Ici-bas, dans la Caverne...

Publié le 18 Septembre 2011 sur le blog Brainsturbator


Arrestation de Lee Harvey Oswald

“La CIA contrôle tous les personnages importants des grands médias.”
—William Colby

C’est une sacrée citation, et comme la plupart des aveux classiques de culpabilité dans la littérature de conspiration, elle est complètement fabriquée. Trop tard : c’est dans le lexique maintenant. Le “Conspiratainment Complex” ne fait pas de “corrections”. Ce n’est tout simplement pas comme ça que ce réseau particulier a été “câblé”.

Les points de données sont des choses fragiles. Plus vous examinez vos hypothèses, plus vos hypothèses s’écrouleront à l’examen. Si vous faites des recherches approfondies sur un sujet donné, vous obtenez une appréciation de la quantité de bruit que les êtres humains introduisent dans chaque signal que nous touchons. Au bout d’un moment, cela devient assourdissant.

Vous, pauvres abrutis.

Personne n’écrit sur les faits de nos jours… et encore moins les journalistes. L’espèce humaine verse dans le trafic de “lignes narratives”. La narration de FoxNews, la narration de MSNBC, la narration de Gingrich et la narration de Chomsky. Même les chiffres racontent des histoires, de nos jours. États-Unis, 1980 : population totale 225 millions d’habitants, population carcérale 500 000 habitants. États-Unis, 2010 : population totale 305 millions d’habitants, population carcérale 2,4 millions. Un film dans chaque phrase : regardez-le et pleurez.

Le 11 septembre 2001 a été exactement comme tous les autres jours de l’histoire : il est difficile d’en faire un compte-rendu. Toute mesure des événements de la journée est une frise chronologique complexe de plusieurs milliers de points de données….au moins. Les sources et l’exactitude de ces points de données sont secondaires par rapport à leur rôle en tant que ressort de l’intrigue.

Nous évaluons chaque point de données en fonction de la façon dont il concorde avec d’autres éléments pour nous raconter une histoire qui a du sens. Il faut bien que ça ait un sens, n’est-ce pas ?

Bien que la science de la gestion de la perception soit beaucoup plus exacte que vous ne le pensez, vous avez de la chance : leur succès est aussi leur plus gros problème. C’est le plus grand défi auquel sont confrontés les responsables des opérations d’information du Pentagone : faire passer un message cohérent à partir de la marque mondiale connue sous le label “Fabriqué aux U.S.A.”. Des mormons de 18 ans de l’Indiana sont interrogés dans les rues des nations islamiques sur le mariage homosexuel et le soutien militaire pour Israël. Et accessoirement, se font aussi tirer dessus. Naturellement, dix ans après avoir été attaqué par un groupe de terroristes pour la plupart saoudiens, nous nous retrouvons à dépenser des milliards de dollars pour l’occupation militaire de l’Agfhanistan et de l’Irak.

Couverture de comémoration des 10 ans de l'attentat par le Wall Street Journal.

Les médias télévisuels seraient un outil beaucoup plus puissant pour le lavage de cerveau s’il n’y avait qu’un seul canal. Au lieu de cela, il s’agit d’un flipper omnidirectionnel de lavages de cerveau conflictuels mais tout aussi efficace. Le cerveau humain est une machine à apprendre, et cet atout qui change le monde reste notre plus grande faiblesse. Face à face, dans les situations sociales, dans les grandes foules, la persuasion est ridiculement facile — rudimentaire, même. C’est un jeu assez simple, mais le problème, c’est que tout le monde y joue. Des prédicateurs locaux aux rock stars, en passant par les think tanks, les blogueurs et tout ce qui passe pour des “Celebrités” ici à l’âge des ténèbres, tout le monde fait son “Pitch”. Simultanément. Au bout d’un moment, ça devient assourdissant.

Entre Israël, le Pakistan, l’Afghanistan et l’Arabie saoudite, vous avez maintenant cinq agences de renseignement nationales différentes qui ont tout intérêt à couvrir leurs propres opérations en cours et à compromettre les opérations de leurs rivaux. Les liens avec l’ISI, le Mossad, les princes saoudiens, tout cela semble bizarre et sinistre quand on essaie de les intégrer dans un puzzle auquel ils n’appartiennent peut-être même pas. Il y a un bruit assourdissant autour des pirates de l’air et de leur financement, et je parie que la plus grande partie de ce bruit provient de programmes secrets qui n’ont rien à voir avec les attaques de ce jour-là. Les tentatives de prendre des douzaines d’histoires conflictuelles, de multiples couches de désinformation conflictuelles et de faire en sorte que tout rentre dans une seule histoire semblent toujours finir par paraître complètement insensées.

Et c’est intentionnel. Bienvenue dans le labyrinthe plein de miroirs. À ceux d’entre vous qui essaient encore de relier ces points, eh bien, je bois une bière à votre santé. Toute opération majeure, ici à l’ère de l’information, devient inévitablement un Moment Susurluk pour toutes les formes de vie clandestines qui se trouvaient sous le même rocher. Ces brèches de sécurité ne sont pas nouvelles. Des contre-mesures détaillées sont en place pour se préparer à de vilains accidents comme celui-ci. Le succès d’une opération secrète ne dépend pas de l’acte lui-même, mais de la gestion et du contrôle des conséquences. C’est ce qui distingue les opérations spéciales d’une simple attaque militaire.

Ainsi, toute formulation de la ligne narrative du “9/11”, de l’histoire officielle aux variantes les plus holographiques de l’UFOlogie, ne peut sonner que comme un scénario de film. Et un mauvais scénario, avec ça. Vu la distribution des personnages, c’est inévitable. Comment pouvez-vous assembler Mohammed Atta, Colleen Rowley, Philip Zelikow, Wallace Hilliard, Mayo Shattuck III, Cass Sunstein, Mahmood Ahmed, Lee Hamilton, Steve Butler, Siebel Edmonds, Randy Glass et Francesco Cossiga en quelque chose qui sonne suffisamment normal pour être compréhensible et convaincant ? Les agents de renseignement sont des gens exceptionnels qui mènent une vie remarquable - la plupart d’entre nous se contentent simplement de se rendre au travail. Comme Gary Sick l’a observé :

“De tels personnages sont la “némésis” d’un chercheur ; ils sont faits les uns pour les autres.. Lorsque la CIA ou d’autres agences de renseignement ont besoin d’engager un ” contractuel “, qui peut être tenu d’effectuer des opérations potentiellement dangereuses et d’une légalité douteuse, ils recherchent trois choses : une compétence spécifique et utile (une connaissance du blanchiment d’argent, peut-être) ; un côté romantique qui glorifie à la fois le secret et le risque ; et une propension à l’exagération et aux ennuis.

Ceux d’entre nous qui croient aux théories du complot ont un point commun avec ceux d’entre nous qui n’y croient pas - nous sommes tous assez satisfaits de nous-mêmes. Malgré tout, nous avons tous réussi à découvrir la vérité et, d’une manière ou d’une autre, nous parvenons tous à être humbles à ce sujet.

James Jesus Angleton

Une fois que vous aurez passé en revue quelques centaines de milliers d’arguments sur ce qui s’est vraiment passé le 11 septembre 2001, vous réaliserez que rien de tout cela n’a d’importance. Ce qui ne veut pas dire que ça n’a pas de sens. Les esprits changent, et c’est une belle chose. Le problème, c’est qu’il y a plus de sept milliards d’esprits, et même un examen superficiel de la portée des choses montre clairement à quel point vous et moi avons peu d’importance. C’est proche de zéro. Nous sommes tous activement impliqués dans le calcul de la réalité pour le compte d’un superorganisme qui reste invisible et indéfinissable pour nous.

Traitez-moi de prétentieux, rien à foutre. Cela ressemble à un véritable gaspillage de nos capacités.

Ici-bas, dans la Caverne

Vraiment, nous vivons une époque merveilleuse. La vue d’ici-bas dans la caverne n’est rien de moins que spectaculaire et tout le monde veut en parler.

Nous sommes des spectateurs. Des spectateurs qui se disputent.

Bien sûr, vous avez des raisons de croire ce que vous croyez : moi aussi, et tous ceux avec qui vous n’êtes pas d’accord également. Chaque protagoniste a un portfolio florissant de justifications et de dérobades.

Nous l’exprimons en termes d’éducation et d’activisme, mais en réalité, nous avons désespérément besoin d’être validés. Nous voulons juste que les autres personnes soient d’accord avec nous et disent que nous avons raison. Il est important que nous admettions, que souvent, ça n’est pas le cas. Et il est très probable que nous ne pouvons pas avoir raison. Jamais.

Mais encore une fois… et alors ? On est encore là, on se réveille tous les jours. Et on descend quelques liqueurs pour les soldats tombés au combat, connus et inconnus, conscrits et clandestins. Peu importe ce que vous croyez, prenez-le au sérieux et assurez-vous que tous les points sont reliés. Pensez différemment, les amis. Visez haut, soyez tout ce que vous pouvez être. Faites-le, voilà tout…

Terry Jones | Idiot Utile




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