maintenir les sujets en perpétuel déséquilibre est le coeur de son modus operandi…
“Au cours des périodes précédentes de l’histoire, nous avons vu des mesures draconiennes adoptées au niveau national, mais nous n’avons jamais vu une telle atteinte aux droits des peuples et aux normes démocratiques. Chaque nouvelle mesure, prise isolément, peut sembler une aberration, mais toute une série de changements dans le cadre d’un continuum constitue un virage vers un asservissement total. Le pouvoir total est un corrélatif supra terrestre du pouvoir global, qui ne peut concevoir aucune limite à son étendue.

Finalement, l’histoire enseigne par analogie et non par identité. L’expérience historique ne consiste pas à rester dans le présent et à regarder en arrière. Il s’agit plutôt de se plonger dans le passé et de retourner au présent avec une conscience plus large et plus intense des restrictions de notre ancienne perspective.

Chapitre 1

Contre-insurrection

Les techniques de manipulation psychologique de la société sont à peu près aussi vieilles que l’humanité elle-même. Les seigneurs féodaux, pour préserver et consolider leur pouvoir, ont toujours utilisé la punition et la torture comme agents dissuasifs du changement.

“Il y a des milliers d’années encore, ce n’étaient pas les techniques en soi, mais leur application consciente en tant qu’outils de division et de conquête, qui aidaient les classes dirigeantes. Quelle que soit l’inhumanité d’une technique ou d’une approche thérapeutique particulière, il ne s’agit pas en soi de contre-insurrection. La contre-insurrection ne peut se limiter à des horreurs ; elle exige une application consciente et systématique de la part de la classe dirigeante, ou de ses “idiots utiles”. Ce résultat a été obtenu en fusionnant la psychologie et la psychiatrie dans les années 1930.
“La première application consciente et massive de la psychologie comme arme a eu lieu en Allemagne nazie, en particulier en référence à l’eugénisme, qui jouait sur les illusions aryennes les plus arriérées qu’on imposa sur une partie des masses. Alors que la cause et le développement de la boucherie nazie étaient entièrement dus à l’effondrement de l’économie mondiale, sa forme spécifique, l’eugénisme, a été conçue par les théoriciens et techniciens préférés des Nazis - les psychiatres.”

Depuis lors, la “science de l’esprit” s’est convertie en un art de la destruction de l’esprit. Les approches thérapeutiques légitimes ont cédé la place à la pseudo-science modificatrice du comportement au nom de la thérapie par aversion.

Cette conversion de la science de l’esprit a vraiment été façonnée par la guerre - “la guerre de génocide mental menée par la bourgeoisie contre la classe ouvrière”. La prémisse essentielle du travail de Tavistock est la prémisse que certains types d’institutions démocratiques représentent des instruments beaucoup plus efficaces pour la dictature fasciste que les modèles directement autoritaires traditionnels. “Du grand canular pétrolier jusqu’au conditionnement (lavage de cerveau) dans le style de la CIA”, les sciences psychologiques ont suivi la voie tracée en 1945 par le Dr John Rawlings Rees, grand maître de la contre-insurrection psy, dans son livre, “The Shaping of Psychiatry by War”. Rees a appelé au développement de troupes de choc psychiatriques afin de développer des “méthodes de contrôle politique basées sur l’entraînement de la majorité de la population humaine vers la psychose” 6 par des procédures de modification comportementale programmée. Il a proposé cela pour rendre la population soumise à l’ordre économique mondial de l’après-guerre.

Rees déclara à un groupe de psychiatres de l’armée américaine en 1945 :

” Si nous nous proposons de nous attaquer ouvertement aux problèmes sociaux et nationaux de notre époque, nous devons avoir des troupes de choc et celles-ci ne peuvent être fournies par la psychiatrie basée entièrement dans les institutions. Nous devons avoir des équipes mobiles de psychiatres qui sont libres de se déplacer et d’établir des contacts dans le cadre de situations locales dans leur région particulière.” 7

La logique de Rees est claire. Pour qu’il y ait une véritable santé mentale, il faut une transformation complète de la société dans le sens d’une sélection rationnelle. Mais, comme il le déplore dans son livre, “beaucoup ne voient pas la réalité de cette façon, y compris la plupart des travailleurs qui croient que toute méthode de sélection est un mécanisme par lequel le méchant capitaliste vise à obtenir plus de travail des travailleurs, et cet argument a la peau dure”. 8

Selon la vision du monde de Rees, ces opposants, ainsi que tous ceux qui se livrent à des “grèves” ou à des “activités subversives”, sont eux-mêmes névrosés, “ayant désespérément besoin d’un traitement, mais malheureusement incapables de voir qu’ils sont malades”. Dans un tel monde de névrosés involontaires, la psychiatrie, seul arbitre de la raison, ne peut être exercée que par une cabale dans chaque pays, des groupes de psychiatres, liés les uns aux autres” prêts à rassembler toutes leurs armes et leur influence pour un passage “dans le champ politique et gouvernemental”. 9

Seule une “conspiration de psychiatres” - comme le disait Rees lorsqu’il parlait de sa mission - “pourrait construire une société où il est possible pour les gens de tous les groupes sociaux d’avoir un traitement quand ils en ont besoin, même quand ils ne le souhaitent pas, sans la nécessité d’invoquer la loi”. 10 Pour Rees, la construction de cette cabale est devenue sa “mission” de toute une vie. Comme l’écrit L. Marcus dans son excellent article d’investigation, “les méthodes réesiennes reposent, complètement et consciemment, sur la destruction de la vie mentale de la société mondiale et une marche forcée vers le sadisme universel”. 11 C’est là que réside leur affinité : des hommes considérés comme du “bétail civil” dont le mental, selon Tavistock, doit être manipulé et détruit.

Depuis lors, différentes méthodologies de guerre psychologique mises au point à l’Institut Tavistock ont été au centre des activités d’un ensemble mondial de groupes de réflexion interdépendants, à titre consultatif et de commissions spéciales, d’organismes gouvernementaux et d’entreprises, dans leurs études de développement et de projets pilotes dont l’objectif est clairement défini : façonner les techniques politiques du contrôle social. Rees et Tavistock ont organisé leur cabale selon le dicton public : “nous ne sommes pas nombreux mais nous sommes bien placés”. 12 Rees avait une compréhension claire des structures de pouvoir, de l’organisation des personnages clés qui, à leur tour, diffuseront les idées et l’influence.

Lorsque nous parlons de guerre psychologique, nous parlons souvent de moyens de faire peur à l’ennemi, et pour ce faire, nous devons comprendre le psychisme de l’ennemi : ce qui le fait aimer, détester, combattre, courir. Cet ennemi peut être étranger ou national, une armée d’hommes ou une masse enragée d’ouvriers. Et pour trouver un antidote efficace, Tavistock et compagnie doivent comprendre comment cet ennemi réagira au stress : combattra-t-il plus vigoureusement ou se rendra-t-il simplement ? Ou va-t-il commencer à faire des erreurs de jugement, à gagner la guerre pour l’ennemi, en quelque sorte ? Les erreurs les plus coûteuses des opérations de guerre psychologique sont toujours celles commises dans l’ignorance de la mentalité de l’ennemi. Cela implique une connaissance profonde de la psychologie humaine par les “troupes de choc” de Rees, une connaissance qui est elle-même une sorte d’art obscur. Et comme il s’agit d’une guerre de perceptions, de ” visions du monde “, il est important que les psychologues, les psychiatres, les sociologues et les anthropologues, ces petits hommes gris non identifiés en costume de flanelle travaillant pour Tavistock, comprennent l’impact des arts, de la musique, de la littérature et autres modes culturels et comment ils façonnent nos représentations du monde…

Comme l’écrit Peter Levenda dans “Sinister Forces”, “à terme, la tentation sera grande de tester certains de ces principes sur la population nationale. Après tout, avec quel état d’esprit sommes-nous le plus familiers à part le nôtre ? Quel meilleur endroit pour tester de nouvelles théories de guerre psychologique que parmi notre population indigène ?” 13 Comme le disait Rees en 1945, “Les guerres ne se gagnent pas en tuant ses adversaires, mais en sapant ou en détruisant son moral tout en maintenant le sien”. 14

L’une des personnalités clés impliquées dans la modification du comportement était le psychologue Kurt Lewin. Lewin est le père de la dynamique de groupe et l’une des premières recrues de Rees qui a commencé sa carrière à l’Université Cornell, “où il a travaillé sur une série systématique d’études sur l’effet de la pression sociale sur les habitudes alimentaires des enfants”. 15 Il est venu pour s’installer aux États-Unis en 1933. Réfugié de l’Allemagne nazie, Lewin, comme beaucoup d’autres intellectuels allemands, a été expulsé d’Allemagne “non pas à cause de différences politiques fondamentales, mais comme un sacrifice à la politique du “diviser pour mieux régner” antisémite de Hitler. Lewin, en fait, est connu pour son raffinement de la technique du “groupe sans chef” formulée par les nazis en un outil sophistiqué de contre-insurrection. L’une des facettes les moins connues du travail de Lewin est liée aux programmes de guerre psychologique, en particulier en ce qui concerne les relations appropriées entre la guerre psychologique, l’établissement des objectifs, les opérations sur le terrain et la reconnaissance évaluative. Sa toute première étude de cas était d’utiliser la “prise de décision en groupe” pour modifier les préférences alimentaires d’un groupe test et de passer de la “viande” au “pain de blé entier” comme substitut.

Le passage suivant de son livre “Time Perspective and Morale” illustre sa compréhension de la guerre psychologique :

“L’une des principales techniques pour briser le moral au moyen d’une ” stratégie de terreur ” consiste exactement à utiliser cette tactique - garder la personne dans l’incertitude quant à sa position et ce à quoi elle peut s’attendre. Si, en outre, les fréquentes hésitations entre les mesures disciplinaires sévères et les promesses d’un bon traitement, ainsi que la diffusion d’informations contradictoires, rendent la ” structure cognitive ” de cette situation totalement obscure, alors l’individu peut même cesser de savoir quand un plan particulier le conduirait vers son but ou l’éloignerait de celui-ci. Dans ces conditions, même ceux qui ont des objectifs précis et qui sont prêts à prendre des risques seront paralysés par de graves conflits intérieurs quant à ce qu’il faut faire.” 17

La proposition la plus importante faite par Lewin durant la période de la Seconde Guerre mondiale et de ses suites immédiates fut sa conception du ” fascisme à visage démocratique “. La caractéristique psychopathologique commune à toute demande fasciste est l’infantilisme qui se définit par ses tentatives d’imposer le principe de la famille élargie autonome, et de bloquer la réalité 18 provenant du monde extérieur. Par exemple, “nationalisme” (mère patrie), ” racialisme ” (mère), ” groupe linguistique ” (langue maternelle), ” groupe d’affinités culturelles ” (traditions familiales), ” communauté ” (famille élargie, voisinage). 19

Lewin fut le premier à se rendre compte, en observant de près ses cadres éprouvés, que l’imposition de formes fascistes d’organisation en petits groupes et de “réformes structurelles” corporatistes pouvait induire une idéologie fasciste dans une population donnée.

Dans une société saine et morale, les propositions de Lewin seraient utilisées pour le papier hygiénique et Lewin lui-même aurait été placé sous soins psychiatriques. Au lieu de cela, il a reçu beaucoup d’argent, la citoyenneté américaine et une subvention des Rockefeller pour réaliser des projets d’ingénierie sociale.

Lewin a proposé qu’à travers l’utilisation de techniques de conditionnement (lavage de cerveau) en “petits groupes”, une forme plus efficace de dictature fasciste pourrait être établie. “La proportion et la visibilité d’une horde d’hommes de main brutaux, caractéristiques du régime nazi, pourrait être réduite en créant des formes fascistes de petits “groupes communautaires” auto-administrés. Ils se perçevraient comme existant par leur capacité, en tant qu’individus, d’influencer le comportement de ceux qui les entourent immédiatement.” 20 Le résultat, pensait Lewin, serait une forme plus efficace de régime fasciste avec l’apparence superficielle de formes démocratiques spéciales. En d’autres termes, “si le monde de l’individu atomisé est converti en un environnement contrôlé qui se conforme à de telles “réformes structurelles fascistes”, l’esprit de la victime découvrira que seul son moi paranoïaque potentiel lui fournit les moyens de s’adapter à cet environnement controversé”. 21 En d’autres termes, le fascisme est le monde désiré dans les rêves paranoïaques du “moi”.

Ce qui est indéniable, c’est que Rees et Tavistock organisaient sérieusement “une cabale pour s’emparer des instances qui cherchaient à rétablir le monde après la guerre”. 22 En instaurant la formation militaire, psychiatrique et autres de cadres fascistes purs et durs, l’établissement d’un ordre politique fasciste se poursuivrait, selon le modèle “Rees-Lewin” Tavistockien selon les étapes suivantes :

  1. Démanteler les institutions démocratiques-constitutionnelles existantes. Les forces militaires et policières seraient réorganisées pour une “action civile”, comme c’est le cas actuellement aux Etats-Unis. L’une des actions moins connues que le gouvernement aurait préparé tourne autour du “remplacement des forces de police locales et d’État ordinaires par une force de police contre-insurrectionnelle nationale inspirée de la S.D. Gestapo d’Hitler ou telle que la Gendarmerie royale du Canada”. En même temps, les institutions de masse existantes seraient détruites par une “insurrection organisée spontanément”. Les groupes de ” contrôle des communautés locales ” seraient utilisés pour détruire les institutions politiques largement établies. Parmi les recrues du contrôle communautaire fasciste, les gangs et les contre-gangs de terroristes propageraient la criminalité et les affrontements terroristes mutuels, les deux parties étant sous le contrôle et la direction d’agents du renseignement en coulisse. Cette insurrection programmée des gangs et des contre-gangs, combinée à des doses de gangs terroristes contrôlés par la police, crée les conditions politiques dans lesquelles la majorité de la population tolère plus facilement, voire exige, divers degrés de gouvernement militaire et policier, créant ainsi votre régime fasciste “démocratique”.

  2. Éliminer par la subversion, l’assassinat, l’intervention militaire, les embargos ou les soulèvements populaires et “spontanés” le régime qui a survécu à son utilité, et nommer un gouvernement civil “démocratique”. Le gouvernement “démocratique” désigné ne peut plus fonctionner que dans les limites définies par les représentants des organismes supranationaux.

Les thèmes spécifiques à l’établissement d’un fascisme à visage démocratique sont les suivants :

  1. Études psychologiques de la population de la région. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services de guerre psychologique anglo-américains ont développé un certain nombre d’études de susceptibilités névrotiques spécifiques de diverses cultures nationales. La plus célèbre d’entre elles est l’enquête sur les bombardements stratégiques. Elle a été conçu comme une base pour coordonner le bombardement allié de l’Allemagne avec la propagande et d’autres campagnes de guerre psychologique visant le moral de diverses couches de la population du Troisième Reich”, 24 et a été le précurseur de l‘“Opération Phoenix” de la CIA au Vietnam, qui était une opération de génocide au Sud Vietnam contre des partisans du Vietcong. En un mot, l’Étude sur le bombardement stratégique a permis de déterminer les meilleurs moyens de détruire le moral de la population civile au moindre coût.

  2. Les médias. L’utilisation du contrôle des grands médias d’information et des médias culturels comme instruments pour induire des formes désirées de folie partielle parmi de larges populations. En général, en contrôlant les politiques éditoriales, l’inclinaison de l’information sur les questions nationales et internationales, les agences de presse clés et les principaux médias de masse qui déterminent ce que la population connaît généralement et considère comme étant crédible. La falsification délibérée et habituelle de l’information est un moyen de créer des “effets de désensibilisation de masse dans la population en faisant en sorte que l’interprétation socialement admise des relations de cause à effet viole l’interprétation rationnelle sensuelle de l’expérience. A cela s’ajoute l’introduction d’un matériel psychologique subliminal programmé, dont l’effet prédéterminé est d’accentuer les impulsions infantiles parmi des portions ciblées de la population, comme les histoires ” d’intérêt humain ” qui sont relativement plus gratifiantes pour les impulsions infantiles et qui mettent moins en évidence une vision rationnelle et scientifique.”. 25

  3. Contrôle des communautés locales. “L’objectif du ” contrôle des collectivités locales ” en tant que tactique contre-insurrectionnelle fasciste est de fragmenter la population concernée en groupes politiques relativement hermétiques”, réduisant l’échelle des groupes par des séparations selon la race, le sexe, la langue, la région, l’origine nationale, les loisirs, le groupe d’âge et le quartier. “Mettre ces groupes en compétition les uns contre les autres dans des conditions d’austérité générale est une technique Lewinite efficace pour induire le reconditionnement (=lavage de cerveau) parmi ces groupes et la détérioration psychologique progressive vers des pseudo-familles perverses polymorphes et la psychose clinique pure et simple”. 27

  4. Le premier degré de conditionnement (lavage de cerveau) s’accomplit en mettant l’autonomie de la communauté locale en opposition de principe aux grandes entreprises, à la technologie et aux programmes progressistes 28” qui visent à améliorer la vie des gens au sein de la communauté. “Les programmes qui mettent l’accent sur le progrès technologique sont dénoncés comme des efforts de ” groupes élitistes extérieurs ” pour s’ingérer dans les affaires autonomes du groupe local. A ce moment-là, le ” groupe communautaire ” est devenu fonctionnellement semi-psychotique et cliniquement paranoïaque en tant que groupe. Dans la mesure où le membre restreint son identité sociale à l’intérieur d’un tel groupe, l’effort d’adaptation aux idéaux du groupe induit des états pathologiques correspondants chez le sujet concerné.

  5. En mettant ces groupes en compétition et en les divisant à l’intérieur du groupe par le sexe, la race, le revenu, etc., la paranoïa s’intensifie, le mouvement vers la semi-psychose s’accentue “29 alors que des sous-groupes de plus en plus petits dans la communauté se retrouvent en posture d’hostilité exacerbée les uns à l’égard des autres.

  6. L’application de techniques de conditionnement (lavage de cerveau) en petits groupes, axées sur les tâches, à des groupes sans leader. “Ces groupes opèrent sur la base d’un “environnement “de réduction des niveaux de revenus réels et des conditions de travail. Dans les conditions d’austérité, le conditionnement (lavage de cerveau) consiste à faire en sorte que les travailleurs “compensent une partie des revenus perdus en augmentant leur cadence de travail”. 31 En recyclant les employés et les chômeurs et en mettant en place des programmes de délocalisation à grande échelle, en introduisant des “incitations au travail en groupe” et en récompensant les performances, la concurrence entre groupes transforme la petite équipe de production en un groupe potentiellement prédisposé vers l’auto conditionnement (lavage de cerveau).” Dans ces conditions, la semi-psychose et la psychose amènent le groupe à atteindre volontairement des degrés d’intensification du travail, qui ne peuvent être atteints dans le cadre classqiue d’un environnement de travail sain. Les membres de ces groupes de travail sans chef qui s’infligent ce conditionnement (lavage de cerveau) imitent le syndrome du “cheval de course”, conduisant de façon hystérique à un rythme de travail littéralement suicidaire. L’institut Tavistock et l’Université de Pennsylvanie sont deux des centres les plus connus où de telles pratiques expérimentales sont évaluées.” 32

[…]

Pour aller plus loin :

L’Institut Tavistock
Ingénierie sociale et contrôle mental (1/2)
Ingénierie sociale et contrôle mental (2/2)
L’Institut Tavistock : une officine d’ingénierie sociale




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