Par-delà l'affaire dutroux

La réalité sur la protection des enfants contre la maltraitance et les réseaux de « snuff »

Par Joël van der Reijden | 25 juillet 2007 | Article banni sur Google depuis 2017

Avertissement:
Les informations contenues dans cet article ne sont pas adaptées aux personnes de moins de 18 ans, car elles impliquent une violence sexuelle extrême envers les enfants.

Note du 7 juillet 2015:
Les Dossiers-X “Dutroux” n'ont pratiquement RIEN à voir avec Dutroux lui-même. Dutroux n'avait aucun lien avec le gratin. Les détails sont tous expliqués ici.
« Ce que vous devez comprendre, John, c'est que parfois il y a des forces et des événements trop grands, trop puissants, avec tant d'enjeux pour d'autres personnes ou institutions, que vous ne pouvez rien faire à leur sujet. Et peu importe à quel point vous êtes dévoué ou sincère ou combien de preuves vous avez accumulé. C'est tout simplement l'un des faits difficiles à accepter auquel vous pouvez être confronté dans votre vie. »

- L'ancien directeur de la CIA et membre du Cercle, William Colby, a donné des conseils à son ami sénateur John DeCamp, l'exhortant d’abandonner ses enquêtes sur l'affaire de maltraitance à Franklin et de ne pas écrire un livre sur ses découvertes (The Franklin Coverup, 2e édition, préface).

Le plus grand secret de Belgique.

De la maison de Kincora Boys à East Belfast, via Leicestershire, Staffordshire et Londres, jusqu'aux maisons pour enfants de Clwyd, nous avons été témoins de 25 ans de dissimulation. Dissimuler, non pas pour protéger les innocents, mais pour protéger les éléments accusés du gratin britannique dont les noms apparaissent régulièrement lorsque des preuves abondantes de la maltraitance des enfants sont exposées. Des écoles publiques jusqu’aux églises catholiques et anglicanes, on a accordé un véritable sanctuaire à la pédo-criminalité ... Les travailleurs sociaux, la police, les services de sécurité, les services sociaux et les personnalités politiques nationales restent les facteurs communs dans les retombées des enquêtes [sur les mauvais traitements] ... Cas après cas, le cycle se répète - un enfant est « pris en charge », puis abusé dans un foyer d’accueil, remis à un cercle de pédophiles et au-delà, mis sur le circuit de la prostitution. Quand ils vivent assez longtemps ... Les journalistes se retrouvent à batailler d'abord avec l'autorité, puis avec les lois de diffamation, lorsqu’ils veulent publier la vérité sur un vaste réseau d'abus. »

- Le 6 juin 1996, The Guardian, «Vrai scandale des agresseurs d'enfants ». Ces lignes ont été écrites par l'auteur de l'article et ne sont pas des citations.
« Je le regarde [l’inspecteur De Baets], et je veux vraiment le croire, mais quelque part, je sais que je ne le ferai jamais. Les gens que j'ai connu sont trop puissants, trop influents, trop intouchables. Je sais déjà tout cela. Les enquêteurs pas encore. »

- La victime-témoin Regina Louf (X1) de Belgique décrit ses pensées lorsqu'elle a commencé à témoigner en secret en septembre 1996 (1998, «Zwijgen is voor Daders», page 203).
« Imaginez, partout où vous entendez cette histoire d'un dossier de chantage où des organisations d'extrême droite sont en possession de photos et de vidéos sur lesquelles un certain nombre de personnes éminentes à Bruxelles ont des relations sexuelles avec des jeunes filles, et des mineurs, dit-on. Jusqu'à ce qu'il soit prouvé que les témoignages et vidéos de cette affaire étaient effectivement en possession des services de police, un officier de la police judiciaire (Marnette, HG) a nié l'existence de ces vidéos, Par la suite, le supérieur de cette personne a admis qu'ils existaient, qu'ils étaient gardés par la police judiciaire à Bruxelles, mais qu'ils n'étaient absolument pas valables. Etrange, parce que ce genre de choses doit être déposé auprès du greffier et ne pas être gardé en possession de certains policiers. Le magistrat d'instruction Jean-Marie Schlicker confirme par la suite que ce dossier existe bien, mais qu'il ne souhaite pas en témoigner. Les vidéos sans substance se révèlent assez intéressantes après tout pour être remises au juge d'instruction chargé de l'enquête sur le gang de Nijvel. Mais cette personne a par la suite peur de témoigner à ce sujet ! Que pensez-vous du fait que cela ait eu lieu ici ? »

- Le sénateur Hugo Coveliers, secrétaire du comité d'enquête spécial chargé d'évaluer la manière dont le gangstérisme et le terrorisme est combattu en Belgique (1988-1990), au magazine Humo (1990, Hugo Gijsels, «De Bende & Co», p. 133-134). Coveliers est devenu sénateur en 1995.
« Quand j'ai vu combien il avait de problèmes [sergent Michel Clippe, qui l'avait convaincu de témoigner] et comment mon propre dossier a évolué, j'ai décidé de me rétracter. En tout cas, même à l'époque, vous pouviez déjà voir comment les gens autour de De Baets étaient collectivement acculés. Ils n'avaient aucune chance. »

- Victime-témoin X2, une policière. En raison de son travail, elle a reconnu de nombreux juges et avocats parmi ses anciens agresseurs. Certains noms et détails ont également été donnés par X1 et d'autres témoins (1999, «De X-Dossiers», page 321).
« Il n'y a que très peu de journalistes qui m'écoutent encore, qui écoutent mon appel à l'aide, mais ils ne sont pas autorisés à publier ou à diffuser ... Ils me disent tous qu'ils subissent de très fortes pressions par leurs patrons ... La campagne menée par certains magazines, journaux et programmes de télévision est effrayante. Ce n'est plus normal, c'est une guerre dans laquelle les victimes sont devenues des déchets jetables. »

- La victime-témoin Regina Louf (X1) sur la réaction des médias aux rapports initialement ouverts sur le cas X1 de De Morgen et Panorama en janvier 1998 (1998, «Zwijgen is voor Daders», page 257).

Notes importantes (2010)

  Ce site continue d'être visité par les départements belges et hollandais de la justice, tout comme de nombreuses agences de presse importantes. Il n'y a jamais eu la moindre plainte au sujet des images utilisées.

  Certaines des sources utilisées antérieurement en provenance d’Amérique à titre de comparaison avec l'affaire Dutroux ont été supprimées. Pas fiables. La plupart des autres écrits (alternatifs) sur ce sujet ont tendance à être superficiels, partiellement faux, mal documentés, peut-être écrits dans le but de minimiser les dégâts, et / ou mélangés avec des bribes de désinformation typiques afin de laisser le lecteur dans la confusion mentale.

  Pour toutes les personnes qui ont confiance dans les médias alternatifs: Alex Jones a publié cet article sur « Prison Planet » seulement après lui avoir payé 500 $. Et c'est seulement à ce moment-là que plusieurs autres grands sites "alternatifs" l'ont repris (Rense, D.I. au Royaume-Uni, H.M. au Canada). Mais, fait intéressant à souligner, peu de temps après, la somme d'argent offert ne semblait plus avoir d'importance. Après quelques années de support initial pour plusieurs articles superficiels, ils refusent pour la plupart de relayer les articles infiniment plus détaillés et plus documentés sur les « Pilgrims » (pèlerins), le « Club 1001 », « Le Cercle » ou bien les articles qui ont suivi « Au-delà de l'affaire Dutroux ».

  Sur Internet, vous pouvez trouver plusieurs articles sceptiques sur le seul témoin qui s’est révélé au public: X1. Il est évident que ces articles ont encore une énorme capacité à semer le doute. Sachez juste que toutes les allégations qu'ils font ont été basées sur des manipulations, comme cet article le démontrera.

  Wikileaks n'a pas divulgué le dossier de synthèse de Dutroux. Nous l’avons fait, ici, avec une discussion complète et de nombreuses traductions en anglais.

Avant-propos

[ Table des Matières ]

Un certain nombre de livres en langues néerlandaise et française sont parus sur l'affaire Dutroux depuis 1996, et l’un d’entre eux sortait du lot. C'est un livre de 1999 assez difficile à obtenir, «Les Dossiers-X», écrit par des journalistes d'investigation respectés, Marie-Jeanne Van Heeswyck, Annemie Bulté et Douglas De Coninck. Page après page ils expliquent comment les aspects les plus importants de toute l'enquête Dutroux, dans laquelle Dutroux est finalement devenu un détail mineur, ont été manipulés et finalement rejetés. Le livre a présenté un plaidoyer puissant en dénonçant les dissimulations dans cette affaire. Cependant, il y avait une chose que les auteurs ne pouvaient pas faire et qui était de publier les noms de ceux qui avaient été accusés par toute une gamme de témoins. La raison est évidente: si les auteurs avaient publié ces noms, ils auraient payé des dommages-intérêts pour le reste de leur vie.

Beaucoup d'informations dans cet article se trouvent dans le livre 'Les Dossiers-X', à la différence notable que tous les noms des agresseurs présumés ont été inclus. Ceci est devenu possible parce que le dossier Dutroux, y compris les témoignages des témoins X, ont été divulgués à un certain nombre de journalistes à la fin des années 1990. Le dossier final de Dutroux, qui a été largement dépouillé de toute information importante, et un résumé des rapports officiels d'août 1996 à mai-juin 1997 ont été utilisés par l’auteur de cet article pour vérifier les affirmations faites dans un certain nombre de livres et pour découvrir l'identité des agresseurs présumés. Voir leurs noms et lire leurs biographies peut d’abord provoquer un choc, mais cela permettra également de clarifier comment une dissimulation de cette ampleur a été rendu possible.

Le pouvoir de l'affaire Dutroux et de ses Dossiers-X consiste en ce qu'il permet à quiconque de voir comment un état peut être contrôlé et sapé par une cabale qui est capable de placer ses propres membres à des postes-clés dans le cadre de toute enquête qui pourrait mener à leur propre exposition. La question de savoir pourquoi la majorité des médias s’est montrée si coopérative est le seul aspect qui ne peut pas être entièrement expliqué dans cet article, même si on peut démontrer que les médias travaillent volontiers avec les enquêteurs officiels pour manipuler et démystifier tous les aspects d'une enquête qui n’est pas appréciée par la cabale.

Certains pourraient juger contraire à l'éthique de publier les noms de simples suspects, surtout lorsqu'ils sont associés au viol d'enfants. L'auteur est tout à fait d'accord avec cet argument, mais seulement dans des circonstances normales où une enquête est menée comme elle devrait l'être. Cela n'a pas été le cas dans l'affaire Dutroux, dans laquelle les chercheurs honnêtes, compétents et dévoués, avec les plus importants témoins, ont été injustement persécutés, harcelés, goudronnés et plumés par les médias et le pouvoir judiciaire, avec l'aide de certains des agresseurs d'enfants. C'est pourquoi l'enquête, qui est morte et enterrée depuis de nombreuses années maintenant, devrait être rendue publique. Et n'oublions pas que les Dossiers-X impliquent toute une gamme de témoins dont les affirmations se recoupent et qui dans de nombreux cas impliquent des détails très spécifiques qui ont été vérifiés par les enquêteurs. On peut également affirmer que la presse traditionnelle a été tout sauf discrète à la fin de 1996 lorsqu'ils ont publié les noms des politiciens Elio Di Rupo et Jean-Pierre Grafe en tant que prétendus agresseurs d'enfants. Les preuves sur lesquelles ces allégations étaient basées semblaient plutôt maigres et beaucoup moins accablantes que les témoignages combinés des témoins X. Mais, bien sûr, le but de cet événement n'était pas d'informer le public. C'était un effort pour discréditer les rumeurs au sujet de la participation de personnages très haut-placés dans les réseaux de pédo-criminalité. On savait que, tôt ou tard, les témoins X finiraient par faire « la Une » et il s’agissait donc de frappes préventives contre ces témoins.

Plusieurs appendices ont été joints à cet article. La plupart de ces appendices, qui comprennent de longues listes d'accusés, de victimes, d'enquêteurs et de gens apparemment assassinés, étaient plus ou moins terminés avant la rédaction de cet article.

Il a fallu environ un an et demi pour écrire toutes les biographies et traduire les passages nécessaires de toutes les sources néerlandaises et françaises utilisées, mais cela en valait certainement la peine, car cela a donné un aperçu de ce qui se passe en Belgique depuis la fin des années 1970, et met en perspective les rapports provenant des États-Unis et d'ailleurs. Ce pourrait être la dernière chose que vous attendez d'un pays qui compte seulement dix millions d'habitants, mais l'histoire de la subversion interne en Belgique prend un certain temps pour en faire complètement le tour….

Où les choses ont commencé: le règne de terreur de Dutroux

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Dans l'après-midi du 13 août 1996, des progrès ont finalement été réalisés: un certain nombre d'individus ont été arrêtés, soupçonnés d'avoir été responsables d'une vague d'enlèvements de jeunes filles. En quelques jours, ces soupçons ont été soutenus par des preuves solides, mais l'arrestation de Dutroux et de quelques-uns de ses associés s'est avérée être seulement le début du plus grand scandale de l'histoire belge.

L'attention des médias avait commencé en juin 1995 avec la disparition de deux filles de 8 ans, Julie Lejeune et Melissa Russo. Presque deux mois plus tard, An Marchal (17 ans) et Eefje Lambrecks, âgée de 19 ans, sont portées disparues. L'attention des médias a été attirée sur ce dernier cas car la dernière chose que ces filles ont faite était de visiter le spectacle de Rasti Rostelli, un magicien en vue, dans lequel elles avaient été hypnotisées. Inutile de dire que l'affaire mettait fin à la carrière du magicien, même s'il avait été presque immédiatement lavé de tout soupçon. À la fin de 1995, le BOB (FBI belge et branche de la gendarmerie) a largement cessé d'enquêter sur l'affaire. Cependant, la disparition d'An et d'Eefje est restée importante, car une fondation nommée Marc et Corinne, créée plusieurs années plus tôt et baptisée du nom de deux adolescents brutalement assassinés, a utilisé ses fonds limités pour diffuser des affiches avec le visage des filles partout en Belgique et aux Pays-Bas. À la fin cela n'a fait aucune différence; Les filles n'ont pas été retrouvées, ni les responsables, et en mai 1996 l'histoire se répète. Cette fois, la jeune Sabine Dardenne, âgée de 12 ans, a disparu et la BOB n'a pas réussi à trouver les ravisseurs ou la fille. Les gens devenaient plus inquiets pour leurs enfants à chaque enlèvement. La confiance dans la police et le pouvoir judiciaire, traditionnellement déjà assez faible, a commencé à chuter vers de nouvelles profondeurs.

Les choses ont changé plus tard cette année. Le vendredi 9 août 1996, Laetitia Delhez, 14 ans, a disparu à Bertrix, ville située dans le district de Neufchâteau, près de la frontière française et luxembourgeoise. Michel Bourlet, procureur du roi à Neufchâteau, a été chargé de l'affaire et a nommé le juge d'instruction Jacques Langlois pour coordonner l'enquête. Quand Langlois partit en vacances le lundi suivant, Bourlet le remplaça par son collègue Jean-Marc Connerotte. Ce dernier duo était déjà bien connu en 1994 pour ne pas avoir été autorisé à finaliser une enquête sur le meurtre de Andre Cools, un politicien socialiste.

Le lundi même où Connerotte a pris le relais de Langlois, l'adjudant Jean-Pierre Peters de la BOB a signalé une percée dans l'enquête. Sur les dizaines de tuyaux récoltés, deux se sont révélés très utiles. Deux témoins avaient vu un vieux fourgon blanc rôder autour de Bertrix le jour où Laetitia a disparu. Dans l'un de ces deux cas, un étudiant avait peur que le conducteur de la fourgonnette n’ait l'intention de voler son vélo. Coup de chance, le jeune de 22 ans avait une passion pour les voitures et a signalé à la police le type exact de fourgonnette et se rappela d’une bonne partie de sa plaque d'immatriculation, car les trois premières lettres lui rappelaient le nom de sa sœur. En un rien de temps, le nom de Dutroux, un pédophile connu, sortit de l'ordinateur. Une réunion de crise a eu lieu à Bertrix ce soir-là et le lendemain, Dutroux, son épouse Michele Martin et son acolyte Michel Lelievre ont été arrêtés. Dans les jours suivants, leurs témoignages ont conduit à la récupération de deux filles, Sabine et Laetitia, dans les sous-sols de Dutroux. L’affaire du siècle était sur le point de débuter pour la Belgique.

Pas d’arrestation pour Dutroux ?

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Dans les mois et les années suivants, des détails ont été publiés au sujet de l'échec de la police et du BOB à attraper Dutroux plus en amont. Bien que généralement pas présenté de cette manière, la plupart de ces échecs assez étranges peuvent être attribués à un officier du BOB: René Michaux.

En tant que chef de l'opération Othello, une opération de surveillance contre Dutroux du 10 août 1995 à janvier 1996, il savait pratiquement tout ce qu'il y avait à savoir sur ce pédophile déjà condamné et violent. De tous côtés, on lui présenta que Dutroux avait non seulement enlevé Julie et Melissa, mais aussi An et Eefje. Cependant, Michaux a ignoré les preuves présentées par des informateurs tels que Claude Thirault, à qui Dutroux avait mentionné comment kidnapper des jeunes filles et combien vous pourriez obtenir en les revendant.

La mère de Dutroux, qui avait recueilli des témoignages auprès des voisins de son fils laissant penser qu'il était probablement impliqué dans les enlèvements; Et l'officier de police Christian Dubois, qui était au début sur la piste de la bande de Nihoul, ce qui aurait immédiatement conduit à Dutroux.

Entre ces deux rapports, les caméras vidéo dirigées vers la maison de Dutroux à Marcinelle dans le cadre de l'Opération Othello n'ont pas réussi à enregistrer Dutroux rapportant An et Eefje le 22 août, et l'équipe de Michaux ne remarqua pas la tentative d'évasion échouée d'Eefje le 25 août, tentant de s’échapper par la fenêtre de la salle de bains tout en appelant à l'aide. An et Eefje ont été emmenées hors de la maison en septembre puis assassinées.

Lorsqu'il a finalement été forcé de fouiller la maison de Dutroux à Marcinelle pour des raisons non liées aux enlèvements, Michaux a décidé d'ignorer les voix des deux jeunes filles, ne cherchant apparemment même pas à obtenir une réponse de leur part. Il ne pensait pas non plus que l'étrange sous-sol en forme de L de Dutroux, avec un mur beaucoup plus récent que tous les autres, était une raison suffisante pour le casser, et il ne s’est pas demandé à quoi pouvait servir des articles tels que de la crème vaginale ou encore une cassette vidéo portant le nom d'un programme traitant des enfants disparus. Deux autres vidéos qui montraient Dutroux faisant des travaux dans son sous-sol et violant une jeune fille de 14 ans ont été retournées à la femme de Dutroux, apparemment sans avoir été visionnées par les policiers. Cet échec à fouiller correctement la maison de Dutroux a apparemment mené au décès de Julie et Melissa, qui seraient mortes de faim dans le sous-sol de Dutroux. Ce qui a également mené à l'enlèvement de Sabine et de Laetitia après que Dutroux soit sorti de prison en mars 1996.

En août 1996, après que Dutroux ait été arrêté sur des soupçons dans l’affaire de l’enlèvement de Laetitia, Michaux a mené une autre recherche de trois heures dans la maison de Dutroux à Marcinelle, où, à ce moment Sabine et Laetitia étaient séquestrées. Inutile de dire que Michaux a non seulement échoué à trouver les filles, qui auraient pu conduire à la libération de Dutroux, mais il n'avait pas remarqué non plus les lettres que Sabine avait cachées sous le tapis de Dutroux. Heureusement, Dutroux a signalé l'emplacement des filles 48 heures plus tard, après qu'il lui eut été clair qu'il n'y avait pas moyen de sortir cette fois, surtout pas avec son laquais Michel Lélievre en train de cracher le morceau.

René Michaux, l'un des officiers de police les plus incompétents au monde.

Ces échecs de Michaux ont suscité de vives critiques de la part des parents d'An Marchal, qui sont allés inspecter eux-mêmes le sous-sol de Dutroux. Les parents de Melissa Russo ont déposé une plainte officielle contre lui. Lorsque Bourlet a critiqué Michaux en 2004 pour avoir échoué à trouver les lettres de Sabine, faisant le sous-entendu qu’il semblait que cela n'avait pas été involontaire, Michaux ne pouvait réagir qu’en qualifiant Bourlet de « menteur » et déclara que Boulet « n'aurait même pas trouvé Laetitia sous un tapis. ». Ces déclarations vraiment intellectuelles furent bientôt suivies de menaces de poursuites en diffamation. L'incompétence extrême de Michaux fut récompensée par un nouveau poste de commissaire de la police locale.

Voici un bref récapitulatif de la vie de Dutroux qui révèle à quel point le pouvoir judiciaire s’est montré extraordinairement incompétent alors qu’il continuait d’enlever des filles en toute tranquillité.

· Dutroux avait un lourd passif en ce qui concerne la violence et les abus physiques envers les femmes.

· Condamné en novembre 1988 pour avoir enlevé, photographié, torturé et violé cinq jeunes filles âgées de 11 à 19 ans. De nouveau condamné pour avoir torturé une femme âgée en insérant un rasoir dans son vagin. Il a essayé de lui extorquer de l'argent.

· En avril 1992, le ministre de la Justice de la PSC, Melchior Wathelet, a approuvé la libération de Dutroux. Bien qu'il soit normal en Belgique de ne libérer qu’au tiers de la peine totale à purger, beaucoup de ceux qui l’ont côtoyé dans le système carcéral n'étaient pas d'accord avec cette décision. Dutroux était à leurs yeux un psychopathe manipulateur n’éprouvant aucun remord pour ses crimes. En fait, il ne les a même jamais admis. Fait intéressant, Wathelet sera accusé dans les Dossiers-X d'être un violeur d'enfants brutal, ainsi que quelques-uns de ses protégés connus et associés. [1]

· Après sa libération, Dutroux a reçu une quantité inhabituellement importante de somnifères et de sédatifs de son médecin, qu'il utilisera plus tard pour calmer les filles qu'il a enlevé. [2]

· Dans sa maison de Marcinelle, près de Charleroi, où il vivait la plupart du temps, Dutroux commença à construire un cachot dissimulé au sous-sol. Au début de l'année 1993, Claude Thirault, petit chômeur qui louait l'une des maisons de Dutroux, a été engagé par Dutroux comme bricoleur pour installer des drains d'eau sous une de ses maisons nouvellement achetées. Bien que Thirault ait pensé que c'était un peu inhabituel, il ne s'en inquiéta pas. Mais quelques jours après, deux filles passèrent devant la maison sur laquelle ils travaillaient, ce qui amena Dutroux à dire à Thirault: « Si tu veux les kidnapper, tu feras 150 000 francs ... Arrive par derrière, mets-leur un médicament sédatif sous le nez, flanque-les dans la bagnole, et verrouille les portières. » [3]

Dutroux a poursuivi en expliquant comment il avait des plans pour enlever des filles, les enfermer dans son sous-sol et les transporter à l'étranger. [4]

Thirault, un informateur de police occasionnel, est allé au commissariat, et en conséquence les maisons de Dutroux ont été fouillées quelques mois plus tard, en décembre, la raison officielle étant qu'il était suspecté d'un vol de voiture. Les policiers ont remarqué le sous-sol modifié de Dutroux, mais n'ont pas trouvé de filles. Sa maison a été fouillée de nouveau en juin 1994 et il est apparu aux officiers qu'il avait cessé d’y faire des travaux.

· En juin 1995, Dutroux a été poursuivi pour avoir illégalement élargi une ouverture de son sous-sol dans le but d?y mettre un tube pour la ventilation. [5]

· Thirault est retournée à la police après que Julie et Melissa aient disparu pour leur rappeler les idées de Dutroux sur les enlèvements de filles et les modifications apportées à son sous-sol. La police est retournée vers Thirault quelques jours plus tard et lui a demandé s'il avait des preuves plus solides, apparemment nécessaires si la maison de ce pédophile connu devait être fouillée. [6]

· Le 24 juin 1995, la juge d'instruction Martine Doutrewe devient chef de la cellule «Julie et Melissa» en charge de retrouver les filles disparues. Malheureusement pour les filles, Doutrewe est parti pour les vacances en Italie quelques jours après avoir été affecté à ce poste et ne reviendra pas avant le début août aux environs du 9 (38 ans à l'époque, souffrait de cancer et avait déjà prévu de se remettre d'une opération; décédée en 1999; en 1995, son mari était l’objet d’une enquête pour avoir détourné des millions d'euros). Aucun autre juge d'instruction permanent n'a été nommé à sa place, ce qui a eu un impact significatif sur l'efficacité de l'ensemble de l'enquête. [7]

Doutrewe ne participerait jamais sérieusement à l'opération de la BOB qui devait surveiller les activités quotidiennes de Dutroux. Le magistrat n'a jamais non plus essayé d'organiser une écoute téléphonique, n’a pas délivré de mandat de perquisition ni approuvé d’enquête financière. [8]



· Le 10 août 1995, un groupe d'officiers de la BOB a commencé à surveiller les mouvements de Dutroux sous le nom de code Opération Othello. On a utilisé moins de 2% de la période d'observation totale [9]

et les opérations ont été suspendues à 10 heures chaque soir. [10]

L'opération a été si inefficace que le 22 août, Dutroux a pu kidnapper An et Eefje et les séquestrer dans sa maison - complètement inaperçu. Le 25 août, Eefje a réussi à saisir ses vêtements, sortir par la fenêtre de la salle de bains et crier pour obtenir de l'aide. Bien que Dutroux l'ait rattrapé en quelques secondes, les observateurs n'ont jamais rien remarqué. Quelques semaines plus tard, les filles ont été sorties de la maison - encore inaperçues - et assassinées. Dutroux a également été en mesure d'enlever trois adolescents qu'il soupçonnait de l'avoir doublé et à les enfermer dans sa maison sans que les caméras ou qu’un observateur ne remarquent quoi que ce soit. En outre, Dutroux avait assassiné Bernhard Weinstein pendant la période où il était sous surveillance.

· Le 4 septembre 1995, la mère de Dutroux, qui avait exprimé son désaccord lors de la libération de son fils en 1992, a informé anonymement René Michaux, chef d'enquête de l'opération Othello, que les voisins de Dutroux étaient très méfiants au sujet de ses activités. Les fenêtres étaient noircies, Dutroux faisait toujours du bruit dans le sous-sol, le jardin était rempli de pneus de voiture usés et deux filles «de 16 ou 18 ans» avaient récemment été vues dans son jardin. Ces filles n'avaient jamais été observées pendant la journée. Cette information n'a pas été transmise à l'équipe d'enquêteurs qui travaillaient sur le cas d'An et Eefje, âgés de 17 et 19 ans. [11]

· Le 6 décembre 1995, Dutroux a été arrêté pour avoir été impliqué dans le vol d'un camion et l'enlèvement et la torture de trois adolescents qu'il soupçonnait de lui avoir volé le véhicule… volé ! (un des adolescents s’était échappé et a informé la police). Sous la direction de l'officier de gendarmerie René Michaux, les foyers de Dutroux ont été fouillés le 13 décembre et de nouveau le 19 décembre. Michaux et le serrurier ont entendu un ou plusieurs enfants pleurer (le serrurier ignorait que Dutroux était suspect dans l'enlèvement de fillettes). Ils sont allés fouiller le sous-sol, dont on pouvait clairement voir que toute une section avait été récemment modifiée [12], mais n'ont rien trouvé, conduisant Michaux à conclure que les voix devaient provenir de l'extérieur. [13] Les parents de Julie Lejeune, une des enfants qui étaient séquestrés là à l'époque, prouveront plus tard qu’il était normalement possible de communiquer avec quelqu'un enfermé dans une des cellules. [14] En outre, lors de la recherche du 13 décembre au sous-sol de Dutroux, Michaux a trouvé de la crème vaginale, du chloroforme, un spéculum (instrument médical utilisé pour dilater les orifices corporels) et des chaînes, ce qui pour lui, n'avait aucune raison d’éveiller ses soupçons. Des vidéos ont été confisquées, montrant Dutroux travaillant dans son sous-sol et violant un certain nombre de filles (inconnues). Sur une des cassettes, le texte "Perdu de Vue, Marc" avait été inscrit, une référence au programme de télévision "Perdu de Vue" qui traite des enfants disparus, au cours duquel le cas de Julie et Melissa avait également été présenté. Michaux et son équipe n'ont jamais regardé les cassettes et les ont restituées à l'épouse de Dutroux, Michèle Martin. [15]

· Dans l'après-midi du 13 décembre, après la recherche désastreuse dans la maison à Marcinelle de Dutroux, Michaux a rencontré l'agent de police Christian Dubois. Les deux avaient travaillé sur un phénomène récent impliquant les occupants de Mercedes blanches qui suivaient et photographiaient des écolières. A cette occasion, Dubois a informé Michaux qu'il avait un informateur qui avait déclaré que les Mercedes blanches appartenaient à un réseau de pédophiles centré autour d'une entreprise appelée Achats Services Commerces (ASCO, à ne pas confondre avec l'usine de tabac désafectée désignée par X1) localisée dans la banlieue de Bruxelles. Selon l'informateur, les occupants des Mercédes blanches assemblaient des catalogues d'images d'enfants. Leurs clients pourraient choisir un de ces enfants, qui serait ensuite enlevé, séquestré en Belgique pendant un certain temps, puis exportés vers l'Europe de l'Est ou la Thaïlande. Le prix pour chaque enfant serait d'environ 7500 euros. Michaux, au cours de la conversation, rapporta à Dubois le nom de Dutroux. Dubois se souvient:

  « Je me souviens que Michaux m'a dit que Dutroux était allé dans des pays d'Europe de l'Est ... Les sommes qu'il a mentionné pour les enlèvements étaient semblables à celles que m'avait donné mon informateur ... Aujourd'hui encore, cela m’empêche de dormir la nuit. Ensuite, en 1996, j'ai vu Dutroux ... Et je l’ai ressenti instinctivement: c'était l'homme que nous cherchions ! »

· Michaux n'a entrepris aucune action et la Commission Verwilghen se demanderait plus tard pourquoi. ASCO s'est révélé être une entreprise très intéressante. Elle a été constituée le 2 juillet 1991, principalement par Jean-Louis Delamotte, ami et associé régulier de Michel Nihoul. Nihoul, Bernard Weinstein, Michel Lelièvre et Michele Martin (pas Dutroux) ont tous été repérés régulièrement dans les environs immédiats de l'entreprise. Les gens du quartier avaient également noté que Nihoul était souvent entouré de jeunes filles noires-africaines et avait l'impression que ces filles étaient en transit. Cinq matelas et un peu de lait pour bébés ont été retrouvés à l'intérieur du siège de la société après sa faillite en 1994. La société Soparauto de Delamotte, enregistrée à la même adresse, possédait 5 Mercédes blanches, toutes munies de plaques d'immatriculation françaises. [16] Delamotte serait plus tard signalé comme le truand qui a intimidé un des témoins-X [17], y compris la personne qui avait initialement pris soin de ce témoin.

· Le 20 mars 1996, Dutroux a été relâché inhabituellement plus tôt que prévu, pour des « raisons humanitaires »; Sa femme allait avoir un bébé. L'opération Othello, le programme de surveillance des mouvements de Dutroux, avait été interrompu en janvier car Dutroux était parti en prison. L'opération n'a pas été relancée après sa libération.

· En août 1996, Dutroux fut enfin pris par Michel Bourlet et Jean-Marc Connerotte. Sabine, une des deux filles enfermées dans le sous-sol, avait caché des lettres sous le tapis de Dutroux. Michaux ne les a pas trouvés, raison pour laquelle il sera critiqué par Michel Bourlet en 2004. [18]

· Même si plus de dix ans se sont écoulés depuis que Dutroux a été arrêté suite aux soupçons qui pesaient sur lui dans l?enlèvement de Laetitia, en grande partie à cause de Michaux, le mystère subsiste sur le nombre exact de vidéos qui ont été confisquées à la fin de 1995 et en août 1996. Les rapports initiaux déclarent que le ministère de la Justice était en possession de plus de 300 vidéos [20]; En quelques semaines, ce nombre a été porté à 5 000 vidéos. Des informations indiquant que les complices de Dutroux, y compris un certain nombre de hauts fonctionnaires, pouvaient être vus sur ces bandes ont également commencé à apparaître. [21] En fin de compte, cela semble avoir été une énorme exagération [22], même si la quantité exacte de vidéos reste un peu mystèrieuse. [23] La plupart des estimations sont aujourd'hui inférieures à 100, et seule une partie de ces vidéos semble avoir montré Dutroux abuser des jeunes filles.

 

 

Nihoul

[ Table des Matières ]

Michel Nihoul, le lien apparent de Dutroux vers les échelons supérieurs du réseau. Reconnu coupable par le jury, avant que la condamnation ne soit annulée par les juges. [31] Nihoul est l'exemple ultime du scélérat sans scrupules, mais pour une raison quelconque, il a bénéficié de la protection de nombreux magistrats ainsi que des médias.

 

Une des raisons les plus importantes pour spéculer sur l’existence d’un réseau, c’est Michel Nihoul. Cet individu avait été arrêté le 16 août après que les enquêteurs de Bourlet et Connerotte eurent découvert que le 10 août, un jour après que Lélièvre et Dutroux avaient enlevé Laetitia, Nihoul avait fourni à Lelièvre, gratuitement, 1 000 pilules XTC.

Les enquêteurs originaux ont immédiatement soupçonné que ces pilules servaient de paiement pour l'enlèvement de Laetitia, soupçons qui n'ont été que renforcés lorsque Nihoul s’est montré incapable de fournir un alibi pour le 8 août [24], le jour où au moins 8 témoins prétendent avoir vu Nihoul à Bertrix aux alentours de l'endroit où Laetitia serait kidnappé le lendemain. De plus, certains de ces témoins ont affirmé avoir vu Nihoul en présence de Dutroux (ou de son fourgon), qui effectuait une première surveillance ce jour-là. [25] Aussi bien l’épouse de Dutroux, Michèle Martin, que Michel Lelièvre ont précisé que Dutroux, au moins dans certains cas, a kidnappé des filles selon des souhaits spécifiques des clients. Martin a déclaré que l'un de ces clients était Michel Nihoul.

Michèle Martin, la femme de Dutroux:

« J'ai entendu Marc dire personnellement à Lelièvre qu'il devrait amener une fille pour Michel Nihoul. Si je n'ai pas mentionné cela avant, c'est parce que j'ai peur de cette bande, je veux dire Nihoul, Marc Dutroux et d'autres à Bruxelles. Je veux dire Nihoul, et des gens bien placés qu’il connaît. J’étais effrayée parce que Jean-Michel Nihoul, Marc Dutroux et Michel Lelièvre faisaient partie d'un gang impliqué dans toutes sortes de choses Des affaires, comme les drogues, les pilules, les filles et les faux papiers [note ISGP: pour lesquelles Nihoul serait plus tard condamné, tout comme la traite des êtres humains] Je dois dire qu'au moment de l'enlèvement de Sabine et Laetitia, Michel Nihoul, Comme je l'ai déjà dit, appelait souvent à Sars, chez moi ... Il ne m'appelait pas moi. Il cherchait Marc Dutroux. Quand Nihoul essayait de joindre Marc, il restait toujours vague ... Je ne savais pas pourquoi il appelait si souvent Marc Dutroux ... Avec le temps, je suis de plus en plus convaincue que Marc Dutroux et Jean-Michel Nihoul ont fait des choses qui ne pouvaient pas supporter d’être révélées au grand jour et que je n'étais pas censé connaître. » [26]
« Au fait, Marc m'a dit qu'il allait de plus en plus à Bruxelles et rencontrait un nombre croissant de personnes au vue de ses activités avec Michel Nihoul ... Nihoul m'a toujours donné l'impression qu'il avait beaucoup de connexions sur lesquelles il pouvait compter. Marc Dutroux m'a dit que Nihoul s'était occupé de régler beaucoup des problèmes de Lelièvre: il avait empêché son arrestation, il avait calculé ses amendes et réglé ses problèmes d'argent. Marc avait senti avec précision qu'il tirerait profit de continuer à voir Nihoul, en raison de ses liens et ceux de son épouse, l'avocate. Plus ils se voyaient, plus ils s'ouvraient bien sûr. Je pense qu'à un certain moment, une confiance mutuelle s’est installée. Je vois des preuves de cela dans une conversation entre Lelièvre et Marc que j'ai coïncidemment entendu et dans laquelle Dutroux dit qu'ils ont dû ramener une fille pour Nihoul. Je pense que Jean-Michel a eu une influence sur Marc Dutroux. Marc m'a souvent dit qu'il était impressionné par les connexions qu’avait Nihoul. » [27]

Michel Lelièvre:

« Marc m'a toujours dit qu'il avait enlevé des filles pour des gens qui avaient passé une commande avec lui. Quand il est sorti de prison en mars 1996, je lui ai demandé qui avait fait les livraisons quand il était enfermé. Il m’a répondu qu’il n'était certainement pas le seul ... Quand nous sommes allés chercher une fille, Marc voulait qu'elle corresponde à la commande, petites hanches ... Il m'a donné une description de la fille que nous cherchions ... [Un jour] Je lui ai demandé pourquoi elles [An et Eefje] étaient toujours avec lui même s'il avait prétendu avoir reçu une commande. Il m'a dit que les gens qui avaient passé la commande étaient venus, mais qu'ils n'étaient pas intéressés par elles ... Dutroux m'a expliqué qu'il conditionnait les filles à être obéissantes et soumises lorsqu’elles arriveraient chez les clients ... » [28]
« Je voudrais révéler d'autres choses sur Jean-Michel Nihoul, mais je ne veux pas que ces témoignages soient repris dans le dossier, comme je l'ai dit, je crains pour ma vie et ceux qui m'entourent. «Si vous me doublez, je vais vous détruire.» Avec ces paroles, il m'a fait savoir qu'il me tuerait ou me ferait tuer. » [29]

Bien qu'il ait été reconnu coupable de fraude financière, de trafic de drogue et d'êtres humains en raison d'un nombre incroyable de preuves [30], Nihoul a finalement été acquitté des accusations selon lesquelles il aurait été impliqué dans l'enlèvement et le meurtre d'une des filles enlevée par Dutroux. Cependant, pour quiconque a étudié en profondeur l'affaire, il est clair que beaucoup de pistes devaient être ignorées et rejetées avant que cette conclusion puisse être atteinte [32], en soulevant deux questions importantes:

Comment, et pourquoi ?

 

Dutroux et Nihoul.

Les témoins-victimes se présentent

Probablement la chose la plus importante (et passée sous silence) qui s'est produite après l'affaire Dutroux, c’est qu'un certain nombre de victimes de réseaux de pédophilie ont estimé que c'était leur unique occasion de témoigner de ce qu'elles avaient vécu. Jusqu'à ce que Connerotte et Bourlet aient pu arrêter Dutroux et Nihoul et récupérer deux filles disparues, ces témoins-victimes ne savaient pas à qui, au ministère de la Justice, ils pouvaient faire confiance. Beaucoup de ces victimes avaient déjà essayé de parler aux autorités, mais aucune enquête n’avait été ouverte. Les victimes en connaissaient la raison: parmi leurs agresseurs se trouvaient les hommes les plus puissants de Belgique. Des commissaires de police, des officiers de gendarmerie, des juges, des banquiers, des hommes d'affaires, des politiciens et des personnalités de la haute noblesse. La plupart de ces victimes qui sont venues à Neufchateau pour témoigner au sujet du "réseau" ont été désignées par un X, suivi d'un numéro. Bien que certaines de ces femmes aient fini par se reconnaître l'une l'autre comme ayant été abusées par le même réseau, au moment où elles ont décidé de témoigner à Neufchateau, aucune d'entre elles n'avait été en contact depuis des années. Leurs entretiens ont été menés séparément et elles n'ont pas eu accès aux témoignages des unes et des autres. Une courte introduction à chaque victime suit. [33]

 

· X1 : Née en 1969. Abusée et négligée par ses parents. À l'âge de 2 ans, elle est envoyée chez sa grand-mère à Knokke, qui possédait une villa-hôtel servant de bordel pour les pédophiles et les sadiques de la haute-société. Des vidéos pédophiles ont également été tournées à cet endroit. Introduite à son souteneur, Tony Vandenbogaert, à l'âge de 4 ans qui a commencé à l'emmener à d'autres endroits pour y subir viols et tortures. Renvoyée à ses parents à Gand en juin 1979 pour diverses raisons. Extrêmement négligée par ses parents pendant plusieurs mois jusqu'à ce que son vieux maquereau se montre à nouveau. Pendant des années, elle a été violée et torturée lors de soirées spéciales. A réussi à connecter avec un garçon dont elle est tombé amoureuse, s’est mariée, et a immédiatement déménagé en 1988, ce qui semble lui avoir évité de terminer dans un « snuff-movie ». Jamais réussi à se détacher complètement du réseau. Parfois, quand son mari a quitté la maison pendant quelques jours pour travailler comme chauffeur-routier, son souteneur et quelques-uns de ses associés se présentent et l'emmènent dans des endroits où des enfants sont battus et violés. En ces occasions, elle est également violée ou doit participer à des abus contre d'autres. X1 a été diagnostiquée avec un Trouble de la Personnalité Multiple ainsi qu’un trouble dissociatif de l'identité (TPM / TDI).

· Nathalie C. (X7) : Née en 1969. Contactée par le BOB après les témoignages de X1. D'abord, a refusé de savoir quoi que ce soit sur X1. Il s'est bientôt avéré qu'elle était fortement traumatisée et avait probablement TPM / TDI. Après avoir été amenée pour une entrevue, elle a commencé à parler de son père, comment il l'a abusée sexuellement, et comment il aimait brûler sa soeur avec des cigarettes. Elle a ensuite confirmé qu'elle avait été la meilleure amie de X1, qu'elle connaissait la relation sexuelle avec Tony et qu'on lui avait interdit d'aller au premier étage de l'hôtel-villa de la grand-mère de X1. Les enquêteurs ont annulé les entrevues. X4 a identifié X7 comme une fille qui a été forcée à jouer dans des films pédo-criminels

· Chantal S. : Née en 1968. Une autre femme contactée par la BOB après les témoignages de X1. A immédiatement su de quoi il s'agissait. Sexuellement abusée par ses parents. Sa grand-mère était dans le satanisme. A emménagé avec ses parents à Knokke à l'âge de 6 ans et a parfois été amené à l'hôtel-villa de la grand-mère de X1. Ici, elle a également été abusée sexuellement, même si elle n'a pas eu à supporter les séances de torture extrêmes que X1 a régulièrement subi. Confirmé que l'un des agresseurs a effectivement été surnommé "Monsieur". Elle avait vu X1 menacée d'un revolver par sa grand-mère. Comme X7, il lui était interdit d'aller au premier étage. Les témoignages de Chantal ont donné lieu à un combat verbal entre son mari et ses parents, dans lequel son père a avoué l'avoir amenée chez la grand-mère de X1. A tenté de se suicider et a de nouveau été interné dans un établissement psychiatrique. X4 a identifié Chantal aussi comme une fille qui a été forcée à jouer dans des films pédo-criminels

· X2 : Un policier qui a travaillé sur un aspect de l'enquête Dutroux. Lorsque le cas X1 a été discuté au cours d'une réunion, les participants ont remarqué qu'elle semblait très bouleversée. Après avoir discuté de son histoire de maltraitance avec un de ses supérieurs, elle a décidé de devenir témoin. X2 avait fini par être la maîtresse d'un magistrat à Bruxelles et plus tard, d’un officier supérieur et porte-parole du ministère de la Justice qui était membre du Rotary. Ces deux hommes faisaient partie d'un réseau dans lequel elle a été maltraitée du milieu à la fin des années 1980. X2 n’a pas subi de séances de torture extrêmes, mais a entendu d'autres filles parler d'assassinats d'enfants et était présente à une partie de chasse sur les enfants, ce dont les autres témoins-X ont également parlé. Certains des agresseurs et des lieux où se produisaient ces abus se sont avérés être les mêmes que ceux mentionnés par X1 et les autres X. Elle s'est retirée en tant que témoin quand elle a vu que l'enquête était sabotée, quelque chose qui ne l’a pas vraiment surprise.

· X4 : Né en 1965. Comme X1, X4 avait été persuadée par un ami de témoigner. En tant que jeune enfant, elle a été prêtée par sa mère à un souteneur nommé Jacques V., qui a produit des films SM avec des enfants. Son histoire est en grande partie parallèle à celle de X1, bien que X4 ait tout expérimenté à l'intérieur de différentes sectes. Elle a reconnu deux amis d'enfance de X1 qui avaient été maltraités, et a nommé certains des mêmes agresseurs que les autres témoins. Les parents de X4 ont décidé de vivre à côté d'une villa où X1 a affirmé qu'une amie avait été abusée à un point tel qu'elle en est morte.

· Nathalie W. : Née en 1965. Avec le soutien de son thérapeute, elle a donné son premier témoignage à la gendarmerie en février 1996, six mois avant l'affaire Dutroux. L'officier qui l'a interrogé a refusé de rédiger un rapport officiel. En juillet 1996, elle a trouvé deux autres gendarmes qui étaient prêts à travailler avec elle. Nathalie a raconté comment elle avait été violée par son père, un membre du Rotary, depuis l'âge de six ans. Peu de temps après, elle a été introduite dans le réseau et a été abusée par les amis de son père lors de fêtes dans différentes villas dans la région de Waterloo. A 10 ans, elle a été remise par son père à un prince et à son principal adjoint, qui l'ont emmenée à différentes fêtes pour y être abusée en Belgique. A confirmé l'histoire de X1 sur le club « Les Atrebates », Nihoul et Tony. À son tour, X1 a reconnu Nathalie comme une fille du réseau et l’a exactement située au club « Les Atrebates ». Même si Nathalie a confirmé des aspects de l'histoire de X1, elle a été facilement discréditée par ses nouveaux interrogateurs, non seulement elle souffrait d'un traumatisme psychologique extrême (TPM / TDI), mais aussi de pathomimie, tendance à infliger des dommages physiques à son corps afin de jouer la victime. Cette dernière bizarrerie psychologique semble avoir fait surface surtout après que ses intervieweurs d'origine aient été remplacés par deux autres extrêmement abusifs (comme cela est arrivé avec X1). Elle n'a pas pu supporter cette pression et a cessé de témoigner en mars 1997. Nathalie a été sévèrement persécutée pour avoir osé avancer son histoire, peut-être même plus que X1.

· VM1 : Un truand qui est venu à Neufchâteau en février 1997. Il a raconté comment il avait été élevé dans une maison d'enfants au Mont-Saint-Guibert. De 9 à 13 ans, il a été régulièrement pris en charge par un juge local de la jeunesse qui l'a amené à des fêtes dans des villas autour de Bruxelles pour y être abusé sexuellement. Il a ensuite travaillé comme prostitué au « Mirano », un club élitiste visité par quelques-uns des mêmes hommes qui figurent dans les témoignages d'autres témoins -victimes ci-dessus, y compris Nihoul. Dans les deux jours de son témoignage soi-disant secret, VM1 a été abordé dans les rues et menacé de mort.

Remarquez comment ces victimes se sont retrouvées dans le réseau: au lieu d'avoir été saisies dans la rue, elles ont été emmenées par leurs propres familles ou, dans un cas, prise dans un foyer pour enfants.

Au moins en Europe occidentale, l'idée d'un pédophile solitaire qui s'empare des enfants en pleine rue ne semble applicable que dans un nombre relativement restreint de cas (en particulier les enlèvements permanents). Il y a beaucoup de preuves que beaucoup de mauvais traitements infligés aux enfants se produisent au sein de réseaux constitués de familles dégénérées et de leurs connaissances [34], qui sont exploitées et protégées (vraiment pour des raisons qui ne sont pas entièrement comprises) par des personnes plus élevées dans la chaîne alimentaire. [35] Les enfants dans le réseau sont souvent obligés de ramener d'autres enfants. [36] Les nouveaux sont alors contrôlés par certaines routines psychologiques impliquant des menaces, la honte et la culpabilité. [37]

Bien que les témoins-victimes rapportent souvent avoir été témoin de nombreux meurtres dans ces réseaux, y compris des enfants d'Europe occidentale, les données sur les disparitions et décès d'enfants ne sont pas catégorisées et sont donc incohérentes. [38] Comme pour l'ensemble de la Belgique, les estimations vont de «au moins» 43 disparitions entre 1973 et 1996 [39] à 1 022 en un an, le bureau du procureur à Bruxelles prétendant qu'environ 280 enfants par an disparaissent à Bruxelles seulement. [40] En outre, si les victimes de ces réseaux ont raison ou que certains des chiffres ci-dessus sont exacts, la conclusion évidente est que les médias ne font pas vraiment attention, à beaucoup sinon la majorité des disparitions et des décès d'enfants, ce qui, dans le cas des médias britanniques semble être vrai. [41]

Un aspect intéressant dont ont témoigné de nombreux témoins-victimes de différents pays est une approche psychologique utilisée pour permettre aux victimes de l'abus le plus sadique de fonctionner de façon sommaire en société, et donc, de ne pas susciter de questionnements vraiment alarmants dans l'environnement immédiat de l'enfant. Nous parlons ici d'encourager et de maintenir le trouble des personnalités multiples chez les victimes. [42] Le TPM a été rebaptisé en trouble dissociatif de l'identité (TDI). Il s'agit essentiellement d'un désordre psychologique dans lequel l'esprit et la mémoire de la victime sont brisés en dix, cent, voire mille sous-personnalités différentes, rendant le témoignage extrêmement difficile, le transformant en un processus de très long terme. Plusieurs témoins des Dossiers-X souffraient encore lourdement de ce désordre au moment où ils ont commencé à témoigner.

Interroger les personnalités dissociées (ou « Alters »)

[ Table des Matières ]

Même si un trouble psychologique TPM / TDI est confirmé à cent pour cent, il n’en reste pas moins très controversé dans l'oeil du public (pour ceux qui ont même déjà entendu parler de ça). Il est vrai que TDI est un trouble complexe et parfois difficile à saisir dans ses implications. Mais c'est en grande partie le résultat d'un manque d'information, et si l'on fait abstraction des arguments politiquement corrects, les véritables raisons sous-jacentes à la controverse deviennent tout à fait claires.

Tout d'abord, TDI est intrinsèquement liée aux abus sexuels et psychologiques les plus extrêmes contre les enfants. Dans 97 à 98 pour cent des cas de TDI, les victimes racontent avoir subi des violences sexuelles depuis le tout jeune âge. Il n'est pas rare pour les victimes de TDI de donner des détails sur des sévices qui semblent tellement bizarres, horribles et énormes que, peu importe les preuves allant dans le sens des allégations, l’individu moyen mettra un certain temps avant même d’accepter de considérer qu’il puisse s’agir là d’une possibilité. Les réseaux dissimulés de maltraitance et de torture d'enfants impliquant des personnalités au-dessus de tout soupçon en seraient un exemple primordial.

La deuxième raison est que ces réseaux sont protégés par ceux qui sont impliqués, qui apparemment ont le pouvoir de s'assurer que très peu d'informations sur ces réseaux apparaissent dans le domaine public. De plus, un groupe de «sceptiques», peu nombreux mais très influents, organisés autour de la « False Memory Syndrome Foundation » (FMSF= Fondation pour le syndrome des faux souvenirs), ont mené une contre-attaque depuis le début des années 90, lorsque les rapports d'abus rituels sont devenus un peu trop répandus. [44] Ce groupe a fait tout ce qui était en son pouvoir pour convaincre le public et la communauté de psychologie que tout TDI est créé par des psychologues incompétents.

En raison d'une mauvaise façon de poser des questions, ces psychologues auraient inséré certains «faux souvenirs» dans l'esprit de leurs patients. Bien que plus d'une douzaine de membres de la FSM aient été accusés d’être eux-mêmes impliqués dans des affaires de pédo-criminalité, de s’être prononcés en faveur de la pédophilie ou d’avoir un passé en lien avec des programmes de recherche sur le contrôle mental au service de tout un éventail d'agences de renseignement [45] Malgré tout, les médias n’ont jamais ressenti le besoin de signaler ce genres de choses. Comme on pouvait s'y attendre, les supporters hollandais et belges de cette Fondation FSM n'ont pas pu résister à une tentative de discréditer X1 avec des tactiques de désinformation issus de manuels des services de renseignement. [46]

Mais même si les partisans de la Fondation FSM ont un peu essayé d’embrouiller les choses, chaque manuel de psychologie fait une distinction claire entre le TDI et la schizophrénie. Cette dernière est caractérisée par des illusions, des hallucinations et une perte du sens de l'identité. Les différents « Alters » d'un individu souffrant de TDI, ont cependant tous une identité propre, et bien que la mémoire n'est jamais à 100 pour cent exacte (et il reste la possibilité de la manipulation des souvenirs), ces alters ont connu quelque chose de traumatisant qui est effectivement arrivé à cette personne. Sans quoi, il n’y aurait même pas de personnalités « Alter » en premier lieu. Un bref article sur le site Web de Merck, une grande société pharmaceutique, donne l'un des meilleurs résumés de ce que le trouble dissociatif de l'identité est en réalité:

Trouble Dissociatif de l'Identité

« Le trouble dissociatif de l'identité semble être un trouble mental assez fréquent [d'autres sources disent que TDI est assez rare]. On le trouve dans 3 à 4% des personnes hospitalisées pour d'autres troubles de santé mentale et dans une minorité importante de toxicomanes Cependant, certaines autorités [la FSM] croient que de nombreux cas de ce trouble reflètent l'influence des thérapeutes sur les personnes suggestibles. »

 

« Le trouble dissociatif de l'identité semble être causé par l'interaction de plusieurs facteurs, notamment le stress accablant, la capacité de séparer ses souvenirs, ses perceptions ou son identité de sa conscience, un développement psychologique anormal et une protection insuffisante pendant l'enfance. 97 à 98% des adultes ayant un trouble dissociatif de l'identité rapportent avoir été maltraités pendant l'enfance … »

 

« Par exemple, la tristesse peut indiquer une dépression coexistante, ou peut-être que l'une des personnalités est en train de revivre les émotions associées à des malheurs passés ... Les personnes atteintes de ce trouble risquent de se blesser eux-mêmes et de se suicider. »

 

« Dans le trouble dissociatif de l'identité, certaines personnalités d'un individu sont conscientes d'informations personnelles importantes, alors que d'autres personnalités ne sont pas conscientes de ces détails.Certaines personnalités semblent connaître et interagir les unes avec les autres dans un monde intérieur élaboré.Par exemple, la personnalité A peut être consciente de la personnalité B et savoir ce que B fait, comme si elle était le témoin du comportement de B, la personnalité B peut ou peut ne pas être au courant de la personnalité A... »

 

« Parce que les personnalités interagissent souvent les unes avec les autres, les personnes atteintes d'un trouble dissociatif de l'identité rapportent entendre des conversations intérieures et les voix d'autres personnalités qui commentent leur comportement ou qui s’adressent à eux [à ne pas confondre avec les hallucinations]. Ils éprouvent des distorsions de temps, avec des ‘moments perdus’ et de l'amnésie... »

 

« Les personnes atteintes d'un trouble dissociatif de l'identité peuvent ne pas être en mesure de se souvenir de choses qu'elles ont faites ou de prendre en compte des changements dans leur comportement. Souvent, elles se réfèrent à elles-mêmes comme «nous», «lui» ou «elle». Les 3 à 5 premières années de vie, les personnes atteintes de trouble dissociatif de l'identité peuvent avoir une amnésie considérable pour la période entre les âges de 6 et 11 ans. » [47]

X1 souffrait de tous les symptômes décrits ci-dessus, et plus encore. Elle a dit combien de ses alters avaient toujours le même âge que quand ils ont été créés, ou comment son écriture différait en fonction de quel alter était actif. [48] Cela semble évident lorsqu’on connaît son passé d'abus extrêmes, mais ses symptômes ont commencé à un âge précoce. Et il est intéressant de noter que son souteneur, non seulement n'a pas été surpris quand il a rencontré les alters de X1, mais qu’en fait, il les cultivait.

«Plus que jamais, j'ai découvert que j’avais des ‘moments perdus’. J’étais allé à l'école, j'avais obtenu de bonnes notes, j'avais même rencontré plusieurs camarades de classe qui m'avaient parlé, mais d'une certaine manière tout cela était oublié derrière moi. C’était comme si quelqu'un d'autre me remplaçait dès que la porte de ma maison s'était refermée. Comme si Ginie la victime était mise de côté jusqu'à ce que Tony revienne de nouveau au pied de mon lit ou à la porte de l'école. Ginie la victime n’était même pas consciente de l’école ou de la vie de famille, pendant que l'autre Ginie semblait ne pas être présente pendant les abus, et vivait donc «normalement. »

 

« C'était toujours ainsi: à Knokke, chez la grand-mère, les adultes avaient remarqué que je parlais aux voix dans ma tête, que souvent je changeais d'humeur, ou que je commençais à parler d'une voix avec un accent. J’avais seulement 5 ou 6 ans quand j'ai compris que c’était quelque chose de bizarre et que ce n'était pas autorisé. J'ai appris à cacher mes voix, mes autres 'moi’. Après ce qui était arrivé à Clo, les voix, et le sentiment bizarre qu’à certains moments, j’étais dirigé par des voix intérieures se sont renforcés. Après l'initiation je n'ai plus résisté contre les voix. J’étais heureuse de disparaître dans le néant, et de ne seulement redevenir consciente que lorsque Tony était là. La douleur semblait plus supportable. »

 

« Tony était le seul adulte qui ait compris que quelque chose sonnait « faux » dans ma tête.

Il ne s'est pas fâché à ce sujet, mais il a cultivé ça. Il m'a donné des noms différents: Pietemuis, Meisje, Hoer, Bo. Les noms ont lentement commencé à devenir une partie de moi. Pietemuis [petite souris] est devenu le nom de la petite fille qu'il ramenait à la maison après l'abus - une petite fille nerveuse et appeurée qu'il pouvait consoler en lui parlant d'une manière bienveillante et paternelle ... Meisje [Fille] était le nom de cette partie de moi qui n’appartenait qu’à lui. S'il abusait de moi dans mon lit au petit matin, par exemple. Hoer [Putain], le nom de cette partie de moi qui travaillait pour lui. Bo, la jeune femme qui prenait soin de lui quand il était ivre et avait besoin d'être dorloté. »

 

« Ne te soucies pas de ça. », me dit-il alors que je lui demandais avec curiosité pourquoi il m'avait donné tant de noms, « Papa Tony te connaît mieux que tu te connais toi-même ! » C'était aussi vrai. » [49]

 

 

Quelques-uns des plus de 100 autres alters de X1 étaient Kenny, un jeune alter qui avait été confronté avec certaines des pires tortures. Stone (caillou), l'un des plus durs qui répondait avec morgue à Tony et pouvait contrôler ses peurs. Et Moon (lune), née pour faire face au froid extrême. [50]

 

Même après des années passées à voir un psychiatre, X1 a encore beaucoup souffert du TPM / TDI lors de son premier contact avec la cellule d'enquête de Neufchateau en septembre 1996. Il a fallu du temps avant que ses intervieweurs, Patriek De Baets et Philippe Hupez comprennent comment travailler avec elle, mais en fin de compte, le témoignage s'est révélé être le moyen le plus efficace de ‘recoller les morceaux’ pour X1. [51] C'était un processus long et extrêmement difficile cependant, et pas seulement pour X1. Parfois, les longs silences et les attaques de panique rendaient les enquêteurs presque fous. Un exemple d'une des séances d'entrevue:

« ... Meisje [Fille] est assise sur le rebord de la fenêtre, saturée de douleur et de tristesse, elle sent si bien la présence des autres victimes qu'elle peut presque les toucher de ses pensées. Frissonante, elle se presse contre le panneau en bois de la fenêtre comme si elle voulait disparaître dedans ... Patriek [De Baets] vient debout à côté d'elle, appuyé contre le seuil de la fenêtre.

‘Qui sont les filles dont vous vous souvenez encore, fille?’ Demande-t-il, prononçant par coïncidence son nom [de l'alter active, "Girl"].

‘Vero, Mieke, Clo, Noelle, Chrissie ...’ dit-elle instantanément, parce qu'elle se souvenait de chaque visage, de chaque enfant.

Patriek était perplexe. Il entendit soudain son témoin, d'une voix de jeune fille, donner une série de noms qui le fit taire.

- Sont-elles toujours vivantes ?

Meisje [Fille] haussa les épaules.

- Certains le sont, je crois. D'autres ne le sont pas. '...

'Qui est mort ?' Demanda-t-il calmement.

- Chrissie, murmurai-je.

Patriek demande comment.

- Ils l'ont brûlée.

'Où?'

- Dans un sous-sol, murmura-t-elle encore plus tranquille. Et elle se retira au fond d'elle-même, luttant contre l'odeur du liquide qu'ils avaient répandu sur elle.

Et puis quand il voulut demander plus, elle secoua la tête.

- Je veux rentrer chez moi, supplia-t-elle. Loin de ces horribles souvenirs.

Mais Chrissie ne quittait plus sa tête.

Elle crie, elle demande de l'aide ... Tiu [l'enfant assassiné de Regina]. Tout s'est réuni cette semaine, comme si le temps était quelque chose de malléable, et est devenu vivant à nouveau dès que les images ont été rappelées.

Mon fils, que j'avais chéri; Chrissie, qui, peu de temps après, fut cruellement punie; Les cris dans ma tête. La folie que j'avais ressentie dans les jours suivants. La folie qui avait commencé quand ... mais j'ai refusé de laisser passer les images ... »

 

« Douleur? En effet... Ça faisait tellement mal que je ne pouvais le dire que par un détour qui ce jour-là était Chrissie ... Cela menait Patriek et Philippe au pied du mur. Devant eux, ils voyaient une femme adulte mais effrayée, alors qu'ils devaient communiquer avec Kenny, l'alter fortement traumatisé, devenu presque autiste après la mort de Tiu et Chrissie, Kenny qui portait cette information avec lui, mais ne pouvait parler ... têtu, effrayé, évasif, il repoussa les questions des officiers de la BOB. Ce n'est que grâce au soutien d'autres personnes qui l'écoutèrent et qui se trouvèrent près de lui que Kenny, balbutiant put raconter son histoire. » [52]

 

Une série d'abus extrêmes

[ Table des Matières ]

X1 est atteinte par un TDI en raison de son lourd passif de victime d'abus extrêmes. Mais qu'est-ce que cela impliquait vraiment ?

D'abord, il y avait l'aspect psychologique. X1 n'a jamais reçu de soutien ou d'amour de ses parents, de sa grand-mère, de Tony ou de ses agresseurs (évidemment pas). Tony et la grand-mère surtout, qui ont agi comme ses souteneurs, ont endoctriné X1 dans la conviction qu'elle n’était pas une personne, qu'en dehors de Tony personne ne se souciait d'une «petite pute» comme elle, qu'elle était trop stupide pour devenir autre chose qu'une prostituée, Et que «l'amour» c’est quelque chose que vous n'obtenez jamais gratuitement.

De surcroît, X1 a été blâmée pour à peu près tout ce qui lui est arrivé, ce qui est arrivé à d'autres enfants dans le réseau, à des animaux de compagnie, ou même à ceux qui ont abusé d'elle. Par exemple, si X1 avait fait une fellation à son souteneur et qu’il n'était pas satisfait, il la battait, lui criant qu'elle était sans valeur et que c'était sa faute s’il était en colère Si les agresseurs de X1 découvraient qu'elle avait donné des signes de son calvaire au monde extérieur, une autre fille était torturée devant ses yeux. Pendant la séance de torture, les agresseurs lui criaient que c'était de sa faute et mettaient son visage dans le sang de l'autre victime. X1 devait alors demander pardon à l'autre fille. Même quand la meilleure amie de X1 a été violée et assassinée devant ses yeux - probablement parce que cette fille est devenue trop vieille - elle était à blâmer. Dans la plupart des cas X1 a été blâmée pour des choses sur lesquelles elle n'avait absolument aucun contrôle. La même chose est arrivée à beaucoup d'autres filles dans le réseau. Pour les agresseurs, c'était un moyen de détruire l'estime de soi et la confiance de la victime, ce qui en faisait des esclaves sexuelles parfaites et des objets sur lesquels exercer une torture sadique. [53]

Outre l'endoctrinement psychologique, X1 et les autres victimes ont rapporté avoir subi toute une série d'autres expériences traumatisantes. Une séance de sodomie brutale à l'âge de 3 ans tombe certainement dans cette catégorie, tout comme le fait d’être violée par un chien à l'âge de 4 ans. Mais il y avait aussi les douches glacées, les longues et douloureuses heures passées ligotée, les nombreux passages à tabac, les viols avec des couteaux et des ciseaux et la torture avec des lames de rasoir. [54] Une des nombreuses expériences de X1:

« Père m'obligea à tomber à genoux et colla mon visage sur la surface de la table puis attacha mes poignets gauche et droit au lit... J'étais incapable de bouger et forcée de rester dans cette position humiliante... Tout est prêt, les lampes sont placées dans la bonne direction, l'intensité de la lumière est mesurée - ce qui est sur le point d'arriver, je ne le sais pas, mais la tension grandit dans mon estomac. C’est quoi l’histoire avec ces chiens ?... Je sens comment les pattes du chien au pelage rugueux me griffent les côtes. Je sens comment il halète dans mon cou, la bave de sa langue qui tombe goutte à goutte sur mon dos. Je crie quand je sens qu’il entre en moi, comment ses pattes se reserrent sur moi, ses griffes dans ma peau. Je crie : 'Enlevez-le !'... Mes cris sont perdus dans une acclamation enthousiaste quand le chien laisse quelque chose de mouillé se répandre sur mes jambes... C'était la première d’une longue série de séances-photos avec des chiens. » [55]

 

En plus d'avoir été violée par des chiens, X1 a également parlé de la façon dont Bernard Weinstein, associé de Dutroux jusqu'à son assassinat en 1995, et Annie Bouty, l'ancienne petite amie de Nihoul, se promenaient parfois avec un serpent afin de violer les filles avec lors de séances d'abus. [56] Cela paraît difficile à croire, n'est-ce pas ? Pourtant, les images ci-dessus (NdT : consultables sur le site où est publié cet article) ont été confisquées à partir d'un réseau de pédo-criminalité et sont apparues dans le dossier Dutroux. [57] Parmi les centaines de photos il y a un bon nombre d'enfants qui sont violés par des chiens. Il y a aussi deux ou trois photos qui montrent les jeunes filles avec un serpent dans leur vagin. Le sexe avec d'autres animaux n'est pas rare non plus. Voici un autre exemple qui, selon Regina, lui est arrivé à Knokke quand elle avait 10 ans:

« Les frères Lippens, Vanden Boeynants et le commissaire adjoint de Knokke sont arrivés ... De Bonvoisin et Vander Elst sont arrivés par la suite ... Vander Elst met un couteau sur sa gorge tandis que Bonvoisin la viole ... Elle doit se masturber tandis que Vander Elst fait un certain nombre de photos. Lippens la viole avec une lame de rasoir Avant de repartir, De Bonvoisin l'a frappée [plusieurs fois dans le visage] Directement après que X1 a donné naissance à un bébé, elle a été violée et sodomisée ... Elle n'a revu sa fille qu'à l'usine avant que le bébé ne disparaisse six semaines plus tard. » [58]

 

Que dire de ce témoignage ? Les événements sonnent bizarres, mais les noms et les détails ont été répétés par d'autres témoins indépendants. Regina a également souvent parlé du «circuit de la fin», dans lequel beaucoup de filles ont tendance à finir au moment où elles atteignent leur 16ème anniversaire. Atteindre cet âge, ne plus supporter les abus, ou ne pas satisfaire un client; selon Regina, tout cela pouvait mener à la mort prématurée d'une prostituée.

X1, X2, X3, X4, Nathalie W., VM1, Jacques Thoma, Pascal Willems et d'autres ont tous parlé d'enfants assassinés. Ces meurtres ont souvent été capturés sur vidéo, qui ont ensuite été montrés au public dans un certain nombre de « soirées spéciales ». Outre les déclarations déjà puissantes des témoins, il y a aussi des preuves indépendantes que ces films dits «snuff», comme les réseaux pédo-criminels, ne sont pas seulement une «légende urbaine», comme certains le prétendent.

Prenez « Le Dolo », la notoire boîte de nuit qui a joué un rôle central dans les Dossiers-X et la vie de Michel Nihoul, qui était l'un de ses visiteurs les plus en vue. « Le Dolo » était l'un des endroits en Belgique où des commissaires de police importants, des politiciens, des avocats et des directeurs de plusieurs compagnies bien connues interagissaient avec des chefs de gangs, des pédophiles présumés et des personnes impliquées dans la traite d'êtres humains. En 1997, Claude "Max" Vankeerberghen, ancien valet du Dolo et chauffeur de Dolores Bara (la copropriétaire du « Dolo »), a témoigné que plusieurs visiteurs du « Dolo », y compris une personne nommée Doudou et Nihoul, ont été impliqués dans un celcle de pédo-criminalité qui a enlevé des enfants. [60] Le rapport officiel de Van Vankeerberghen indique également:

« Van K. a entendu Nihoul et Doudou parler de cages pour enfants, pour les faire souffrir. Des vidéos de provenance américaine auraient montré des enfants noirs dans des cages où ils étaient torturés puis brûlés vifs [1992-1993] ». [61]

 

Les origines généralement acceptées du film « snuff » remontent au début des années 1970, le mot ayant été inventé par Charles Manson pour parler discrètement de meurtre avec les membres de sa secte, sa « famille ». Un culte qui a perpétré un certain nombre de meurtres dont certains prétendent qu'ils ont été filmés.

Quelques années après ces faits, à partir du 2 octobre 1975, il y avait une brève série de d’articles dans les journaux selon lesquels le FBI et plusieurs services de police enquêtaient sur les allégations de journalistes et d'informateurs selon lesquelles un certain nombre de films de 8 mm avaient été introduits clandestinement dans le pays, montrant des séances pornographiques se terminant par de véritables meurtres. [62] Les détails ont été fournis pour un seul film, et ils se sont avérés être très semblable à la scène de « snuff » ajoutée au film 'Snuff' (titre), sorti au début de 1976. [63] Outre les détails de la scène, ce film avait également été enregistré en Argentine. Le détective Joseph Horman, qui avait parlé aux médias au début du mois d'octobre 1975, avait l'impression que la police et le FBI n'étaient pas sur la piste de vrais films de « snuff ».

Même aujourd'hui, l'existence de films « snuff » reste controversée parce que les preuves concrètes que ce type de films existent bel et bien ne sont pas disponible publiquement.

Au début, l'auteur de cet article a été très intrigué par l'une des images qui figuraient dans le dossier de Dutroux montrant une fille empalée sur un piquet (entre les centaines de photos d'abus confisquées). Mais après un peu de recherche, cela s'est avéré être une scène controversée du film de 1981 « Cannibal Holocaust », l'un des films souvent cités par les sceptiques qui veulent prouver que la seule source de rumeurs sur les films « snuff » sont des films d'horreur bizarres comme celui-ci . D'autres films cités par les sceptiques sont 'Flowers of Flesh and Blood', 'Nightmares in a Damaged Brain' et le flm ‘Snuff’ mentionné plus tôt.

Cependant, il ya une grande différence entre ces films d'horreur et la vidéo dont les captures d'écran peuvent être vus sur la gauche. (NdT : se reporter au site dont provient cet article) Dans cette vidéo amateure de mauvaise qualité et non éditée, une personne torture et viole une fille - prétendumment sa fille - qui a été attachée à une chaise. Pendant la demi-heure que dure la torture, l'agresseur perce les mamelons de la victime, cloue sa main droite sur la chaise, lui arrache les ongles, la viole avec un couteau et lui fait d'autres choses absolument ignobles. Officiellement, ce n'est pas un film de « snuff », car la victime n'est pas tuée (en tout cas, pas sur cette vidéo. Une autre session était annoncée pour le lendemain) et on ne sait pas si cette vidéo a été vendue ou distribuée sur un réseau, On peut se demander pourquoi ce vidéaste sadique, tout comme les pédo-criminels comme Jean-Paul Raemaekers et Dutroux, était en train de filmer leurs propres abus.

Pour un usage personnel ?

Ou pour les mêmes raisons que Raemaekers et d'autres ont donné : pour les distribuer à un réseau ? [64]

Contrairement à l'absence de preuves visuelles, les témoins-victimes ont non seulement témoigné de violences sadiques et de réseaux de trafiquants depuis longtemps, mais ils ont également mentionné des détails très précis et similaires, y compris la torture et le meurtre d'enfants, parfois devant des caméras. Ces rapports ont vraiment surgi aux Etats-Unis en 1987, suivis quelques années plus tard par en Grande-Bretagne. Depuis l'explosion de l'affaire Dutroux, nous savons également que des témoignages similaires sont venus de Belgique et des pays voisins. Comme nous le verrons, la Russie a suivi en 2000.

Un des cas les plus intéressants concernant les films de « snuff » concerne un cercle de pédo-criminets et de trafiquants britanniques qui ont été forcés de déménager dans la région d'Amsterdam dans les années 1980. Au fil des ans, ce cercle a fait les manchettes des journeaux à plusieurs reprises.

La première fois, c'était en 1990, lorsqu'un adolescent témoin-victime, Andrew, a contacté des travailleurs sociaux de la « British National Association for Young People In Care » (NAYPIC). Andrew a prétendu avoir été victime d'un cercle de pédophilie britannique et forcé à plusieurs reprises de filmer des films de « snuff » dans un entrepôt à Amsterdam ou dans les proches environs.

Les travailleurs sociaux étaient sceptiques, mais jusqu'à ce que cette histoire soit tirée au clair, l'adolescent a été autorisé à vivre dans la maison de Mary Moss, responsable pour le NAYPIC à Londres. Juste avant que Andrew ne donne un témoignage plus officiel, il a été drogué et emmené dans une camionnette, juste en face de la maison de Moss. L'adolescent avait déjà été menacé et suivi dans les rues avant cet enlèvement. On ne sait pas ce qu’il est devenu et personne n'a plus jamais entendu parler de lui. Le rapport sur Andrew déclare également :

« Le personnel de la Naypic a été convaincu par Andrew et d'autres fugueurs que de tels films sont réalisés. On leur a raconté qu’un groupe de pédophiles connu sous le nom « d'Elite Twelve » qui est disposé à payer jusqu'à 5000 livres pour que des jeunes tournent des vidéos impliquant la torture et le sadomasochisme, pouvant même s’achever par un meurtre. »

 

« On leur a également raconté que dans un film de « snuff » fait l'année dernière, un garçon de 14 ans a été passé à tabac par trois hommes dans un appartement de l'East End, puis violé avant d’être mis à mort à coups de battes. »

 

« Chris Fay, un conseiller adulte de l'association, a déclaré: « Je suis convaincu que ces vidéos existent. Un collègue néerlandais m'en a montré une à Amsterdam. Il y avait trois hommes portant des masques en cuir découpant une fille âgée d'environ 13 ans avec un couteau de boucherie. »[65]

 

Dans cet article, l'un des meilleurs experts en pédophilie, Ray Wire, est cité comme ayant vu des films de « snuff » aux États-Unis. À d'autres occasions, Wire a expliqué qu'il avait pu les voir dans le cadre d’une coopération avec le FBI aux États-Unis qui nécessitait son expertise comportementale sur les agresseurs d'enfants. [66] Apparemment, il a déclaré plus tard que les films qu'on lui avait montré étaient "des simulations sophistiquées", mais était toujours sûr que le FBI en avait d’authentiques en sa possession. [67]

En avril 1997, le cercle pédo-criminel britannique d’Amsterdam a de nouveau fait parler de lui. La première chose qui fut rapportée dans les journeaux était qu'il y avait déjà eu des enquêtes conjointes non concluantes entre le Royaume-Uni et les Pays-Bas en 1990 et 1993. [68] Par ailleurs, en 1997, les services de police étaient en possession d'au moins trois déclarations faites par des agresseurs d'enfants rapportant que ce cercle avait produit un petit nombre de films de « snuff ». [69] Malheureusement, le seul film spécifiquement mentionné dans la presse avait toutes les caractéristiques d'un faux, et en effet, il est apparu plus tard que cela semblait être le cas. [70]

Ce cercle de pédo-criminels a encore une fois attiré l’attention des médias en Juin 1997 quand il a été annoncé que Warwick Spinks, un pédophile violent qui dirigeait un club de garçons homosexuels à Amsterdam (et qui a également prétendu qu'il pourrait organiser le tournage de films de « snuff »), devait être libéré. Spinks avait été condamné il y avait seulement deux ans pour avoir drogué et agressé sexuellement un jeune sans-abri, l'avoir enlevé à Amsterdam et l'avoir vendu dans un bordel homosexuel. Lorsque son appartement a été perquisitionné, la police a trouvé les noms de ses clients, les détails de leurs préférences sexuelles, les numéros de téléphone et des informations sur les jeunes garçons. [71]

L'enquête la plus détaillée sur la colonie britannique de pédo-criminels à Amsterdam a été publiée en novembre 2000 par le journaliste primé Nick Davies. De plus en plus de preuves ont été fournies pour l'existence non seulement d'un vaste réseau de trafic de garçons, mais aussi pour l'existence d'un petit nombre de films de « snuff ». Comme il est toujours préférable de lire les sources originales, un long extrait de cet article suit:

« Un an après que les détectives de Bristol aient finalement commencé à dévoiler le cercle de pédophiles qui avaient continué d’abuser des enfants depuis 20 ans, ils ont trouvé un informateur avec une histoire alarmante. L'homme, que nous appellerons Terry, avait un lourd passif d’agresseur d’enfants Il ne venait pas de Bristol mais, par hasard, il avait rencontré des pédophiles sur lesquels les détectives enquêtaient - à Amsterdam, où il a dit qu'ils s'étaient impliqués dans un groupe de pédophiles exilés britanniques qui avaient réussi à commercialiser leur obsession sexuelle: les pédophiles exilés faisaient le trafic de petits garçons venus d'autres pays, possédaient des bordels homosexuels légitimes et vendaient des petits garçons sur le marché noir, ils s'étaient diversifiés dans la production de pornographie juvénile et ils avaient tué certains des gosses. Terry a dit qu'il avait vu la plus grande partie de la [pire] vidéo lui-même et avait vomi avant qu'arriver à la fin …

 

Un homme a dit qu'il avait vu Warwick Spinks vendre une vidéo spéciale pour £ 4 000. Dans cette vidéo, un garçon dont il pensait qu’il était âgé seulement de huit ou neuf était sexuellement abusés et torturé par deux hommes. D’autres allégations étonnantes proviennent d'un homosexuel, "Frank", qui était allé à Amsterdam en juillet 1990 et s'est retrouvé pris dans cet ‘underground’ pédophile. En 1993, il a parlé aux mêmes agents à Scotland Yard.

 

"Frank a dit à la police que Warwick Spinks l'avait invité à venir en voyage aux Canaries, où il avait suggéré que Frank devrait l'aider à vendre des vidéos et lui a montré un échantillon. Frank a dit qu'il avait regardé avec une horreur croissante cette vidéo qui se concluait par un meurtre - Un garçon qui semblait n’avoir pas plus de 12 ans était battu puis lacéré avec des aiguilles, avant d'être castré et découpé au couteau de boucher…

 

"[Scotland Yard et son homologue hollandais] ont recruté un officier infiltré pour se faire passer pour un agresseur d'enfants et se mettre en rapport avec Warwick Spinks en Angleterre. Lors d'une série de réunions, Spinks a raconté comment il s’était procuré des garçons à Dresde, à Bratislava en République tchèque ainsi qu’en Pologne, où, selon lui, ils ne coûtent que 10 £. L'agent en civil a demandé à Spinks s'il pouvait lui faire une vidéo sado-masochiste mettant en vedette des garçons de 10 ans, et Spinks a répondu qu'il connaissait des gens à Amsterdam: ‘Je connais bien, ou plutôt: je connaissais bien certaines personnes qui ont participé à la fabrication de films de ’snuff ‘ et comment ils font. Ils font des éditions limitées à 10 copies, qu’ils vendent à 10 clients très riches en Amérique, qui payent 5000$ chacun’. Spinks n'en a pas divulgué plus sur les vidéos et n'a pas fourni de copie de celles-ci ... Sans plus de preuves, Scotland Yard ne pouvait pas justifier les frais pour garder un officier infiltré ou justifier de l’envoi d’agents supplémentaires à Amsterdam …

 

"A la recherche de leurs origines, je suis allé à Berlin, au Bahnhof Am Zoo, où les trains arrivent de toute l'Europe de l'Est, apportant les misérables à la recherche d'un rêve.

Un travailleur social spécialisé, Wolfgang Werner, m'a dit qu'il y avait quelque 700 garçons d’Europe de l'Est âgés de 11 à 17 ans, qui avaient fini dans l'industrie du sexe à Berlin, mais à sa connaissance, plusieurs centaines d'autres avaient été enlevés sur une sorte de chemin de fer souterrain qui s'avançait vers Zurich et Hambourg Et Francfort, et surtout Rotterdam et Amsterdam …

 

"À cette époque-là, [1992], Edelman et lui-même ont cessé le trafic, non pas tant à cause de l'arrestation de Goetjes, mais parce qu'on leur avait dit que certains de ces garçons étaient utilisés dans des films de « snuff » …

 

"A première vue, Terry aurait pu décrire la vidéo que Frank a vu, mais les détails sont différents: Frank a décrit une vidéo filmée dans une grange, Terry dit que dans celle qu’il a vu, le garçon a été tué dans un appartement. Il y avait aussi un deuxième garçon, qui était également maltraité et qui était encore vivant à la fin de la vidéo. Néanmoins, les similitudes sont frappantes: la nature spécifique de la violence est identique, et Terry nomme cet homme qui a effectivement commis le meurtre – c’est le même allemand dont la grange aurait été choisie comme studio de pornographie. Terry, Frank, Edward et Spinks se sont certainement mêlés à la colonie de pédophiles à Amsterdam en 1989/90 et tous les quatre affirment séparément qu'au moins un garçon a été tué. Sur la vidéo Spinks dit à l'officier infiltré qu'un garçon allemand a été tué, Frank dit que Spinks lui a une fois laissé entendre qu'un garçon allemand nommé Manny avait été assassiné, et nous avons la confirmation que nous avons obtenu en parlant aux garçons qui travaillaient à Spuistraat [il y avait deux clubs, tenus par les pédo-criminels Alan Williams et Spinks] qu’à un moment, un garçon de ce nom et de cette nationalité, alors âgé de 14 ans, a disparu. Terry, cependant, dit qu'il pense que la victime de la vidéo qu'il a vu était néerlandaise, nommé Marco et qu’il devait probablement avoir 16 ans …

 

"Les policiers d'Avon et de Somerset n'ont ni les fonds ni le pouvoir légal pour mener leur propre enquête aux Pays-Bas. Les détectives de Bristol ne peuvent pas aller plus loin. [72]

 

D'autres preuves de films de « snuff » ont fait surface plusieurs semaines avant que l'article ci-dessus ait été publié. En septembre 2000, les médias italiens ont raconté l'histoire d'un réseau russe de maltraitance infantile - situé à Murmansk et à Moscou - qui, outre de la pornographie infantile et du hardcore SM, a également tourné des films « snuff » pour les vendre au moins 4 000£ par vidéo. Les enfants ont été recrutés par des tactiques familières: ils ont été attirés loin de la rue ou des orphelinats avec des promesses vides, alors qu'un petit nombre a été enlevé. La plupart des clients, parmi lesquels des hommes d'affaires et des fonctionnaires, venaient d'Italie et d'Allemagne; D'autres venaient de France, de Grande-Bretagne, d'Amérique et du Japon. Plusieurs «grandes sociétés financières» étaient liées au réseau, mais les noms n'étaient pas donnés. [73] « The Observer » a déclaré:

 

"La police italienne a saisi la semaine dernière 3 000 vidéos de Kuznetsov sur le chemin de leur livraison à leurs clients en Italie, provoquant une chasse internationale pour les pédophiles qui ont acheté ses produits. Les enquêteurs italiens disent que le matériel comprend des images d'enfants assassinés après avoir été violés …

 

"Les vidéos russes, qui avaient été commandées sur Internet, ont été interceptées lorsqu'elles sont arrivées en Italie par courrier, remballées puis livrées par des policiers en civil. Elles coûtent entre 300 et 4000 livres sterling, selon le type de film commandé.

 

"Les films en caméra cahée de jeunes enfants nus ou déshabillés étaient connus sous le nom de vidéo "SNIPE". La catégorie la plus effroyable a été affublé du nom de code «Necros Pedo » dans lesquelles les enfants sont violés et torturés jusqu'à leur mort.

 

"Le journal de Naples, « Il Mattino », a publié une transcription d'un échange de courriers électroniques entre un client potentiel et les vendeurs russes:« Promettez-moi que vous ne m’arnaquerez pas », dit l'Italien, « Calme-toi, je te garantis que le gosse crève réellement à la fin… », répond le Russe, « La dernière fois que j'ai payé, je n'ai pas obtenu ce que je voulais. », continue l’italien. « Qu'est-ce que tu veux ? », poursuit le russe. «Je veux les voir mourir ». [74].

 

Un journal suédois commenta :

"Les images sont insupportables à voir pour les gens normaux, des vidéos de viols prolongés avec des enfants qui demandent à être épargnés, ils sont maltraités jusqu'à ce qu'ils s'évanouissent, puis ils sont assassinés devant les caméras ... Oui, il y a même des scènes d’autopsies réelles sur ces jeunes ... Dans le «catalogue des produits» des pédophiles figuraient des photos d'une fillette de 10 ans qui avait été tuée par pendaison, et une autre de cinq ans grimaçant de douleur alors qu'elle était violée. Dans une des vidéos, un adulte est tué par écrasement progressif. [75]

 

Andreï Minaev, l'un des trois principaux individus suspectés d'avoir créé un cercle pédo-criminel russe. Au moment où l'affaire a fait les manchettes des journeaux, ses deux partenaires avaient déjà été libérés de prison en raison d'un programme récemment lancé d'amnistie pour les détenus.

La photo est un extrait d'une des vidéos confisquées.

 

Même si ces nouvelles sont extrêmement importantes, il n'y a eu qu'une poignée d’articles dans les journaux au sujet de toute cette affaire. En Italie, certains des journalistes les plus passionnés ont été rapidement réduits au silence après avoir montré un certain nombre d'images d'abus dans un programme de télévision tard dans la nuit. [76] Contrairement aux médias américains, qui semblent avoir été complètement muets sur le sujet [77], plusieurs journaux britanniques ont brièvement écrit au sujet de l'affaire. Mais même en Italie, toute la question a disparu de l'œil du public en une ou deux semaines sans que des rapports de suivi aient été publiés depuis. Donc, comme d'habitude, ceux qui veulent des réponses ont de nombreuses questions: les centaines de suspects contre lesquels des preuves ont été trouvées ont-ils été poursuivis ? Qu'est-il arrivé aux milliers d'autres qui étaient encore visés par une enquête ? Ce réseau était-il lié à d'autres réseaux ? Qu'est-il arrivé aux vidéos ?

Les films de « snuff » peuvent-ils encore être considérés comme un mythe ?

Quant à la Belgique, outre les témoins de l'affaire Dutroux, d'autres ont affirmé que la maltraitance des enfants et les réseaux pédo-criminels produisant des films de « snuff » sont une réalité.

En juillet 1998, Marcel Vervloesem et son Groupe de travail Morkhoven (Werkgroep Morkhoven), un groupe privé de lutte contre la pornographie infantile, ont fait les manchettes internationales après avoir obtenu des milliers de photos provenant d'un réseau de pornographie sadique et juvénile sur Internet, en provenance d'un appartement à Zandvoort (Une ville près d'Amsterdam). [78] Ils ont également acquis une liste de clients et d'associés de ce réseau, qui s'est avéré inclure le précité Warwick Spinks. [79] Puisque les enfants qui sont apparus dans ces images sont venus du monde entier, les agences de police internationales étaient très intéressées et ont réussi à identifier plusieurs dizaines de victimes. Ce sont surtout les autorités néerlandaises et belges qui n'ont pas réussi à faire leur travail et quand on lit qu'il y a des liens avec le cercle pédo-criminel britannique à Amsterdam [80], des liens avec une personne qui a probablement procuré des enfants à des fonctionnaires de haut niveau [81] des liens avec un «contact» de la famille royale hollandaise [82], et une connexion vers l'une des filles nommées par X1 [83], les choses commencent soudain à prendre encore plus de sens.

Un autre fait négligé, c’est l'affirmation du groupe de travail Morkhoven selon laquelle ils étaient en possession d'un film de « snuff », qu'ils ont montré à Hubert Brouns, député et maire d'un comté belge; et Nelly Maes, ancienne députée belge, parlementaire européenne, sénatrice et aujourd'hui présidente du parti de l'Alliance libre européenne. Jan Boeykens, président du groupe de travail Morkhoven:

"Il y a plusieurs années, j'ai vu avec Hubert Brouns et Nelly Maes une cassette vidéo chez Marcel Vervloesem sur laquelle on pouvait voir comment un criminel habillé en médecin violait une fille de 4 ans qui pleurait constamment dans le cabinet du médecin alors qu'une jeune fille de 12 ans, une soi-disant infirmière, apportait les instruments nécessaires sur un plateau. [84]

 

Brouns et Maes, en compagnie de Marc Verwilghen, président de la commission Dutroux, avait rappelé au ministre belge de la Justice en novembre 1997 une partie des travaux du groupe Morkhoven, mais leurs recommandations n'ont pas été prises en compte.

Les chercheurs du groupe de travail Morkhoven ont été persécutés et intimidés sans relâche depuis qu'ils ont commencé leurs enquêtes en 1989. Vervloesem a été la cible principale du ministère de la Justice et des médias, mais c’est toujours mieux que l'une de ses collègues. Le 15 novembre 1998, une des enquêtrices (à temps partiel) du Morkhoven Workgroup, Gina Pardaens-Bernaer, est décédée en fracassant sa voiture contre un pilier de pont. Peu de personnes dans son entourage croyaient qu'il s'agissait d'un accident. Pardaens avait parlé à un certain nombre d'amis de la vidéo d'une orgie sexuelle dans laquelle une petite fille a été maltraitée et assassinée. Elle a pensé avoir reconnu un des participants dans cette vidéo comme étant un proche associé de Michel Nihoul. On dit également qu'elle avait mis la main sur des preuves incriminantes pour un réseau belgo-franco-suisse d'abus d'enfants, et avait envoyé ce qu'elle avait à la police suisse qui semblait très intéressée. Dans les semaines et les jours précédant sa mort, Pardaens avait été mise en garde à plusieurs reprises: elle avait reçu de nombreuses menaces de mort. Son fils avait été percuté en bicyclette par une voiture. Ses courriels et ses appels téléphoniques étaient interceptés. Des étrangers la suivaient dans les rues et en voiture. Pendant un voyage en train, elle avait été abordée par des hommes qui lui avaient intimé l’ordre de cesser ses enquêtes; Parfois ses appels téléphoniques, télécopieur et Internet étaient bloqués; Et elle avait été interrogée et intimidée au sujet de l’un des enfants qu'elle avait essayé de retrouver. [85]

Il n'a pas été inhabituel pour les personnes qui pouvaient témoigner contre l'innocence de Nihoul, ou pour prouver l'existence d'un réseau plus vaste autour de Dutroux en général, d'être intimidées ou tuées. Il y a eu au moins 20 à 25 décès suspects liés à l'affaire Dutroux [86], avec autant de tentatives d'intimidation signalées. À un moment donné, les décès s’accumulaient d’une manière si évidente que Jean Denis Lejeune, le père d'une des filles kidnappées par Dutroux, a fait remarquer:

"Comme si les gens mourraient par hasard, il n'y a pas d'explication pour leur mort. Par exemple, ils sont victimes d'un accident de la circulation mortel juste au moment où ils sont en chemin pour venir témoigner ou bien on retrouve leurs corps calcinés. Les responsables du système judiciaire, ça ne les empêche pas de dormir sur leurs deux oreilles, on dirait…. [87]

 

Mais, outre les membres du groupe de travail Morkhoven, il y avait un autre chercheur belge qui, dès le début des années 1990, donnait des informations détaillées sur les réseaux belges de maltraitance des enfants et sur la réalité des films de « snuff ». Son nom est Jean-Pierre Van Rossem, et apparemment, il s’était même arrangé pour apparaître dans l’un de ces films.

Sans doute, van Rossem est l'une des personnes les plus excentriques et les plus controversés de Belgique. Cependant, même s'il ressemble à un chef de culte dopé, ce n'est certainement pas son genre. Dans les années 1970, Van Rossem a développé un logiciel appelé Moneytron qui, apparemment, pouvait prédire avec précision les tendances du marché monétaire. Avec un rendement moyen des investissements de 18 à 25% dans les années 1980 et au début des années 1990, van Rossem a gagné une fortune de plusieurs centaines de millions de dollars et a attiré des hommes d'affaires du monde entier. À un certain moment, il a également compté la famille royale belge parmi ses clients. En 1991, van Rossem a été condamné à cinq ans de prison pour fraude financière massive (libérée après environ un tiers de la peine, ce qui est normal en Belgique). Il serait probablement resté beaucoup plus longtemps en prison si ses clients avaient témoigné contre lui. Toutefois, beaucoup de l'argent qui était remis à Van Rossem semblait être de l’argent sale.

Juste avant d'être condamné, Van Rossem était devenu actif dans la politique libertaire et avait gagné trois sièges au parlement. Au moment où il est allé en prison, il avait commencé à écrire des livres. Un de ces livres était 'Hoe kom ik van de ground?' («Comment puis-je décoller du sol ?»), publié en 1993, dans lequel il décrit ses expériences avec les services d'escorte, les maisons closes, les clubs SM et d'autres aspects de la culture sexuelle.

Même s'il était énormément riche et savait tout sur la finance, van Rossem était le plus souvent complètement évité par l'aristocratie belge. Outre son aspect inhabituel et son parcours simple, ses tendances anarchistes semblent en avoir été la principale cause. Van Rossem a fait de nombreuses déclarations, non seulement contre la famille royale belge et l'islam, mais plus récemment sur la clique financière en Occident qui maintient le tiers monde dans la misère, le 11 septembre et la grippe aviaire. [88]

Pour son livre 'Hoe kom ik van de ground?' Van Rossem a rassemblé un petit groupe de personnes qui sont allés dans toutes sortes de clubs libertins différent pour leur donner une cote. Bien que ce soit déjà une chose assez inhabituelle à faire, surtout pour une personne raisonnablement proéminente, cela n'était n’était toujours pas suffisant pour lui. Van Rossem a également tenté de déterrer la preuve de la maltraitance des enfants et des réseaux de films de « snuff » et il semble qu'il y ait réussi. Son récit de toute l'aventure se lit comme une version un peu plus hardcore du film de 1999, « 8 mm » avec Nicolas Cage.

À un certain moment, Van Rossem a emmené avec lui un client bien connu dans de nombreux sex shops différents en Belgique et juste de l'autre côté de la frontière aux Pays-Bas. Dans tous ces magasins, il a demandé au propriétaire du matériel «plus exclusif», ce qui implique évidemment qu’elle soit illégale. Aucun des sex shops d'Anvers et de Bruxelles ne pouvait ou ne voulait l'aider dans cette demande. Cependant, dans quelques magasins de Hulst et de Putte (deux petites villes situées à environ 60 km, la première juste de l'autre côté de la frontière aux Pays-Bas et la seconde en Belgique, Anvers est juste entre les deux) il fut en mesure de trouver des revues de pédophiles, des images et des vidéos. Une des choses que Van Rossem a appris, c'est que les pédophiles étaient actifs à la frontière néerlando-belge, enlevant des enfants, souvent pendant de brèves périodes, pour les abuser devant la caméra. Apparemment, les polices néerlandaise et belge dans ces régions ont de nombreux dossiers sur ce type d'abus, mais dans les rares cas où un agresseur est pris, ils sont généralement incapables de prouver que l'agresseur est en contact avec un réseau. Comme les chiffres sur les enfants disparus et tués sont trop inorganisés pour être très utiles, cela pourrait très bien être vrai. [89]

Après avoir acheté une partie des produits pédophiles, incluant la vidéo du viol douloureux d'un pauvre gosse, van Rossem est retourné dans un des sex-shops et a demandé du matériel encore plus hardcore, pour lequel il était disposé à payer le prix fort. Il a laissé entendre qu'il aimerait voir une jeune fille assassinée à huis clos. En une semaine, van Rossem a reçu ce qu'il avait commandé pour 5.000 euros, un prix tout à fait semblable à des rapports ultérieurs.

« La bande montrait une jeune fille qui était amenée dans une chambre vide par un homme avec un capuchon sur la tête. Elle a été menottée ... L'homme a découpé les vêtements avec un couteau. Elle était couverte de coupures et d’ecchymoses sur tout le corps. Il l’a frappé au visage d’un revers de la main, puis le même homme l’a jeté au sol avant de la sodomiser très brutalement, Quand il en a fini avec ça, il a projeté la jeune fille contre un mur et a commencé à la battre à coups de poings et de pieds sur tout le corps; Alors qu’elle était étendue sur le sol, il s’est tenu debout avec un pied sur tous ses membres et ensuite, des deux mains, lui a brisé les bras et les jambes. Puis, pendant un certain temps, il a lentement travaillé sur elle avec un couteau avant de finir par la poignarder 32 fois en tout, surtout dans la poitrine et l'abdomen. Enfin, il lui trancha la gorge très lentement et se remit à travailler avec son couteau sur le corps de la fille, des pieds à la tête, avec une grande attention aux détails sanglants. Il ne faisait aucun doute que la fille était déjà morte à ce moment-là.

Le film entier avait duré 57 minutes et n'avait pas été édité. " [90]

 

Van Rossem: expert informatique à temps partiel, expert financier, politicien et criminel en col blanc, mais anarchiste à plein temps. Il a parlé de «snuff» comme «sniff», un terme peu utilisé. Selon van Rossem, ce terme est dérivé de «renifler l'atmosphère réelle du sexe illégal» (p 125 de son livre). Apparemment, les millionnaires texans, les hommes d'affaires japonais en escale aux États-Unis et les cheikhs arabes sont devenus les clients les plus importants des films de « snuff » à caractère pédophile (p 125-126) ce qui fait réfèrence uniquement aux films où une personne est assassinée exactement dans le but de filmer l'événement pour la distribution. Ce que nous savons avec certitude, c'est que les Japonais, avec leurs hentai et «gore hentai», sont les principaux producteurs de certaines des formes les plus folles de «plaisir érotique»; Et que certains des princes et cheikhs du Moyen-Orient (souvent liés au renseignement occidental) trop religieux ont également des préférences sexuelles plutôt intéressantes. Le 23 avril 2003, The Scotsman, « Des Britanniques détenus au sujet d’un « réseau de prostitution royal »:« Selon le magazine populaire hebdomadaire VSD, le prince saoudien, qui n'a pas été nommé, a payé 1,9 millions pour trois mois d'attention.

Les prostituées de l'équipe venaient de Pologne, de Suisse, de République tchèque, des Etats-Unis, du Venezuela et du Brésil et se seraient rendus à Dubaï fin janvier pour être installés dans un palais royal. Le groupe incluait des top-modèles ainsi que des travestis et des prostitués masculins. Les membres du réseau ont été payés 27.600$ chacun, et ont reçu des cadeaux, y compris des montres et des bijoux... Les prostituées ont déclaré qu'elles étaient sous surveillance constante et avaient interdiction de passer des appels téléphoniques.

Ce n'est pas la seule accusation. Le réseau de prostitution de Fortunato Israël avait aussi des diplomates et des hommes d'affaires arabes parmi ses clients, tout comme les hommes du tristement célèbre Adnan Khashoggi. Bien que couvert par un prétendu pédophile, ce réseau était également lié à la maltraitance et au meurtre d'enfants par l'entremise de Maud Sarr et en particulier de la maîtresse d'Israël, Roger Boas (dont l'usine contenait une salle réservé au tournage de films de « snuff »). Kay Griggs, épouse du colonel George Griggs, a également mentionné certains princes saoudiens relativement à la maltraitance, à la perversion sexuelle et au chantage. Le témoignage de X2 a soulevé la question de savoir si les recherches de van Rossem n'ont pas été trop en profondeur pour son propre bien.

 

S’être procuré cette vidéo n'était toujours pas suffisant pour van Rossem. Tout en reçevant la vidéo du propriétaire du « Sex Shop », il avait demandé s'il pourrait être présent quand un tel film de « snuff » serait tourné. Le propriétaire du magasin de sexe avait appelé son fournisseur anonyme avec cette demande et a informa van Rossem que quelque chose pourrait être arrangé. Mais d'abord il a dû donner ses informations personnelles. Deux jours après avoir regardé la vidéo, van Rossem a été appelé par un représentant de l'organisation qui a fait ces films de « snuff », et a été invité dans un café à Breda (Pays-Bas) le soir même. Quand Van Rossem arriva, un homme bien habillé, âgé d'environ 30 ans, s'approcha de lui. Cette individu informa van Rossem qu'il devait l'emmener à une personne «qui pourrait l'aider». Van Rossem fut amené dans un autre café où un homme légèrement plus jeune, mais aussi bien habillé, l'attendait. Cette personne l'a informé qu'ils avaient regardé ses informations personnelles et financières et que c'était satisfaisant. En deux ou trois courtes conversations au cours des deux jours qui ont suivi, un accord a été trouvé dans lequel van Rossem serait emmené dans un endroit non divulgué où il pourrait violer et tuer une fille comme bon lui semblait. Cela lui coûterait 75 000 euros; 45 000 s'il ne voulait que regarder.

Bien sûr, van Rossem s’est rétracté au dernier moment, laissant les organisateurs de l'événement avec l'impression qu'il avait peur d'être dépouillé par eux. Van Rossem est allé à l'un de ses autres appartements en bord de mer pendant quelques mois pour se faire discret, mais avant cela, il avait déposé toutes ses preuves et des informations supplémentaires dans la boîte aux lettres de la Cour de cassation à Breda. Van Rossem a attendu et a attendu encore dans les semaines qui ont suivi, gardant l’espoir d'être contacté ou au moins de lire quelque chose dans le journal au sujet d'une enquête ouverte à ce sujet. Rien ne s'est passé et rien n'a été signalé.

Le magasin de sex-shop est resté ouvert et après un certain temps van Rossem a envoyé un de ses contacts pour demander encore une fois du "matériel spécial". Il s'est avéré qu'il y avait un nouveau propriétaire qui ne pouvait pas organiser tout cela. Après que le contact a expliqué qu'il avait été possible dans le passé d’obtenir ce «matériel spécial» à cet endroit, le nouveau propriétaire a expliqué que c'est ce qui avait causé des ennuis au précédent propriétaire. Apparemment, quelque chose s'est passé, mais ça n'a jamais fait la une des journaux. Ni la rubrique des faits divers…

Il est clair que van Rossem a fait des recherches aussi approfondies que possible sur le sujet, étant donné que lui-même a continuellement visité les « quartiers rouges » de chaque grande ville où il est allé. Il aimait les prostituées. Sans nier qu'il ait pu faire un excellent travail pour son livre, à la fin de 1996, X2 a demandé jusqu’où exactement van Rossem avait poussé ses recherches. PV 117.535, 19 novembre 1996, résumé du témoignage X2:

« Les fêtes avec des enfants en bas-âge à Eindhoven [grande ville néerlandaise près de la frontière belge] avec Delvoie, château du 18ème siècle. Départ en convoi de Knokke.

 Les voitures avec les plaques d'immatriculation allemandes ont suivi avec les petites filles Réception au château = Prix ??de 2 000 francs belges par personne [environ 50 euros] Il est nécessaire de venir avec une autre personne. Il faut enlever les vêtements. Un bikini peut être accepté. Piscine - sauna - banc solaire - buffet froid ]. Chambres sans portes aux thèmes [différents]. Chambre avec des miroirs et des caméras. Chambre avec plusieurs matelas. Chambre avec tables obstétricales - menottes - chaînes. Karel et X2 [y sont allées] 30-50 fois à ce château [apparemment une moyenne d'environ une fois par mois]. Les mêmes petites filles que celles de Cromwell. Clients du château: Patrick Denis... Jean-Pierre van Rossem... Baron de Bonvoisin...... Jean-Paul Dumont ... ami de Patrick Denis = Carine. .. Une autre Carine et Patricia qui travaillent au Palais de Justice à Bruxelles ... Benoit Hubert ... Claude Leroy ... [Paul] Bourlee (avocat à Nivelles) ... Les petites filles ont disparu quand elles avaient environ 15- 16 ans. Pour les orgies [ont été utilisés]: des petites filles de 12-13 ans. Au cours de l'été 88, une des plus anciennes [Eva] (15-16 ans) a été emmenée dans la salle sadomasochiste - elle n'a jamais été revue. Les petites filles buvaient de l'alcool et sortaient de ces fêtes complètement engourdies. »

 

Au moins dans le résumé, il n'est pas précisé qui des invités a ou n’a pas abusé les gamines qui étaient là. Il est possible que ce ne soit qu'une des nombreuses explorations sexuelles payantes de van Rossem et il est évident qu'une seule visite ne serait pas suffisante pour que quelqu'un se souvienne de lui. Mais encore, ce témoignage soulève quelques questions.

Néanmoins, de nombreux événements dans la vie de van Rossem, qui se caractérise par des situations bizarres et des déclarations controversées, soulèvent des questions. Dans certains cas, ses déclarations reflètent un égotisme énorme, mais il semble souvent donner la simple vérité, quelque chose qui n'est pas apprécié par tout le monde. Un exemple relatif à la traite mondiale d'enfants et de femmes (de nombreuses autres citations ont été reprises dans sa biographie dans l'annexe des accusés):

« Les Philippines sont la cible de pédophiles aimant les garçons, qui peuvent venir ici faire tout ce qu'ils veulent. Les garçons de neuf ou dix ans sont bruyamment offerts par les gérants de l'hôtel ou par les proxénètes dans les rues. Rio est également devenu un paradis pédophile où les garçons et les filles sont offerts gratuitement. À Bangkok, les amateurs de sexe brutal et de SM extrême ou de choses similaires peuvent trouver ce qu'ils recherchent ... Dans les clubs, il y a une piste d’exposition sur laquelle la sexualité avec des chiens, des serpents, des chèvres ou même des ânes, des poneys et des chevaux sst très normale, et où les filles sont livrées dans les chambres d'hôtel sur la base que "tout est permis" ... Les relations sexuelles violentes, où les filles ou les garçons sont blessés, mutilés ou tués, sont considérées comme normales dans ces endroits. l'URSS: la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie sont devenus des paradis sexuels en très peu de temps ... Budapest est devenue une immense zone de lumière rouge avec des centaines de bars, cabarets et bordels qui est devenu le plus grand plateau tournant du commerce de la femme en Europe. Dans les rues de Moscou ou de Saint-Pétersbourg, des milliers de filles héroïnomanes ou accro à la vodkas offrent leurs services ... De même chez nous, les bars, les cabarets et les bordels sont remplis de jeunes filles d'Europe de l'Est. »

 

Même si le public pense toujours que la maltraitance sadique envers les enfants est principalement un crime commis par quelques psychopathes non organisés comme Dutroux ou Fourniret, dans les cercles d'investigation professionnels, il est largement reconnu qu'il existe des réseaux de maltraitance systématique et sadique un peu partout en occident.

Commencez par éplucher les archives des journaux britanniques farçis de nombreux articles à propos de pédophiles échangeant des photos et des vidéos entre eux, parfois sur une très grande échelle. Les cadres supérieurs de Scotland Yard, Europol ou Interpol (Bjorn Eriksson) ont accepté l'existence de grands réseaux de pédophiles depuis longtemps. [92]

Les filles que X1 a vu être assassinées

[ Table des Matières ]

X1 a affirmé avoir été témoin de la torture et du meurtre de dizaines d'enfants, principalement dans la période 1976-1988. Elle a donné les prénoms d'environ 35 de ces enfants et a prétendu avoir oublié les noms d'une trentaine d’autres environ. [93] Les inspecteurs ont choisi certains des noms et des descriptions les plus intéressants donnés par X1 dans un effort pour établir sa crédibilité. En conséquence, les recherches sur quatre filles décédées ont été rouvertes: Veronique Dubrulle, Christine Van Hees, Carine Dellaert et Katrien de Cuyper. Même si les informations de X1 sur ces filles s'avéraient incroyablement exactes ou, dans d'autres cas, menaient à des listes complètes de coïncidences intéressantes, chaque enquête a finalement été fermée.

La vie et la mort de ces filles ont été décrites en détail dans le livre de 1999, les Dossiers-X et le documentaire « Zembla » de 2004. Ce n'est qu'occasionnellement qu'une note de bas de page sera utilisée. Dans la mesure du possible, chaque affirmation a été vérifiée via les PV.

Veronique Dubrulle, de Gent:

Après avoir correctement désigné une photo de Véronique Dubrulle, X1 précisait que cette fille était morte vers 1983. Selon X1, Véronique avait été torturée à mort avec un couteau lors d'une soirée où Michel Nihoul, Annie Bouty, son souteneur Tony , Emile Dellaert (le père d'une autre fille assassinée dans le réseau), un membre de la famille Bert et plusieurs autres étaient présents. [94] Le père de Véronique, Jacques, s'est avéré être l'administrateur de la société de cinéma Decatron NV, propriété de la famille Bert, et est devenu le président et le patron du Festival International du Film de Flandre à Gent.

Patriek De Baets et son équipe ont regardé le certificat de décès de Véronique et il s'est avéré qu'elle avait officiellement décédé d'une maladie chronique, apparemment le cancer. En tout cas, en raison de la nature de la maladie, les inspecteurs ne pouvaient pas comprendre pourquoi un neuropathe et un neurochirurgien avaient signé son certificat de décès. Ils retournèrent vers X1 et lui demandèrent si elle connaissait un de ces hommes. Selon X1, ces deux médecins - dont l'un d'entre eux était internationalement estimé à ce moment - étaient présents aux fêtes organisées par la famille Hanet d'UCO Textiles, dont le siège était à Gand. Elle avait été violée par l'un d'entre eux, l'autre était plus intéressé par les filles de 7 ou 8 ans. [95]

L'enquête sur la mort de Véronique a été fermée au début de 1997. L'un des principaux arguments était que De Baets et son équipe auraient dû faire identifier les deux médecins à partir de photos avant d’interroger X1 après (d'aucuns demanderont si on ne pouvait pas procéder dans ce sens également ?). Les enquêteurs n'ont jamais été autorisés à exhumer le corps de Véronique.

Il est intéressant de constater qu'à l'époque où l'enquête sur la mort de Véronique était close, l'existence des Dossiers-X a été mentionnée dans la presse pour la première fois. Les inspecteurs qui avaient été mis sur l'affaire Dubrulle ont découvert que Tony, l'ancien proxénète de X1, a téléphoné à Jacques Dubrulle trois fois juste après ces publications. Des recherches ultérieures par les auteurs du livre de 1999 «The X-Dossiers» indiquent que les deux hommes étaient de bons amis. Les parents de Véronique, très en vue à l'époque, n'ont jamais essayé de se défendre contre les accusations faites par X1 et rapportées dans la presse.

Selon X1, les deux médecins de Gent ne faisaient pas partie du cercle immédiat de son souteneur et ils n'étaient pas impliqués dans la chasse aux enfants.

Carine Dellaert, de Gent:

X1 avait parlé d'une fille nommée "Clo" depuis sa première entrevue le 20 septembre 1996. Selon X1, Clo avait 3 ans de plus qu’elle et a été assassiné quelque part «entre juin et décembre 1983». [96] Selon X1, à un point en 1983, elle avait été prise à l'école par Tony et emmenée dans une maison dans la région de Gand. Elle y trouva son amie Clo, allongée sur un lit. Clo essayait d’accoucher un bébé, mais pendant le processus, a été continuellement violé et torturé. En conséquence, elle avait perdu beaucoup de sang et finalement est morte. Le bébé a été emmené.

L'une des rares choses que X1 pouvait retenir de la vie de Clo, c’était la rue où se trouvait son école. Armés de cette information, les enquêteurs ont pu présenter à X1 les photos de classe 1981-1982 sur lesquelles elle a reconnu Carine Dellaert comme étant Clo. X1 indiquait aussi un certain «V.», dont elle disait: «ils l'ont tuée aussi». Les enquêteurs ont vérifié les informations de X1 et il s'est avéré que Carine Dellaert avait disparu le 30 août 1982, seulement pour être trouvée en état de décomposition avancé dans une fosse le 24 septembre 1985. Elle avait en effet 3 ans de plus que X1. L'autre fille X1 identifiée par son nom était également décédée en 1983. [97]

Lors de l'enquête sur la mort de Carine Dellaert, X1 a rappelé que Carine "Clo" Dellaert avait porté "un bracelet de cheville ... une chaînelette". Et en effet, le rapport d'autopsie de 1985 sur Carine Dellaert a mentionné que cette fille avait porté une chaîne de cheville. Ce même rapport mentionnait également que les restes d'une tente laminaire se trouvaient à la hauteur du bassin de Carine. Le seul objectif des tentes laminaires est d'ouvrir lentement le col de l'utérus pour le rendre plus facile et plus confortable en procédant à l'accouchement, soutenant encore le témoignage de X1 que Carine essayait de délivrer un bébé dans ses dernières heures. [98] En outre, peu de temps après la disparition de sa fille, la mère de Carine avait découvert que sa fille était en possession de vêtements de maternité. [99]

Au début de 1997, la BOB à Gand, dirigée par le procureur du roi Jean Soenen, a repris l'enquête sur le lien X1-Dellaert. Ils ont cessé toute coopération avec Neufchateau et ont commencé une campagne de manipulation et d'intimidation, ce qui a finalement conduit à la conclusion suivante par Soenen (lue en très mauvais néerlandais sur la télévision nationale):

«... les témoignages de Regina Louf, alias X1, ont été fermés de façon définitive. En conclusion générale, on peut affirmer que tous ses témoignages ont été totalement incroyables et le [inaudible] de pure fantaisie. Ces témoignages en relation avec la mort de Carine Dellaert sont complètement faux. Au cours de l'enquête, il s'est avéré clairement que la fille Clo, si cette personne existait, n’était absolument pas Carine Dellært. » [100]

 

Comme d'habitude, il y a un manque total de respect pour la victime et de nombreuses déclarations ont dû être ignorées et retirées du contexte avant que cette conclusion puisse être atteinte. En dehors de certaines des choses qui ont déjà été mentionnées, un exemple est le fait que la BOB de Gand a prétendu que la description de X1 de la villa dans laquelle le meurtre aurait eu lieu aurait été inexacte. L'équipe de De Baets n’est pas arrivée à ces conclusions là, les auteurs du livre 'Les Dossiers-X' ne sont pas arrivés à ces conclusions là, et enfin un tribunal de droit en a également conclu autrement. [101] Malheureusement, l'affaire était déjà morte et enterrée à ce moment-là.

Un autre détail important sur la maison souligné par X1 qui n'a jamais été étudié par la BOB de Gent, était que cette endroit avait été un bordel, « le Club International », où beaucoup de gens des classes supérieures étaient venus. Par coïncidence (?), les parents de X4 vivaient à côté. [102] Une personne nommée Gustaaf Derdijn a loué la villa depuis 1991 aux mêmes personnes qui possédaient la maison au début des années 1980. Au cours des années 1980, Derdijn était propriétaire du « Co-Cli-Co », un club de nuit où X1 prétendait avoir été abusée par les clients de son souteneur, Tony, avec Clo / Carine. Les enquêteurs ont constaté que le « Co-Cli-Co » était mentionné dans le journal de Tony. Ils ont également découvert que lorsque ce club de nuit a fait faillite en 1984, l'un de ses plus grands créanciers était « Le Cinéma Publicitaire », un point de vente de vidéos appartenant à Tony. Le plus gros créancier était l'entreprise « All-Meat », dans laquelle non seulement Derdijn était un partenaire, mais aussi le roi du porno néerlandais Gerard Cok. [103] Cok a été en partenariat avec "Fat" Charles Geerts depuis 1981-1982. Geerts est l'un des plus grands rois du porno au monde et même plus que Cok, et il est intimement lié à la mafia hollandaise (et internationale). Fait intéressant, Geerts a été accusé à plusieurs reprises de commerce de films pédophiles. [104]

D'autres exemples de preuves ignorées par la BOB de Gent sont les témoignages de Kristelle M. et Fanny V. (un pseudonyme). Fanny était la meilleure amie de Carine à l'école. Elle se rappelait que Carine lui parlait souvent d'abus sexuels commis par son père et ses amis, et comment Carine avait souvent pensé à s'enfuir de chez elle. [105] Kristelle M. était une camarade de classe de X1 qui était parmi celles qui ont confirmé la relation de X1 avec Tony, une personne qui l'a souvent attendue après l'école. X1 a apparemment dit à Kristelle à un moment donné qu'elle était enceinte de cet homme. Aussi, selon Kristelle, X1 sortait souvent avec une fille nommée "Christine, Carine, Caroline ou Claudine". [106] En 1998, à la suite de l'affaire X1-Dellaert, certains anciens camarades de classe de X1 ont apparemment confirmé que Carine avait effectivement été connue sous le nom de "Clo" par certains. [107] Ce serait une contradiction directe avec les allégations formulées par la BOB à Gand.

L'une des principales raisons citées par le procureur Jean Soenen pour sa décision de fermer l'affaire de X1-Dellaert était qu'elle refusait de coopérer lorsqu'elle était confrontée à Emile, le père de Carine. Malheureusement, Soenen et la presse ont généralement oublié de mentionner les circonstances de cette confrontation. Tout d'abord, X1 avait été confronté à Tony la veille, et même s'il a confirmé de vastes portions de son histoire, elle avait été complètement vidée par une autre confrontation intimidante dans laquelle toutes sortes de manipulations ont eu lieu. Deuxièmement, comme Fanny V., X1 avait déjà témoigné dès le premier jour que le père de Carine avait été le responsable de son entrée dans le réseau d'abus sadiques. Apparemment, ceci n'a pas non plus gêné les enquêteurs de Gand qu'Emile avait déjà été l’objet d’une enquête pour des accusations d'inceste en 1977, à côté de quoi des soupçons pesaient contre lui au sujet d’une liaison avec une fille mineure aux Pays-Bas en 1965. En raison des accusations d'inceste de sa femme et parce qu'il a attendu une semaine avant de rapporter sa fille disparue, Emile est devenu un suspect dans la disparition de sa propre fille. Au cours de l'enquête, la police a découvert qu'Emile avait tiré des photos "sensuelles" de sa fille, que des témoins du club de scoutisme de Carine pensaient que le père et la fille agissaient plus comme un couple amoureux, que Carine avait eu très peur des bois soudainement, et qu'on l'entendait souvent hurler dans les semaines avant sa disparition. [108] Tout ça n'a eu aucune espèce d'importance. Emile serait libéré, acquitté et plus tard soutenu par la plupart des journaux après que l'affaire X1-Dellaert eut éclaté.

Christine Van Hees, de la Région bruxelloise:

Christine Van Hees, 16 ans, a été retrouvée torturée à mort le 13 février 1984, après qu’une alerte-incendie se soit déclenchée dans une ancienne usine de champignons. Le meurtre avait été entouré de mystère dès le premier jour, et ceux qui ont largement contribué à cela (directement ou indirectement) comprenaient Jean-Claude Van Espen (associé et famille de Nihoul, jouerait un rôle crucial dans l'enquête sur les témoins-X, soutint la seconde révision des conclusions de l’enquête) Guy Collignon (enquêteur en chef pour le meurtre de Van Hees, apparemment accepta de couvrir le frère de Christine), Baudouin Dernicourt (plus tard un des principaux relecteurs des témoins-X), Didier de Quevy (avocat d'Alexis Alewaeters et bientôt Marc Dutroux) et Jean-Paul Dumont (avocat du CEPIC, accusé par différentes sources d'appartenance au réseau d'abus de Nihoul). Un groupe de punks a été impliqué, mais aucune preuve n'a pu être trouvée, seulement quelques fausses pistes.

Plus d'une décennie plus tard, le 25 octobre 1996, X1 a mentionné un certain nombre de filles aux assassinats desquelles elle avait assisté impuissante. Parmi ces noms, il y avait une "Christine". En raison des détails fournis par X1, De Baets et Hupez ont commencé à penser au "crime de la champignonnière".

Selon X1, Christine avait rencontré Nihoul en octobre 1983 et avait entamé une relation avec lui. Après un moment, Christine a commencé à comprendre que Nihoul était vraiment un sale type, mais avait peur de parler de lui à ses parents.

Elle craignait que Nihoul et ses amis ne lui fassent du mal à elle ou peut-être ses parents.

De plus, Nihoul avait persuadé Christine d'avoir des relations sexuelles avec X1 et de participer à des orgies. Elle avait peur que ses parents ne comprennent pas.

Contre tous les protocoles du réseau, X1 encouragea Christine à essayer de parler avec ses parents. X1 a brièvement mentionné sa conversation avec Christine à Mieke - une autre fille du réseau - qui a malheureusement eu tellement peur des représailles qu'elle a tout rapporté à Nihoul et Tony au sujet de la dissidence de X1. À la suite de cela, X1 et Christine ont été conduites à l'usine de champignons abandonnée où Christine a été assassinée.

Des documentaires complets peuvent être réalisés rien que sur l'aspect X1-Christine Van Hees des Dossiers-X. Pour garder les choses relativement concises, voici un résumé rapide des faits qui indiquent que X1 a dit la vérité sur Christine Van Hees et son meurtre. Ces faits ont été principalement discutés dans le journal « De Morgen », le livre de 1999 «The X-Dossiers» et les documentaires « Zembla X-Dossiers » de 2003.

· X1 avait déclaré que Dutroux, qu'elle décrivait comme un « outsider », était présent au meurtre de Christine. Des recherches ont montré qu'au début des années 1980, Marc Dutroux et Bernard Weinstein fréquenté la même patinoire que Christine Van Hees. Selon Michele Martin, Dutroux y allait seul depuis 1983 pour « séduire » plus facilement des filles. Juste avant sa mort, on sait que Christine avait un rendez-vous avec un certain « Marc » qui aurait bien pu être Marc Dutroux. Cependant, aucune recherche concluante n'a été effectuée. Qui plus est, Nathalie Geirnaert, une amie de Christine qui vivait dans la même rue qu’elle, a reconnu Marc Dutroux sur deux vieilles photos du début des années 1980 comme quelqu'un qu'elle avait vu en compagnie de Christine. Nathalie a expliqué que dans les jours précédant son kidnapping, Christine était devenu extrêmement effrayée de quelqu'un ou quelque chose. Quand elle quittait la maison de Nathalie, Christine demandait à Nathalie de la raccompagner chez elle ou lui demandait de rester sur le pas de la porte jusqu'à ce qu'elle soit rentrée saine et sauve. La veille du meurtre, Nathalie remarqua une voiture noire suspecte devant la maison de Christine de 23h30 à 13h00. Un homme était assis derrière le volant tout ce temps là. On n’a rien fait de ce témoignage de Nathalie.

· Selon X1, Christine avait rencontré Nihoul en octobre 1983 et avait commencé une relation avec lui. Les amis de Christine ont témoigné par la suite qu'elle avait commencé à agir différemment pour la première fois en octobre 1983. Christine allait aussi souvent aux bains d'Etterbeek. Un étage au-dessus de ces bains il y avait les studios de l'émission de radio de Michel Nihoul. Nihoul avait déjà été très actif à Etterbeek à travers « le Dolo ». Par coïncidence, au cours de l'enquête sur le meurtre de Christine, un tuyau anonyme parvint aux enquêteurs stipulant que « le Dolo » à Etterbeek était la clé pour résoudre le meurtre de Christine Van Hees. Aucune enquête n'a été menée. En fait, d'une certaine manière les enquêteurs dirigés par Van Espen, ont noté que l’indice mentionnait le café « Chez Dolores » au lieu du club « le Dolo ».

· À la fin de 1984, Fabienne Kirby, une amie de Christine Van Hees dans ses derniers mois, a donné un témoignage qui ne serait pas incompatible avec celui de X1, 12 ans plus tard. Selon Fabienne, Christine lui avait raconté comment elle avait fini dans un groupe dangereux de personnes impliquées dans des orgies sexuelles et apparemment sadiques. PV 7112, 20 février 1984, Fabienne Kirby (anonyme à l'époque) à la police judiciaire: «Nous nous sommes connus en octobre 1983. Au fil du temps, nos discussions sont devenues de plus en plus intimes. Christine m’a raconté des histoires tellement incroyables que j’en suis doucement venue à penser qu'elle inventait ces choses là. Elle m'a dit qu'elle avait appris à connaître un groupe de gens, elle les voyait régulièrement dans une maison abandonnée près de chez elle, elle les voyait régulièrement au mois d'octobre et novembre 1983. Ces gens étaient plus âgées que Christine ... Elle m'expliqua que les réunions se tenaient dans cette maison, à laquelle conduisait une route que personne ne connaissait. Il y avait d'autres filles dans le groupe. Parfois, me disait-elle, elle se rendait seule dans cette maison pour écrire son journal. Elle m'a dit que si jamais elle en parlait à ses parents ou à ses frères, ses soi-disant amis la tueraient et brûleraient la bâtisse avec elle. Elle a dit que dans le groupe l'amour libre était pratiqué ... Elle m'a dit que ce groupe l'attirait et l'effrayait en même temps. Au début de 1984, j'ai remarqué que Christine avait beaucoup changé. Elle avait perdu du poids, était plus pâle et en tout cas prenait moins soin d'elle-même. Elle a dit qu'elle voulait couper les ponts avec cette bande parce que des choses très mauvaises s'étaient passées. J'ai remarqué qu'elle avait des ecchymoses, et une brûlure de cigarette sur son bras. Elle a ensuite expliqué que ce qui avait commencé comme un jeu était devenu violent. Christine était entré en conflit avec une des autres filles dans cette bande. Elle était très attirée par un membre de ce groupe. Elle m'a dit qu'il était possible de se sentir sexuellement attiré par un homme, sans vraiment l'aimer. Elle a quitté l'école. Au sujet de ses amis elle a dit: 'Ce sont des porcs, mais je me sens bien avec eux.' Elle m'a dit qu’une fois que vous étiez entré dans ce milieu, vous n’en sortiez plus jamais. Cela ne servait à rien, disait-elle, d’en parler à quelqu'un d’autre, parce que personne ne croirait ce qu’elle aurait pu dire. ». Kirby a expliqué qu'elle avait subi un avortement au moment où elle connaissait Christine. Le père était un membre de la famille Derochette et le cousin du pédophile Patrick Derochette, un légiste du juge d'instruction Jean-Claude Van Espen, qui dirigeait l'enquête sur Christine Van Hees, marié dans la famille Derochette et lié à l'enlèvement et au meurtre de Loubna Benaissa. On sait qu'une femme nommée Nathalie Perignon a téléphoné à Fabienne lors de l'enquête Dutroux et témoins-X. Par ailleurs, Perignon était présente avec trois hommes dans une voiture noire en observation devant l'usine de champignons où Christine avait été assassinée la semaine précédente. Les quatre personnes de la voiture travaillaient à « Radio Activité » de Nihoul et connaissaient personnellement Nihoul.

· X1 avait les yeux bandés et les pieds nus quand elle, Christine et les agresseurs sont sortis de la voiture. Avant d'entrer dans le complexe, elle sentit beaucoup de gravier sous ses pieds. Il est exact qu'en 1984 il y avait du gravier partout.

· Le complexe dans lequel elle a été introduite sentait le moisi, comme si les lieux n?avaient pas été utilisé depuis longtemps. Cela semble probable, puisque l 'usine de champignons avait été abandonnée depuis 1972.

· La description générale faite par X1 de l'usine de champignons où Christine a été assassinée est exacte. L'ancien propriétaire et son fils pouvaient pas à pas se retrouver dans la description donnée par X1; Du moment auquel elles était sortie de la voiture jusqu’à l'endroit où Christine avait été assassiné. Le fils de l'ancien propriétaire de l'usine de champignons s’adressant à Zembla (TV néerlandaise), «De X-dossiers - Part I» (11 mars 2003): « Les portes. Nous avions des portes très spéciales, faites à la main. Des portes anciennes avec des ornements, qu'elle décrivait parfaitement. Elle savait tout cela. Elle dessina la cheminée et le salon et ça correspondait assez bien. La cheminée était ressemblante. Elle dessina la fenêtre en rosace. Une rosace est une rosace. Là, c’était la nôtre ... Ce qu'elle a dit de la champignonière était exact ... J'ai montré la description de X1 à un de mes frères ... Cette fille devait être là ... C’était pas possible autrement. – 1999, Marie-Jeanne Van Heeswyck, Annemie Bulte et Douglas De Coninck, «De X-Dossiers», p. 244-245: Le fils est responsable d'un remue-ménage quand on lui présente les textes [descriptions de la champignonière par X1 et celle d'un inspecteur présent sur la scène du crime, elles diffèrent]. « Cet officier de police n'était pas été là, votre témoin X1 l’était ... L'officier de police en question, Jacques Dekock, est convoqué ce soir-là et immédiatement confronté au fils. La confrontation ne dure pas longtemps. Il est vrai, admet-il, qu’il a été tellement consterné par le corps découvert ce soir-là qu'il n’a pas pris le temps de détailler les lieux. Le complexe a été démoli en 1989. On ne dispose d'aucune information sur l'aspect du bâtiment en 1984. C'était un tel dédale de maisons, de hangars, de passages, de halls et de sous-sols que quelqu’un qui voudrait mentir au sujet de cet endroit serait fatalement démasqué. Et c’est ce qui était le plus bizarre. Les inspecteurs ne pouvaient pas comprendre pourquoi X1 leur avait dit qu'elle était arrivée en voiture, était sortie, avait trébuché ... Le fils du propriétaire n'a eu aucun problème avec cela. Presque immédiatement, il pouvait dire exactement par où X1 est entré dans le bâtiment et comment elle a atteint le sous-sol. Qu'elle ait trébuché dans cette salle est logique, dit-il. Tout le monde trébuchait là. En reconstruisant deux maisons en une, une connexion avait été créée avec deux escaliers: le premier descendait, puis remontait.« En réalité, elle était dans la cuisine », déduit-il de la description du papier peint et des carreaux - ce qui est également parfaitement précis. Il a vécu là avec sa famille. « Il ya des choses que nous avons lu dans son témoignage qui nous rappelaient des détails que nous avions oubliés depuis longtemps, comme le motif sur les carreaux », dit-il plus tard. En effet, dans la cuisine il y avait une porte séparée pour aller au sous-sol. Et ces crochets de boucherie ? Encore un autre détail qui lui rappelle plus que des souvenirs. « Bien sûr, alors c’est qu’elle était dans la buanderie », dit le fils. Son oncle faisait des tartes à la viande et avait créé une sorte de cuisine industrielle dans le bâtiment adjacent. Avec un stylo à la main, le fils dessine la route que X1 doit avoir parcourue cette nuit-là. La table de bois robuste, le baril de pluie ... Oui, oui, son père l'avait laissé là quand ils avaient déménagé. C’est extraordinaire, aucune doute à ce sujet… »

· En 1984, un tampon avec du sang a été trouvé dans un bâtiment situé à 30 pieds du sous-sol dans lequel Christine avait été assassinée. Cela correspond au témoignage de X1 de 1996 selon lequel le sang dans le vagin de Christine avait été absorbé avec un tampon. Le type de sang correspondait à celui de Christine. Un test d'ADN était en cours en 1999, tout comme un test ADN sur un bout de cigarette qui avait été trouvé sur le site du meurtre. Cependant, Van Espen a clôturé l'enquête avant que les résultats soient disponibles. Des cahiers brûlés et une sacoche appartenant à Christine ont été trouvés dans le même bâtiment, réfutant les affirmations faites par les magistrats selon lesquelles ce bâtiment n'était pas accessible au moment du meurtre. En confondant la description de l'édifice et du sous-sol, ces magistrats avaient d'abord affirmé que la description de X1 du lieu du meurtre n'était pas correcte et que le tampon sanglant n'était pas pertinent. Cependant, ils ont été forcés par la suite de retirer cet argument car X1 avait toujours fait une distinction claire entre le bâtiment où l'abus et la torture ont commencé, et le sous-sol où Christine a finalement été assassinée.

· Dans la dernière chambre où X1 et Christine avaient été amenées, elle avait vu une corde et un jerrycan. Le rapport de police de l'époque déclarait qu'une corde et un jerrycan étaient bien présents dans la pièce où Christine avait été retrouvée.

· Selon X1, les bougies étaient la seule source de lumière dans le bâtiment. Une bougie figurait parmi les objets trouvés sur les lieux du meurtre.

· Le corps de Christine avait été retrouvé couché face contre terre, recourbé en arrière parce qu'un fil de métal avait été attaché à son cou, ses poignets et ses chevilles. X1 avait mentionné comment sa Christine avait été ligotée de la même manière et avec un filin de métal.

· Selon X1, Christine a été incendiée en étant allongée sur le sol. Le rapport d'autopsie de Christine Van Hees a montré que son corps avait été brûlé à un tel degré qu'il était initialement difficile de déterminer son sexe.

· X1 a décrit comment un des poignets de Christine a été pénétré par "une barre de métal ... un tube creux à l'intérieur ... 30 centimètres de long". Bien que les relecteurs aient essayé de nier l'existence d'une blessure au poignet gauche de Christine, le premier commissaire de police à décrire la scène a écrit dans son rapport officiel: «Un clou est planté au niveau du poignet gauche» et a indiqué qu'on l’avait certainement pris sur l’une des nombreuses étagères qui se trouvaient dans le bâtiment. En lisant le témoignage de X1, l'ancien propriétaire et sa famille ont aussi immédiatement pensé aux racks et estimé la longueur de ces tubes creux à «30 ou 40 centimètres». Les «clous» dans ces racks étaient en effet des tubes minces et creux, qui soutenaient les étagères avec des champignons en croissance. Les enquêteurs et les magistrats ont essayé de rendre l'histoire farfelue en affirmant que X1 avait parlé d'une « crucifixion » et spécifiquement d'un « clou ». Auparavant, ils avaient prétendu qu'aucun objet n'avait pénétré le poignet de Christine. Cependant, ils n’ont pas réussi à convaincre l'officier qui avait trouvé le corps de Christine de changer son rapport initial de 1984.

· Selon X1, Michel Vander Elst a été celui qui a planté ce tube de métal à travers le poignet de Christine avec un marteau. Un marteau a été retrouvé à l'endroit où Christine avait été assassinée.

· X1 a dir que la fille qui avait été assassinée était "Chrissie", nom complet Christine. Elle a donné ce nom et des détails sur le meurtre avant que De Baets et son équipe puissent l'associer au meurtre de Christine Van Hees. Incidemment, tous les autres détails correspondaient parfaitement à l'histoire de X1.

On se demande comment Jean-Claude Van Espen et ses collaborateurs ont pu conclure que X1 n'avait jamais pu assister au meurtre de Christine, mais c'est exactement ce qu'ils ont fait. Leurs arguments, qui peuvent être lus dans l'annexe «témoins-victimes», ont été totalement discrédités. Le dossier X1-Christine Van Hees ne devrait jamais avoir été fermé.

Katrien de Cuyper, de la région d'Anvers:

Katrien de Cuyper, 15 ans, a disparu dans la soirée du 17 décembre 1991 à Anvers, après avoir été vu passer un coup de téléphone au café les Routiers. Elle a été retrouvée morte 6 mois plus tard, le 22 juin 1992. L'autopsie a révélé qu'elle avait été assassinée peu de temps après son enlèvement. Les responsables n'ont jamais été pris.

Le 2 février 1997, X1 a reconnu Katrien de Cuyper sur une série d'images qu’on lui a montré. Elle a expliqué comment cette fille avait été emmenée dans un château et assassinée par un groupe d'individus dont Tony, Nihoul et Bouty. [109] Avant qu'elle ne soit tuée, X1 avait remarqué que Katrien semblait beaucoup plus mal à l’aise que des filles plus expérimentées. Elle pensait que cette fille avait été recrutée par Tony.

Après que X1 eut donné une description du château et de la route qu'elle avait parcourue, les enquêteurs ont pu trouver le domaine en question: le château Kattenhof à Gravenwezel, appartenant à la famille de Caters. [110] Il s'est avéré que cette famille disposait de plusieurs propriétés à Knokke dans les rues où X1 avait déjà signalé certains appartements où elle avait été maltraitée. [111] Le Baron Patrick de Caters, co-propriétaire du domaine de Caters, est membre du Cercle de Wallonië, avec Etienne Davignon, le Prince Philippe de Chimay, le comte Jean-Pierre de Launoit (vice-président Cercle de Lorraine) , Elio Di Rupo et Aldo Vastapane. Tous ces hommes ont été accusés d'avoir maltraité et violé des enfants à un moment donné, même si l'on doit affirmer que certaines des accusations sont plus fiables que d'autres. En outre, à côté du domaine de Caters, le château d'Axel Vervoordt peut être trouvé. Vervoordt est un collectionneur d'art célèbre, qui compte des stars internationales et des hommes d'affaires parmi sa clientèle. Lui aussi a été accusé de pédophilie. Mais nous y reviendrons plus tard.

La description que X1 donnait de Katrien n'était pas la plus convaincante du monde, bien que la longueur et la couleur de cheveux de la jeune fille qu'elle avait vue correspondaient à peu près à celles de Katrien de Cuyper. En tout cas, la conclusion des enquêteurs nommés sur ce sous-dossier spécifique que Katrien de Cuyper n'était pas la Katrien que X1 avait rencontré est définitivement une exagération. Cependant, l'aspect le plus révélateur de l'affaire X1-Katrien de Cuyper n'est pas la conclusion des chercheurs.

Durant la garde-à-vue de Tony Vandenbogaert, l’ancien proxénète de X1, il était devenu assez clair que cet individu était en contact continu avec un officier de gendarmerie à Anvers. Ils se téléphonaient régulièrement ou bien s’envoyaient un e-mail. Mais encore plus intéressant, après que ce fait fut reconnu, cet officier de gendarmerie en particulier a été nommé pour diriger l'enquête sur ce même Tony. De Baets et son équipe ont rappelé à leurs supérieurs qu'il s'agissait d'un conflit d'intérêts évident. Cependant, aucun changement n'a été apporté, et c’est cet officier de gendarmerie qui a rejeté la possibilité que la Katrien décrite par X1 ait pu être Katrien de Cuyper (pour l'assassinat dans lequel Tony a été impliqué par X1). [112]

Un autre fait intéressant à propos de l'affaire Katrien de Cuyper a été que, au milieu de 1999, lorsque la police néerlandaise a réuni un catalogue d'images trouvées dans la maison de Zandvoort chez le pédophile Gerrie Ulrich, il y avait une photo porno là-dedans d'une fille qui ressemblait vraiment beaucoup à Katrien de Cuyper. [113] Parmi les images et les documents trouvés chez Ulrich, il y avait des formulaires de commande pour faire des demandes spécifiques de pornographie juvénile. Une enquête a montré qu'Olrich a régulièrement fait don d'importantes sommes d'argent à une boîte postale située au-dessus du café d'Anvers (« les Chauffeurs-Routiers ») où Katrien De Cuyper avait été vu en train de passer un coup de fil. Deux firmes hollandaises de pornographie étaient situées à cette adresse: Studio De Pauw et X-Kiss. [114] Qu'il s'agisse ou non de Katrien de Cuyper sur les photos qui ont été trouvées dans la maison d'Ulrich, en 2004, le bureau du procureur de district à Anvers a fermé l'affaire en déclarant que la photo dans la maison d'Ulrich était un garçon, après avoir montré une autre image photoshopée de "Katrien" avec le corps d’un garçon. [115] Maintenant sérieusement, est-ce que la fille dans l'image centrale ressemble, même de loin, à un garçon ?

L'affaire Katrien de Cuyper ne semble peut-être pas aussi puissante que les trois précédentes, mais elle reste certainement intéressante. Et dans ce cas également, il y a des preuves qu’on a tenté d’étouffer cette affaire.

Qui a soutenu les déclarations de X1 ?

[ Table des Matières ]

Comme déjà mentionné, en 1998, le procureur du roi Jean Soenen a déclaré ce qui suit à la télévision nationale belge:

«... les témoignages de Regina Louf, alias X1, ont été définitivement classés. En conclusion générale, on peut affirmer que tous ses témoignages ont été totalement incroyables et le [inaudible] du pur fantasme. [116]

Depuis lors, ce point de vue fait consensus sur X1. Pourtant, c'est un mensonge. Même en ne prêtant attention qu’aux conclusions officielles des cas Veronique Dubrulle, Carine Dellaert, Christine Van Hees et Katrien de Cuyper, il faut non seulement reconnaître que c'est un fait établi que Tony Vandenbogaert a eu des rapports sexuels avec X1 depuis qu’elle avait 12 ans, mais aussi que ses parents ont approuvé cette relation. Selon la Cour de justice de Gent de Soenen, en 1998:

« Il a été établi que Regina, entre ses douzième et seizième années, avait une relation sexuelle avec un homme beaucoup plus âgé, nommé Antoine V ... Sa mère était au courant, a permis cette relation et l’a même encouragé. Sa mère ressentait un amour platonique pour ce même V. »

 

Telle était la conclusion inéluctable de l'information fournie par X1, suivie de confrontations avec ses parents et Tony. Cependant, tout les trois ont été forcés d'admettre en partie la véracité des déclarations de X1 et ils ont dû se trouver une excuse. Cette excuse était la suivante : X1 - en tant que jeune fille de 12 ans - avait pris l'initiative réelle pour la relation et avait exercé des pressions sur ses parents en donnant à Tony une clef de la maison. Aussi lâche que puisse paraître cette excuse, Soenen et la Cour de Justice de Gand étaient plus qu'heureux de l’incorporer dans leurs conclusions finales comme un fait incontestable : « Regina avait cette relation AVEC son consentement et non CONTRE sa volonté. L'aide de Soenen, le magistrat-suppléant Nicole De Rouck, répéta ce « fait » à la télévision nationale et ajouta que ces événements étaient arrivés il y avait trop longtemps pour que Tony soit encore poursuivi.

Néanmoins les déclarations de X1 au sujet de son enfance à Gent et Knokke ont été confirmées par de nombreux témoins. Voici une liste:

Tony:

A admis qu'il avait eu des relations sexuelles avec X1 depuis l'âge de 12 ans (ignorant les témoignages qu'il avait déjà violé X1 chez sa grand-mère presque une décennie auparavant) et qu'on lui avait donné une clef de la maison pour y entrer chaque fois qu'il le voulait. [117]

La mère de X1:

En plus de « reconnaître » que sa fille de 12 ou 13 ans l'avait forcée à donner à Tony une clef de la maison, elle a confirmé que sa fille avait en effet une relation sexuelle avec Tony. [118]

Le père de X1:

A admis que Tony est venu à la maison beaucoup plus qu'il ne l’avait déclaré. A aussi admis que Tony allait chercher Regina à l'école et qu'il l’emmenait dans des « endroits ». [119]

Marleen van Herreweghe:

Camarade de classe de laquelle X1 a déclaré qu’elle avait dû voir certains des abus à Knokke et Gent. Marleen n'a pas confirmé les abus perpétrés à Knokke, mais a déclaré qu’ « il y avait des relationss sexuelles entre X1, Tony, la mère de X1 et la femme de ménage. » [120]

Carine Verniers:

Femme de ménage de la mère de X1 dans les années 1980 qui apparemment ne faisait pas un très bon travail, puisque la maison de X1 a généralement été décrite comme sale et désordonnée. Enceinte pour la première fois quand elle avait 18 ans et a fini avec 4 enfants de 3 hommes différents. Elle était en thérapie pendant un certain temps.

Sans savoir qu'une caméra enregistrait sa confrontation avec X1, Verniers a confirmé accidentellement pendant une pause que Tony, la mère et X1 avaient tous des relations sexuelles les uns avec les autres. Elle a également déclaré qu'elle ne croyait pas que X1 était une menteuse. Après que X1 l’ait incité un peu, Verniers a également confirmé qu'elle a soudainement quitté la maison après s’être aperçue que son enfant de 18 mois avait été maltraité. Lorsque les enquêteurs ont tenté d'interviewer la fille qui avait alors 16 ans, les affrontements ont fini en crises de panique et en déni. Aucune enquête de suivi n'a été effectuée.

En mars 1997, les enquêteurs ont découvert que Verniers avait eu beaucoup de conversations téléphoniques avec Marleen van Herreweghe. Un jour, Verniers a reçu 38 appels téléphoniques de connaissances qui ont également contacté Marleen le même jour. Les enquêteurs ont soupçonné qu'un effort avait été fait par les deux femmes pour obtenir des versions concordantes. [121]

"Odette" (pseudonyme):

"Odette" était une maîtresse de Tony V. dans les années 1980. Elle a confirmé que Tony fréquentait souvent la mère de X1 et qu'elle supposait que Tony avait une liaison avec elle. Odette: « Moi-même, j'avais un appétit sexuel constant et comme Tony il n'y avait personne de mieux au lit ... Il essayait de tout savoir sur vous ... Il aimait donner aux gens le sentiment qu'il pouvait les faire chanter .. Je ne sais pas quoi penser de toute l'affaire X1 et j'ai du mal à croire que Tony ait eu quelque chose à voir avec ces meurtres d'enfants ... Mais quand je lis le livre de X1, je ne peux nier que tout ce qu'elle a écrit à propos de Tony est précis, jusqu'aux moindres détails. C'était un choc pour moi. » [122]

X2:

Au moins deux des emplacements de Knokke où X2 prétend avoir été maltraité ont également été signalés par X1. Une autre rue désignée par X2 faisait face à l'hôtel de la grand-mère de X1. [123] En outre, certains des agresseurs mentionnés par X2 se sont avérés être les mêmes que ceux mentionnés par X1, comme Vanden Boeynants, le Baron de Bonvoisin et les frères Lippens. Il semble y avoir une certaine confusion quant à savoir si X1 a reconnu X2 sur une photo. [124]

X3:

A mentionné Vanden Boeynants, un agresseur qui a également été signalé par X1 et X2.

X4:

Les parents de X4 vivaient à côté de l'un des endroits où X1 disait qu'elle et Carine Dellaert avaient été maltraitées. [125] X4 a correctement identifié à la fois Chantal S. et Nathalie C., jeunes amies de X1, victimes du réseau pédo-criminel. [126] À son tour, Nathalie W. a identifié par leurs noms la mère et une soeur de X4. [127]

X7 (Nathalie C.):

A confirmé qu'elle était la meilleure amie de X1 entre l'âge de 10 et 14 ans, qu'elle savait au sujet de la relation sexuelle de X1 avec Tony (X1 lui a dit depuis l'âge de 12 ans) et certains abus commis contre elle, qu'elle était aussi au courant de la relation sexuelle entre Tony et la mère de X1, qu'elle avait visité la maison de la grand-mère de X1 et qu'on lui avait interdit de visiter le premier étage. [128]

Nathalie W.:

X1 a identifié Nathalie W. comme une victime du réseau [129] et l'a apparemment rencontré au sex-club « Les Atrebates » au début des années 1980. [130] X1 a également reconnu son père. [131] Nathalie W., d'autre part, a correctement identifié le proxénète de X1 comme « Anthony » et comme un ami de Nihoul (qu'elle connaissait aussi). [132] Apparemment, X1 et Nathalie W. ont désigné indépendamment Nihoul comme "Mich". [133] De plus, X4 a identifié Nathalie W. alors que Nathalie W. a identifié la mère et une soeur de X4 par leurs noms.

Chantal S .:

A confirmé les abus perpétrés sur X1 à l'hôtel-villa de sa grand-mère à Knokke. Elle se souvient d'un seul nom, «Monsieur», qui s'est avéré correct, à en juger par le témoignage de X1. Comme X7, Chantal a donné beaucoup de détails qui pourraient être retrouvés dans les témoignages d'autres, par exemple qu'on lui a interdit de pleurer pendant qu’on abusait d’elle ou qu'on lui interdisait d’aller au premier étage. [134] X4 a reconnu Chantal S. comme une victime du réseau.

Anja D .:

Camarade de classe de X1 au début des années 1980. Connaissait la relation sexuelle avec Tony et savait qu'il l’emmenait dans certains « endroits ». [135]

Kristelle M .:

Camarade de classe de X1 au début des années 1980. A confirmé la relation de X1 avec Tony et que X1 avait été enceinte de cet homme. A indiqué que X1 connaissait Carine Dellaert. [136]

"Fanny V." (pseudonyme):

Camarade de classe de Carine Dellaert. A confirmé les déclarations de X1 à-propos de Carine Dellaert et a déclaré que X1 avait la même attitude introvertie que Carine. [137]

Parents de camarades de classe:

En 1979, X1 a mentionné à un camarade de classe les abus sadiques qu’elle subissait à l'hôtel-villa de sa grand-mère. Cette fille se confia à ses parents et X1 a été invité afin de raconter son histoire plus en détails. Sachant que X1 ne pourrait jamais connaître tous ces détails sans les avoir directement expérimentés, les parents ont informé le directrice de l'école. X1 fut convoqué chez la directrice, une religieuse, pour répéter l'histoire et lui montrer les contusions qu’elle avait au cou. La nonne dit à X1 qu'elle était « une affabulatrice » et a appelé sa grand-mère. En plus d'être lourdement punie, X1 a été renvoyée à ses parents à Gand dans le but d’arrêter les rumeurs qui circulaient dans du voisinage. Lorsque X1 a quitté l'école, les parents de la camarade de classe de X1 ont supposé qu'elle avait été intégrée dans un programme de protection de l'enfance. Cependant, plus de 10 ans plus tard, ils ont découvert que cela n'avait pas été le cas. Ni la fille, ni ses parents n'ont été invités à témoigner au sujet de X1. [138]

Mieke:

Fille du réseau qui est allée vivre avec X1 et son mari en 1998. Elle n'a jamais été invitée à témoigner, mais apparemment pouvait confirmer de nombreux aspects de l'histoire de X1. Elle ne doit pas être confondue avec Marie-Thérèse "Mieke" du témoignage de X1 sur Christine Van Hees. [139]

Démantèlement de l'enquête

[ Table des Matières ]

L'enquête initiale sur Dutroux et Nihoul était dirigée par Michel Bourlet, le procureur du roi dans le district de Neufchateau, et le juge d'instruction Jean-Marc Connerotte. Ces deux hommes avaient déjà un certain statut de martyrs, car plusieurs années avant l'affaire Dutroux on leur avait retiré l'enquête sur l'assassinat du dirigeant socialiste Andre Cools, apparemment juste avant de pouvoir résoudre l'affaire. Puis, en 1996, quand ils ont finalement trouvé deux filles portées disparues - vivantes - ils sont devenus des héros nationaux du jour au lendemain.

C'est Connerotte qui mit l'officier de la BOB Patriek De Baets et son équipe sur l’affaire X1 au début septembre 1996. Dans cette enquête, De Baets travaillait directement pour Connerotte et rester relativement autonome par rapport à ses supérieurs de la BOB et la gendarmerie.

Jean-Marc Connerotte, a été viré de l'enquête avant qu'elle n'ait jamais vraiment pu décoller.

Le premier revirement majeur dans l'enquête a eu lieu le 14 octobre 1996. L’affaire fut retirée à Connerotte, la raison en étant qu'il avait assisté à une collecte de fonds pour les parents d'enfants disparus. Le problème ici était que Sabine et Laetitia, les filles qu'il avait personnellement sauvé du donjon de Dutroux, étaient présentes à cette réunion comme invitées d'honneur. Les avocats de Dutroux et de Nihoul une fois mis au courant de cette visite ont entamé une procédure efficace pour faire retirer l’affaire à Connerotte en faisant valoir que le juge d'instruction avait démontré

par cette visite qu'il ne menait pas son enquête de manière suffisamment objective.

Bien que beaucoup se demandent comment Connerotte a pu se montrer si négligent, surtout dans une affaire si sensible, il y a un certain nombre de circonstances atténuantes. Par exemple, Connerotte, qui était en congé et qui s’était marié plus tôt ce jour-là, s'est assuré de payer pour le repas qu'on lui a servi, s'est assuré de ne pas rencontrer les filles ou leurs parents, refusant d'accepter les fleurs ainsi que le stylo-plume que Laetitia et Sabine voulaient lui offrir [140] En outre, Connerotte est resté une heure à peine, mais avec cette visite, lui et Bourlet (qui était venu lui aussi) faisaient un effort pour changer l’opinion généralement admise que le ministère de la Justice se moquait totalement des parents d'enfants disparus ou des victimes de maltraitance .

Tous ces faits n'ont rien changé et Connerotte a été remplacé par un juge d'instruction inexpérimenté Jacques Langlois. Comme les rumeurs d'une dissimulation avaient déjà commencé à se répandre, cette décision a déclenché des manifestations massives partout dans le pays. À Bruxelles seulement, plus de 300 000 personnes se sont rendues dans les rues pour protester (la fameuse Marche Blanche), en vain.

En tant que procureur du roi, Bourlet n'a pas été forcé de démissionner. Toutefois, le juge d'instruction effectue la majorité des enquêtes approfondies. Par conséquent, les mains de Bourlet étaient en grande partie liées quand Langlois est entré et a immédiatement décidé qu'il ne voulait plus entendre quoi que ce soit sur les réseaux de pédo-criminels. Langlois est devenu l'un des responsables du démantèlement de toute l'enquête Dutroux en ignorant d'innombrables pistes et en envoyant ses enquêteurs sur toutes sortes de fausses pistes.

Un deuxième changement majeur s'est produit au début de décembre 1996. Jusqu'à ce point, comme nous l'avons déjà dit, les agents de la BOB travaillant avec les différents témoins X avançaient indépendamment de la hiérarchie de la BOB et de la gendarmerie. Ils avaient un rôle de soutien dans l'enquête Dutroux et répondaient directement à Bourlet et Connerotte, et plus tard à Langlois qui était beaucoup moins intéressé. Cependant, le 1er décembre, tous les inspecteurs travaillant sur les sous-dossiers de l'affaire Dutroux, y compris les Dossiers-X, ont été rassemblés dans un grand bâtiment sécurisé situé juste à l'extérieur de Bruxelles. Le commandant de gendarmerie Jean-Luc Duterme a été nommé chef de cette cellule d'enquête et a pu fortement influencer les enquêtes en cours.

Michel Bourlet, procureur du roi à Neufchâteau depuis 1984. A toujours été du côté de Connerotte, De Baets et X1, même si ses mains étaient liées. Pour l’anecdote, le baron de Bonvoisin, l'un des suspects les plus notoires dans les Dossiers-X, avait organisé une réunion dans son château avec quelques enquêteurs de l’affaire Dutroux, au cours de laquelle il a téléphona à Bourlet et essaya de prendre rendez-vous. Bourlet feignit d'accepter une réunion pour le lendemain, mais ne se présenta jamais.

L'histoire d'Abrasax est moins compliquée. Le rapport de presse bien connu ci-dessous, publié le 29 décembre 1996 par le « Sunday Times », est l'un des meilleurs exemples où certaines des informations les plus précises (quoique difficiles à croire) semblent avoir été stratégiquement mêlées avec un élément central qui vise à la désinformation.

Avec Langlois et Duterme en place, l'enquête globale sur Dutroux a commencé à prendre un tournant dramatique vers le pire. En contraste total avec Connerotte et Bourlet, Langlois n'a pas communiqué directement avec les officiers en charge des interrogatoires des différents témoins X, mais s’est appuyé sur le commandant Duterme à la place. [141] Pendant que Duterme, secrètement et sans en avoir l'autorité appropriée, a commencé à "relire" les témoignages des X-témoins, Langlois s’est immergé dans les pistes que Connerotte et Bourlet avaient dès le premier jour soupçonné qu’elles étaient de la désinformation. [142] Les principaux exemples en sont :

· Les fouilles de Jumet, qui découlent des mensonges du pédophile condamné Jean-Paul Ræmækers;

· L'affaire Oliver Trusgnach de novembre 1996 dans laquelle les politiciens de haut niveau Elio Di Rupo et Jean-Pierre Grafe ont été impliqués comme pédophiles;

· La sensationnelle recherche du culte Gnostique-Luciférien (Abrasax) du 12 décembre 1996.

 

Les fouilles de Jumet et le cas d'Oliver Trusgnach étaient des schémas de désinformation compliqués, en fin de compte destinés à fournir aux "sceptiques" des exemples que les enquêteurs de Neufchateau pouvaient facilement être dupés par des enfants abusés et fantaisistes qui inventent des histoires. De fait, d'une manière véritablement machiavélique, De Baets et son équipe ont été forcés, sans rien savoir de l'affaire, à jouer un rôle primordial dans l'affaire Trusgnach la veille du jour où toutes les accusations (bientôt discréditées) seraient publiées dans la presse. Le commissaire de police Georges Marnette a joué un rôle central dans ces deux programmes de désinformation, que vous pouvez lire en détail dans l'annexe de l'accusé. Pourquoi là-bas ? Parce que X2 et Nathalie W. ont identifié Marnette comme un agresseur dans le réseau. [143]

Photo du siège social d'Abrasax dans la petite maison étouffante de Francis "Anubis-Moloch" Desmedt et Dominique "Nahema-Nephthys" Kindermans où peut-être 20 personnes pourraient être impliquées dans un rituel en même temps. Le culte profondément négatif d'Abrasax consistait en quatre instituts: l'église belge de Satan, le centre de Wicca, l'ordre pour l'initiation Luciférien et l'église Gnostique. La psychothérapie était également pratiquée ici.

Gardez à l'esprit ce qui suit: comme Jumet n'a pas réfuté l'existence d'un réseau autour de Nihoul et l'affaire Trusgnach n'a pas réfuté l'implication de personnages très haut-placés dans les réseaux pédo-criminels, de même la stratégie de désinformation à l’œuvre avec Abrasax ne prouve pas que le satanisme (de haut niveau) n’existe pas. Il est important de noter qu'il existe des rapports innombrables et très semblables de cultistes ou de pratiques sataniques en combinaison avec les violences perpétrées sur des enfants. En consultant les archives des journaux américains et britanniques depuis la fin des années 1970, des milliers de rapports (principalement superficiels) sont publiés sur les abus rituels et le satanisme. Dans les Dossiers-X il apparaît également une bonne dose de rapports sur le satanisme et les abus rituels, ce qui n'est pas nécessairement la même chose. Vous pouvez lire ces rapports dans l'annexe «victimes et témoins». Plus d'informations sur cet aspect dans la partie intitulée « La connexion américaine ».

« Des sectes sataniques impliquées dans des rites bizarres, y compris les sacrifices humains, sont liées par la police belge avec la série de meurtres pédo-criminels effroyables au cours desquels au moins quatre enfants sont morts.

 

Cinq témoins se sont présentés la semaine dernière et ont décrit comment des messes noires ont été tenues, au cours desquelles des enfants ont été tués devant un public incluant des membres éminents de la société belge. Un enquêteur a déclaré que c’était "comme revenir au Moyen Age".

 

Les tentacules des sectes semblent s'étendre au-delà des frontières de la Belgique jusqu'à la Hollande, l'Allemagne et même l'Amérique. Les témoins - dont plusieurs prétendent avoir reçu des menaces de mort - disent que les jeunes bébés ont été remis volontairement par leurs parents en échange d'argent. Dans d'autres cas, les victimes ont été enlevées. [ISGP note: L'aspect de l'inceste devrait certainement avoir été décrit ici. Les «enlèvements» devraient également avoir été expliqués plus en détail]

 

Les témoins, qui auraient désigné les sites où les messes ont eu lieu à la police, ont déclaré que les organisateurs avaient également photographié des participants et menacé de remettre leurs photos s'ils allaient à la police.

 

L'enquête porte sur Abrasax [élément central de désinformation], un institut de magie noire, dont le siège se trouve dans le village de Forchies-la-Marche, dans le sud de la Belgique, qui a été perquisitionné par la police la semaine dernière. Des crânes humains faisaient partie des objets saisis dans le bâtiment dégradé.

 

... La police soupçonnait depuis longtemps que Dutroux, un pédophile condamné, faisait partie d'un réseau international qui avait enlevé des enfants, les avait abusés sexuellement puis les avait tués. Leurs activités semblent avoir été financées par la vente de vidéos pornographiques filmées par des membres du réseau.

 

... Les enquêteurs cherchent toujours à déterminer la nature précise des liens entre les satanistes et les groupes de pédophiles.

 

Un journal belge a affirmé hier qu'un ancien commissaire européen faisait partie d'un groupe de juges, de hauts responsables politiques, d'avocats et de policiers qui ont assisté à des orgies tenues dans un château belge et organisées par Michel Nihoul, l'un des complices présumés de Dutroux. « La Dernière Heure », qui prétendait avoir une liste d'invités, n'a pas nommément désigné le commissaire mais a dit qu'il "est venu avec une fille, Josette, surnommée Jojo, la Bombe".

 

Tout ce qui est mentionné dans cet article est exact, ce qui signifie que c'est ce qu’un certain nombre de témoins anonymes (au yeux du public) rapportaient à Neufchâteau à ce moment-là. Bien que tous ne parlaient pas de satanisme, au moins la moitié d'entre eux l’avaient fait. Mais outre la focalisation exagérée sur le satanisme, la désinformation ici est que tout cet aspect satanique ou sectaire de l'enquête s'est centré autour du culte d'Abrasax. Les Dossiers-X n'avaient absolument rien à voir avec Abrasax et bien qu'il puisse y avoir des preuves circonstancielles dans la connexion Dutroux / Weinstein contre le culte pour justifier une fouille de la maison un jour [144], il n'y avait aucune bonne raison pour que, avec toutes les autres pistes prometteuses qui existaient, cette très délicate et questionnable piste en particulier soit choisie pour une perquisition prématurée. Sauf, évidemment, si l'objectif était de discréditer toute l'enquête, ce que Connerotte et son enquêteur en chef De Baets ont publiquement dénoncé. L'idée de base était de discréditer toute revendication future en lien avec le satanisme et les abus extrêmes en évoquant l'affaire Abrasax (qui sera bientôt complètement discréditée). Ce motif est également évident quand on apprend que Duterme, avec le consentement de Langlois, a abandonné toutes les 43 perquisitions recommandées par De Baets et Bourlet. Leur liste était basée sur les informations les plus prometteuses fournies par les témoins X, qui incluaient en effet « un ancien commissaire européen ... des juges, des hauts responsables politiques, des avocats et des policiers ». [146]

Au moment où l'histoire d'Abrasax a été relayée par la presse, il était clair que Duterme était en ville. Il avait rassemblé autour de lui un petit groupe de « debunkers » retors, les plus éminents étant Eddy Verhaeghen, Baudouin Dernicourt et Philippe Pourbaix. Lorsque le principal officier en charge des auditions pour Nathalie W. a subi un accident vasculaire cérébral à la fin de janvier 1997, Duterme a remplacé cette personne et son partenaire par Dernicourt et Pourbaix. Nathalie avait fait confiance à ses premiers auditionneurs et bien que le témoignage était un énorme défi mental pour elle, elle a fourni certains noms et détails qui se recoupaient avec ceux fournis par d'autres témoins X. [147] Tout cela a changé quand Dernicourt et Pourbaix sont allés interroger Nathalie comme un couple de chiens d'attaque. Ils ont réussi à déstabiliser complètement la victime en l’espace d’une ou deux auditions. En mars, Nathalie est sortie de l’enquête. [148]

L'autre officier favori de Duterme, Eddy Verhaeghen, a joué un rôle clé pour discréditer X1. En juillet 1997, la première version de Duterme des re-lectures (ou plutôt des « ré-écritures ») des auditions de X1 étaient terminées. Sur la base de ces re-lectures/écritures, De Baets et son équipe ont été congédiés plus tard ce mois-ci, et Verhaeghen est devenu le nouvel officier en charge d’auditionner X1. X1 décrit comment les choses ont changé:

« Les deux officiers de la BOB avec lesquels je dois travailler à partir de maintenant viennent me chercher pour un entretien« informel »... Nous sommes tous les trois assis à une table dans une cafétéria du village ... Eddy exprime des soupçons en ces termes: « Nous ne nous soucions pas de savoir si tout ça est vrai ou non. La seule chose qui compte pour moi, c'est mon salaire à la fin du mois. » Je souris soucieusement, suis-je psychique après tout ? ... La discussion se déroule dans la direction attendue ... La brigade de sécurité et d'enquête de la gendarmerie pense que la balle est dans notre camps ... Je suis celle qui doit trouver des preuves, Quand je dis que je n'ai pas le pouvoir de faire des perquisitions, ni que je puisse trouver des preuves si eux-mêmes ne sont pas disposés à enquêter, Ils se moquent de moi ... Eddy commence à insinuer que tout ça n'avait pas pu être si mauvais. Parce que, regardez, j'ai un mari et quatre enfants, j'ai tout ce que je veux et aussi, je peux rire ... « Allez, dit Eddy assez fort, vous l'avez également aimé, vous ne pouvez pas dire que tout était mauvais, vous étiez amoureuse de Tony, n'est-ce pas ? Après une année d'audiences où on m’avait traité avec respect, je m'efforce d'expliquer mes sentiments. Je n'étais pas « amoureuse » de lui, je l'aimais, comme une fille aime son père [du moins, c'est ce dont elle essayait de se convaincre quand elle était une jeune fille] …

 

"Je ne suis vraiment découragé que lorsque Eddy et son collègue interroge mon amie Tania, ce qui arrive d'une manière si déshumanisante, que je commence à me sentir malade, et que de surcroît, son audition n'est pas enregistrée sur vidéo, et ils le savent. Les deux offciers utilisent leur position dominante pour amener sa vie personnelle sur le tapis, ce qui a pour effet de déstabiliser et d'intimider Tania: ils la questionnent dans un bureau où des officiers de la BOB entrent et sortent continuellement et où mes dossiers soi-disant bien protégés sont en étalés un peu partout. Après tout, elle n'a fait que m'encourager à témoigner, et a fait le premier contact téléphonique avec Connerotte ... Etes-vous aussi une victime? Étiez-vous également dans le réseau? Vous n'allez pas dire que vous n'aviez rien à voir avec le réseau de Ginie ? Connaissiez-vous depuis longtemps De Baets, était-ce vraiment la première fois que vous lui avez parlé, le 4 septembre 1996 ? La discussion se poursuit tout au long de l'après-midi. Tania est intimidée. Tania a même eu tellement peur qu'elle vient me voir en fin d'après-midi, me regarde silencieusement pendant un moment et me conseille d'arrêter de témoigner. Pour la première fois, mon amie comprend les paroles que j’avais prononcé juste avant de téléphoner à Connerotte en 96: « C'est trop grand, Tania, je ne peux rien faire contre mes aggresseurs ». [149]

 

De Baets et son équipe ont été renvoyés sur les accusations qu'ils auraient manipulé X1 en disant des choses qu'ils voulaient entendre. Des fuites continues à la presse ont été organisées dans les mois suivants qui étaient censées prouver cette accusation. Cependant, une enquête officielle avait également été lancée et, en 2000, la Cour de justice de Bruxelles a conclu qu'il n'y avait aucune preuve du fait que De Baets et son équipe avaient manipulé X1.

L'une des principales accusations contre De Baets était qu'il n'avait pas déposé de rapport officiel du fait que X1 avait mal identifié Christine Van Hees à partir d'une série de photographies. Cela s'est avéré être mensonger, puisque ce rapport, PV 117.487, 6 décembre 1997, avait été rédigé et dûment déposé par son auditionneur assistant Philippe Hupez. Hupez avait écrit beaucoup d'autres rapports officiels sur son travail avec X1, donc les chances que ce fut une erreur honnête de Duterme sont assez faibles.

Et même la simple accusation des relecteurs que X1 avait mal identifié Christine Van Hees est trompeuse, puisque dans le soi-disant PV 117.487 manquant, Hupez a expliqué que X1 n'a pas désigné Christine intentionnellement.

"X1 a témoigné avoir reconnu Christine entre toutes les photos qu’on lui a présentées, mais ne désigne pas la photo qu'elle reconnaît ... Nous concluons de ceci: 1. la photo P10, signalée par X1, n'est pas la victime dont elle a parlé, Christine 2. Mais la photo de la victime figurait parmi celles qui ont été montrées à X1 [5 au total], et qu'elle n'a pas signalé intentionnellement.

 

Bien sûr, il est raisonnable d'être sceptique au sujet de la la déclaration de Hupez et De Baets que X1 n’a pas désigné "intentionnellement" Christine. Il semble que soit ils ont essayé de manipuler l'enquête, soit il doit avoir été très clair pour eux que X1 ne coopérait pas. Selon X1, c'est exactement ça. Elle a expliqué:

« Afin de juger objectivement de ce qui s'est passé ce matin-là, il faut que vous puissiez jeter un coup d'œil à la cassette de cette audience ... vous verriez qu'après avoir indiqué la photo P10, j'ai regardé De Baets et Hupez avec un certain regard qui voulait dire quelque chose comme: ‘à votre tour, maintenant !’ ... Il était 7 heures du matin. J'étais malade et fatiguée, je voulais rentrer chez moi.Si j'avais désigné Christine ... De Baets aurait sans doute continué pendant une heure ou trois, et, dans mon obstination, je voulais leur faire comprendre qu'ils devaient m’accorder un répit ... Je me console néanmoins en sachant que si les successeurs de De Baets n'avaient pas saisi cette occasion pour semer les graines du doute sur absolument tout ce que j’ai pu déclarer, ils auraient sans doute trouvé quelque chose d'autre. » [150]

 

Jusqu'à ce que la vidéo de l’entrevue de X1 soit rendue publique, il pourrait y avoir un doute persistant sur les explications données par X1 et les auditionneurs. Cependant, leurs histoires sont cohérentes, les intervieweurs ont été blanchis des accusations de manipulation, et ce ne sont pas eux qui ont continuellement changé leur histoire. La seule chose dont les auditionneurs puissent être accusés, c’est d'avoir poussé cette audition avec X1, qui a commencé à 22:55, beaucoup trop loin.

Il existe de nombreux autres exemples de manipulations par les relecteurs. Les auteurs de «The X-Dossiers» ont rempli un livre entier avec ça. Dans un certain nombre de chapitres, ils citent une grande partie des rapports rédigés par les relecteurs et les comparent aux témoignages originaux.

Bien que dans la plupart des cas cela semblait intentionnel, l'une des premières choses qui sont devenues évidentes, c’était que Duterme et les autres relecteurs maîtrisaient très mal la langue néerlandaise, la langue dans laquelle X1 a témoigné. Duterme posera sans cesse des questions sur des passages qui étaient pourtant tout à fait clairs à quiconque parle un néerlandais parfait (comme l'auteur de cet article). Duterme a probablement fait une de ses plus grandes erreurs quand il a conclu à partir d'une des déclarations de X1 que sa grand-mère avait également été présente lors du meurtre de Christine Van Hees. La seule chose que X1 avait dit c’était que: « Ma grand-mère en avait aussi dans son garde-manger » [se référant aux crochets à viande qu'elle avait vu dans l'usine de champignon]. [151]

Dans un autre cas, Duterme ne comprenait pas que le mot « bus » ait plus d'une signification en néerlandais. Il a apparemment cru que ce mot désignait un véhicule qui roule sur la route, mais a oublié qu'il peut également se référer à un petit conteneur dans lequel les choses peuvent être mis (une « boîte » ou « petite boîte », généralement en métal). Décrivant l'endroit où Christine Van Hees avait été assassinée, X1 à un moment, a parlé d'un « bus » contenant un liquide. Dans un autre endroit, elle a appelé cet objet un « bidon ». Duterme a écrit à côté de la phrase contenant "bidon" qu'il s'agit d'un objet différent du "bus contenant du liquide" décrit précédemment, ce qui est une totale aberration. [152]

Baudouin Dernicourt, qui avait fait la fausse déclaration que De Baets et Hupez n'avait pas déposé un rapport officiel au sujet de X1 n’ayant pas réussi à identifier Christine Van Hees, a commis des « erreurs » encore pires. En ce qui concerne Carine "Clo" Dellaert que X1 devait identifier à partir d'un ensemble de photos, X1, à un moment, a déclaré: "Non pas que je l’ai vu, mais ..." et "... elle n'était pas là non plus". Dans les traductions de Dernicourt, cela devint: « Je sais que je l'ai vue ...» et « Elle n'était pas là aussi ? » [153] Proprement incroyable.

Il existe de nombreuses autres déclarations erronées des relecteurs qui ont été répercutées dans tous les médias. Prenez les deux phrases suivantes d'un article de presse largement publié le 5 février 2004, juste avant le dernier procès de Dutroux-Nihoul:

« Sur les photos d'enfants disparus qui lui sont présentées, elle identifie Loubna Benaissa, Kim et Ken Heyrman et les Hollandais Naatje Zwaren de Zwarenstein comme victimes du réseau. Plus tard, il ressortirait que Loubna a été assassiné par le psychopathe Patrick Derochette, Naatje van Zwaren de Zwarenstein s'est avéré ne pas manquer du tout. Il s'est avéré que les enquêteurs ont été bernés quand ils ont montré cette photo à X1. » [154]

 

Maintenant, jetons un coup d'oeil sur les faits. Loubna était une jeune fille de 9 ans quand elle a disparu en août 1995. Elle a été retrouvée morte le 5 mars 1997 dans la maison du pédophile Patrick Derochette. Quatre jours avant cet événement, X1 avait parlé d'enfants qu'elle avait vu être tué dans des films de « snuff ». De Baets avait demandé à un moment quelconque si un de ces enfants aurait pu être Loubna, à quoi la seule réponse de Regina était "peut-être". Les relecteurs ont interprété d'une façon ou d'une autre cela comme signifiant « oui ». Les relecteurs ont poursuivi en affirmant que dans cette même interview X1 avait également déclaré avoir été témoin du meurtre de Kim et Ken Heyrman. C'est également faux. X1 avait parlé d'un frère et d'une sœur. De Baets avait demandé à X1 en dehors de l'entrevue officielle s’il était possible qu’il s’agisse de Kim et Ken. De nouveau, la seule réponse de X1 fut: «Peut-être, je ne sais pas. [155]

En plus de faire écho aux fausses déclarations des relecteurs, la plupart des journaux n'ont pas beaucoup parlé des affaires Loubna Benaissa et Kim et Ken Heyrman. Les parents de ces deux enfants avaient été très mal traités par les enquêteurs. Dans le cas de Loubna Benaissa, plusieurs pistes menant vers le greffier de Jean-Claude Van Espen (responsable du dossier X1-Van Hees), l'affaire Christine Van Hees et le réseau Dutroux-Nihoul ont été ignorées. [156] Dans le cas de Kim et Ken Heyrman, leur mère, Tiny Mast, est devenue une bonne amie de X1. Elle a déclaré:

« Je ne fais pas confiance à ces gens du tout, ce sont eux qui ont perdu le chandail de Ken ... Le kidnappeur m'avait envoyé ce chandail, probablement pour me faire peur, je suppose ... Dans un pays normal, ce serait un élément hyper-important dans une enquête On pourrait y trouver des traces ADN. Eh bien, ils ont juste fait disparaître ce chandail. Il y a des gens qui m'ont hurlé au visage que j'étais la meurtrière et que je ferais mieux de cracher le morceau. Je pourrais vous raconter des centaines d'histoires qui, si je les compare à ce que la commission de Verwilghen a qualifié d '«erreurs», défient vraiment l'imagination. Ces gars-là sont si agressifs et si inhumains que j’ai parfois l’impression qu’ils font partie de la même clique que ceux qui m'ont arraché mes petits Je crois Regina Louf, je la crois vraiment. » [157]

 

Pour une fois, l’article de journal qui prétend que X1 avait identifié Naatje van Zwaren de Zwarenstein est exact. Elle a fait cette déclaration lors de la même audition que celle où elle a reconnu Katrien de Cuyper. Cependant, cette affaire n'avait pas de statut prioritaire et X1 n'en a jamais dit plus sur Naatje que ça: "Une fille dont je crois l'avoir vue à un moment donné". [158] En outre, l'affirmation du journal selon laquelle Naatje "s'est avérée ne pas avoir du tout disparue" est extrêmement trompeuse pour un certain nombre de raisons.

Naatje, âgée de 14 ans, a disparu le 12 mars 1976, trois jours après la disparition d'une de ses amies, Paulette N. Les médias n'ont pas fait grand cas de l'événement, surtout pas quand Naatje a refait surface le 7 avril de cette année aux Pays-Bas. Cependant, les amis de Naatje ont raconté une histoire troublante aux enquêteurs, une histoire qui ressemblait terriblement à celle des témoins-X vingt ans plus tard. Ils ont nommé l'école d'équitation de Naatje, qui est par coïncidence (!) la même que celle de Christine Van Hees, comme l'un des endroits par lesquels un réseau de prostitution d'enfant a opéré. Cecercle de prostitution, dans lequel Naatje et Paulette avait fini, fournissait apparemment des services à plusieurs ambassades étrangères à Bruxelles et avait des connexions aux Pays-Bas et en Angleterre. Une des filles qui connaissait Naatje et Paulette était Joëlle J. Outre les sévices et les coups, Joëlle a également parlé des avortements forcés, des orgies où des enfants ont été taillés en pièces et des personnes qui avaient été passées à tabac ou tuées pour avoir parlé du réseau. D'autres filles de ce réseau d'abus, Marie V. et Mireille D.B., ont soutenu des parties de l'histoire de Joëlle J. Immédiatement après le retour de Naatje, elle a déménagé avec ses parents aux États-Unis, mais y est morte en 1980 dans un accident de la circulation. [159]

Un autre argument qui a été utilisé contre X1 était l’affirmation selon laquelle la mère de Christine Van Hees avait trompé X1 lors d'une confrontation le 3 mars 1998. La mère de Van Hees a parlé du voyage de sa fille au Canada quelques semaines avant qu'elle ait été assassinée et a demandé X1 si Christine lui avait parlé de ce voyage. Selon le magistrat suppléant Paule Somers, « X1 se rappela immédiatement de ce que Christine avait dit à ce sujet. Mais la mère Van Hees a trompé X1, parce que Christine n'avait jamais été au Canada. » C'était un argument qui a gravement affecté la crédibilité de X1 aux yeux de ceux qui jusqu'alors étaient toujours prêts à lui donner le bénéfice du doute.

Début 1999, l'avocate bruxelloise Patricia Vandersmissen s'est intéressée à la défense de X1 contre le bombardement constant des attaques de la presse. Mais avant de s'engager dans l'affaire X1, elle a demandé l'autorisation d'accéder à une partie du dossier X1 pour vérifier un certain nombre de déclarations de X1 parues dans la presse. L'une des déclarations qui suscitait le plus son intérêt était la confirmation supposée de X1 du voyage fictif de Christine au Canada. La confrontation, dirigée par Danny De Pauw (qui a trahi De Baets et l'équipe) et le traducteur notoirement incompétent Baudouin Dernicourt, a été enregistrée sur vidéo et par écrit. Selon Vandersmissen:

« Antoinette Vanhoucke [mère Van Hees]:« Et pendant ce temps, elle a fait un grand voyage, elle est allée au Canada, elle n'a jamais parlé de ça ?

Regina Louf [X1]: « Je ne pense pas que nous ayons jamais eu l'occasion de parler de ces choses. »

 

« C'est ce qui a été écrit, rien d'autre ... J'ai lu le rapport officiel du début jusqu’à la fin et de la fin jusqu’au début... J'ai recommencé trois fois, en cherchant continuellement si cette mère avait soulevé le sujet à nouveau. Ce qui a été dit au sujet du voyage au Canada: rien. Regina Louf dit qu'elle ne sait rien au sujet du voyage au Canada. » [160]

 

Et ainsi le jeu de la désinformation continue. Il y a tant d'exemples et d’ aspects différents à discuter que les auteurs du livre « Les Dossiers-X » ont été en mesure de remplir un ouvrage de plus de 500 pages avec. Pour résumer, les tactiques utilisées par les relecteurs peuvent être trouvées dans presque n'importe quel autre schéma de désinformation:

  • La plupart des déclarations de X1 ont été ignorées.
  • Un certain nombre de déclarations ont été inventées et attribuées à X1.
  • Des conclusions bizarres ont été tirées de passages isolés du témoignage de X1.
  • Les petits détails dans le témoignage de X1 qui semblent être faux ont reçu beaucoup plus d'attention que tous les aspects les plus importants qui semblaient être justes.
  • Des fuites unilatérales ont été organisées auprès des médias.
  • De Baets et son équipe ont été dépeints comme des gens subjugués et en adoration devant X1, qui à son tour a été dépeinte comme une sorte d’être narcissique qui aurait voulu jouer au « chef de culte »
  • Toutes les recherches effectuées sur les personnes et les lieux désignés par les témoins X ont été annulées. À l'exception de quelques faux emplacements, les fouilles n'ont été effectuées que dans les foyers des témoins-victimes et de ceux qui les ont soutenus.

 

 

Des enquêteurs douteux et extrêmement compromis

[ Table des Matières ]

C'est un fait assez connu que Nihoul était un informateur de la BOB. [161] Les détails concernant les connexions directes et indirectes de Nihoul aux officiers chargés d'enquêter sur lui ne sont pas entièrement inconnus.



Shéma : Hiérarchie définitive de la «dissimulation» dans l’enquête des Dossiers-X

Points verts : a travaillé avec les médias pour propager de la désinformation.

Points rouges : Lien direct ou lien proche indirect avec Nihoul.

Points bleus : Passé sujet à controverses.

Ci-dessus vous pouvez voir la structure finale de base de l'enquête Dossiers-X. X1 a travaillé avec Eddy Verhaeghen et Danny De Pauw, qui avaient remplacé Patriek De Baets et Philippe Hupez. Par coïncidence (!), Verhaeghen était l'un des rabatteurs de Nihoul pendant tout le temps que ce gangster était un informateur à la BOB. [162]

La victime Nathalie W. a été forcée de travailler avec Baudouin Dernicourt et Philippe Pourbaix. Ils avaient remplacé Theo Vandyck et Joël Gerard au début de février 1997. Dernicourt a été lié aux attentats terroristes de la CCC [163], officiellement un groupe communiste radical, mais en réalité une opération fasciste de Gladio, semblable à la bande de Nijvel (affaire des « tueurs du Brabant »). [164]

Les autres témoins X ont été traités par d'autres officiers de la BOB qui, depuis le 1er décembre 1996, avaient tous été placés sous l'autorité du commandant Jean-Luc Duterme. Duterme s’était déjà fait un nom par lui-même dans les années 1980 en tant que bras droit du procureur Jean Depretre dans l'enquête du Gang de Nijvel. Ensemble, ils ont fait beaucoup de dégâts à l'enquête et ont persécuté des officiers qui voulaient découvrir la vérité. Depretre a joué un rôle clé dans la fin des enquêtes Montaricourt-Israël de 1979, qui impliquaient un réseau de prostitution de haut niveau à l'échelle européenne. [165] Depretre a été accusé par X2 d'être impliqué dans le réseau d'abus d'enfant. [166]

Jean-Luc Duterme avait été nommé chef de la cellule de Neufchateau par le lieutenant-colonel Jean-Marie Brabant, commandant de la BOB à Bruxelles. Brabant, ainsi que le Lt.-Col. Guido Torrez, chef de la gendarmerie de Neufchâteau, étaient les supérieurs immédiats de Duterme.

Juste après que Nihoul et Bouty aient été arrêtés, Brabant a été attrapé en train de mentir au juge d'instruction Connerotte quand il a nié que la BOB avait des dossiers antérieurs sur Michel Nihoul ou Annie Bouty. Ils avaient des dossiers sur les deux. [167] Le lieutenant-colonel Brabant aurait apparemment menti au procureur Bourlet quand il a essayé de lui expliquer que l'enquête Dutroux-Nihoul avait amputé en ressources humaines d'autres dossiers importants. Malheureusement pour Brabant, aucun des enquêteurs travaillant pour Neufchateau n'avait été extrait des dossiers les plus importants de Brabant, comme KB-Lux. Tout ça est confirmé par Patriek De Baets. [168]

Lt.-Col. Torrez, le supérieur immédiat de Duterme à Neufchâteau, est connu pour avoir reçu l’ordre par Nihoul de laisser tranquille un de ses partenaires mafieux, un portugais nommé Juan Borges, en octobre 1986. Borges avait des liens avec la mafia italienne, le réseau ‘underground’ fasciste et le Bureau de la sécurité de l'Union/ Commission européenne. Tout aussi révélateur: Torrez était un très bon ami du commissaire de police bruxellois Georges Marnette. Ils étaient tous les deux des partisans du club de football Anderlecht et pouvaient souvent être vus lors des matches ensemble. [169]

Marnette est l'un des personnages les plus sombres de toute l'affaire Dutroux-Nihoul. Son histoire et ses manipulations sont bien trop complexes pour être discutées dans cet article, mais elles ont été enregistrées en détail dans l'annexe des accusés. Comme on l'a déjà dit, Marnette se trouve dans cette liste parce que X2 et Nathalie W. l'ont désigné comme un agresseur dans le réseau pédo-criminel. L'ami intime de Marnette, Jean-Paul Dumont, qui a apparemment aidé à certaines manipulations [170], a encore plus d'accusations de pédophilie sadique s’accumulant contre lui. [171] Dumont, ancien directeur du CEPIC, était en contact étroit avec certains des sadiques les plus notoires des Dossiers-X, dont Paul Vanden Boeynants et le Baron de Bonvoisin [172], sans parler de Michel Nihoul [173]. Marnette est connue pour avoir été un visiteur fréquent du club d'orgie sexuel « Les Atrebates » et plus tard « le Dolo » [174], les sorties préférées de Nihoul [175], et était donc un co-partouzeur évident de Nihoul. [176]

Mais la dissimulation, comme on pouvait s'y attendre, est connue pour être soutenue à un niveau encore plus élevé. Le colonel Torrez et le colonel Brabant étaient tous deux subordonnés au lieutenant-général. Herman Fransen, le chef de cabinet de longue date du lieutenant-général Willy Deridder, responsable de la gendarmerie. En mai 1998, Fransen devint lui-même le chef de la gendarmerie, tandis que Deridder obtenait l'un des premiers sièges d'Interpol. Fransen avait un frère cadet, le colonel Hubert Fransen, qui était un officier supérieur du service d'inspection (y compris les affaires intérieures) de la gendarmerie. Au début de 1999, le colonel Hubert Fransen a été nommé chef d'enquête de l'enquête Pignolet qui, sans succès, avait tenté de prouver les accusations de Duterme et de Van Espen contre De Baets pendant plus d'un an à ce moment-là. Le prédécesseur de Fransen avait été congédié après avoir une fois de plus informé Pignolet qu'il chassait des fantômes. Sous Fransen, l'enquête s'est intensifiée. La maison de Tania V., la bonne amie de X1, a été perquisitionnée, les liens possibles entre X1 et les victimes du Gang de Nijvel ont été étudiés, et des hélicoptères ont été utilisés pour tirer des photos aériennes d'une villa qui aurait joué un rôle central dans « la conspiration De Baets-X1 ». Cette fausse enquête est devenue presque aussi coûteuse que l'enquête X1 initiale elle-même. Mais rien ne fut trouvé et De Baets fut acquitté.

Outre le commissaire de police Georges Marnette, la gendarmerie a toujours bénéficié du soutien extérieur des médias et de la plupart des magistrats. Le juge d'instruction des Dossiers-X Jacques Langlois, qui avait remplacé Connerotte, était le plus important d'entre eux, suivi de Jean-Claude Van Espen et du procureur Jean Sœnen.

Langlois et sa famille sont depuis longtemps sympathisants de la PSC. C'était la PSC, et Joseph Michel, ancien ministre de la PSC sous Paul Vanden Boeynants, en particulier, à qui Langlois devait sa carrière juridique. Michel a introduit Langlois à la politique en 1988 et l'a nommé magistrat en 1993. Depuis les années 1970, Michel a été membre fondateur du think tank fasciste au sein du PSC, CEPIC [177], largement coordonné par Paul Vanden Boeynants et le Baron de Bonvoisin, tous deux accusés d'abus extrême sur des enfants par plusieurs témoins X. Étonnamment, en 1978, Joseph Michel avait été contacté par un prisonnier Jean-Michel Nihoul, et est devenu responsable de la libération anticipée de cette individu. [178] À la suite de l'enlèvement et du remplacement de Connerotte par Langlois, on a prétendu que Michel avait largement dirigé ces événements [179].

Langlois a beaucoup fait pour démanteler l'enquête X et le dossier Nihoul, mais un exemple en particulier montre qu'il pouvait obtenir tout ce qu’il voulait. Langlois avait rencontré les producteurs de « Au nom de la Loi », un programme influent de télévision de langue française. A la suite de ces rencontres, « Au nom de la Loi » a diffusé quatre émissions télévisées de grande envergure de 1997 à 2000 dans lesquelles ils ont tenté de convaincre le public que Nihoul était une victime innocente dans toute l'affaire Dutroux. Le problème majeur avec Langlois ayant rencontré les médias (sans parler de ces programmes de manipulation), c'est qu'il ne pouvait pas être plus en dehors de sa fonction de juge d'instruction censément objectif. Le prédécesseur de Langlois, Connerotte, a été renvoyé pour des raisons qui étaient des cacahuètes par rapport à ce que Langlois a fait. Et pourtant, la plupart des médias sont venus à sa défense. [180]

Probablement l'exemple le plus flagrant d'un conflit d'intérêt dans les enquêtes Dutroux, Nihoul et Dossiers-X, c’est Jean-Claude Van Espen, qui avait été affecté à l'affaire X1-Christine Van Hees. Comme vous le savez peut-être déjà, Nihoul et Bouty ont été désignés par X1 comme quelques-uns des individus présents lors du meurtre de Christine. Maintenant, n'est-il pas intéressant que Van Espen faisait parfois du travail à temps partiel dans le cabinets d'avocats d’Annie Bouty et Michel Nihoul ? Sa sœur, Françoise Van Espen, avait épousé un des associés de cette entreprise, Philippe Deleuze, et servait autrefois de marraine du fils de Nihoul. Deleuze, qui était un membre important du CEPIC, est apparemment devenu responsable avec Paul Vanden Boeynants pour avoir lancé la carrière de Van Espen en tant que juge d'instruction. PV 10.543, 8 octobre 1996, audition de Nihoul:

« Il [Nihoul] connaissait Van Espen quand cette personne était un collaborateur occasionnel dans les bureaux d'Annie Bouty et Philippe Deleuze. La sœur de Jean Claude Van Espen est l'épouse de Philippe Deleuze et est la marraine du fils de Jean Michel Nihoul. Jean-Claude Van Espen aurait été nommé magistrat après Paul Vanden Boeynants, Philippe Deleuze est intervenu en sa faveur. Nihoul déclare avoir appris de l'avocat Vidick que Van Espen aurait été impliqué dans un réseau de molestation d'enfants. »

 

À l'exception de la dernière déclaration de Nihoul, ces affirmations ont été répétées et étendues dans plusieurs médias et n'ont jamais été contestées. Il est difficile de dire pourquoi Nihoul impliquerait Van Espen dans un réseau de molestation d'enfants, bien qu'il soit judicieux de penser qu’il envoyait un message au magistrat et d'autres hauts fonctionnaires pour faire pression afin d’obtenir sa libération. Après tout, la pression et le chantage sont des traits caractéristiques du réseau.

[Ajout Avril 2010] Il est devenu plus silencieux avec le temps, mais Nihoul, qui avait été bénéficié d’une libération conditionnelle en 1999, l'a lui-même dit dans une interview à Der Spiegel en 2001:

«Je contrôle le gouvernement ... Tout le monde a des dossiers compromettants sur les autres, pour servir de levier dans la bonne situation ... C'est la maladie belge …
« Donnez-moi encore 20 000 marks, et je vous donne un ministre qui est impliqué dans un meurtre ... Je connais le tueur et le ferai entrer en contact avec le ministre par téléphone.
"[Enregistreur vocal éteint] Pour une somme à 6 chiffres, je vous donne une photo sur laquelle le Prince Albert saute une jeune fille de 16 ans ... Nu. Tiré au deuxième étage du Club Mirano il y a 20 ans [où un réseau de chantage pédophile était située, selon d'autres témoins] ... Ensuite je devrais quitter la Belgique. »

[source: Der Spiegel]

 

Lorsque vous comparez les nombreuses associations de Nihoul au cours des années avec les noms apparus dans l'enquête de Dutroux, que ce soit comme enquêteurs ou accusés, l'image ci-dessous émerge.

Schéma: « Pourquoi certains pensent que Nihoul s’en est tiré : les associés de Michel Nihoul dans les années 70 et 80 »

Points Rouges : impliqué dans un réseau pédo-criminel selon les déclarations de témoins variés (plus ou moins une douzaine dans chaque cas)

Points Bleus : a étouffé des affaires de pédo-criminalité

Beaucoup de ces noms doivent encore être discutés, mais il semble clair que l'enquête sur Nihoul n'a pas été impartiale. Cela contribue certainement à expliquer comment il a pu s’en sortir et pas Dutroux.

Vous avez peut-être remarqué que les acronymes CEPIC et PSC ont commencé à apparaître de plus en plus fréquemment. Ce n'est pas une coïncidence et cet aspect sera exploré un peu plus loin dans cet article.

Les accusés dans la finance

[ Table des Matières ]

Un peu d'histoire d'abord. Le territoire qui devint finalement l'état de Belgique fut principalement un champ de bataille entre les intérêts catholiques et libéraux-protestants. Au cours des siècles et des décennies, ces terres ont par la suite appartenu aux Habsbourg espagnols et autrichiens, la France de Napoléon et depuis 1815, aux Pays-Bas.

En 1830, la majorité des catholiques des classes moyennes et supérieures vivant dans les provinces méridionales des Pays-Bas unis en avaient tellement marre de leur manque d'autodétermination qu'ils ont organisé une révolution. L’état de Belgique était né. Des familles comme De Merode et De Ligne se virent initialement offrir le trône, mais devant leur refus les Saxe-Cobourg-Gothas sontt entrés dans la partie.

La principale banque en Belgique et le pilier central de son industrie était la Société Générale des Pays-Bas, établie par le roi Guillaume Ier d'Orange en 1822 dans le but précis de financer la croissance de l'industrie belge. Après la révolution, le nom a changé en Société Générale de Belgique et quelques-unes des grandes familles aristocratiques de Belgique en ont pris le contrôle. Ce contrôle par des familles telles que De Merode, De Meeus, Saxe-Coburg-Gotha, Janssen, Lippens, Boël et Solvay a subsisté tout au long des 19ème et 20ème siècle, la banque du Vatican jouant également un rôle significatif. William d'Orange finit par laisser filer la banque.

L'influence de la Société Générale sur l'économie belge a toujours été immense, contrôlant entre 25 et 50% de l'industrie manufacturière belge. [181] C'est seulement en 1988 que s'est produit l'inimaginable: le groupe français Suez a repris la banque, et avec cela, un gros morceau de l'économie belge. Le vicomte Etienne Davignon est nommé président et occupe ce poste jusqu'en 2001. Le comte Maurice Lippens devient vice-président de la banque.

L'autre grande banque/holding historique en Belgique est le Groupe Bruxelles Lambert; son histoire commence vers 1830 quand un banquier nommé Lazare Richtenberger est devenu un agent des Rothschild de Londres. Le gendre de Richtenberger, Samuel Lambert, reprend l'affaire dix ans plus tard. Les Rothschild venaient souvent visiter Samuel et son fils Léon à Bruxelles pour les conseiller sur les événements sociaux et politiques affectant les marchés. En particulier, James de Rothschild s'est assuré que la Banque Lambert se concentre sur le financement des sociétés ferroviaires, comme les Morgans, Harrimans et Schiffs le faisaient aux États-Unis. Léon épouse Zoe Lucie de Rothschild en 1882, exerce des fonctions diplomatiques et devient le conseiller financier le plus important du roi Léopold II de Saxe-Cobourg-Gotha. Lorsque Léopold II a acquis le Congo en tant que colonie d'esclaves privée en 1885, Léon prit en charge une grande partie des questions financières là-bas. [182] Ironiquement, les Rothschild soutinrent également Cecil Rhodes qui était l'un des concurrents de Leopold en Afrique.

Les Lamberts semblent demeurer des associés proches des Rothschilds jusqu'à ce jour [183], mais leur influence dans les banques belges semble avoir diminué. La Banque Bruxelles Lambert a été prise en charge par la banque néerlandaise ING en 1998 alors que les Lamberts ne sont mentionnés que comme membres honoraires dans la liste des administrateurs du Groupe Bruxelles Lambert (GBL). Les familles belges Frere et Canadienne Desmarais sont celles qui contrôlent GBL de nos jours. Ces deux familles ont également une grande influence sur le groupe Suez, qui est propriétaire de la Société Générale. En d'autres termes, les principales banques belges sont entièrement ou largement détenues par des intérêts néerlandais, canadiens ou français.

Une autre importante société belge aristocratique est le géant chimique Solvay, fondé en 1863 par la famille Solvay. Il est devenu public en 1967, mais les familles Solvay et Boël ont pu garder le contrôle sur l'entreprise par le biais de leur holding Union Financière Boël. Les Janssens, De Selliers De Moranvilles et Karel van Miert sont également des actionnaires importants de Solvay, ou encore du holding Solvac. En 2003, Van Miert a remplacé Etienne Davignon en tant que directeur de Solvay.

Vous trouverez ci-dessous un tableau qui montre une partie des interactions entre les principales familles industrielles et bancaires de Belgique. Bien qu'elle ait été plus reserrée au cours des décennies précédentes, avant que les nouveaux riches et les intérêts étrangers ne se mélangent, l'économie belge est encore contrôlée par une petite oligarchie de familles aristocratiques centrées autour de la cour royale.

Société Générale Amis de l’Europe* GBL Fortis Sofina Finasucre UFB, Solvac & Solvay
Boël Davignon Desmarais Davignon Boël Boël Boël
Davignon Janssen Frere Janssen Davignon Lippens Davignon
Janssen Solvay Lambert Lippens Janssen   Janssen
Lippens   de Launoit Selliers de Moranville     van Miert
de Merode   Lippens       Selliers de Moranville
Saxe-Coburg   Vastapane       Solvay
Solvay            

Implication des familles au fil des ans dans les grandes banques et sociétés.

*Pas une entreprise, mais toujours intéressant

Outre la famille royale, le vicomte Etienne Davignon est probablement le plus connu de ce groupe à l'échelle internationale. Bien qu'il provienne d'une famille moins influente que les autres qui sont répertoriées ici, Davignon pourrait bien être la personne la plus influente de l'Europe continentale dans le processus de mondialisation, avec un accent particulier sur l'intégration de l'Europe dans le sens des politiques libérales anglo-saxonnes. Outre ses positions dans les sociétés ci-dessus, Davignon a occupé (ou détient toujours) les positions suivantes:

· Premier président de l'Agence internationale de l'énergie (AIE)

· Directeur de Kissinger Associates et bon ami d'Henry Kissinger

· Directeur de Minorco / Anglo-American Corporation

· Vice-président de la Commission européenne

· Co-fondateur de la Table ronde européenne des industriels avec quelqu'un qui travaillait à différents moments pour les Rockefeller, les Kissinger, les Rothschild et la banque Lazard

· Co-fondateur et président de l'Association pour l'Union monétaire de l'Europe

· Président de CSR Europe (réseau européen des entreprises)

· Fondateur du Centre de coopération industrielle UE-Japon

· Président du Dialogue économique UE-Japon

· Co-fondateur et président de Friends of Europe

· Prétendument un ancien gouverneur de Ditchley, un réseau anglo-américain-canadien très élitiste.

· Directeur de l'Institut européen jusqu'au début des années 2000, avec l'ancien secrétaire d'Etat et le président des Kissinger Associates Lawrence Eagleburger et d'autres élites américaines et européennes. Le conseil était et est sous la présidence d'Andre Yves-Istel de Rothschild, Inc.

· Président de l'Institut royal des relations internationales (version belge de RIIA)

· Membre du Conseil américain des relations extérieures

· Membre de la Commission trilatérale

· Président d'honneur de Bilderberg

L'un des collaborateurs les plus proches de Davignon dans les affaires et le processus de mondialisation est le comte Maurice Lippens, qu'il a vraiment connu à la fin des années 1980, quand tous deux dirigeaient la Société Générale. Ensemble, ils ont également dirigé la branche belge de la banque néerlando-belge Fortis et ils ont créé SN Brussels Airlines. Maurice a visité Bilderberg en 2000, 2002 et 2006 et est devenu un visiteur annuel de la Commission Trilatérale ces dernières années. Au sujet de ces réunions, il a déclaré:

« Je n'ai jamais visité DAVOS et je pense que c'est un grand carnaval. Je reçois les listes d'adhésion et je peux déjà appeler n’importe laquelle des personnes intéressantes qui y figure.J'aime visiter Bilderberg et la Commission trilatérale. La table ronde des industriels est intéressante, mais je ne suis pas un membre parce que je ne suis pas un industriel ... Parler de l'avenir du monde est une chose difficile soit dit en en passant Je tiens à écouter et à réseauter à Washington avec la Commission trilatérale. Vous entendrez des tendances intéressantes de première main. » [184]

 

Maintenant, pourquoi tout ça est d’une quelconque importance vous demandez-vous ?

Eh bien, pour commencer, parce que la famille Lippens apparaît dans les Dossiers-X.

 X1, X2, X4 et deux lettres anonymes, désignaient nomémentt Maurice Lippens et son frère Léopold, le maire de longue date de Knokke, comme de malfaisants et sadiques violeurs d’enfants, non seulement impliqués dans des viols réguliers, mais aussi dans le réseau de films de « snuff ». [185] En outre, un parent de ces derniers, le comte François Lippens, consul général honoraire de Belgique, apparaît quelque part dans le dossier Dutroux:

« Transmis au juge d'instruction M. LANGLOIS à Neufchâteau, son dossier 86/0/96 [22 avril 1998] ... Annexe 161. Une note sur l'existence d'un réseau SNUFF dont M. GLATZ du CIDE aurait eu connaissance Connaissance et dans lequel on trouverait un certain François LIPPENS, qui est proche du maire de Knokke, dont le nom est souvent mentionné dans des activités parfaitement horribles. Je n'ai effectué aucune vérification ou crosscheck. [186]

 

Etienne Davignon est une autre personne dont le nom apparaît dans les Dossiers-X, bien qu'il n'ait pas été impliqué dans les mêmes proportions que la famille Lippens. X2, l'officier de police, était apparemment la seula à le mentionner comme participant aux orgies, avec les frères Lippens, où des filles mineures ont été violées:

« Orgies avec des filles mineures dans l'hôtel Cromwel à Knokke Présents: Delvoie - Karel - X2 - Lippens - Van Gheluwe - Etienne Davignon Les filles savaient où aller et avec qui. Lippens frappe les petites filles Plusieurs réunions entre Karel et Davignon Dans l'hôtel Memling avec les deux Lippens. " [187]

 

X2 parle de deux Karels dans son témoignage. Le premier est un haut fonctionnaire dans un tribunal de Bruxelles, dont elle était la maîtresse. L'autre est le Dr Karel van Miert [188], qui apparaît dans le tableau (familles d'affaires) ci-dessus. Karel est un politicien socialiste bien connu de Flandre. Sa biographie comprend:

· Membre du Parlement européen de 1979 à 1985 et de 1989 à 1994.

· Est allé au Bilderberg en 1993.

· Vice-président du Conseil consultatif du European Policy Centre, une institution globaliste libérale avec des conseillers extrêmement influents comme Peter Sutherland, Max Kohnstamm et Lord Kerr de Kinlochard.

· Membre de la franc-maçonnerie de Bruxelles, loge Erasmus et membre de la Grande Loge de Belgique.

· Président de Nyenrode Business University de 2000 à 2003.

· Ancien conseiller du Rabobank, l'une des plus grandes banques aux Pays-Bas.

· Il a rejoint le conseil d'administration de Anglo-American Corporation en 2002 et est membre des comités de vérification et de mise en candidature.

· A succédé Etienne Davignon en tant que directeur de Solvay en 2003.

· Membre du Conseil consultatif de la Maison de l'Europe de la Bibliothèque Solvay.

· Membre des conseils de surveillance du géant allemand des services publics RWE, Philips NV, Munich Re et Vivendi Universal.

· Membre des conseils consultatifs de Goldman Sachs, Eli Lilly et Agfa-Gevært.

· Directeur de Carrefour Belgique et Wolters Kluwer (grand éditeur néerlandais).

· Directeur de De Persgroep, une société de presse qui possède des journaux et des magazines d'information comme Het Laatste Nieuws, De Morgen (ironique, comme ce document a exposé l'ensemble des Dossiers-X), De Tijd et Het Parool. Il possède environ 30-40 pour cent des magazines sur le marché en Flandre (langue néerlandaise en Belgique).

Qui d'autre dans le tableau ci-dessus est mentionné dans les Dossiers-X ? Prenez la famille de Merode, par exemple. Le prince Alexandre de Merode a été mentionné par Nathalie W. [189] et par X4 [190] comme un acteur central dans l'aspect satanique du réseau d'abus et de violence envers les enfants. En outre, X2, à qui ont été épargné les pires abus, a mentionné avoir été en présence des "frères Merode" (apparemment le Prince Baudouin de Merode, un Chevalier de Malte, et son frère Lionel) avec un tas des pires sadiques violeurs aristocratiques. [191] Nous reviendrons à cette famille plus tard.

Charles De Selliers De Moranville, apparemment un avocat à Bruxelles, apparaît dans un document des Dossiers-X, bien que ce dont il a été exactement accusé n'est pas clair. Le texte suivant se trouve dans le résumé du PV 103.204 / 97:

« En travaillant 62 rue de Neufchâtel à Saint-Gilles (Bruxelles, à quelques pâtés de maisons du bureau de Charles), le témoin a remarqué l'existence d'un bunker souterrain presque terminé (au 01/96). Un tunnel était dissimulé derrière l’un des murs ... Il fut surpris par une conversation où une dame disait: «Les enfants seront bien ici. »

 

« La comtesse sanguinaire »Elizabeth Bathory et Gilles de Rais, deux nobles historiques qui ont assassiné à eux deux environ 1.400 enfants. De Rais était avant tout intéressé à satisfaire ses besoins pédophiles et homosexuels, mais aimait aussi voir la lente agonie de ses victimes. Avec un certain nombre de domestiques, Bathory a brutalement torturé à mort environ 650 servantes. De nombreuses victimes ont été battues à mort ou littéralement découpées vivantes sur des périodes qui se comptaient en heures voire même des semaines. Elle pratiquait aussi le cannibalisme et obligeait parfois les filles à se découper des morceaux de leur propre chair et à les manger. Bathory et de Rais s'intéressaient à l'occultisme. La seule raison pour laquelle nous connaissons leurs crimes, c'est qu'ils ont finalement mis en colère des intérêts puissants: l'église et les familles rivales. S'ils avaient pu se contenter des enfants paysans ordinaires, très probablement ils n'auraient jamais été mis en procès et nous n'aurions jamais eu une idée de ce que ces deux là ont pu faire.

Il semble y avoir eu beaucoup d'autres nobles qui ont passé leurs frustrations sur les domestiques. Darya Nikolayevna Saltykova (1730-1801), une noble de Russie, a admis avoir torturé et tué plus de 130 de ses servantes au moment de son arrestation à l'âge de 32 ans, certaines d'entre elles âgées de 11 ou 12 ans.

Tout au long de l'histoire, la plupart des rois ont apprécié la pratique du viol, le meurtre et l’application de la torture, alors pourquoi devrions-nous être surpris ? Ce que nos élites modernes pourraient faire ne serait presque qu’une façon d'honorer les principes de 10.000 années de règne despotique.

 

En raison des antécédents de cette famille, de ses liens avec des agresseurs présumés, et d'une rumeur circulant sur internet au sujet de Charles ayant été accusé en une autre occasion [192], nous l’avons inclus dans cet article. Le nom de Charles apparaît dans une liste qui énumère des accusés mélangés avec quelques victimes. Charles ne semble pas avoir le profil d'une victime, car les membres de la famille De Selliers De Moranville se trouvent chez les Jésuites, dans le Cercle de Lorraine, dans la Banque Privée Edmond de Rothschild à Genève, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, Fortis, Solvay et Coca-Cola Belgique.

Avez-vous déjà remarqué combien Solvay semble revenir un certain nombre de fois ? Etienne Davignon, Karel van Miert et Guy De Selliers De Moranville étaient tous directeurs de cette société. Mais il y a plus. Les Boëls et Janssens, les deux principaux actionnaires de Solvay, ont été accusés de trafic de drogues et d'enfants en 1999, parallèlement aux Dossiers-X. [193] Françoise Dehaye, dont le mari a été nommé par X2 comme faisant partie du réseau d'abus [194], est responsable de la qualité et de l'innovation chez Solvay. Le garde-chasse et / ou forestier de La Hulpe, le château de la famille Solvay, a été accusé d'être un brutal aggresseur d’enfants. [195] Et les étranges déclarations sur le château des Amerois, appartenant à la famille Solvay, qui figurent également dans le dossier Dutroux? [196]

La famille royale belge a été impliquée à plusieurs reprises. X2 parlait d'une jeune fille qu'elle avait connue et avait été assassinée et comment cette jeune fille lui avait parlé du domaine de la princesse Liliane de Rety (« une folle ») où des enfants étaient enterrés. [197] Liliane a été la deuxième épouse du roi Léopold III (d. 1983) et a vécu jusqu'à sa mort en 2002 au Château d'Argenteuil. En 2004, la famille Delwart, actionnaire de Solvay, a acheté le domaine. [198]

D'après son expérience personnelle, X2 a mentionné avoir vu le prince Laurent, frère du prince héritier actuel de Belgique. Laurent était apparemment plus intéressé par la masturbation pendant que des enfants étaient violés dans ces orgies plutôt que de prendre part à l'abus réel. [199]

X3 implique le prince Charles (1903-1983), le second fils du roi Albert Ier; Le roi Baudouin (1930-1993), fils aîné du roi Léopold III; Et soit le roi Albert I ou II. Malheureusement, X3 a parlé des expériences des années 1950 et du début des années 1960, ce qui signifie qu'aucun des autres témoins des Dossiers-X n'a pu confirmer certains aspects de son témoignage. Deux de ses principaux agresseurs, Paul Vanden Boeynants et Charly De Pauw, étaient déjà apparus dans le dossier Pinon du début des années 1980; Il en est de même pour le roi Albert II. [200] En outre, une partie des détails des abus décrits par X3, bien que reconnaissable, peut être un peu difficile à croire (la démesure et l’endroit), rendant son témoignage difficile à utiliser sans la confirmation d'autres témoins. En faveur de X3, cependant, il faut dire qu’elle était une personne très respectée dans la communauté de soutien aux femmes et enfants maltraités, et ses auditionneurs ont refusé d'écrire la plupart des choses qu'elle leur a dites.

 

Outre les accusations des Dossiers-X, il y a au moins deux autres cas où des membres de de la haute-société belge ont été accusés de faire des choses terribles avec des enfants.

De loin, une occurrence importante s’est produite en mai 2004 dans « The Sprout », un magazine de langue anglaise situé à Bruxelles qui rend compte des affaires de l'UE. Ils ont écrit un article affirmant que Julie et Melissa avaient été tuées dans un film de « snuff » et qu'un certain nombre d’éminentes personnalités avaient été présentes lors de ce meurtre. Cependant, bien qu'il reste beaucoup de questions à propos de l'enlèvement et du meurtre de Julie et Melissa, la preuve que « The Sprout » a amenée, de l'avis de l’ auteur de cet article, n'était pas très forte et leur idée de placer des photos des corps de Julie et Melissa sur la couverture du magazine était très discutable, même si c’était pour montrer que les filles n'étaient pas simplement mortes de faim. Encore une fois dans l'opinion de l’auteur, les images ne montrent pas grand chose, pas plus que d'autres images qui peuvent être trouvées dans le dossier (final) Dutroux.

L'autre occurence est arrivée en 1999 et était centrée sur la personne du comte Yann de Meeus d'Argenteuil. Ce comte est issu d'une famille influente qui était (et l’est peut-être encore) un actionnaire important de la Société Générale. En effet, le comte Ferdinand de Meeus (1798-1861), « le Rothschild de Belgique », devint gouverneur de la Société Générale en 1830 et aide le roi Léopold à prendre le contrôle de la banque auprès des princes d'Orange.

La biographie du comte Yann est moins prestigieuse que le membre moyen de cette famille et se caractérise par la pédophilie et la psychothérapie. Le 12 septembre 1999, alors qu'il était enfermé dans un établissement psychiatrique, essayant sans succès d’en sortir, le comte Yann dressa une liste de personnalités qu'il accusait d'être impliqués dans le trafic d'enfants et de drogues. Il a envoyé cette liste aux agences d'enquête en Belgique, en France et aux États-Unis, mais apparemment rien n'a été fait. Le 11 novembre 2000, le comte Yann s'est suicidé. [202]

À première vue, la liste ne semble pas très intéressante, car aucun des noms ne correspond à ceux qui apparaissent dans les Dossiers-X. Toutefois, il faut dire qu'il existe une énorme quantité de liens privés et commerciaux entre les hommes de la liste du comte Yann et ceux des Dossiers-X.

· Prenez les membres des familles Lambert, Boël, Janssen et Launoit qui figurent sur la liste du comte Yann. Ils partagent des conseils d’administration, des clubs privés et des fondations avec Davignon, les Lippens et les familles De Selliers De Moranville. Les Boëls ont participé à la Table Ronde Européenne, les Janssens à Bilderberg, la Commission Trilatérale, le CFR, l'Institut Atlantique des Affaires Internationales, l'Institut Royal pour les Relations Internationales, etc. Particulièrement glaçante est l'implication des Lippens, de Launoit et Selliers De Moranville dans la Fondation Belge de Recherche Pédiatrique pour les Enfants. [203]

· Prenez Philippe de Patoul, qui a travaillé à la Banque Lambert (GBL, où l?on trouve bon nombre des accusés) et, en 1995, a créé la TNN Trust & Management Ltd. avec Bernard de Merode. Bernard de Merode a épousé la sœur du baron de Bonvoisin [204], l'un des agresseurs des témoignages de X1 et X2, et travaille actuellement à Risk Analysis, une entreprise dirigée par deux agents MI5 à la retraite très expérimentés. [205] La famille de Bernard, comme on l'a déjà dit, figure très en évidence dans les Dossiers-X également.

· Prenez le juge d'instruction Benoit Dejemeppe, qui était un protégé de Melchior Wathelet, qui à son tour était un protégé de Paul Vanden Boeynants, les deux présumés extrêmement violents violeurs d’enfants. Dejemeppe est un juge assez controversé qui, en 1996, a essayé de séparer le dossier d'Annie Bouty du dossier Dutroux sur l'abus des enfants par Georges Marnette. [206] Néanmoins, il convient aussi de préciser que Dejemeppe était responsable de l’internement psychiatrique du comte Yann.

· Prenez le magistrat Yves de Prelle de la Nieppe, membre d'un petit club nommé Carnet Mondain. Les autres membres du club sont Charles de Selliers de Moranville et sa femme (accusés d'être impliqués dans le réseau de maltraitance), Jacques G. Jonet (accusé d'avoir étouffé l'affaire Pinon, il fut une fois le secrétaire politique d'Otto von Habsburg, par son implication dans le Mouvement d'Action pour l'Unité Européenne il est venu au CEPIC et au quartier général de Bonvoisin), Baron Guibert de Viron (« Un membre de la famille est accusé de trafic de drogue et d'enfants et est marié dans la famille de Caters qui a été accusée dans les Dossiers-X) et la comtesse Rodolphe d'Ursel (un membre de la famille est accusé d'appartenir au réseau d'abus et de films de « snuff » du Baron de Bonvoisin, duquel cette famille est proche). [207]

· Prenez Axel Vervoordt, un marchand d'art bien connu et prétendument pédophile [208] dont le château d'art est situé à côté d'un domaine où X1 dit que des meurtres d'enfants ont eu lieu [209]; Ou le prince Alexandre de Saxe-Cobourg-Gotha, beau-fils de la princesse Liliane de Rethy, Ou le chevalier Pierre Bauchau, ancien président de la Banque Belgolaise d'Afrique, détenue majoritairement par la Banque Fortis de personnalités telles que Maurice Lippens, Etienne Davignon, Baron Daniel Janssen et Guy de Selliers de Moranville.

Pour résumer cette partie de l'article: de même que pour les familles décrites ci-dessus, de loin les preuves les plus convaincantes ont été recueillies contre la famille Lippens, dont trois membres ont été accusés du même type d'abus extrêmes par une demi-douzaine de témoins. Les preuves contre les Princes de Merode se sont également accumulées. Outre les témoignages de X4, Nathalie W. et les informations complémentaires de X2, il est également utile de préciser que la famille de Merode est liée par le mariage avec la famille de Bonvoisin, une famille très notoire sur laquelle nous reviendrons. Ceux qui pensent que le témoignage de X2 est digne de confiance, pourront également soupçonner sérieusement des individus tels que Etienne Davignon, Karel van Miert et la princesse Liliane de Rethy (ou toute la famille royale). Quant à la famille De Selliers De Moranville, il y a un manque de détails dans les accusations portées contre eux. Il en va de même pour la famille Solvay, dans ce cas nous parlons de preuves circonstancielles de toute façon, bien que nombreuses. Et enfin les accusations du comte Yann de Meeus d'Argenteuil; elles se sont révélées intéressantes et perspicaces à l’auteur de cet article afin d’identifier l'aristocratie belge, mais on ne peut nier que sans recherches complémentaires, elles restent peu fiables.

Les accusés dans le renseignement (privé) et la politique

[ Table des Matières ]

Deux des noms les plus en vue dans les X-Dossiers sont Paul Vanden Boeynants et le Baron Benoit de Bonvoisin.

Vanden Boeynants a été accusé par X1, X3 et X4 d'être un violent agresseur d'enfants et-ou une personne impliquée dans des parties de chasse dont les enfants étaient le gibier. [210] Nathalie W. a affirmé avoir vu Vanden Boeynants au Dolo [211], le club préféré de Nihoul, alors que X2 a témoigné avoir vu à cet endroit le chauffeur privé de Vanden Boeynants, Henri Bil, parler à un des gangsters les plus notoires de Belgique, Madani Bouhouche. [212] X1 a nommé Bil et Bouhouche comme des agresseurs d'enfants. [213] Le nom de Vanden Boeynants figure également dans le dossier Pinon des années 1980 [214] et dans le témoignage télévisé de Maud Sarr en février 1990 [215], où son nom est apparu aux côtés d'un général de la gendarmerie formé par la DEA avec lequel il a dirigé une opération massive d'importation de drogue. [216] Les deux affaires Pinon et Maud Sarr portaient sur un réseau de prostitution où les mineurs étaient utilisés pour faire chanter les hauts fonctionnaires.

X1 et X2 ont mentionné de Bonvoisin comme l'un des abuseurs les plus sadiques dans le réseau. [217] Une de ses sœurs a épousé le comte Hervé d'Ursel [218], qui a été accusé par X1 d'être impliqué dans le réseau de films de « snuff » et d'abus rituel. [219] Son autre sœur est mariée à Bernard de Merode, une famille rattachée au renseignement qui a été accusée de maltraitance et de satanisme par X4 et Nathalie W. [220] X2 a mentionné avoir assisté à une réunion organisée par son souteneur où se trouvaient les familles de Merode, d'Ursel et de Bonvoisin, ainsi que le prince et la princesse de Chimay. [221] D'après X2, les chasses sur les enfants étaient organisées dans les bois du château de Chimay. [222]

Cela pourrait être une surprise pour beaucoup de gens, mais la Belgique a une histoire plutôt riche en conspirations. Au cours des 20 dernières années, de nombreuses pages ont été consacrées aux rapports sur la participation de personnalités de la haute-société à la planification des coups d'État, aux opérations sous faux drapeau, aux réseaux de prostitution, à la pédophilie et au trafic de drogues. Officiellement, tous les scandales individuels n'avaient rien à voir les uns avec les autres et, surtout, n'avaient rien à voir avec un underground fasciste. En réalité, ce réseau sous-terrain fasciste est essentiel pour comprendre la version complète des événements.

1986, Paul Vanden Boeynants (à gauche) et le Baron de Bonvoisin (à droite), les deux piliers de la subversion fasciste en Belgique dans les années 1970 et 1980. Tous deux ont été accusés d'abus sexuels, de torture et de violence envers les enfants. Le chauffeur et confident de Vanden Boeynants, également accusé, déclare avoir «compris» que Nihoul était la «main droite» de Bonvoisin (PV 39.027). Nihoul connaissait certainement Vanden Boeynants et était très actif dans le parti politique «VdB» et «BdB», la PSC avec son think tank fasciste CEPIC.

Une bonne façon de commencer cette histoire c’est de le faire par Paul Vanden Boeynants, qui a représenté le Parti Social Chrétien (PSC) au Parlement de 1949 à 1979. En 1961, Vanden Boeynants est devenu président du PSC, et de 1966 à 1968 il a été premier Ministre de la Belgique. De 1972 à 1978, il a été ministre de la défense de la Belgique, suivi en 1979 d'un autre bref passage comme premier ministre.

Il n'y avait rien de « social » dans les idées de Vanden Boeynants. Tout en étant éduqué par les jésuites dans les années 1930, il est devenu un disciple éminent de Léon Degrelle, chef du parti fasciste Rex. Bien qu'il n'ait pas rejoint la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale, Vanden Boeynants a cherché à entrer en contact avec les nationalistes flamands à la fin des années 1940, à l'époque encore un mouvement fortement persécuté pour avoir travaillé avec les nazis. En 1949, Vanden Boeynants, en collaboration avec Jo Gerard, journaliste pro-colonialiste rattaché au renseignement, a créé le Comité pour le renouveau du PSC, ce qui s'est avéré fructueux: Vanden Boeynants et Gérard sont devenus les meilleurs joueurs du nouveau parti PSC . En même temps que ces deux hommes ont relancé le PSC, ils ont également mené une campagne de « terreur rouge », reflétant celle du sénateur Joseph McCarthy aux États-Unis. En 1955, Vanden Boeynants a créé un groupe de réflexion au sein de la PSC pour neutraliser son aile syndicale. A cette époque, il a rencontré l'aristocrate du renseignement, le Baron Benoit de Bonvoisin, également actif dans la PSC.

Au cours des décennies suivantes, Paul Vanden Boeynants et le baron de Bonvoisin sont devenus les piliers du réseau « underground » fasciste en Belgique. Les organisations qu'ils ont fondées ont été désignées plus tard comme ayant joué un rôle clé dans l'effort de déstabilisation de la Belgique, l'objectif étant de mettre en place un gouvernement plus fort capable de contrer la "subversion" par le KGB des syndicats et des partis politiques de gauche. Ces opérations étaient prévues depuis au moins 1972 [223] et se sont poursuivies au moins jusqu'au milieu des années 1980. Voici un bref échéancier:

· En 1969, Vanden Boeynants crée le Cercle des Nations avec un certain nombre de ses alliés politiques, dont le Baron de Bonvoisin et Paul Vankerkhoven (secrétaire général du CEDI d'Otto von Habsburg et d'Alfredo Sanchez Bella), fondateur de la branche belge de la WACL 1969). Le Cercle des Nations était un club privé, aristocratique, qui a commencé avec environ 80 membres qui étaient généralement royalistes, fermement anti-communiste, pro-OTAN, pour l'intégration pro-européenne et hautement fasciste. Parmi les exemples de tendances fascistes du Cercle figurent la réception d'avril 1970 en l'honneur des colonels fascistes qui régnaient en Grèce, la célébration en janvier 1976 du 10e anniversaire de la dictature haïtienne de Papa Doc et le soutien continu de son magazine à l'apartheid en Afrique du sud et les dictatures de Pinochet, Franco et Salazar. Le Cercle a été lié au crime organisé et plusieurs de ses membres les plus éminents ont été accusés d’abus sexuels sur les enfants suivis de meurtres. Pensez par exemple au Baron de Bonvoisin, à Paul Vanden Boeynants, à Jean-Paul Dumont, au comte Hervé d'Ursel, à Roger Boas, à Charly De Pauw, à Guy Mathot, à Ado Blaton, au général Rene Bats, à Philippe Cryns et à la famille de Merode. [224]

· En 1971, Paul Vanden Boeynants, avec le financement du Baron de Bonvoisin, crée le Nouvelle Europe Magazine (NEM). Autour de ce magazine, un certain nombre de NEM-Clubs ont été organisés où les militants fascistes pourraient se rencontrer.

· En 1972, Vanden Boeynants et de Bonvoisin fondent le CEPIC, un groupe de réflexion clandestin qui représente un effort renouvelé pour neutraliser les éléments de gauche dans leur parti PSC. Vankerkhoven était de nouveau l'un des co-fondateurs.

· En 1973, les fascistes des clubs NEM ont fondé leur propre groupe paramilitaire militant: Front de la Jeunesse (FJ). Francis Dossogne, conseiller rémunéré du Baron de Bonvoisin, est nommé à la tête de FJ.

· Le Bureau de l'information du public (BIP), un groupe conjoint de renseignement privé-militaire dirigé par le major Jean-Marie Bougerol, a été fondé en 1974. Bougerol était membre du SDRA8, Sabotage, sauts parachutistes et opérations maritimes. Il donna des ordres au chef du Front de la jeunesse, Francis Dossogne. Vanden Boeynants et Baron de Bonvoisin avaient été responsables de la nomination de Bougerol et on les retrouvait souvent au siège de BIP. Pour montrer combien il était fasciste, Bougerol a voyagé avec le directeur du CEPIC Bernard Mercier en Espagne en 1975 pour assister aux funérailles de Franco. [225]

· En 1977, le BIP recrute Paul Latinus [226], un nazi qui à son tour avait été recruté par l'Agence américaine de renseignement de la défense (DIA) en 1967 et avait ensuite été formé par l'OTAN. [227] Sa carrière a été stimulée par des lettres de recommandation de plusieurs directeurs du CEPIC. En 1978, il est devenu membre du Front de la Jeunesse et, en 1981, après que les activités du Front furent exposées, il fut autorisé par Dossogne à créer une autre milice nazie: le Westland New Post. Le chef de la sécurité du WNP est devenu le meurtrier fasciste Marcel Barbier [229], un employé de Wackenhut. [230]

Une section du Front de la Jeunesse était nommée Groupe G et se composait uniquement de gendarmes. Paul Latinus (nazi, recruté par la DIA en 1967, 17 ans, formé par l'OTAN, lieutenant de réserve auprès de l'armée de l'air, informateur rémunéré de la sécurité de l'État, recruté comme agent de renseignement par l'OIP en 1977, recommandé partout par la direction du CEPIC, membre du Front de la Jeunesse, fondateur Westland New Post (WNP) en 1981, nommé comme l'un des dirigeants du Groupe G, suicidé en 1984), le commandant Léon François (invité par le CID de l'armée américaine en 1969; Par la DEA, reçu par le président Nixon, secrétaire de l'Association internationale contre la drogue, a fondé le Bureau national des drogues (NBD) de la gendarmerie au cours de la période 1972-1975 avec Paul VdB Vanden Boeynants et le soutien initial de la CIA, , Toujours présent à la frontière quand un nouveau grand envoi de marihuana et de cocaïne de la compagnie de VdB a été introduit clandestinement en Belgique, le principal membre du Groupe G, subversif et fasciste, avec l'agent DEA Frank Eaton, a fourni au chef de la CIA en Belgique des renseignements sur les gauchistes et d'autres groupes dissidents; Accusé en 1990 par la prostituée Maud Sarr de s'être impliqué dans des orgies avec des mineurs, avec Paul Vanden Boeynants et Jean Depretre (tous deux accusés par d'autres sources également); Un de ses successeurs au NBD, le général Beaurir a également été accusé de pédophilie et faisait également partie du cercle CEPIC), l'agent de la DEA Frank Eaton (son ami, pilote et agent de la DEA, Jean-François Buslik, était lié avec son ami Madani Bouhouche à un certain nombre d'assassinats), Martial Lekeu, Bernard Devillet (ancien officier de la gendarmerie et ami de Lekeu, policier judiciaire, protégé par Reyniers, Marnette et Dejemeppe dès qu'il a été interrogé sur son implication dans le groupe G) et Didier Mievis (Agent de la BOB recruté pour le Front de la Jeunesse de Dossogne, présent aux camps d'entraînement de la FJ). Le groupe G faisait partie d'une opération plus large pour infiltrer et subvertir l'Etat belge. Des cellules compartimentées semblables étaient situées dans l'armée, l'Université Libre de Bruxelles (ULB), l'École militaire royale, la Légion mobile, l'Escadron d'intervention spéciale (Groupe Diana), la section des stupéfiants de la BOB et différentes autres branches de la Gendarmerie. Il y a très peu d'informations disponibles sur tous ces groupes. [231] En plus de ses efforts pour infiltrer l’éxécutif judiciaire et l’Armée, le Front de la Jeunesses a également organisé des camps d'entraînement dans les Ardennes. Fasciste comme Jean-François Calmette (a rejoint l’OAS terroriste qui a tenté d'assassiner de Gaulle et déstabiliser l'Algérie, instructeur d'autodéfense des recrues du Groupe Diana, directeur de Wackenhut Belgique jusqu'en 1981, chef de la sécurité du bal annuel de la CFP en 1980 , dirigé par Paul Vanden Boeynants à l'époque, membre du Westland New Post), le directeur local suivant de Wackenhut qui a également recruté Barbier, étaient instructeurs dans ces camps.

Le réseau fasciste que Vanden Boeynants, de Bonvoisin et ses collaborateurs avaient soigneusement construit devait, en mai 1981, faire l'objet d'un coup sévère, lorsque des extraits d'un mémoire confidentiel de la Sécurité de l'Etat furent publiés par De Morgen. Le mémo explique le rôle du CEPIC, et plus particulièrement du Baron de Bonvoisin et de Jean Bougerol, dans la culture d'un réseau secret fasciste en Belgique.

Bien que la publication de ce mémo ait mis fin à la carrière publique du Baron de Bonvoisin et ait entraîné la dissolution du CEPIC, le réseau souterrain fasciste est resté opérationnel. Il serait lié aux violents braquages du gang de Nijvel de 1982 à 1985 (affaire des « tueurs du Brabant ») et aux attentats des Cellules Communistes Combattantes (CCC) en 1984 et 1985. Plusieurs hommes de ce réseau fasciste donneront quelques indications sur la façon dont leur opération clandestine a été utilisée par des inconnus placés plus haut dans leur hiérarchie, dont au moins l’un d'entre eux était issu des renseignements américains.

« Vers 1981, Paul Latinus a témoigné plus d'une fois qu'il travaillait pour les services de renseignement américains et son assistant, Marcel Barbier, a affirmé travailler pour une organisation internationale dont il ne voulait jamais donner le nom ... De plus, Paul Latinus a témoigné en 1983 que son organisation, le WNP, à laquelle appartenaient Libert, Barbier et d'autres, travaillaient pour un pouvoir allié anonyme et contrecarraient l'infiltration soviétique en Belgique. » [233]

 

Michel Libert, membre du WNP, a déclaré:

«On a reçu des ordres, on peut revenir vers 1982. De 1982 à 1985. Il y a eu des projets.

 

[On me dit] Vous, monsieur Libert, vous ne savez pas pourquoi vous faites cela, rien du tout. Tout ce que nous vous demandons, c'est que votre groupe, avec la couverture de la gendarmerie, avec la couverture de la sécurité, fasse un boulot pour nous. La cible: les supermarchés. Où se trouvent-ils ? Quels types de serrures y-a-t-il dans ces endroits ? Quelle sorte de protection ont-ils qui pourraient interférer dans nos opérations? Est-ce que le gestionnaire du magasin se verrouille dans son bureau en cas d’alerte ? ou utilise-t-il une entreprise de sécurité extérieure ?

 

« Nous avons exécuté les ordres et envoyé nos rapports: Horaires d'ouverture et de fermeture, et tout le reste; tout ce que vous voulez savoir sur un supermarché ... Tout ça pour quoi faire ? C’était l’une de nos missions parmi des centaines d’autres. » [Indique clairement la bande de Nijvel] [234]

 

Martial Lekeu était une autre personne qui donnait certains détails. Il avait été l'un des premiers membres du Groupe G et était un bon ami du commandant Léon François et de Paul Latinus. Il a donné ses informations en 1985 après avoir fui aux États-Unis:

«Quand je suis entré dans la Gendarmerie, je suis devenu un fasciste dévoué. Au Groupe Diana, j'ai appris à connaître des gens qui avaient les mêmes convictions que moi.

 

Au cours des rassemblements du Front, un plan a été élaboré pour déstabiliser la Belgique et la préparer à un régime non démocratique. Ce plan se composait de deux parties: un terrorisme politique cellulaire et un gangstérisme cellulaire. J'ai travaillé dans le gangstérisme cellulaire. J'étais l'un des spécialistes qui ont dû former de jeunes gens avec des penchants de droite, pour les pétrir en un gang bien préparé à faire quoi que ce soit. Après cela, j'ai dû rompre tous les contacts avec eux, afin qu'ils puissent exister en tant que groupe indépendant et faire des braquages sans qu'ils se rendent compte qu'ils faisaient partie d'un complot bien planifié …

 

"Ils avaient deux plans: le premier était d'organiser des gangs pour faire de la prise d’otages, et vous savez, les tuer. Le second était d'organiser le soi-disant " mouvement de gauche " qui ferait des tentatives d’attentats juste pour faire croire, vous voyez ? Faire croire à la population que ces tentatives terroristes ont été faites par la gauche. » [235]

 

À l'instar de Libert, Lekeu insistait fortement sur l'implication de l’underground fasciste dans l'affaire du gang de Nijvel, une série de braquages violents survenus entre décembre 1982 et novembre 1985. Par pure coïncidence (!), au cours de ces braquages, plusieurs individus qui peu de temps avant avaient fait partie du CEPIC, avaient informé des personnes au sujet d'un plan pour subvertir l'état, ou avaient eu partie prenante dans des orgies sexuelles avec des mineurs, furent abattus. [236] Bien que jamais poursuivi, la personne la plus gravement impliquée dans cette affaire fut le fasciste Jean Bultot.

Contre les conseils de la Sécurité de l'Etat, Bultot avait été nommé directeur adjoint de la prison de Sint-Gillis à Bruxelles. Il a agi comme une liaison entre plusieurs prisonniers nazis et le réseau secret fasciste belge, pour lequel il aurait fait quelques recrutements. Parmi ses amis se trouvaient Francis Dossogne, chef du Front de la Jeunesse, et Jean-Paul "Pepe" Derijcke, propriétaire du club fasciste « Jonathan », fréquenté par des hommes comme Madani Bouhouche et Jean-Francis Calmette. Par coïncidence (!), Derijcke était associé de Jean-Michel Nihoul. Ils avaient aussi le même passe-temps: faire du chantage aux gens.

Quant à Bultot ayant été impliqué dans l'affaire du Gang de Nijvel; Quand une voiture volée et incendiée appartenant à la bande de Nijvel fut retrouvée sur un bord de route, les détectives ont également trouvé un morceau de papier calciné avec l'écriture de la petite amie de Bultot, Claudine Falkenberg. À cette époque, Falkenburg travaillait au ministère de Cécile Goor, un ancien membre du CEPIC alors démantelé. Le morceau de papier était un fragment d'un discours de février 1984 que Bultot avait donné au club de Triton lors d'un concours de tir qu'il avait organisé. Cet événement avait été parrainé par Cécile Goor, par le secrétaire d'Etat Pierre Mainil (également membre du CEPIC) et le département culturel de l'ambassade des États-Unis à Bruxelles. En ce même mois, également au Triton, Bultot avait donné une démonstration aux fonctionnaires, aux agents de la force publique et aux agents de renseignement pour l'utilisation du kevlar dans les portes des voitures. Par coïncidence (!), des traces de kevlar ont été trouvées dans les portières de la voiture incendiée. Ces pistes n'ont jamais été poursuivies. [237]

Lors d'une fouille chez Bultot, les inspecteurs ont trouvé le numéro de téléphone du docteur Pinon dans son carnet d'adresses. Personne ne sait avec certitude ce qu'il a fait là-bas, mais il semble que le dossier Pinon soit devenu, à terme, un dossier de chantage corrompu pour Bonvoisin et ses amis fascistes. [238] Après que Bultot eut fui au Paraguay en 1986, à la suite du meurtre de Juan Mendez (signé Bouhouche), il décida de parler. La première chose qu'il a prétendu, c’était que les rumeurs d'implication de personnalités haut-placées dans l'affaire du Gang de Nijvel et l’étouffement subséquent de l’affaire étaient corrects. Puis la désinformation entra en jeu: la Sécurité de l'Etat (l'ennemi de Bonvoisin et Bultot) était en embuscade. Bultot conseilla alors au magistrat Freddy Troch de rouvrir l'affaire Pinon. Une chose est sûre, beaucoup de politiciens et de magistrats n'auraient pas apprécié cela.

Un élément de preuve dans le cas du gang de Nijvel qui n'est pas directement lié à Bultot, c'est que les munitions utilisées par les braqueurs étaient propres à l'escadron d'intervention spéciale (groupe Diana). De plus, lors d'un des braquages, les membres du gang ont utilisé une tactique seulement observée dans des forces de police spéciales comme le groupe belge Diana, ce qui pourrait pointer des liens vers le Front de la Jeunesse et sa filiale du Groupe G.

Mais le Front n'a-t-il pas été dissout en 1981 après le mémo de la Sécurité de l'Etat ? Eh bien, c'était le cas, mais on sait que Westland New Post, sous la direction de Latinus est resté en existence jusqu'en 1984. Et comme Dossogne, Latinus a pris des ordres de Jean Bougerol et son groupe de renseignement BIP, voire directement le DIA. [239]

Comme le Front de la Jeunesse, le BIP a officiellement été dissous en 1981. Cependant, Bougerol et son groupe n'ont pas disparu. Le BIP a été absorbé dans une entité complètement privée nommée l'Institut européen de gestion (IEG). Bougerol n'a été suivi que par l'ambassadeur de longue date Douglas MacArthur II [240], neveu du fameux général et, à cette époque, très proche ami et associé d'affaires du révérend Sun Myung Moon (chef de la secte Moon). [241] Comme le BIP avait contrôlé le Front de la Jeunesse, IEG était resté en contrôle de Westland New Post et probablement plusieurs autres aspects de la souterraine fasciste. Marcel Barbier, responsable de la sécurité de WNP, a rejoint IEG. [242] Tout aussi intéressant, le colonel de gendarmerie René Mayerus est devenu administrateur-directeur de l'IEG. [243] Mayerus avait été co-fondateur de l'escadron d'intervention spéciale (groupe Diana), et était une connaissance étroite de Jean Bougerol, sans parler des membres de WNP Bouhouche et du directeur de Wackenhut, Calmette. [244] Il envoyait les gens à la recherche d'un expert en sécurité vers le dirigeant de WNP, Paul Latinus. [245] Après sa retraite, Mayerus fut soupçonné d'avoir espionné la BOB à Bruxelles pour IEG et d'avoir recruté Bougerol dans IEG. [246]

Si ce n'est pas suffisant pour que quelqu'un s'intéresse au moins aux liens entre la gendarmerie, l’underground fasciste, le BIP-IEG et le gang de Nijvel, considérez également que 11 mois avant le premier casse du gang de Nijvel, Bouhouche avait été totalement Impliqué (mais non poursuivi) dans le cambriolage de l’armurerie du groupe Diana dans lequel deux douzaines des plus récents modèles de fusils et pistolets ont été volés. Bouhouche et Bultot se connaissaient bien à l'époque, car ils étaient tous deux des membres éminents de l’Association belge pour la pratique du tir; Certains des concours de tir qu'ils ont organisé ont inclus le thème 'panique dans l'entrepôt'. [247]

Comme vous pouvez le voir, ce n'est pas vraiment une surprise que Bultot et Bouhouche ont toujours été les principaux suspects des chercheurs alternatifs dans l’affaire du Gang de Nijvel. Les enquêteurs officiels, au cours des premières années d'examen du magistrat Jean Depretre et de son commandant Duterme, ont conclu qu'il n'y avait aucun lien avec un réseau secret fasciste. Mais quelle légitimité ont réellement leurs affirmations ? Depretre avait déjà été accusé d'avoir étouffé l'affaire Montaricourt-Israël et peu de temps après d’avoir inutilement attiré l'attention sur le dossier Pinon. [248] En 1996, X2 l'a accusé d'avoir fait partie du réseau d'abus sexuels sur les enfants. [249] Maud Sarr avait déjà mentionné son nom en 1990. [250] Le commandant Duterme est devenu célèbre pour avoir joué un rôle clé dans la démantelement de l’enquête des Dossiers-X.

Shéma : Structure partielle du projet de subversion de l’état Belge dans les années 70/80

Le père du baron Benoit de Bonvoisin, Pierre, a visité la première conférence de Bilderberg,

avec Paul van Zeeland. Une ligne régulière indique une interaction, une flèche à la fin une influence significative du sommet vers la base. Les liens de la CIA sont expliqués dans l’article sur le Conseil de sécurité américain.

À présent, il devrait être évident que les dirigeants du CEPIC ont joué un rôle clé dans tout l'effort de subversion de l'Etat belge. Il n'est pas surprenant que les directeurs du CEPIC aient non seulement beaucoup interagi avec le BIP et l’underground fasciste, mais ils avaient aussi de nombreux liens avec le renseignement étranger.

Le directeur du CEPIC, Jo Gérard, qui avait relancé le PSC avec Vanden Boeynants après la deuxième guerre mondiale, avait conçu un complot d'assassinat contre Lumumba, peu de temps après que le Congo eut obtenu l'indépendance par la Belgique. Son plan fut annulé après qu'il eut été décidé que la CIA devrait prendre le relais. [251]

Le directeur du CEPIC, Paul Vankerkhoven, avait créé la branche belge de la Ligue Internationale de la Liberté (anti-communiste) et était en contact étroit avec la CIA, la DIA, le réseau de l'OTAN et les Moonies du révérend Sung Myung Moon. En plus d’être le co-fondateur du Cercle des Nations et de l'Institut Européen de Développement, il a également été secrétaire général du CEDI d'Otto von Habsburg, ce qui fait de lui un acteur majeur du réseau du renseignement Vatican-Paneuropa. [252]

Le directeur du CEPIC, Bernard Mercier, avait de nombreuses connexions dans le renseignement. À Bruxelles, il avait fourni au WNP un appartement pour loger des militants et conserver des dossiers sensibles. Mercier était un bon ami du chef du BIP Jean Bougerol. En 1975, ils avaient été ensemble aux funérailles de Franco, le dictateur fasciste en Espagne. Mercier avait également régulièrement rencontré à Bruxelles un certain nombre de « membres d'agences de renseignement étrangères » et, comme Vankerkhoven, il est connu pour avoir été en contact avec des représentants belges d'Aginter Press, le réseau portugais « stay-behind » mis en place et contrôlé par la CIA. [253] Aginter Press avait été fondée par Yves Guérin-Sérac, proche associé d'Otto Skorzeny et de Stefano Delle Chiaie, deux acteurs majeurs de l’underground fasciste en Europe. Serac avait été l'un des fondateurs de l'OAS terroriste qui avait tenté d'assassiner De Gaulle et de prévenir l'indépendance de l'Algérie (rappelez-vous Calmette de FJ, WNP et Wackenhut, qui avait commencé sa carrière à l’OAS?).

En mai 1974, un certain nombre de documents avaient été récupérés dans un quartier général abandonné à la hâte par Aginter Press. Sur un de ces documents, on peut trouver un texte en accord parfait avec les paroles de Martial Lekeu et Michel Libert, sans parler de nombreuses autres déclarations d'individus autrefois connectés aux réseaux fascistes de « stay-behind ».

« Deux formes de terrorisme peuvent provoquer une telle situation: le terrorisme aveugle (massacres indiscriminés qui causent un grand nombre de victimes) et le terrorisme sélectif (éliminer des personnes sélectionnées). Cette destruction de l'État doit être menée autant que possible sous le couvert des « activités communistes ». Ensuite, nous devons intervenir au sein de l'armée, du pouvoir juridique et de l'Église pour influencer l'opinion populaire, suggérer une solution et démontrer clairement la faiblesse de l'appareil juridique actuel ... L'opinion populaire doit être polarisée de telle sorte que nous soyons présentés comme le seul instrument capable de sauver la nation. Il est évident que nous aurons besoin de ressources financières considérables pour mener de telles opérations. » [254]

 

Le fondateur et trésorier du CEPIC, le baron de Bonvoisin, a également eu sa part de relations dans le renseignement. Comme mentionné, Francis Dossogne et son Front de la Jeunesse étaient entièrement dépendants de son argent. À la fin de 1975 ou au début de 1976, de Bonvoisin a accueilli une réunion dans son château où les principaux militants fascistes de Belgique, d'Italie, de France, de Grande-Bretagne et d'Espagne se sont rencontrés. [255] Comme Mercier et Vanden Boeynants, de Bonvoisin pouvait régulièrement être trouvé au siège du BIP. De plus, son ami et conseiller en sécurité André Moyen, qui a soutenu sa campagne contre les Dossiers-X, était un acteur important du réseau « stay-behind ». De Bonvoisin a non seulement déclaré qu'il a travaillé avec le renseignement américain, Paul Vanden Boeynants et le supérieur principal de Jean Bougerol (le général Roman) dans la lutte contre la subversion soviétique, mais aussi que ses amis américains étaient en grande partie responsables de la démission de son ennemi atavique, l’anti-fasciste chef de la sécurité d'Etat.

 

« En plus de son rôle politique au sein du CEPIC, Benoît de Bonvoisin a exercé une influence au Zaïre, en premier lieu dans la lutte contre le communisme, puis dans la lutte contre la corruption, avec des amis de l'administration américaine. Van den Boeynants assigna le Général Roman et Benoît sur un certain nombre de missions afin de contrer l'influence soviétique en Belgique ... Grâce à un certain nombre de personnes avec lesquelles il était en contact aux États-Unis et en France, B. de B a jugé nécessaire d'essayer de placer les services de renseignement belges sous contrôle démocratique, ce qu'il considérait comme urgent, puisqu'il s’agissait du seul service secret à échapper au contrôle ... [raille Albert Raes, chef du renseignement belge] En grande partie à cause de B. de B, Raes a été contraint de démissionner en 1990 ... B. de Bonvoisin était hautement considéré par le chef des services secrets français, Alexandre de Marenches, mais ce dernier n'avait aucune estime pour Albert Raes ... [raille Raes un peu plus] ... Il [Raes ] a essayé d'associer B. de B à l'extrême droite, truc souvent utilisé par les services secrets soviétiques ... Le professeur Lode Van Outrive a conclu que: « Plusieurs fois, les Américains ont essayé de convaincre Raes de se concentrer avant tout sur le bloc des pays de l'Est, alors qu'il semblait plus intéressé à cibler les mouvements d'extrême-droite. Cela a clairement dérangé les Américains qui l'ont amené à démissionner. »[257]

 

Il existe de nombreux liens entre le fascisme et le renseignement belges. Le tableau suivant résume ces liens. Vous trouverez plus d'informations dans l'annexe des accusés.

Nom En Belgique À l’étranger
Marcel Barbier WNP; IEM Wackenhut; OTAN
Baron de Bonvoisin CEPIC; FJ; BIP; Forces spéciales belges Avec les renseignements américains au Congo et ailleurs
Major Jean Bougerol SDRA8; BIP; IEM OTAN
Jean-François Buslik Impliqué dans la souterraine fasciste et le groupe G DEA
Jean-Francis Calmette FJ; WNP OAS; directeur belge de Wackenhut
Claude Dery SDRA8; BIP; impliqué avec fascistes et ordres templiers OTAN
Frank Eaton Groupe G DEA
Cmd. Léon François Groupe G Armée US; DEA
Jacques Jonet MAUE; affaire Pinon Aginter Press; réseau Habsburg
Eric Lammers WNP; arrêté avec de la pédopornographie sur son ordinateur Wackenhut
Paul Latinus BIP; FJ; WNP DIA; OTAN
Emile Lecerf Chef du NEM; organisateur de rencontres fascistes avec de Bonvoisin Conseiller de Vankerkhoven à la WACL
Douglas MacArthur II IEM; Banque Lambert OTAN (SHAPE et SHÆF); Département d’état; CFR; Moonies
Col. Rene Mayerus Groupe Diana; IEM sous MacArthur II IEM sous MacArthur II
Bernard Mercier CEPIC; WNP Aginter Press; régime de Franco; rencontres avec agents étrangers à Bruxelles
Andre Moyen « Stay-behind » de l’OTAN; ami avec de Bonvoisin « Stay-behind » de l’OTAN
Paul Vanden Boeynants CEPIC Associé de Adnan Khashoggi dans les années 1970s et 1980s [258]
Paul Vankerkhoven CEPIC Aginter Press; WACL; réseau Habsburg
Nom En Belgique À l’étranger

Le réseau des Habsbourg dans ce tableau est une référence au rôle central de cette personne dans la mise en place et l'exécution de ce que l'auteur a étiqueté le « réseau Vatican-Paneuropa ». Outre les branches nationales de l'Opus Dei et des Chevaliers de Malte, en Belgique, ce réseau comprenait des organisations comme le Mouvement d'Action pour l'Union Européenne (MAUE), l'Institut Européen de Développement, l'Académie Européenne des Sciences Politiques , L'Ordre du Rouvre, la Ligue Internationale de la Liberté (WACL) et le Cercle des Nations. Toutes ces organisations avaient des membres en commun et étaient reliées à d'autres organisations également réactionnaires dans toute l'Europe catholique. L'une des branches les plus importantes de ce réseau extrêmement anticommuniste est le groupe de discussion privatisé, orienté renseignement, « Le Cercle » qui, depuis plus de 50 ans, rassemble des individus douteux reliés à des agences de renseignement européennes et américaines (dont Casey et Colby de la CIA, appartenant respectivement aux Chevaliers de Malte et à l'Opus Dei). Il a été créé par le Premier ministre français Antoine Pinay et l'agent de renseignement fasciste Jean Violet dans les années 1950. Otto von Habsburg a agi en tant que sponsor de Violet. [259]

Il est intéressant de noter que Violet a été membre du Cercle des Nations, où il a rencontré des hommes comme le baron de Bonvoisin, Paul Vanden Boeynants, Paul Vankerkhoven, la famille de Merode, l'avocat Jacques Jonet et d'autres radicaux anticommunistes. [260] Ce n'est sans doute pas surprenant d'apprendre alors que la plupart, sinon la totalité, de ces hommes, y compris Violet, appartenaient à l'Opus Dei et aux Chevaliers de Malte. [261] On sait aussi que Violet, Vankerkhoven et Jonet ont travaillé en étroite collaboration avec Otto von Habsburg. [262] Mise à jour: Avec Violet et Habsbourg, le baron de Bonvoisin, Paul Vankerkhoven et Jacques Jonet ont visité le groupe CIA du « Cercle ».

L'Opus Dei est apparu plus d'une fois au fil de l'histoire des conspirations belges. Les officiers de la BOB, Gerard Bihay et Guy Dussart, ont informé les enquêteurs du Congrès lors d'une séance à huis clos qu'ils avaient reçu des informations de deux nobles appartenant à l'Opus Dei. Ces deux personnes ont informé les officiers qu'au moins 9 membres de l'Opus Dei étaient impliqués dans un plan de subversion de l'Etat belge. Plusieurs réunions entre les conspirateurs, dont le général de gendarmerie Fernand Beaurir (accusée d'inceste et de pédophilie) et Paul Vanden Boeynants, auraient eu lieu au château de Dongelberg, une retraite de l'Opus Dei. [263] Fait intéressant, en 1996, les témoins-victimes X2 [264] et Nathalie W. [265] ont mentionné Dongelberg dans leurs témoignages, en s’y référant comme à un lieu où les enfants avaient été abusés par les membres du réseau. X4 a témoigné que des membres de l'Opus Dei avaient été parmi ses clients les plus sadiques. [266]

En plus de Bonvoisin et Vanden Boeynants, X1 a également donné les noms et des détails sur d'autres personnes qui ont joué un rôle clé dans le réseau fasciste décrit ci-dessus. De Baets et Hupez avaient reçu des piles de notes privées de X1 qu'elle avait écrites jusqu'à 6 ans avant l'affaire. Dans l'une de ces notes, qui, dans ce cas particulier, aurait pu être écrite après l'éclatement de l'affaire Dutroux, X1 a décrit comment elle avait été violée par un «officier de gendarmerie» qui portait toujours des lunettes de soleil brun foncé. Elle se souvient aussi avoir vu cet officier de gendarmerie dans le magazine Humo plusieurs années avant son témoignage. De Baets a immédiatement pensé à Madani Bouhouche, et comme il avait déjà des soupçons sur les liens avec les anciens dossiers du Gang de Nijvel, il a rassemblé des photographies de gendarmes soupçonnés d'avoir joué un rôle dans cette affaire.

On a présenté à X1 40 photographies, certaines montrant de vrais suspects, d'autres provenant de dossiers non liés. [267] Après une autre longue et psychologiquement difficile session, X1 avait sélectionné 8 images. Trois des hommes sélectionnés ont été clairement identifiés, car ils n'ont jamais été liés à l'extrême droite ou à la bande de Nijvel et avaient été ajoutés à la collection sans aucune raison spécifique. Quatre autres identifications faites par X1 se sont révélées beaucoup plus intriguantes. L'un des hommes désignés était la personne que De Baets soupçonnait déjà: Madani Bouhouche. Les autres étaient l'ancien officier de la gendarmerie Christian Amory, le gendarme Gérard Lhost et le colonel René Mayerus. [268] D'après les auteurs de "Les Dossiers-X":

« X1 a identifié Madani Bouhouche comme le conducteur très violent de la BMW qui l'a prise à l'usine et Christian Amory comme une sorte de garde-chiourme qui l'a amené elle et ses camarades d’infortune dans des studios d'enregistrement ou bien des parcs où des hommes plus âgés abattaient des enfants après les avoir chassés. L'un des colonels appartenait à ce groupe, dit X1. Son récit sur ce genre de parties de chasse agrémentées de gibier humain, dont X2, X3, X4 et Nathalie W. parlent elles aussi, est de loin la section la plus controversée de son témoignage. Un des individus qui a été reconnu était un chauffeur dans un service [le groupe Diana] qui était dirigé par Lhost et était en possession de lourdes BMW noires [Déjà précédemment signalées par X1]. » [269]

"L'usine" dont X1 a régulièrement parlé (voir ci-dessus) était un endroit, où en plus de mauvais traitements réguliers, des films de « snuff » ont été tournés. Le chauffeur privé de Vanden Boeynants, Henri Bil, le baron de Bonvoisin, Annie Bouty, Michel Nihoul, Tony, l'ancien avocat Michel Vander Elst, l'ancien Premier ministre Wilfried Martens, le juge d'instruction Melchior Wathelet et l'avocat Jean-Paul Dumont sont apparemment tous allés à l'usine d'ASCO y torturer et abuser des enfants. [270] En novembre 1996, X1 a emmené les enquêteurs à l'endroit qu'elle avait décrit. À son arrivée, il s'est avéré que le témoin avait parlé de l'usine ASCO, située juste à l'extérieur de Bruxelles. La description qu'elle en avait donnée correspondait et, par coïncidence (!), ASCO était (et est toujours) la propriété de la famille Boas, qui étaient autrefois des amis proches et des partenaires commerciaux de feu Paul Vanden Boeynants. [271] X1 a mentionné avoir vu un "Roger" [272] à l'usine, apparemment le chef de la famille Boas qui était membre du CEPIC et du Cercle des Nations.

Oui, même Madani Bouhouche et quelques-uns de ses associés sont apparus dans les Dossiers-X, et pas dans les parties les plus tendres non plus. Comme Bouhouche prenait ses ordres de la WNP et du FJ, qui sait jusqu’où les choses pouvaient aller. Les accusés Baron de Bonvoisin et Paul Vanden Boeynants contrôlent ces réseaux du côté belge / européen. Les contrôleurs américains étaient la CIA, DIA, DEA et Wackenhut.

Voici une description plus détaillée des hommes désignés par X1:

Bouhouche était étroitement associé au Groupe G, au Front de la Jeunesse, au Westland New Post et au Groupe Diana. Il a été accusé d'avoir participé à un certain nombre d'assassinats et de cambriolages. En 1979, Bouhouche a commencé les préparatifs d'une opération à long terme pour terroriser la population belge et braquer un certain nombre de supermarchés. Parmi les complices de cette opération, on peut citer Robert Beyer (Bob), Christian Amory (BOB), René Tchang Wei Ling (frère d'un important officier de la BOB), Juan Mendez et apparemment aussi Jean Bultot [273]. Ce groupe est largement considéré comme ayant eu quelque chose à voir avec le gang de Nijvel. Qu'il en soit ainsi ou non, leur opération a été annulée en 1986 après que Bouhouche ait été arrêté sur des soupçons d'avoir assassiné Juan Mendez. Confronté aux témoignages de Christian Amory, Bouhouche admis devant ses interrogateurs que le recrutement de Mendez avait été une mission qui lui avait été confiée par la direction du WNP et qu'il y avait un motif politique derrière les attaques qu'ils avaient planifiées (ou, s’ils se trouvaient derrière le Gang de Nijvel, pourraient effectivement avoir été réalisées). [274]

De plus, Bouhouche semble avoir été étroitement associé à Michel Nihoul. Il fréquentait le « Jonathan » un club fasciste dont le propriétaire, Pepe De Rycke (suicidé en 2001) était en bons termes avec Nihoul. [275] Ensemble avec Beyer et Bultot ils fréquentaient aussi le prestigieux « dancing Mirano », où Nihoul avait également ses habitudes. [276] « Le Mirano » est devenu le centre d’un scandale en rapport avec la drogue dans les années 80, mais les accusations portées contre son propriétaire, Philippe Cryns, qui le désignaient comme le dirigeant d’un réseau de prostitution d'enfants ont été soigneusement ignorées par les magistrats. [277] Lorsque Bouhouche est arrêté en 1986, il choisit Jean-Paul Dumont comme son représentant légal. Dumont, ancien membre du conseil du CEPIC, était en contact étroit avec Nihoul, représentait des fascistes de premier plan comme Francis Dossogne et Paul Latinus, partageait un cabinet d'avocats avec Alexis Alewaeters (du scandale du Mirano) et Marc Dutroux. [278] Comme on l'a déjà mentionné, Dumont lui-même a été accusé à plusieurs reprises d’avoir infligé des sévices à des enfants. En 1996, X2 a témoigné qu'elle avait vu Bouhouche au Dolo, le lieu préféré de Nihoul, parler à Henri Bil (le confident et chauffeur privé de Vanden Boeynants), X1 a prétendu que Bil était l'un de ses agresseurs qui venaient parfois la chercher avec Tony pour abuser d’elle à ASCO) et être impliqué avec certains des pédo-criminels de cette nébuleuse. [279]

Christian Amory était un officier de gendarmerie dans la section BOB et faisait partie du groupe criminel nazi de Bouhouche devant mener une campagne de terreur en organisant des massacres dans les supermarchés. Il a travaillé dans la cellule wallonne-brabançonne qui a enquêté sur le gang de Nijvel et deviendrait plus tard un des principaux suspects dans cette affaire. Avec le nazi Jean-Francis Calmette, il a été associé à la firme mercenaire « Contact » à Bruxelles. Il est intéressant de noter qu'en 2003, Amory a été poursuivi avec le baron Benoit de Bonvoisin et Pierre de Bonvoisin pour avoir forgé de faux-documents du KGB pour prouver une « vaste conspiration de gauche » contre Bonvoisin impliquant la sécurité d'Etat. [280]

Nous avons parlé de Mayerus plus tôt. Il était directeur administratif de l'EIM sous MacArthur II, avait été co-fondateur du groupe Diana et était un ami de Madani Bouhouche, Jean-Francis Calmette (OAS, Groupe Diana, Front de la Jeunesse, WNP , Wackenhut, etc.) et le chef du BIP Jean Bougerol. Il était l'un des suspects les moins bien connus dans l’affaire du gang de Nijvel et il restait largement inconnu du public.

Le colonel de gendarmerie Gérard Lhost, un autre suspect assez méconnu dans l’affaire du gang de Nijvel, a été chef du groupe Diana au début des années 1980. Au début de 1982, Lhost utilisa son autorité pour acquérir le contrôle de l'enquête sur le vol d'armes au groupe Diana, dont Bouhouche était le principal suspect. En avril, Lhost avait effectivement enterré l'enquête. Les collègues l'ont accusé d'ignorer les pistes conduisant vers l'extrême droite. Lhost connaissait en fait beaucoup de fascistes des cercles du Front de la Jeunesse, et quand il a quitté la gendarmerie en 1985, il a rejoint le Bureau de la sécurité de la Commission européenne. Là, Il fit équipe avec des fascistes comme Pierre Eveillard (a travaillé dans le cabinet de Paul Vanden Boeynants, son frère Christian était un commissaire de police à Etterbeek qui a protégé et fréquenta le tristement célèbre club « Le Dolo »), Robert Thomas (spécialiste de la violence en politique; a dirigé sa propre agence de renseignement, forma des membres d'organisations nazies comme Front de la Jeunesse et Westland New Post) Roland Maffioli (ex-membre de la section politique de la BOB de Bruxelles, qui a contribué à l'infiltration du néo-nazi Paul Latinus au sein du Service de sécurité de l'Etat) et plusieurs autres. [281]

Même s'il y a beaucoup de raisons de se méfier de ces hommes, il faut se rappeler que les accusations contre Mayerus, Lhost, Amory et Bouhouche sont moins puissantes que beaucoup d'autres aspects du témoignage de X1. Bouhouche était déjà le gangster le plus célèbre de Belgique et son visage était apparu dans les médias ici et là. Et malheureusement, ni les auteurs du livre « Les Dossiers-X », ni la synthèse du dossier Dutroux, ne précisent combien parmi les 40 photos représentaient de vrais suspects. X1 a mal identifié trois, et peut-être quatre photos, ce qui au mieux nous donne un taux de précision de 60%. Même si l'on prend en compte les problèmes psychologiques que X1 avait au moment où elle a vu ces images, ou bien les problèmes qui entrent en jeu lorsqu'on essaie de reconnaître quelqu'un à partir d'une photographie (surtout quand elle est ancienne), il aurait été souhaitable que d'autres témoins X puissent confirmer plus d'aspects de cette partie de son témoignage. Toutefois, vu la façon dont l'enquête a eu lieu, il est probable que la plupart d'entre eux n'ont jamais été interrogés sur ces hommes.

Mais même sans les accusations portées contre ces quatre anciens officiers de gendarmerie, il semble que les Dossiers-X soient intrinsèquement liés à des affaires belges antérieures. Qu'il s'agisse de trafic de drogue à grande échelle, d'assassinats, de subversion de l'État ou d’opérations clandestinites, d’abus pédo-criminels ou de réseaux de films de « snuff », les mêmes personnes et organisations apparaissent à maintes reprises.

Retour sur la connexion américaine

[ Table des Matières ]

En novembre 1986, la police de San Francisco avait commencé à enquêter sur les allégations d'agression sexuelle centrées autour du Centre de développement de l'enfance de l'armée au présidium de San Francisco. Au cours de l'enquête, en août 1987, une des fillettes a rencontré son agresseur lors d'une ballade au centre commercial avec son père. Elle se figea, désigna une personne nommée lieutenant-colonel Michael Aquino, et l'a identifié comme « Mikey ». Mikey, avec l'aide d'un membre du personnel du centre, l'avait emmenée hors du site pour être maltraitée chez lui. Au cours de l'enquête qui a suivi, la jeune fille pouvait précisément situer la maison d'Aquino [282] et décrire quelques-uns des détails intérieurs. [283]

En octobre 1987, des informations sur les enfants molestés de Presidio ont défrayé la chronique dans les médias locaux et il a été rapporté qu'au moins 58 des 100 enfants qui avaient visité la garderie montraient des signes physiques et psychologiques d'abus sexuels. [284] Certains des détails qui ont été publiés étaient que les enfants avaient été torturés avec des aiguilles [285] et que certains avaient été forcés de boire de l'urine et de manger des excréments. [286] Les parents ont intenté une poursuite contre la garderie pour plus de 60 millions de dollars [287], et, avec le temps, ils ont de plus en plus affirmé qu'il y avait une dissimulation des faits. [288] Aquino fut l’objet d’une enquête pendant un certain temps, mais jamais officiellement accusé de quoi que ce soit. [289] L'affaire est morte d'une mort tranquille.

Néanmoins, le colonel Aquino était un personnage intéressant et apparemment beaucoup plus pertinent qu'on ne le pensait au départ dans l’affaire des Dossiers-X bien plus tardifs. Au lieu d'avoir un fasciste européen lié à l'OTAN et aux services de renseignement américains, voici un fasciste américain travaillant pour le renseignement américain qui fait le tour des installations de l'OTAN en Europe. Une biographie:

Juste après qu'Aquino eut terminé ses études de premier cycle en sciences politiques à l'Université de Californie à Santa Barbara, il devint un disciple d'Anton LaVey et devint un grand prêtre dans l'Église de Satan. Il est allé au Vietnam à la fin des années 1960 pour devenir un expert en guerre psychologique. [291] À un certain moment, il a servi avec les Bérets verts [292] et dans les années 1970 il a été un officier de liaison à l'OTAN dans plusieurs pays européens. [293] Lors d'une tournée en visite dans les installations de l'OTAN en Europe, Aquino a fait une escale au château de Wewelsberg, qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, était le sanctuaire occulte SS de Heinrich Himmler. Aquino a même réussi à exécuter une cérémonie satanique dans le château. [294]

En 1981, Aquino était un attaché de réserve à la « Defense Intelligence Agency » (DIA) [295] et en 1986, il détenait une accréditation de sécurité secrète tellement élevée, qu’elle n’est donnée qu’aux personnes impliquées dans des programmes qui doivent être encore plus étroitement contrôlés que les programmes secrets réguliers. Il avait apparemment besoin de cette autorisation pour suivre des études à l'Université de la Défense nationale. [296] Au moment où l'enquête contre lui a été lancée, Aquino était analyste de programme au « Army Reserve Personnel Center » à Saint-Louis. [297] Entre tout cela, il était un courtier en valeurs immobilières et un employé de Merrill Lynch. [298]

Mais ce n'était pas la dernière fois que nous entendions parler d'Aquino. En novembre 1988, des enquêteurs fédéraux ont découvert que 35 millions de dollars avaient disparu d'une caisse qui ne possédait que 2,5 millions de dollars d'actifs. Dans les semaines qui ont suivi l'affaire, la communauté locale a été inondée par les rumeurs d'un réseau de prostitution d'enfants se concentrant autour du propriétaire de la coopérative de crédit, Lawrence "Larry" King Jr., une personne avec des connexions de très haut niveau dans les cercles républicains au Nebraska et Washington DC. Le sénateur John W. DeCamp est devenu finalement la personne qui a rapporté l'histoire des témoins-victimes comme Alisha Owen, Loretta Smith, Paul Bonacci, Troy Boner et Danny King au sujet de la vie dans ces réseaux d'abus. DeCamp a écrit:

« Paul Bonacci et d'autres enfants victimes ont témoigné en profondeur sur le rôle central du lieutenant-colonel Michael Aquino dans cette toute cette dépravation. Aquino, qui aurait récemment pris sa retraite d'un rôle militaire actif, était longtemps resté le chef d'une Section de l'Armée de terre consacrée à la guerre psychologique qui s’appuyait sur son « expertise » et ses pratiques personnelles dans le lavage de cerveau, le satanisme, le nazisme, la pédophilie homosexuelle et le meurtre

 

"Paul Bonacci rapporte les activités suivantes liées au projet "Monarch", impliquant souvent son commandant à Offutt AFB, Bill Plemmons, et le lieutenant-colonel Michael Aquino ... Voyage à Dresde en Allemagne de l'Est communiste, où les armes ont été inspectées. Ici et en République fédérale d'Allemagne, le personnel du projet « monarch » était souvent néo-nazi. Ce milieu est un projet spécial du lieutenant-colonel Aquino, qui était conseiller des chefs d'état-major des États-Unis en Europe occidentale.Paul Bonacci possède une vaste expérience de la nation aryenne et d'autres cultes de la suprématie blanche ... »[299]

 

L ‘ombre du Lt.-Col. Michael Aquino, à travers le renseignement américain, l'OTAN en Europe, le fascisme et les rituels occultes nazis dans le château de Wewelsburg semble planer sur les Dossiers-X. On se demande, au cours de ses inspections sur les installations européennes de l'OTAN, s'il a rencontré des hommes impliqués dans le BIP, le Front de la Jeunesse ou le WNP, peut-être même Vanden Boeynants ou le Baron de Bonvoisin ? C'est loin d'être impossible, surtout parce que, selon le témoin-victime Paul Bonacci, le projet spécial d'Aquino en Europe était l’underground fasciste (et les réseaux « stay-behind » ?). En Belgique, qui auraient été de meilleurs représentants de cet underground que Vanden Boeynants ou le baron de Bonvoisin, ou au moins un de leurs proches collaborateurs dans l'armée ?

 

Dans son livre « The Franklin Cover-Up », DeCamp a expliqué que le projet Monarch dans certains cercles était le nom officieux d'un réseau extrème de contrôle mental (difficile de dire combien de cette information a été confirmée par son ami William Colby, l'ancien directeur de la CIA). L'idée de base était d'utiliser les personnalités « Alters » des individus souffrant de Trouble Dissociatif de l’ dentité (TDI) à des fins militaires et de renseignement. Malheureusement, les personnalités alternatives ne sont formées qu'à un âge relativement jeune et seulement sous le stress le plus extrême, de sorte que la plupart des gens ne pensent même pas à mener cette recherche. Mais les nazis ne se souciaient pas de ce genre de « détails », et c'est apparemment eux qui avaient jeté les bases de cette recherche dans certains de leurs camps de concentration.

« Un compte rendu de l'origine du projet «Monarch» a été compilé par ceux qui ont travaillé avec des enfants victimes de TDI. Les expériences nazies dans les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale auraient été au-delà des simples tortures physiques», a-t-il expliqué. Après la guerre, Allen Dulles et d'autres membres du renseignement occidental ont ramené des médecins nazis aux États-Unis. Un prisonnier du camp de concentration nommé Greenbaum, qui avait participé aux expériences pour sauver sa peau, est également fut également ramené aux États-Unis. On le connaîtrait plus tard sous le nom de « Docteur Green » [300, note importante]. Il est devenu expert en lavage de cerveau, et est largement représenté dans ces programmes avec un thème cabalistique magique distinctif.

 

« Les tueurs dans les camps nazis étaient eux-mêmes formés et organisés par des psychiatres et des eugénistes, opérant à partir du bureau « T4 ». Ces psychiatres avaient longtemps été les petits protégés des cercles de la suprématie blanche britannique et des réseaux financiers américains. Au moins certains de ces médecins nazi furent ramenés d’Allemagne sous la supervision du gouverneur de la Banque d'Angleterre, Montagu Norman, et du directeur de l'Institut Tavistock, John R. Rees, au nom du gouvernement britannique. Norman, théosophiste qui avait été chef de la faction pro-nazie d'avant-guerre en Angleterre, et Rees ont organisé des activités de propagande et de guerre psychologique à l'après-guerre, et ont créé des groupements « orwelliens » dans les domaines de la psychiatrie et de la santé mentale aux États-Unis. [301] »

 

Bien que de nombreux détails restent à préciser, la boucle est bouclée. Au cours des années 1970 et 1980, un certain nombre d'enquêteurs principalement américains ont commencé à prétendre qu'il existait un « underground » fasciste très organisé qui semblait être impliqué dans le trafic de drogue, la contrebande d'or, le trafic d'armes et d'autres activités subversives (Mae Brussel a été l'un des premiers et en a inspiré beaucoup d’autres). Les médias traditionnels ignorent généralement les allégations de ces enquêteurs, mais au début des années 1990, au cours de l'affaire du réseau « stay-behind » italien (Gladio), il est devenu évident que ces enquêteurs, au moins dans une large mesure, avaient eu raison. La raison du secret entourant ce réseau souterrain est également apparue clairement: il était finalement contrôlée par les services secrets américains.

L'affaire du réseau « Gladio » a montré que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la CIA et un certain nombre d'agences militaires ont mis en place des armées secrètes et anticommunistes dans la plupart des pays européens. Même s'il y avait beaucoup d'officiers anticommunistes dans l'armée régulière qu’ils auraient pu choisir, des nazis et d'autres fascistes (comme les pro-colonialistes) ont été nommés pour diriger ces armées clandestines à la place, ce qui sans doute avait quelque chose à voir avec toutes les opérations clandestines totalement immorales qui devaient être menées. Dans chaque pays, ce réseau contrôlé par les services de renseignement américains semble avoir reçu l'approbation de l'ancienne aristocratie pro-coloniale, généralement centrée autour d'une cour royale ou d'un certain nombre de dirigeants politiques durs.

À la suite de l'assassinat de Kennedy, un certain nombre d'Américains sont devenus sceptiques à l'égard de la CIA et ont lancé leurs propres enquêtes privées sur cette organisation. Au cours des années et des décennies suivantes, divers enquêteurs américains ont fait ressortir de plus en plus de preuves que la CIA était impliquée dans beaucoup de choses carrément immondes qui ne pouvaient pas supporter d’être exposées à l’œil du public. Comme on l'a dit, cela comprenait le recrutement de nazis, l'infiltration des médias nationaux, le trafic massif de stupéfiants et d'armes, l'organisation de coups d'État contre des gouvernements légitimes, les assassinats, les attentats terroristes sous faux drapeau et les recherches sur le contrôle mental. Certains des hommes les plus connus de la CIA (et associés) ont été Ted Shackley, le général John Singlaub, Thomas Clines, Carl Jenkins, David Morales, Raphaël Quintero, Felix Rodriguez, Edwin Wilson, Richard Armitage, Albert Hakim, Richard Secord et Oliver North. Cette liste est loin d'être complète, et comprend même les anciens directeurs de la CIA comme William Colby, William Casey et George Bush.

D'un intérêt particulier pour cet article est Edwin Wilson, qui était un membre de la "Secret Team" de Shackley. En 1980, le colonel Cutolo écrivit un affidavit affirmant que Wilson menait des opérations de surveillance de grande envergure afin de recevoir un avertissement préalable visant toute personne tentant de divulguer des informations sur les opérations de trafic de drogue de la CIA. La surveillance électronique avait été instituée contre un certain nombre de sénateurs et de membres du Congrès, de nombreux policiers, des personnalités judiciaires et des cathédrales catholiques de New York et de Boston. Outre la surveillance régulière, Wilson a également été accusé de vendre les informations sensibles qu'il avait acquises aux entreprises qui faisaient partie du complexe militaro-industriel, informations qui étaient à leur tour utilisées comme levier contre les politiciens de Washington pour obtenir des contrats. [302] Selon Frank Terpil, le partenaire commercial de Wilson dans la fourniture d’armes et de forces spéciales à Khadaffi de 1976 à 1981, Wilson a été impliqué dans les opérations de chantage.

« Selon l'ex-officier de la CIA Frank Terpil, les opérations de chantage sexuel dirigées par la CIA ont été intenses à Washington à l'époque du scandale du Watergate; l'une d'entre elles, était menée par son ancien associé, Ed Wilson. Terpil explique: « Historiquement, l'un des emplois de l'agence de Wilson était de subvertir les membres des deux partis [au Congrès] par tous les moyens nécessaires ... Certaines personnes pourraient être facilement contraintes en les amenant à vivre leurs fantasmes sexuels inavouables ... Un souvenir de ces occasions [a été] enregistré de façon permanente par l'intermédiaire de caméras sélectionnées ... Les techniciens en charge du tournage étaient de la [TSD] [Division des services techniques de la CIA] [...] Les vedettes porno involontaires ont avancé dans leur carrière politique, dont certaines peuvent encore être en poste. » [303]

 

Bien que les affirmations de Terpil soient difficiles à vérifier, c'est encore un commentaire très intéressant. Comme le révérend Sun Myung Moon et son église d'unification, Park avait des liens étroits avec l'Agence centrale de renseignement de Corée (KCIA) et plus important encore, la CIA et son réseau secret anticommuniste, fasciste et partiellement privatisé. [304] En outre, Moon et Park ont été liés à des opérations de chantage à la pédophilie aux États-Unis. Moon à travers les activités de son bras droit, le colonel Bo Hi Pak [305], et Park par le biais du premier président du « George Town Club », Robert Keith Gray.

Gray a pris de l'importance à la fin des années 1950 en tant que secrétaire du Cabinet d'Eisenhower. Après avoir quitté la Maison Blanche, il a été pendant plus de trois décennies un chef de file de « Hill & Knowlton », l'un des cabinets de lobbying (groupe de pression) les plus influents de Washington, en particulier pendant les années Nixon et Reagan. DeCamp a remarqué que Gray était "l'ami le plus proche à Washington" de Harold Anderson, une personne accusée par plusieurs témoins-victimes dans l'affaire Franklin d'être un pédophile sadique. Gray et sa compagnie étaient liés à l'affaire « Iran-Contra » et il a soutenu le prêtre catholique Bruce Ritter, qui était accusé de pédophilie. [306] Ce prêtre a travaillé en partenariat avec « Americares », qui a coordonné ses missions d'aide avec la CIA, le Vatican et l'administration Reagan. Selon DeCamp, Ritter et son organisation de jeunesse « Covenant » étaient au cœur du réseau de pédophilie qui fournissait des enfants en provenance d’Amérique du Sud. En outre, Gray était un partenaire d'affaires d'Edwin Wilson dans les années précédant l’arrestation de ce dernier pour avoir vendu des quantités massives de C4 à Khadaffi. Decamp:

« Réputé être le plus proche ami de Harold Anderson à Washington, Grey est également censé être un spécialiste des opérations de chantage homosexuel pour la CIA ... Wilson, l'associé de Gray, a apparemment obtenu le poste de collaborateur de Gray depuis les années 1950 – celui de Roy Cohn sous McCarthy, aujourd'hui mort du sida Selon l'ancien chef de la brigade des moeurs de l'une des plus grandes villes d'Amérique, « Cohn avait pour mission de fournir des petits garçons. Disons que vous aviez un amiral, un général, un congressiste qui ne voulait pas courber l’échine devant le programme Cohn avait pour mission de les mettre dans une situation vraiment très délicate, et ensuite ils filaient droit Cohn m'a dit ça lui-même »[307].

 

C'est devenu récurent dans cet article, mais Cohn, un anti-communiste sadique enragé, a également été lié à l‘underground fasciste de la CIA. Selon un reportage de 1954, Cohn et son aide David Schine avaient rencontré des membres espagnols d'un réseau secret nazi international pendant un voyage de « chasse à l’espion » en Europe. Parmi les principaux membres de ce réseau, on peut citer le colonel Otto Skorzeny, Hjalmar Schacht et Werner Naumann (ancien secrétaire d'Etat au ministère de la Propagande de Gœbbels, parmi les derniers à voir Martin Bormann). [308]

Ce n'est guère un secret aujourd'hui que Skorzeny, conseiller en sécurité de Franco et Juan Peron après la guerre, ait été en contact avec des terroristes nazis comme Yves Guerain Serac et Stefano Delle Chiaie (loge P2). La seule chose un peu bizarre dans ce reportage c’est qu'il parle d'un « underground nazi-communiste », impliquant que Naumann et ses amis subversifs étaient intéressés à travailler avec l'Union soviétique au cas où ils parviendraient à renverser le gouvernement de l'Allemagne de l'Ouest. Cela peut sembler effrayant, mais c'est aussi ridicule, car les nazis, y compris ceux d'après-guerre, étaient aussi anti-communistes qu’on pouvait l’être. Selon EIR, Cohn pourrait plus tard être trouvé au conseil d'administration de Permindex, une compagnie fasciste et liée au renseignement et à l'assassinat de Kennedy.

Paul Bonacci, l'un des témoins-victimes dans l'affaire Franklin, a également clairement déclaré que Larry King l'a utilisé dans des opérations de chantage à New York et à Washington. Ce dernier était lié aux activités d'un proche associé de Larry King, Craig Spence, qui était impliqué dans un cercle de prostitution composé de garçons mineurs qui ont été fournis à la classe supérieure de Washington, et qui remontait jusqu'à la Maison Blanche. [309] Il est intéressant de noter que c'est le « Washington Times » du révérend Sun Myung Moon qui a exposé le scandale de prostitution à la Maison Blanche en 1989.

« Craig J. Spence, un personnage énigmatique qui a organisé des soirées ébouriffantes pour les responsables clés des administrations Reagan et Bush, les vedettes des médias et les officiers supérieurs militaires, truffait les lieux de micros et de caméras pour compromettre les invités, leur fournissait de la cocaïne, fit chanter certains associés et dépensa jusqu'à 20.000 $ par mois en prostituées, selon des amis et des connaissances…

 

"Parmi les clients identifiés dans des centaines de reçus de carte de crédit obtenus par « The Washington Times » - et identifiés par des prostitués et des opérateurs d'escortes - on trouve des fonctionnaires, des officiers militaires, des hommes d'affaires, des avocats, des banquiers. L'influence de M. Spence semblait illimitée, ce qui est démontré avec justesse par sa capacité à organiser des tournées de minuit à la Maison Blanche, selon trois personnes qui ont dit avoir pris part à ces visites.

 

"Plusieurs anciens associés ont dit que la maison [de Spence] sur Wyoming Avenue était farçie de micros et recelait un miroir sans tain, et qu'il essayait de piéger ses visiteurs dans des rencontres sexuelles compromettantes qu'il pourrait ensuite utiliser comme levier ... Un entrepreneur associé de M. Spence qui a participé à la visite nocturne de la Maison Blanche, a déclaré: « Il faisait chanter les gens. Il enregistrait les gens et les faisait chanter. …

 

"[Un homme d'affaires] a décrit M. Spence comme" étrange ", disant qu'il se vantait souvent de travailler pour la CIA ... M. Spence lui a dit que la CIA pourrait néanmoins "finir par le doubler et le tuer et que cela ressemblerait à un suicide". L'homme d'affaires a également dit qu'il a assisté à une fête d'anniversaire pour Roy Cohn à la maison de M. Spence. Il a dit que M. Casey était à la fête. [310]

 

"Au cours des dernières semaines, M. Spence a dit à plusieurs amis que l'opération de prostitution des garçons était l’objet d’une enquête par le bureau du procureur américain et d'autres autorités fédérales, une enquête impliquant possiblement la CIA. Il a dit à ses amis que la CIA avait utilisé ses services pour compromettre d'autres agents des renseignements fédéraux et des diplomates étrangers. Un ami l'a cité en disant: « Les gars de Casey vont finir par m’avoir ...»

 

"Lors d'une longue entrevue dans un appartement de Manhattan en août, M. Spence a souvent fait allusion à de profonds mystères. « Tout ce que vous avez découvert (impliquant les jeunes garçons, la corruption et les visites nocturnes à la Maison Blanche), pour être honnête avec vous, est insignifiant par rapport à d'autres choses que j'aie faites. Mais je ne vais pas vous parler de ces choses là, et d'une façon ou d'une autre la planète continuera de tourner ». Il a aussi souvent parlé de suicide, en disant à plusieurs reprises: «Ma vie est finie ». Il conservait une profonde amertume pour les amis puissants qu'il avait eu et déclara « J'ai eu tout le gratin chez moi, et maintenant, ils ne savent même plus qui je suis». « Mais ils sont venus, n'est-ce pas ? » [311]

 

Le scandale a d'abord été exposé à la fin de Juin 1989 et en Novembre 1989 Spence s'était suicidé. Une enquête sérieuse n'a jamais été réalisée et tous les dossiers relatifs à l'affaire ont été classifiés pour les nombreuses décennies à venir. Un des journalistes impliqués dans la révélation initiale de cette histoire a expliqué qu'on lui avait dit que ces dossiers seraient finalement déclassifiés, « mais pas avant qu’il y ait une journée froide en enfer ». [312]

Tout comme le scandale Mirano de 1986, les Dossiers-X contiennent des preuves que les opérations de chantage sexuel ne se limitent pas aux États-Unis. En 1996, X1 a indiqué que les mêmes activités se déroulaient à Bruxelles. Lisez et comparez:

« Depuis que j'avais 8 ou 9 ans, Mitch [Nihoul] m’emmenait assez souvent avec lui et me donnait la tâche de traîner autour d'un certain client. J'aimais bien faire ça. J'aimais bien les voir tourmentés, leurs efforts pour rester à l’écart de moi. Je souriais quand Mich me demandait de me tenir à côté d'un client pour faire une photo et comment le client souriait à contrecoeur et posait faiblement un bras autour de mes épaules ... Les regards qui étaient ensuite échangés entre celui qui prenait la photo et le client étaient inestimables. Le client savait qu'il était pris au piège ... Dans la nuit, il avait été le patron, maintenant il était une proie ... Dommage que la plupart d'entre eux, une fois qu'ils savaient qu'ils avaient été piégés, poussaient l'expérience encore plus loin pendant la nuit …

 

« À Bruxelles, il y avait une villa dans laquelle ils avaient installé une chambre avec des caméras intégrées. Même dans les années 1970, ces caméras étaient si discrètes que seules les personnes qui les entretenaient et les enfants prostitués savaient où elles se trouvaient ... Pourquoi est-ce que je devais faire en sorte qu’on voit le client clairement dans le cadre, pourquoi est-ce que j'étais censé les faire me frapper et brutalement me violer ? Pourquoi le sexe « régulier » n'était-il pas suffisant ? ... Le chantage, le mot qui n'a jamais été mentionné. J’ai seulement commencé à vraiment comprendre ça quand j'avais treize, quatorze ans …

 

« Les contrats entre le milieu des affaires et le monde politique, les contrats d’hommes d'affaires entre eux, la fraude avec les subventions ou les licences, la mise en place de sociétés-écrans, les contrats criminels comme le commerce des armes ... tout était possible. Les photos étaient prises, en plaisantant, pour rappeler les deux parties à leurs contrats si le besoin s’en faisait sentir ... Les hommes étaient amenés à avoir des idées par les films de pornographie juvénile qui étaient projetés pendant les soirées spéciales ... Les proxénètes avaient également une autre tactique. Ils allaient dîner avec leur cible, un homme qui pouvait leur être utile, et l'emmenaient - après qu’il soit suffisamment émêché - à une « fête ». Les hommes de la couche supérieure de la société sont habitués à visiter ou à se faire offrir des prostituées. Et les prostituées qu'ils voyaient en entrant étaient des filles légèrement plus âgées, entre 16 (sexuellement matures en Belgique) et 18 ans. Plus d'alcool et de cocaïne étaient fournies, pour l'ambiance. Ils amenaient alors la « cible » dans une pièce où l’attendait alors une jeune fille comme moi.

 

« La plupart des hommes ne se sont probablement aperçus que trop tard du genre de guêpier dans lequel ils venaient de se fourrer, mais à ce moment-là il était vraiment beaucoup trop tard ... Les hommes étaient introduits au réseau par des collègues, des amis ou des membres de la famille. Avec précaution, doucement ou alors brusquement après une fête. Pas après pas, les clients qui sont allés au lit avec moi d'abord prudemment, ont été incités à des pratiques sexuelles plus violentes. J’étais forcée à les inciter à ça ... En conséquence de quoi, Ils devenaient complices et en même temps leurs connexions mutuelles se reserraient. Pas un seul de ces hommes n’étaient encore enclin à signer des contrats avec des personnes extérieures au réseau. Si cela se produisait, on pouvait le leur faire payer très cher ... »[313]

 

Pour résumer, les obsessions sadomasochistes extrêmes (SM) combinées avec le chantage semblent être les raisons les plus évidentes pour l'existence des réseaux d'abus. À en juger par certains des noms, l'abus extrême semble presque le test d'admission ultime pour un aspect de ce que les fonctionnaires supérieurs de la BCCI ont autrefois appelé « le réseau noir ». [314]

Une autre raison fréquemment mentionnée pour l'existence et la protection de ces réseaux de violence à l'enfance par des individus très haut-placés, c’est la recherche sur le contrôle mental avec un accent particulier sur le Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI). [315] Dans les années 1970, les anciens programmes de contrôle mental de la CIA ont été exposés, mais apparemment, à ce moment-là, l'agence avait déjà transféré ces programmes à des sectes qui pratiquaient les abus extrèmes sur les enfants. [316] Même si la recherche elle-même n'a pas été exportée vers d'autres pays, il est encore évident que le souteneur de X1, Tony savait exactement comment traiter X1 quand ses identités dissociées ont commencé à se manifester. La question est: qui l'a éduqué ?

Mise à jour de novembre 2009:
Il serait peut-être intéressant de lire un article de l'ISGP qui retrace très nettement les opérations de chantage sexuel en Belgique dans un sous-projet MK-ULTRA de la CIA - qui a probablement échappé à leur contrôle - et qui a commencé au milieu des années 1950.

La connexion satanique et le tableau dans son ensemble

[ Table des Matières ]

Bien sûr, l'explication la plus controversée de ces abus n'a guère été discutée: le satanisme. Particulièrement hors des milieux chrétiens, ce sujet reste très étrange (et ridicule) et généralement associé aux légendes campagnardes et peut-être une poignée de cinglés amateurs de « black-metal ». Le satanisme est cependant un peu plus énigmatique que cela. Pour commencer, il y a eu une énorme quantité de rapports sur des activités sataniques et / ou des abus ritualisés (ce qui n'est pas nécessairement le même chose que le satanisme) depuis la fin des années 1970 aux États-Unis ainsi qu’au Royaume-Uni. En consultant les archives des journaux on voit que c’est surtout depuis la fin des années 1980 que les accusations sont devenues épidémiques avec des estimations qui situent le nombre de survivants à de tels abus entre 10.000 et 20.000. [317] Comme d'habitude, les gardiens de la presse et de la psychologie ont refusé de prendre le sujet au sérieux et se sont rapidement mis à accuser les thérapeutes comme étant les responsables de cette « hystérie ». Maintenant, il pourrait y avoir une certaine vérité à cela, mais même si c'est le cas, il reste à rechercher qui serait derrière une telle campagne de désinformation aussi parfaitement organisée et surtout pour quelles raisons. Dans tous les cas, l’afflux de tels rapports n'a jamais vraiment tari, mais les médias persistent à les ignorer et n’abordent que rarement cette question de nos jours.

Outre le satanisme d’Anton LaVey et de son « église de satan » qui reste le plus connu, se présentant comme une « philosophie spirituelle » de base pour les personnes égoïstes et mentalement perturbées, il y a aussi un satanisme plus rituel, alias Luciferianisme, qui est intrinsèquement lié aux nombreux cultes rituels basés sur les mystères de l'ancien Moyen-Orient et de l'Europe. Sans entrer dans les détails religieux, il est possible que certaines des pratiques les plus abominables aient survécu, même si elles sont seulement utilisées d’une manière pratique (pour le recrutement) et symbolique. Rappelez-vous les passions sataniques du Colonel Aquino (et son « Temple de Seth ») ou ce que DeCamp a écrit au sujet du « Dr. Green » influencé par la magie cabalistique.

Le Luciferianisme, une forme trompeuse et ténébreuse de gnosticisme, se retrouve encore dans le Rite de Memphis Misraim de la franc-maçonnerie (34º-99º) [318] et chez les encore plus méconnus « Ordre martiniste » et « Ordre synarchiste ». [319] Ces deux organisations ont-elles une influence politique ? C'est une bonne question. Comme presque rien n'a été écrit sur eux, nous ne savons pas. C'est seulement grâce à l'Internet qu'un peu d'information éparse peut être reconstituée en un certain ensemble. Il semble donc que Licio Gelli, l'ancien chef notoire de la loge fasciste P2, soit un 99 ° « grand hiérophante» et chef honoraire international du Rite Memphis Misraïm en Italie ». [320] En 2004, il y avait des rumeurs en Espagne à-propos du nouveau chef de la Guardia Civil (équivalent de la gendarmerie belge) ayant été choisi en raison de son appartenance aux ordres Martiniste et Synarchiste. [321] La maison royale de Serbie, qui a accueilli en 2004 une réunion du groupe privé de renseignements « Le Cercle », est également impliquée dans Memphis Misraim et la Synarchie. [322]

Il s'agit là de toutes les informations disponibles sur l'appartenance à ces deux organisations gnostiques. C'est peut-être une coïncidence, mais Gelli [323], Arruche [324] et la famille royale Karageorgevitch de Serbie [325] semblent représenter un milieu nettement plus proche de l'extrême droite, non seulement souligné dans cet article, mais aussi dans l'article sur « Le Cercle ». En Belgique, ce milieu a été en grande partie représenté par le Vatican et les États-Unis rattachés au renseignement du PSC, et par coïncidence(!), outre de nombreuses accusations de mauvais traitements portées contre des membres du PSC, certains ont également été accusés d'abus rituel et de satanisme, bien que largement en rapport avec l'Opus Dei.

Tout d'abord, les affirmations de Jacques Thoma, qui fut autrefois trésorier de la division jeunesse du PSC. Son patron était le célèbre membre du CEPIC, Jean-Paul Dumont, supposément un agresseur d’enfants. [326]
« Jacques Thoma était dans un restaurant avec Sara de Wachter quand il a fondu en larmes. Il a participé en 1985-86 à plusieurs cérémonies sataniques près de Charleroi.

 

"Il était terrorisé, il était trésorier de la section jeunesse du PSC. Il avait rencontré Michel Dewolf, Philippe Sala et Jean-Paul Dumont, ils ont essayé de diriger Thoma vers l'Opus Dei, ce qu'ils considéraient comme le « Nec Plus Ultra ».

 

"Sous le prétexte de tests d'initiation pour l'Opus Dei, il a été amené à une messe noire au cours de laquelle on participait à des actes sexuels. Il mentionne la présence de filles d'un pays de l'Est (13-14 ans) ... Il a été drogué avant d'être emmené dans une chambre avec des gens masqués revêtus de robes noires; les participants ont bu du sang, il a été placé en présence d'une petite fille nue posée sur un autel - elle était morte.

 

"Il a rencontré le grand-maître, François-Joseph, qui lui a dit qu'il était un informateur de la police et qu'il devait faire attention ... François-Joseph est un notaire impliqué dans le trafic de filles de l'Est pour la prostitution.

 

"Il voulait partir mais a été drogué à nouveau. Il s'est réveillé le jour suivant dans sa voiture.

 

Il a quitté le parti [PSC] et a fait une déclaration à la BSR [Unité des enquêtes spéciales de la gendarmerie] à Charleroi. "[327] »

 

X4, qui a également prétendu avoir été emmené à des messes noires satanistes, a désigné Paul Vanden Boeynants, le patron de Dumont, comme un violent agresseur et a ajouté que les membres de l'Opus Dei (comme ceux-ci) avaient appartenu à sa clique la plus sadique. [328]

Le psychothérapeute Pascal Willems avait des informations sur un autre membre du PSC, Melchior Wathelet, qui, avec son mentor Paul Vanden Boeynants a été nommé par X1 comme un agresseur d'enfant. [329]

« Depuis 1992, Brassine a été en contact avec Pascal Willems, un psychothérapeute. Willems s'occupait de deux enfants (8-10 ans) victimes d'agresseurs et de satanistes ... Les enfants auraient participé à une fête et à une orgie combinées organisée par Melchior Wathelet dans un château situé dans la région de Verviers. Le château appartient à une association privée. Willems était en possession d'une invitation ... Cet abus a continué jusqu'à ce que les enfants soient mis à mort. Ils venaient d'un foyer d’accueil avec la complicité du directeur de l’établissement.

À l'époque, Willems a parlé de l'affaire avec le conseiller de la SAJ (Service d’Aide à la Jeunesse) de Verviers, qui lui a dit de se taire. Il a été intimidé ou a été menacé par téléphone par le patron de la police judiciaire à Verviers et par le conseiller de la SAJ et par un anonyme. Contacts entre Brassine et Willems en octobre-novembre 1995 et à la fin de 1996. Brassine en parle à Denayer (police judiciaire À Namur). Willems a été menacé de « suicide » [par un supérieur de M. Denayer] ... Les 2 dossiers de la SAJ auraient disparu ... Willems a caché les documents pertinents en lieu sûr dans ce bureau ... "[330]

 

Le dernier membre du PSC accusé d'activités «sectaires ou sataniques» est Jean-Pierre Grafe. Jusqu'au début des années 1980, Grafe était membre du CEPIC, aux côtés du Baron de Bonvoisin, de Paul Vanden Boeynants, de Jean-Paul Dumont et autres. [331] En 1982 et 1984, peu de temps après la disparition du CEPIC, il a été accusé de pédophilie et a fait l'objet d'une enquête. Son frère, Jacques, fut plus tard condamné pour ces faits et finit en prison. [332] Outre l'important mais frauduleux cas d'Oliver Trusgnach, il y avait d'autres accusations non rapportées d'abus d'enfants contre Grafe. [333] Quant aux accusations satanistes:

"Activités sectaires ou sataniques au château de Valmont à Merbes-Le-Château. Propriétaire du château = Pierre Ferbus (07/01/42) Banquier homosexuel BBL [Banque Bruxelles Lambert] Di Rupo et Graffe aurait été vu dans ces fêtes ... Un rapport de la Police de Lobbes [ville voisine, au nord] a reçu les mêmes informations concernant Jean-Pierre Graffe ... Un rapport de la BSR [Unité d'Investigations Spéciales de la Gendarmerie ] À Thuin [une autre ville voisine] contient des informations similaires. " [334]

 

Comme vous pouvez le voir, il n'est pas déraisonnable de garder un esprit ouvert et de considérer qu'il pourrait bien exister une cellule d'abus satanique quelque part dans le réseau noir mentionné précédemment. Comme pour tout projet de renseignement, il ne serait nécessaire de disposer que de quelques praticiens rituels et / ou occultistes, par exemple le rite Memphis-Misraim ou l'Ordre martiniste et synarchiste (ou apparemment l'Opus Dei et les Chevaliers de Malte) dans ce réseau noir alors que tout le reste du personnel et des membres de ces organisations ne sauraient rien ou peu sur ces pratiques dépravées. En ce qui concerne l'Opus Dei et les Chevaliers de Malte, l'affaire de la loge P2 a prouvé qu'au plus haut niveau, ces deux organisations catholiques tiraient les ficelles, en même temps que le renseignement américain. [335]

Mise à jour:
Dans le passé, nous avons été un peu plus loin dans cette section. Nous avons découvert petit à petit que les sources n'étaient pas fiables. Et pour être honnête, nous continuons à conseiller à tout le monde de rester sceptique quant aux affirmations à propos du satanisme pratiqué dans les hautes sphères de la société.

Conclusion

[ Table des Matières ]

De toute évidence, il est possible avec l'affaire Dutroux - qui a finalement peu de chose à voir avec Dutroux lui-même - de mener les choses aussi loin que l'on veut. La seule chose qui est certaine, c'est que Dutroux n'était pas une exception en termes de préférences sexuelles et de brutalité, même si, hypothétiquement, il n'était pas (ou faiblement) rattaché à un réseau d'abus. La justice et la presse belges n'ont jamais voulu entendre parler de réseaux et ont saboté et ridiculisé quiconque essayait de prouver le contraire. Ironiquement, en particulier en Grande-Bretagne, l'existence de ces réseaux, notamment via Internet, est de plus en plus reconnue. C'est aussi un fait que l'affaire Dutroux a été traitée de manière tout à fait différente dans la presse britannique que dans la presse belge, montrant à quel point il est facile de simuler l'objectivité. Mais même si la presse britannique préfère occasionnellement exposer un scandale de violence sexuelle à l'étranger, du moins dans une certaine mesure, elle n’est pas toujours très bonne à faire la même chose au Royaume Uni.

En Belgique, au moins, les preuves semblent indiquer un réseau de criminels, de militants fascistes, d'hommes d'affaires, de policiers et d'agresseurs d'enfants qui se rencontrent fréquemment dans des clubs comme « Les Atrebates », « le Dolo », « Jonathan », « Le Clin D'Œil », « Co-Cli-Co », « Platos », « Les Trois Canards », « Coco Beach », « Le Perroquet », « l'Euro 92 » (bar à Tervueren) ou le prestigieux « Mirano ». Selon les témoignages, des sévices pratiqués sur des enfants se produisaient régulièrement dans les quartiers privés de ces clubs, ou peut-être après la fermeture, certains soirs ou dans des appartements proches appartenant au propriétaire du club. De plus, X1 a souligné de façon très convaincante que l'hôtel-villa de sa grand-mère, l'une des maisons d'Annie Bouty et l'usine d'ASCO étaient d'autres « maisons-refuges » semblables pour diverses formes d'abus d'enfants. D'autres témoins ont signalé toute une gamme d'autres villas, maisons de campagne et châteaux où des séances d'abus avaient eu lieu.

Le problème avec la théorie ci-dessus, bien sûr, c’est qu'il est impossible pour la mafia et une poignée de cadres moyens ou supérieurs de cacher leur participation à toutes ces abjectes activités. Une couverture prodiguée à un niveau plus élevé en combinaison avec la coopération de la presse est nécessaire pour faciliter une dissimulation de cette ampleur. Et comme par hasard, avec les noms de Baron de Bonvoisin, de Paul Vanden Boeynants, d'Etienne Davignon et de Maurice Lippens, nous avons des agresseurs présumés avec des liens illimités dans le renseignement et les opérations clandestines, le pouvoir judiciaire, l'application de la loi, la politique régulière et l'élite globaliste. En Belgique, plusieurs juges de haut niveau, comme Melchior Wathelet et Jean Depretre (sans compter Van Espen), ont été désignés comme des agresseurs et, par coïncidence, ils ont joué un rôle crucial dans des affaires antérieures, telles que l’affaire des « ballets roses » et celle du « gang de Nijvel ».

Peut-être que maintenant, vous comprendrez mieux pourquoi tout ce qui se trouvait dans le dossier de Dutroux et qui pointait vers un réseau plus vaste devait disparaître. [336] La Belgique peut facilement gérer la condamnation d'un Dutroux, voire d'un Nihoul avec toutes ses connexions politiques, mais, comme certains l'ont dit, il est très incertain que la Belgique puisse traiter les témoins X et la réaction en chaîne qu'ils auraient déclenché. Les prédictions selon lesquelles un exposé complet des témoignages-X aboutirait à une dislocation de la Belgique pourrait bien ne pas être qu'une exagération, sans compter les ramifications internationales.

Et c’est dans cet équilibre précaire que nous concluons cet article, parce que les témoignages des témoins-X ne seront pas connus du grand public avant longtemps, et il faudra encore plus longtemps avant que les enquêtes puissent être rouvertes un jour.

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Child Focus, ou le Centre européen pour les enfants disparus et exploités sexuellement, a été fondée en 1998 par Daniel Cardon de Lichtbuer et dirigée par cette personne depuis lors. En 2005, de Lichtbuer est devenu président du Centre international pour les enfants disparus et exploités (ICMEC), dont le siège est à Washington et qui a été fondé en 1999. Qui est ce Lichtbuer? Tout d'abord, il est très gros dans le monde financier, avec d'anciens postes à la Banque Bruxelles Lambert, l'Association des Banquiers Belges, VP Bank Liechtenstein (avec Nikolaus von Liechtenstein), Thomas Cook Traveller Checks et l'European Financial Marketing Association. Il a également été président exécutif de l'aristocratique Europa Nostra. Mais les choses deviennent vraiment problématiques lorsque l’on apprend que de Lichtbuer est membre du comité d'honneur du Cercle de Lorraine, avec Maurice Lippens et Etienne Davignon. Tout aussi inquiétante est sa position de président exécutif honoraire de la Koninklijke Vereniging der Historische Woonsteden en Tuinen van België, avec le prince Alexandre de Merode (ancien président) et le comte Ghislain d'Ursel. Davignon était également membre du conseil d'administration.

Il y a une autre indication que de Lichtbuer pourrait ne pas être le meilleur choix pour une organisation contre les abus perpétrés sur les enfants: 1998, Stef Janssens, 'Les noms de la dissimulation', p. 33: « En 1989, Nicolas de Kerchove d'Ousselghem (Cercle Pinay, CEPIC, chef de cabinet de Vanden Boeynants, contact de VdB auprès de l'organisation de renseignement BIP) et Paul Vankerkhoven, membre du CEPIC et co-fondateur du Cercle des Nations [Et le fondateur de WACL Belgium, ainsi qu'un visiteur du Cercle Pinay] ... étaient des employés de la revue 'Revue Belge'». Ce magazine de droite avait comme directeur l'actuel directeur du Centre pour les enfants disparus et ancien BBL-directeur Daniel Cardon de Lichtbuer, ce qui en soi n'est pas répréhensible, mais dit quelque chose sur le milieu dans lequel le directeur actuel de ce centre a été impliqué. Pour clarifier, ce milieu semble être le milieu social le plus élévé au sein duquel la violence à l'enfance est pratiquée.

Source : ISGP Studies

PV 150.889, 24 mars 1997,'Traduction d'un fax du 18 mars 1997 de X1 ; usine ; Clo' : "[X1] a vu que Sandra suçait de Bonvoisin et que Wathelet a violé Mieke". X1 a accusé Melchior Wathelet d'être l'un des abuseurs d'enfants les plus violents de l'usine ASCO, avec Paul Vanden Boeynants et le Baron de Bonvoisin.
Egalement accusé dans PV 151.046, 23 mars 1997 : "Depuis 1992, Brassine était en contact avec Pascal Willems, un collègue psychothérapeute. Willems s'est occupé de deux enfants (8-10 ans) qui ont été victimes d'agresseurs d'enfants et de satanistes...... Les enfants auraient participé à une fête et orgie combinée organisée par Melchior Wathelet dans un château situé dans la région de Verviers. Le château appartient à une association privée." Selon le PV (rapport officiel), Willems a été sévèrement intimidé par le chef local de la police judiciaire et le conseiller de sa section locale de soutien à la jeunesse. Plus d'informations dans l'annexe " victimes et témoins ".
1996, Fred Vandenbussche (Het Volk journalist, un des plus grands journaux belges), 'Meisjes verdwijnen niet zomaar' ('Les jeunes filles ne disparaissent pas comme ça'), p. 32.
Ibid, p. 68-69. Cette affirmation a été répétée dans plusieurs journaux, mais avec moins de détails.
21 juin 1999, The Financial Times, Television preview, Channel 4, 9:00 : "[Dutroux] se vantait auprès de son voisin Claude Thirault de la facilité avec laquelle les enfants pouvaient être enlevés puis vendus. Alors qu'il travaillait sur l'une des quatre propriétés de Dutroux à Charleroi, Thirault a remarqué deux réservoirs d'eau qui avaient été modifiés pour permettre l'accès par le bas. Interrogé à ce sujet, Dutroux a déclaré crânement qu'il les utilisait pour cacher des enfants avant de les envoyer à l'étranger. Thirault est devenu un informateur et a partagé tous ces faits avec la police, mais ils n'ont pas agi sur ces pistes ou transmis les renseignements à d'autres forces à travers le pays. La conduite de la police a été marquée par une inefficacité et une incompétence désastreuses."
Het Volk, la chronologie de l'affaire Dutroux : "17 juin 1995 : La gendarmerie de Charleroi rédige un rapport officiel sur une modification illégale du domicile de Dutroux. Il s'agit de l'élargissement d'un trou de sous-sol d'où sort un tuyau d'air." http://www.hetvolk.be/Article/PrintArticle.aspx?ArticleID=hno19022004_033_033
1996, Fred Vandenbussche,'Meisjes verdwijnen verdwijnen niet zomaar', pp. 69-70.
Également documenté dans : 18 mai 2004, De Standaard (grand journal),'Claude Thirault meldde kelderwerken aan rijkswacht' ('Claude Thirault a rapporté des travaux de sous-sol à la gendarmerie'). D'autres sources résument généralement cet aspect en déclarant que Thirault a tenté d'informer la gendarmerie sur Marc Dutroux depuis 1993.
1996, Fred Vandenbussche, 'Meisjes verdwijnen niet zomaar', p. 71.
Ibid., p. 76
Ibid, p. 86 : " Ces observations ne sont à leur tour qu'une plaisanterie, en gardant à l'esprit le statut de Dutroux en tant que suspect dans une affaire d'enlèvement, ce qui, nous pourrions le supposer, nécessiterait une certaine urgence pour les victimes. Six fois en deux mois Dutroux échappe à la surveillance, soit un total d'une cinquantaine d'heures... Ce n'est même pas deux pour cent de la période d'observation totale, et selon des policiers expérimentés, si ridiculement peu que c'était aussi bon qu'inutile.".
1999, Marie-Jeanne Van Heeswyck, Annemie Bulté et Douglas De Coninck,'De X-Dossiers', pp. 379-380 : "Déjà au début de l'enquête, Tony V.[le proxénète de X1] avait été suivi par la SIE[Groupe Diana]. C'est arrivé à l'ancienne. Il a été suivi par des agents en civil de neuf heures du matin à dix heures du soir. La première opération en "sous-marin" a eu lieu entre le 18 et le 20 octobre 1996, le jour de la Marche Blanche - ce qui aurait été le pire moment possible pour attraper un pédophile "en flag"..... Dans la cellule de Neufchateau, la même question se pose au sujet de la surveillance de Marc Dutroux lors de l'opération "Othello" : Pourquoi ont-ils stoppé toute surveillance à 10 heures du soir ?"
1996, Fred Vandenbussche,'Meisjes verdwijnen verdwijnen niet zomaar', pp. 88-89 : "L'opération Othello n'était pas la seule source qui aurait pu mettre le pouvoir judiciaire de Charleroi sur la bonne piste du kidnappeur d'enfants. Début octobre 1996 - près de trois mois après la disparition de Julie et Melissa et plusieurs semaines après la disparition d'An et d'Eefje - le département de la justice de Charleroi reçoit par courrier une lettre anonyme, adressée à " un juge d'instruction ". L'auteur met en garde contre les habitudes étranges d'un certain Marc Dutroux...... Les voisins se plaignent des activités nocturnes ennuyeuses de Dutroux. Pendant la journée, les portes et les fenêtres de la maison ne sont jamais ouvertes, les fenêtres du premier étage restent toujours scellées avec des feuilles de plastique noir, comme si quelque chose était caché, dans le jardin des centaines de pneus de voiture usagés sont stockés. En plus de cela, les voisins rapportent avoir remarqué deux'jeunes filles de seize ou dix-huit ans' dans la cour arrière, qui apparemment restent dans la maison mais n'ont pas leur place dans le quartier et n'apparaissent jamais dans les rues pendant la journée..... L'auteur de la lettre est ensuite identifié comme Jeanine Lauwens, la mère de Marc Dutroux...... (longue explication sur la façon dont cette information a été traitée par le ministère de la Justice]..... Mais aucune cloche ne commence à sonner. Dutroux n'est pas apporté en relation avec An et Eefje. Et la lettre de sa mère n'est même pas ajoutée au dossier déjà épais de l'Opération Othello..... Dans tous les cas, les informations de l'opération Othello sont conservées à l'intérieur. Charleroi n'informerait jamais les bureaux du procureur de district qui ont du mal à mener l'enquête sur les filles disparues. Liège/Luik (Julie et Melissa) et Brugge (An et Eefje) n'obtiennent rien de Charleroi".
17 novembre 1996, le Sunday Times,'Women dote on Belgian paedophile ; Murder' : "C'est un sentiment partagé par la propre mère de Dutroux, Jeanine Lauwens qui, il est apparu, a écrit en vain à la police les avertissant de son fils bien avant qu'il ne soit arrêté. "Je savais qu'on ne pouvait pas lui faire confiance, a-t-elle dit récemment."
1996, Fred Vandenbussche,'Meisjes verdwijnen verdwijnen niet zomaar', p. 42 : "Le sous-sol sous la maison de Dutroux-Martin a la forme d'un L renversé, ce qui s'écarte clairement du salon rectangle sur le dessus. Cette forme doit avoir été remarquée immédiatement par les détectives qui ont fouillé le sous-sol - et ils auraient dû se demander ce qui était caché derrière ces murs supplémentaires angulaires. Le sous-sol d'un appartement locatif peut-être ? Aucune chance, car la maison voisine de la maison 128 à la route de Philippe-ville est un garage, sans entrée au sous-sol. De même, le bois et le plâtre de cette partie particulière du sous-sol diffèrent des autres murs, qui sont nus et se composent de très vieilles briques avec un mortier qui s'effrite à partir du moister. Mais les murs que Dutroux a construits dans le sous-sol et après quoi le bunker de cellule est caché, ont été soigneusement finis avec des panneaux de plastique..... Personne n'a demandé pourquoi ces deux murs de sous-sol avaient été si soigneusement entretenus alors que les autres avaient l'air si vieux ? Un tapotement du doigt contre le plâtre aurait suffi pour entendre le son d'un espace creux. Ça sonne totalement différent d'un robinet sur l'autre, les murs solides du sous-sol...."
31 mars 2004, Het Nieuwsblad (comme Het Volk),'Slotenmaker:'Ik hoorde twee kleine meisjes' ; Slotenmaker spreekt theorie van rijkswachter Michaux tegen' ('serrurier:'J'ai entendu deux gamines' ; le serrurier contredit la théorie de l'officier de gendarmerie Michaux') : "Père de Julie Lejeune :] Mais le mur qui cachait la cage avait été fraîchement peint. Blanc. Le reste du sous-sol était un désordre inimaginable, vous l'avez dit vous-même. qui aurait dû être remarqué ?" - Je n'y avais pas pensé, M. Lejeune. Vraiment. Il y avait des rénovations partout dans cette maison. C'était un dépotoir, vraiment. Je suis sûr - si j'étais entré de nouveau aujourd'hui et que j'entendrais la même chose[voix d'enfants] - que je ne trouverais toujours pas la cage.
31 mars 2004, Het Nieuwsblad (comme Het Volk),'Slotenmaker:'Ik hoorde twee kleine meisjes' ; Slotenmaker spreekt theorie van rijkswachter Michaux tegen ('serrurier:'j'ai entendu deux gamines' ; le serrurier contredit la théorie de l'officier de gendarmerie Michaux') : "Lejeune a témoigné :] Je ne me souviens presque rien de la fouille de la maison, sauf une chose : quand je suis descendu avec René Michaux et que je lui ai donné un projecteur, nous avons clairement entendu deux voix d'enfants. De deux petites filles. L'un a dit trois ou quatre mots, l'autre a répondu brièvement ; un mot d'une syllabe. Ça a duré quelques secondes. A ce moment, un collègue de Michaux est descendu en courant dans les escaliers en faisant beaucoup de bruit. cria Michaux : "Tais-toi - Silence !" On n'a plus rien entendu après ça." Michaux a déclaré qu'ils n'entendaient pas de voix, seulement un petit murmure.
1996, Fred Vandenbussche,'Meisjes verdwijnen niet zomaar', p. 43 : "Avec sa femme Louisa[le père de Julie] il est entré dans le sous-sol, l'enfer dans lequel sa fille est morte, s'est enfermé dans le donjon en béton, a soupiré et parlé sans élever la voix. "Et de l'extérieur, Louisa comprenait chaque mot."
  • 1999, Marie-Jeanne Van Heeswyck, Annemie Bulté et Douglas De Coninck,'De X-Dossiers', p. 72 : "Le 6 décembre 1995, Marc Dutroux est arrêté. Il reste à la prison de Jamioulx jusqu'au 20 mars. C'est le temps des perquisitions des officiers du BOB René Michaux dans la maison Marcinelle. Il y entend les voix des enfants, mais les ignore. Il y confisque une vidéo le 13 décembre 1995, marquée'Perdu de Vue, Marc'. Il trouve aussi des chaînes, des serrures et des clés - apparemment des choses avec lesquelles il a enchaîné An et Eefje. Un spéculum, une petite bouteille de crème vaginale, du chloroforme..... Plus de trois ans après les faits, il s'avère également que Michaux a confisqué une cassette vidéo sur laquelle Dutroux s'était enregistré en travaillant dans son sous-sol et en violant une jeune fille tchèque.
  • 5 mai 2002, The Observer,'Review : Enquête : Le cœur silencieux des ténèbres de la Belgique" : "Il a trouvé un spéculum sur le sol qu'il a soulevé, manipulé et rendu à la femme de Dutroux sans analyse médico-légale. Ils ont trouvé des films qui n'ont pas été développés et des vidéos qu'ils n'ont pas regardées. S'ils l'avaient fait, ils auraient vu Dutroux construire le donjon."
  • 21 février 2004, The Daily Mail,'Devil of the dungeon' : Ils ont trouvé un spéculum - un instrument médical utilisé pour les examens vaginaux - mais ont accepté qu'il appartenait à l'épouse de Dutroux. Ils ont trouvé des vidéos marquées'Laurel and Hardy' et'Disney', qu'ils n'ont pas pris la peine de jouer. S'ils l'avaient fait, ils auraient vu Dutroux violer ses victimes.
  • Fred Vandenbussche,'Meisjes verdwijnen niet zomaar', p. 38 : "[Laetitia] est capable d'expliquer très clairement comment elle a été maltraitée, comment Dutroux l'a maltraitée et comment des prises de vue en ont été faites. Ça n'a pas vraiment surpris les inspecteurs. Ils ont trouvé des piles de cassettes vidéo chez Dutroux où, intelligemment entre Tom et Jerry et Laurel et Hardy, plusieurs minutes de pornographie infantile hardcore ont été cachées.... encore et encore avec ce même Marc Dutroux dans le rôle principal : nu, occupé à agresser sexuellement des filles endormies ou inconscientes. Les enfants, pas plus d'une dizaine.... sont impossibles ou difficiles à reconnaître, mais il est certain que ni Laetitia, ni Sabine, ni Julie, ni Julie, ni Melissa, ni An, ni An, ni Eefje ne peuvent être trouvés dans ces vidéos. Si des enregistrements ont été faits de Laetitia, comme elle l'a dit elle-même, alors où sont-ils ?"
Toute l'histoire est documentée dans : 1999, Marie-Jeanne Van Heeswyck, Annemie Bulté et Douglas De Coninck,'De X-Dossiers', pp. 124-126. 2004, Herwig Lerouge (ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire Solidair),'Het Dossier Nihoul : De knoop in het proces-Dutroux' ('The Nihoul Dossier : The knot in the Dutroux trial'), pp. 137-138.La plus grande partie de l'histoire se trouve dans l'annexe " enquêteurs ".
Note du 18 janvier 1997 de l'officier Theo Vandyck (les premiers intervieweurs primaires de Nathalie W.) qui a été incorporé dans le X-Dossier.
11 mai 2004, Het Volk,'René Michaux doit témoigner à nouveau' : "Sabine et Laetitia ont passé 48 heures de trop dans la cage de Marcinelle. Leur souffrance aurait pu être deux jours plus courte. Pourquoi ? C'est ce que je me demande depuis huit ans.... Pourquoi Michaux n'a-t-il pas trouvé les lettres de Sabine qu'elle avait cachées sous le tapis ?" Michaux a réagi en disant : "Je cherchais Laetitia, pas des lettres. Je n'aurais pas trouvé Laetitia sous le tapis.""
7 avril 2004, Herwig Lerouge en Axel Bernard pour Solidaire, " Proces Dutroux-Nihoul ; Aarlen en Brussel, een wereld van verschil " (procès Dutroux-Nihoul ; Aarlen et Bruxelles, un monde différent). Cet article explique comment Michaux, qui a dirigé les perquisitions des domiciles de Dutroux à la fin de 1995 et en août 1996, semble avoir commis de nombreuses erreurs de procédure et comment la plupart de ses déclarations sur les vidéos qu'il a trouvées se contredisent. http://www.solidaire.org/international/print.phtml?section=A2AAAAAGBA&object_id=23324
25 août 1996, The Observer,'The Child Abusers' : "Des centaines de vidéos d'enfants maltraités ont été trouvées dans l'une des maisons. Marc Dutroux participe à des rapports sexuels avec des enfants dans certaines vidéos, et ils sont étudiés pour voir si les enfants peuvent aussi être identifiés".
27 août 1996, The Times,'Police linked murdered girl to child-sex case' : "La police a saisi plus de 300 cassettes vidéo, mettant en scène Dutroux et d'autres personnes dans des actes sexuels avec des enfants. Michel Bourlet, le procureur en chef, a promis d'arrêter tous les adultes qui y figurent, à condition, dit-il, "que j'ai le droit de".
1996, Fred Vandenbussche,'Meisjes verdwijnen niet zomaar', p. 114 : ".... des détectives qui doivent passer par les près de 5000 vidéos confisquées pour identifier les visages des victimes et des agresseurs..."
17 octobre 1996, The Independent,'La protestation belge se poursuit malgré la promesse de justice' : "Tout est fait pour poursuivre l'enquête ", a-t-il déclaré, ajoutant que 350 personnes travaillent maintenant à plein temps sur l'affaire, passant au crible 5 000 vidéos de pornographie juvénile pour des preuves incriminantes. 350 personnes travaillant sur l'affaire Dutroux est un fait, mais il semble que les 5 000 vidéos ont été ajoutées par The Independent, en supposant qu'il s'agissait d'un fait déjà confirmé.
21 octobre 1996, The Daily Mail,'A human tide on the turn against evil' : "Cette décision extraordinaire, aggravée par l'enquête initialement inepte, a alimenté la suspicion d'un camouflage pour protéger les VIP qui figurent dans certaines des 5 000 vidéos pédophiles saisies dans la maison de Dutroux..... Un récent sondage d'opinion a révélé que 95 pour cent des Belges croyaient que des politiciens et des policiers de premier plan étaient impliqués dans le réseau pédophile".
10 novembre 1996, The Mail on Sunday,'The grief that turned to rage' : "Pendant que les Belges déconcertés essayaient de comprendre ce qui se passait, des rumeurs incroyables ont commencé à circuler selon lesquelles Dutroux aurait pu être protégé d'une manière ou d'une autre, qu'il avait des amis haut placés. On dit que les vidéos pornographiques prises de chez lui mettent en vedette des personnages importants, dont l'un d'entre eux est un membre de l'Église catholique romaine. C'était presque incroyable. Qui protégerait un psychopathe, à part ceux qui ont quelque chose de vraiment terrible à cacher ? Il est tout à fait évident, a déclaré Katarin de Clercq, coordinateur belge du groupe de pression End Child Prostitution Abduction and Trafficking, que certaines personnes protégeaient Dutroux. Le gouvernement a essayé de nous convaincre qu'il était un tueur en série et un psychopathe solitaire, mais maintenant nous entendons des histoires sur des personnalités célèbres sans nom impliquées dans des orgies sexuelles, du chantage et des cassettes vidéo pornographiques. Les gens ont le sentiment que quelque chose ne va pas du tout ici et nous devons montrer que nous ne le tolérerons pas.
1999, Marie-Jeanne Van Heeswyck, Annemie Bulté et Douglas De Coninck,'De X-Dossiers', p. 95 : "Après la rupture de l'affaire Dutroux, on a spéculé pendant des semaines sur les vidéos et les photos qui auraient été trouvées chez lui. En fin de compte, il s'est avéré que rien de tout cela n'était vrai."
Une simple déclaration peut-être, mais s'il y avait quelque chose de vrai dans les déclarations précédentes sur les 300 à 5 000 vidéos, ces auteurs auraient sans aucun doute trouvé des détails à ce sujet.



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